ATTENTION ! MAINTENANCE EN COURS !

NosEnchanteurs est en cours de travaux de maintenance. A 20 heures ce dimanche 6 mai 2012, à l’unisson du (probable) changement, vous découvrirez le nouveau NosEnchanteurs (l’Autre Chanson).  A vous de le faire connaître, de le crier sur tous les toits, dans tous les réseaux sociaux. Merci.

Dès 20 heures, un nouvel article qui fera date dans l’histoire de la chanson politique : « Merci Nicolas ! » ou comment un président a réveillé, à ses dépens, l’engagement en chanson.

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6 mai 2012. Uncategorized. 2 commentaires.

Portfolio : Rue de la Muette

Que croise-t-on Rue de la Muette ? Un géant au crâne lisse, souvent en tenue de cirque, à la voix rauque dont il affuble parfois un porte-voix, une musique foraine qui déambule, un rock-blues qui oscille entre crasseux et déjanté, avec sa part de mélancolie, d’amour, des gens qui se battent pour leur idéal, des routes, des  voyages, des contes à insomnier debout qui cachent mal leur part de tragique. Rue de la Muette, c’est Patrick Ochs, un type unique en tunique, un grand de son art. Chantal Bou-Hanna l’a immortalisé sur des clichés déjà d’anthologie…

Ce portfolio est le dernier billet à vous être proposé dans cette habituelle et familière présentation de NosEnchanteurs. Dès ce dimanche 6 mai à 20 heures, NosEnchanteurs (l’Autre Chanson) s’offrira à vous dans un autre format, un tout autre visuel.

6 mai 2012. Étiquettes : , . Chantal Bou-Hanna, Portfolio. 4 commentaires.

Mômes en Zic : l’Alors-Chante des enfants

Jacques Haurogné (ph. DR)

On se dit qu’ils ont trouvé le moyen de faire baby-sitting intelligent, d’occuper les mômes pendant que leurs parents vont se perdre dans la foule de Zebda, de Dutronc, Camille ou Presque Oui.
Ben non, c’est mieux et plus que ça même. Comme une poupée russe, le festival Alors chante de Montauban en a fait naître un autre en son sein : Mômes en Zic. Une annexe, un appendice ? Non, un vrai festival ! Avec une programmation tip top, superbe, tant qu’on aimerait rajeunir, ou gratter sa date de naissance sur sa carte d’identité pour en écrire une plus proche dans le temps.
La chanson pour enfants semble s’être débarrassée des Dorothée et Chantal-Goya d’antan, de tous ces parasites débilisant qui faisaient sans vergogne les poches et la tirelire des gosses. De nos jours, les chanteurs pour « jeunes publics » travaillent les mots, peaufinent le verbe, travaillent le poésie et l’imaginaire des enfants à partir de ce qu’ils sont, de ce qu’ils vivent, de ce qu’ils rêvent. Walt Disney et Bécassine sont alors loin, qui ont laissé place à de la vraie chanson, qui prend les mômes pour ce qu’ils sont : intelligents et sensibles.

Le Zèbre à trois de Chtriky (photo DR)

Au programme cette année à Montauban : Chtriky (Zèbres à trois), Merlot (Au fond de la classe), Pascal Peroteau (Ça m’énerve), Les Wackids (L’histoire du rock’n toys), Jacques Haurogné (Les petites fabulettes : doudous perdus ; Les grandes fabulettes : l’île en eau), Petit Noof, Franz (Bas les pattes), Oldelaf (Bête et méchant) et les Saltimbrank’s (Perds pas le fil) : que du bon ! On notera le nombre d’artistes au répertoire « adulte » qui se tournent volontiers vers les (beaucoup) plus jeunes : Merlot, Chtriky, Oldelaf, Noof, même Haurogné même si ça fait longtemps qu’il courtise les préaux d’école et cours de récré. Cette heureuse initiative, qui allie la pédagogie au pur plaisir et formera peut-être les futurs bataillons de la chanson, n’est pas la seule : ainsi les Francofolies de la Rochelle qui tiendront en, juillet prochain leurs 7e Francos Juniors (avec François Hadji-Lazaro et Pigalle, Michèle Bernard, Tony Truant (des Wampas) et Dorothée de Monfreid, Merlot ainsi que la Compagnie Nid de Coucou).

Alors chante ! 27e édition, à Montauban, du 14 au 20 mai 2012 avec, entre autres, From et Ziel, Liz Cherhal, Tiou, Jeanne Plante, Les Yeux d’la tête, Moran, Berry, Chloé Lacan, Presque Oui, Dimone, L, Carmen Maria Vega, Hubert-Félix Thiéfaine, Becs bien zen, Les Grandes bouches, Zebda, Camille, Agnès Bilh & Anne Sylvestre, Clément Bertrand, Blankass, Wally et Hk & les Saltimbranks. La programmation complète ici. http://www.alorschante.com/index.php/programmation/grille-de-programmation

5 mai 2012. Étiquettes : , , . Festivals, Pour les mômes. 1 commentaire.

Yéti, née en Hollande !

Yéti (au Tibet, à la fonte des neiges) ph. DR

par Claude Fèvre

Hier, jeudi 4 mai, à Toulouse. La place du Capitole bondée réclame le changement, maintenant… Dans le métro vers  20h30, je croise quelques manifestants avec leur badge, plutôt éteints, les manifestants… d’autres les regardent amusés. Je suis entre deux tours moi aussi, entre deux concerts plus exactement. Je quitte le théâtre du Grand-Rond où j’ai entendu un groupe de cinq musiciens, Les Vents Malins, en apéro concert. Je retiens surtout les arrangements entre jazz  et java, teintés de joyeuses ambiances manouches, les envolées de la clarinette (souvent je n’entends plus qu’elle ; saluons le jeune musicien : Clément  Salles) la présence du compositeur et chanteur, Ronan Le Guennec, à la voix  profonde et grave et au visage de marin, si, si… Le public était ravi, il s‘est même montré très, très chaleureux à la fin. A-t-il pour autant été généreux en déposant sa « participation libre » dans les tirelires ?  J’en étais à de sombres considérations financières, je l’avoue,  me demandant comment un groupe méconnu de cinq musiciens pouvaient aujourd’hui trouver sa place, quand j’arrivais une demi-heure plus tard au Bijou où jouait Yéti, née en Hollande (tiens, tiens !). Et là, c’est un désert ! Je n’avais jamais vu le bar avec si peu de monde et au moment du concert, il a bien fallu admettre que l’artiste allait jouer devant une salle quasi-vide. J’en avais la boule au ventre pour elle. Les quelques spectateurs présents et les techniciens ont redoublé d’efforts pour soutenir Yéti, née Jetty Swart. Je l’avais connue en 2006 un poisson sur l’épaule (!) sur notre scène, seule avec son accordéon, puis revue en trio. Notre quotidien local disait d’elle : « Yéti est plus qu’une chanteuse, c’est une artiste complète qui flirte avec le théâtre, le mime, le clown, sans retenue ni complexe. Elle est drôle, parce qu’elle est nature. Elle vous livre les divagations de son imaginaire en délire sans ambages » (La Dépêche, Ariège, 17/11/2006). Bien sûr, le journaliste modérateur de ce blog avait depuis longtemps posé sur cette étonnante artiste l’élégance de ses mots, deux ans plus tôt : « Ses chromos si beaux, ses tranches de vie virées sépia, ses décors de bord de canal et de logements petits : elle fera de la scène un vrai film populaire, un classique qu’on applaudira sans réserves. Et d’elle une star » Michel Kemper (Le Progrès 08/11/04)
Yéti nous a donné dans cet écrin de la salle du Bijou, un nouvel aperçu de ses constantes recherches musicales et vocales, avec la  même envie d’en découdre que si  la salle avait été pleine. Elle s’est souvent offert de chanter sans micro.  Elle n’a peur de rien, décidément ; elle ose. Inclassable Yéti, il faut l’avoir entendue avec cette voix qui se perche haut parfois dans les aigus, pour mieux revenir aux accents rauques de sa langue maternelle, à des murmures, des bruits, des cris… Elle use des boucles du sampler, de la flute traversière, d’un piano toy rouge, d’un moulin musical, sans pour autant laisser son fidèle  accordéon . Et dans sa jupette, rouge elle aussi, et ses bottines, Yéti garde l’allure et surtout le goût de l’imaginaire et du bricolage  de l’enfance. Le temps ne paraît pas avoir prise sur elle, sauf peut-être sur son côté garce, et ses élans de rockeuse nettement assagie. Elle a testé hier quelques chansons nouvelles qu’elle appelle des « dragons cachés sous le lit », s’amusant de son univers : « Je fais des chansons bizarres ».
Quand j’apprends plus tard, au cours de notre échange, qu’elle vit souvent aux USA où la retient son amour (qui lui reprochera ?) je me prends à craindre que son répertoire anglophone (déjà très présent) ne prenne définitivement  le pas sur le français. Mais elle ne nous a pas encore quittés, Yéti, elle sera bientôt, le 16 mai, au festival Alors Chante à Montauban puis le 30 Juillet à Barjac avec cinq autres (Evelyne Gallet, Roland Bourbon, Dimoné, Imbert Imbert, Presque Oui) pour revisiter le répertoire de Boby Lapointe. Encore une preuve que Yéti vaut le détour !

Le myspace des Vents malins, c’est ici ; le myspace de Yéti, c’est là. Contact Yéti : jettylag@gmail.com

4 mai 2012. Étiquettes : . Claude Fèvre, En scène. 1 commentaire.

Paroles et Musiques, 21e du nom

Si, pour nombre de nos lecteurs, Paroles et Musique fut le titre de cette fameuse revue qui précéda Chorus, c’est aussi le nom d’un grand festival stéphanois né il y a vingt ans pour mettre en valeur la chanson.  Très « chanson » à ses débuts, le festival créé par Marc Javelle a pris depuis la mesure d’autres genres, tous faits d’autres paroles, d’autres musiques. Ainsi le rap qui, depuis quelques années, vit en cet événement festivalier de bien belles pages de son histoire…
Côté purement « chanson », on notera avec intérêt le plateau partagé (sous le Magic-Mirrors) entre Jeanne-Garraud, François Gaillard et Romain Didier, ce dernier étant l’un des grands fidèles de ce festival. Egal intérêt pour celui, en simultanée, qui verra se produire au Zénith Zebda (le groupe le plus présent dans les prochains festivals de printemps et d’été), Dionysos et Caravan Palace. Y’a des fois où en revendique le droit d’ubiquïté… Les plateaux Yoanna-Soan-Debout sur le zinc et Carmen Maria Vega-Arthur H-Camille retiennent sans mal notre attention : rien que du bon ! A noter encore, sur la scène en plein-air (pourvu qu’il ne pleuve pas !) notre ami Elie Guillou (celui du Paris-Brest ou des concerts en lavomatics), Broc (la nouvelle formule très électrique de Balmino) et le très intéressant Erwan Pinard.
L’un des moments attendus de cette 21e édition sera sans conteste cette prestation d’Oxmo Puccino, le « black Jacques Brel » comme on le surnomme, pour la première fois en trio acoustique. Si les amateurs de rap se régaleront encore de cette soirée réunissant tant Sefyu, Youssoupha et Meca (objectivement un beau plateau), le tout public pourrait à nouveau faire triomphe à Barcella dont le nouvel album, Charabia, sera tout juste dans les bacs.

Le programme
Mardi 15 mai : Cœur de pirate + Zaza Fournier (complet).
Mercredi 16 mai : Le Zarbi Circus ; Ginkgoa ; Jeanne Garraud + François Gaillard + Romain Didier ; Zebda + Dionysos + Caravan Palace.
Jeudi 17 mai : Boule ; Mina Tindle ; Arlt ; Nadeah ; The Joking ; Scratch Bandits Crew + 1995 + Birdy Nam Nam ; Giedre + Karpatt + Socalled.
Vendredi 18 mai : Doorsfall ; Claire Denamur + Charlie Winston ; Yoanna + Soan + Debout sur le zinc ; Méca + Sefyu + Youssoupha.
Samedi 19 mai : Elie Guillou ; Ben Mazué ; Vincha ; Oxmo Puccino trio ; Broc ; Carmen Maria Vega + Arthur H + Camille ; Fantasia Orchestra ; Archimède.
Dimanche 20 mai : Erwan Pinard ; Barcella ; Vincent Loiseau ; Shantel et le Bucovina Club Orkestra.

Paroles et Musiques, du 15 au 20 mai, Esplanade François-Mitterrand à Saint-Etienne. Le site du festival.

4 mai 2012. Étiquettes : . Festivals, Les événements. 1 commentaire.

La Milca joue avec nos nerfs

Forcément, avec une telle pochette, un tel magnifique dessin, on pose le disque plus délicatement encore sur la platine on l’écoute plus attentivement. Avec ce quatrième opus, nos auvergnats de La Milca fêtent pile leurs dix ans. La Milca est un de ces nombreux groupes dans le sillon des Têtes Raides (dans l’écoute de Noir Désir aussi, et d’Ange si toutefois ils connaissent encore…) dont elle reprend parfois certains accents. L’alchimie est cependant différente, faite d’ingrédients nouveaux, judicieusement associés. Avec une approche plus amplifiée et percutante que précédemment, le terme si galvaudé de « guinguette rock » prend ici tout son son, tout son sens, sa plénitude. Même le mot « festif », ridicule à force d’être convoqué, retrouve par eux son lustre, son panache. Sans jamais nuire, ce serait dommage, aux textes. Ces Nerfs du temps sont l’air et la colère du temps présent, une chanson énervée en prise avec l’actualité, simplement passée par le filtre d’une écriture poétique. L’équilibre entre le son et les textes est bon, la production excellente. Il ne reste plus qu’à (re)trouver le savant dosage, la belle alchimie, pour porter cet excellent disque à la scène.

La Milca, Nerfs du temps, 2011, autoproduit. Le site de La Milca, c’est là. Ce billet est paru précédemment dans les colonnes du Petit Format du Centre de la chanson.

3 mai 2012. Étiquettes : . Lancer de disque. 4 commentaires.

Zedrus en Or

Zedrus (photo Athos99)

Nous en parlions la semaine passée sans savoir qu’il serait en haut de l’affiche lors du weeek-end. L’helvète Zedrus vient de remporter la 45e médaille d’or de la chanson au Marché-Concours de Saignelégier, dans le Jura suisse. Le jury était présidé par le toulousain Yvan Cujious, lauréat de l’édition 2001. Hasard et destinée, c’est à un autre chanteur de la ville rose qu’est revenu la médaille d’argent : Chouf. Enfin, le bronze est pour Guillo, chanteur venu des Landes qui d’ailleurs fait coup double en s’adjugeant le prix du public.
Si on peut considérer que cette médaille n’est qu’un prix de la chanson parmi d’autres, il a pour les suisses une toute autre valeur, qui pèse son poids de médaille. Il fut créé en fin avril 1968 par un mouvement de jeunesse en lutte pour l’autonomie du Jura francophone au sein de la Confédération helvétique. En 1968, en effet, l’ensemble du Jura francophone faisait partie du canton de Berne, germanophone. L’organisation d’un concours pour auteurs, compositeurs et interprètes francophones était une manière d’affirmer l’identité des Jurassiens, une façon de défendre leur langue. La 1re Médaille d’or connu un succès retentissant avec 1200 spectateurs. Ce n’est qu’en 1975, au prix d’une cassure au sein des districts francophones, que trois d’entre eux décident de former un canton suisse. Le combat identitaire est gagné. Malgré cette autonomie, la Médaille d’or continue chaque année d’être organisée.
C’est donc à Zedrus, un chouette chanteur, de Genève, un peu brusque dans ses mots, délicieusement rugueux dans sa poésie, que revient cette médaille et l’honneur de présider ce concours l’an prochain. Le lendemain du prix, il était, encore la tête dans les étoiles, à un débat sur la chanson romande lors du Salon du livre et de la presse de Genève.
La presse suisse, qui a suivi fidèlement cette rencontre, note une « qualité et une diversité de candidats impressionnantes ». Notons au passage le nombre important de candidats : 109 au total à postuler pour cet instant d’éternité, pour ce Panthéon de la chanson où désormais, après Aliose en 2010 et Cujious l’an passé, est gravé en lettres d’or le nom de Zedrus.

Le site de la Médaille d’Or de Saignelégier, c’est ici ;  le myspace de Zedrus, c’est là.

 

2 mai 2012. Étiquettes : . Les événements, Prix. 2 commentaires.

Le rock à prix Coutin

S’il fallait se défaire du passé, il faudrait oublier ces filles qu’il aime (toujours) regarder marcher sur la plage, leur poitrine gonflée par le désir de vivre… Ce fut, en 1981, le tube de Patrick Coutin, énorme, de ceux qui griffent à tout jamais une génération d’une élégante cicatrice, comme on grave l’écorce d’un arbre. Son seul tube d’ailleurs, qui tient tant du hasard que de la fulgurance. Ce titre allait le propulser en pleine lumière, au moins le temps de voir comment ça se passe, de constater l’effet que ça fait, comment la tête tourneboule quand on touche la cime des ventes, quand on tutoie à ce point le chaud bizness. « Durant quelques années, ça a été rageant de n’avoir en face de moi que des gens qui attendaient que je fasse la même chose. Mais ça m’a aussi  fait rencontrer des tas de musiciens, qui ont naturellement envie de jouer avec moi. Ça me classe là où je suis. » Là où il est ? Modestement dans le rock, dans l’esprit du rock, à le vivre au quotidien, sans frime mais avec plaisir, à s’amuser, à le partager.
Loin des plateaux télé, Patrick Coutin dirigera par la suite une salle de spectacles, produira une dizaine d’albums pour lui, une dizaine pour autrui (Les Wampas, Dick Rivers…). Homme-orchestre, il est tant auteur compositeur, musicien, ingénieur du son que réalisateur. « J’ai toujours quelque chose à faire » confie-t-il, fier qu’il est de maîtriser à peu près tout dans le son, dans la façon de fabriquer le son : « C’est ça un peu, l’histoire d’une vie : essayer d’aller jusque-là où la passion vous emmène. »
Coutin n’est pas homme de calculs et ses disques ne sont pas planifiés. Si sa discographie est chaotique, c’est qu’il usine ses pièces à la main et prend le temps. En 2010, neuf ans après son précédent opus, il sort « Le bleu », un bijou country folk, un peu blues, un peu introverti, aux textes ciselés comme jamais, qui lui fait retrouver la scène. Avec The Band, le groupe qu’il se constitue, fait de François Bodin, Gilles Michel et Eric Laffont. L’entente est parfaite qui touche au pur bonheur même si le groupe sonne d’une autre façon que le disque qu’il est censé défendre : il est fait pour le rock et « Le bleu » change de couleur sur scène.
La tournée achevée, Coutin se remet vite à l’écriture et, d’instinct, compose pour ce groupe-là, entre tous idéal. Il est vrai qu’il n’a qu’une envie, celle de reprendre la route avec ses trois nouveaux compagnons. Il a certes déjà le répertoire du Bleu mais lui semble manquer quelques paroles, quelques autres notes d’évidence, du gros son ludique et lumineux, mots qui cognent et guitares qui gueulent, dans la presque démesure. C’est ce qu’il s’emploie à écrire, « comme si j’avais des choses à dire… » Et ça pisse du bras. Nait ce disque qui, plus encore que les autres, parle de lui, de ce rock qui est en lui. Tout est à l’unisson de ce renouveau, même la marche du Monde : nous sommes en janvier 2011 et l’hiver est déjà printemps qui bourgeonne de l’autre côté de la Méditerranée. Le début des révolutions au Maghreb nourrira deux textes, dont « Babylone panic », jolie métaphore pour un système qui se disloque. Car si le but avoué est de retrouver au plus vite le gros son, les textes n’en sont pas moins écrits avec délicatesse, extrême sensibilité, tant il est vrai qu’on ne se refait pas. Quitte à prendre le micro, autant asséner quelques bonnes vérités et dire le monde tel qu’il est. L’état du monde comme celui des sentiments…

Patrick Coutin, Babylone panic, 2012. Le site (tout beau, tout neuf) de Patrick Coutin, c’est ici.

1 mai 2012. Étiquettes : . Lancer de disque. Laisser un commentaire.

Eric Charden 1942-2012

On le savait malade, devinant le peu qu’il lui restait à vivre. Comprenez pourquoi il fut in extremis chamarré d’une insolite légion d’honneur en même temps que son inénarrable complice Stone.
L’histoire de la chanson a depuis longtemps oublié Eric Charden, tant son œuvre en solo (Le monde est gris, le monde est bleu…) est assez insignifiante, même s’il écrivit pour Dalida, Monty, Johnny Hallyday, Eddy Mitchell, Dick Rivers, Sylvie Vartan, Claude François… et composa même les chansons du premier disque de Cat et Maxim (les Le Forestier soeur et frère). Reste le couple Stone et Charden, insondable mystère, panthéon de l’absolue médiocrité, voix approximatives qui, pour toujours, symboliseront tant l’insipide chanson commerciale que de fort médiocres soirées télé. Le triomphe insolent de Stone et Charden ne dura pourtant que peu de saisons, mais pour toujours survivront leurs chansonnettes aseptisées. Pour mémoire : Le prix des allumettes, Made in Normandie, L’avventura, L’amour pas la charité, Il y a du soleil sur la France… La raison commande d’oublier de tels navets mais le matraquage audiovisuel fut tel que nous pouvons, même et surtout à nos dépends, fredonner du Stone et Charden. Ça doit être pour ça que le Ministre de l’inculture les médailla.

30 avril 2012. Étiquettes : , . Uncategorized. 30 commentaires.

Bruno Daraquy, pcc François Villon

Bruno Daraquy (photos Joanna Mouly)

« Frères humains qui après nous vivez / N’ayez les cœurs contre nous endurcis / Car, se pitié de nous pauvres avez / Dieu en aura plus tost de vous merciz / Vous nous voyez cy attachez cinq, six / Quant de la chair, que trop avons nourrie / Elle est pieça devoree et pourrie / Et nous les os, devenons cendre et pouldre / De nostre mal personne ne s’en rie / Mais priez Dieu que tous nous veuille absouldre ! » François Villon est en prison, dans l’attente de son exécution. Il ne sait pas qu’il échappera à la mort pour le bannissement… C’est là qu’il écrit cette Ballade des pendus

Théâtre libre, à Saint-Etienne, en ce 27 avril 2012. Ce n’est pas encore le spectacle qu’ils comptent réaliser. Qui du reste n’est pas encore tout à fait écrit, la mise en scène pas encore choisie, ni les décors dessinés. Mais c’est ainsi qu’il débutera, en cette geôle, dans l’ombre angoissante du gibet, confrontation entre Villon et Villon, retours sur une vie d’aventures et de poésie, de misère et de débauche. C’est la mise en appétit d’une grosse production qui viendra… Ce soir, Bruno Daraquy s’essaye pour la première fois aux habits et aux mots de François Villon.  Chemise de drap grossier, la chevelure ébouriffée, le visage mordu, émacié, aux jolies et expressives rides trop vite venues, les yeux exorbités, le geste vif, gracieux, tel est Daraquy, tel était sans doute Villon. Que nous suivons quand, avant de trépasser, il se remémore les événements, les coups d’éclats, la vie qui trop tôt se dérobe. Et ces femmes, Jeanne et Jeannette, pucelles comme putains : « Il n’est délice que foutre en cul ! » Que connaît-on de François Villon ? Deux textes remarquables, guère d’autres. Cette Ballade des pendus qu’il écrit dans sa cellule et que Daraquy vient de chanter à l’orée de son récital. Et cette Ballade des dames du temps jadis qu’il a la sagesse de ne point interpréter pour ne pas convoquer abusivement la mémoire de Brassens. Simplement le dire. Et de quelle façon !

Car Daraquy est bien plus qu’un interprète. Il incarne Villon comme naguère il le fit, et pour longtemps encore, avec Gaston Couté. Et c’est troublant, émouvant comme rarement. Villon il est, et se chante, même si l’essentiel des chansons n’est pas de lui (avec tout de même cinq originaux du maitre !), mais du créateur de ce spectacle, Jean-Pierre Joblin (qui, sur un titre, ose entremêler sa plume avec celle de Villon). Troublant, probant, épatant, nul ne saura mieux que lui incarner l’infortune de ce poète moyenâgeux, ce lettré des gueux. Filles sans cœur qu’on honore tristement, gens d’armes, bourgeois et notaires, larcins… parfois on se dit que Villon s’est un jour réincarné en Brel. Le verbe est haut, la verbe est cru mais raffiné dans l’agencement, efficace dans l’évocation. Intemporel vraiment, et porté par des musiques qui se rencontrent, se fécondent à travers les âges, admirablement servies par Laurent Bezert à la guitare et Thomas Garrigou à la basse et batterie.

Et donc Daraquy, qui a la grâce et le grotesque d’une peinture de Bruegel, qui embrase tout, les embrasse toutes, diable d’homme qui, à l’évidence, a rencontré en Villon son double.

On écoute un peu de ce spectacle ici.

29 avril 2012. Étiquettes : , . En scène, Mes nouvelles Nuits critiques. 1 commentaire.

NosEnchanteurs, repaire et repères de la chanson

L’un réside dans les Ardennes belges, l’autre entre Rhône-Alpes et Auvergne. Les deux aiment la chanson, qu’ils fredonnent souvent. Walter bosse dans l’informatique ; Michel écrit ses petites chroniques de disques et de spectacles, relate autant que faire se peut l’actualité de cette chanson à l’ombre des médias. Ça fait deux mois qu’ils oeuvrent ensemble au devenir de NosEnchanteurs, à la « nouvelle formule » comme on dit, une petite révolution en soi. Que vous soyez fidèle lecteur de NosEnchanteurs depuis des lustres ou frais converti, vous êtes habitué à ce visuel sans chichi, un rien suranné, cette gangue bleue qui protège nos découvertes chanson. Là, nos deux complices pulvérisent le format, le dynamitent, en font comme festival, pour accoucher d’un autre NosEnchanteurs. Ce sera chanson grand format, presque panoramique, avec nombre de rubriques nouvelles et des surprises à chaque clic. La chanson méritait cette dimension-là. Pour autant, Walter et Michel sont soucieux de ne pas toucher à ce qui fait la richesse de l’actuel blog : son esprit un tantinet rebelle, sa proximité, la richesse et la pertinence des commentaires des lecteurs, cette farouche volonté d’être un outil pour cette chanson absente des médias, hors showbiz.
L’objectif de Michel est de tripler, de quintupler l’audience de NosEnchanteurs pour être vraiment cet outil utile dont cette chanson a besoin. Le pari est ambitieux alors qu’en ce mois d’avril le compteur s’affole, qu’au bout du compte on finira à plus de 1700 connexions par jour. Des articles ont fait leur beurre, ont fait leur buzz, attirant ainsi de nombreux nouveaux lecteurs. La lettre de Torreton à Ferrat a drainé une flopée d’amateurs de l’un, d’amateurs de l’autre. Des deux. Les nouveaux abonnés sont légion : bienvenue !
Ce matin, Walter et Michel travaillent sur une des nouvelles rubriques vidéo : « La chanson du jour ». Comment la positionner sur la page écran, la valoriser ? Page qu’il faudra nourrir en plus du ou des billets quotidien, du « télex » des infos brèves et des autres rubriques. Le blog devient site, nécessaire repère, élégant repaire pour la chanson. Entre deux essais, trois propositions, ils conversent à distance. Sur une chanson de Barbara reprise par la grande Ribeiro, sur une autre et magnifique du québécois Stéphane Côté… Walter travaillera ensuite sur la bande passante des portfolios sur la page d’accueil puis sur des tas d’autres idées et perfectionnement. La machine est lourde qu’il faudra savoir manœuvrer au jour le jour, sur ce tableau de bord décuplé. Pendant ce temps, Cat, Claude, Chantal, Lucien et les autres font moisson d’émotions, qui de leur stylo, qui de leurs pixels pour remplir les pages à venir.
La date n’est pas encore fixée pour ce nouveau site, ce NosEnchanteurs (l’Autre Chanson) qui nous vient, le compte à rebours pas enclenché. Chacun s’y prépare, sereinement mais pas sans fièvre. On vous prépare des lendemains qui chantent plus encore.

28 avril 2012. Divers, Les événements. 9 commentaires.

Hélène et le garçon

par Catherine Cour

Elle le dit avec humour pendant son tour de chant : « Je ne fais pas des « reprises » ! Ça, c’était ma mère, lorsque j’avais troué mes chaussettes ! »
Hélène, elle, s’habille des mots des autres (parfois aussi des siens) et elle les décore, les orne, les réinvente, leur redonne une nouvelle jeunesse, une nouvelle actualité, un nouvel éclairage. Comme un mannequin qui sait présenter et mettre en valeur les robes imaginées pour d’autres femmes par les grands couturiers.
J’ai sûrement dû faire, moi aussi, ce genre de réflexion idiote ! Un « vrai » chanteur se devait d’être auteur (si possible également compositeur) et les « reprises » ne pourraient jamais égaler l’interprétation originale. Eh oui ! J’ai été jeune et bête, un peu sectaire, un peu snob et pleine de préjugés… Je ne suis plus si jeune et j’espère avoir un peu mûri, avant de me résigner à devenir tout à fait blette ! Mes oreilles, ma sensibilité se sont habituées à ne plus seulement entendre, mais aussi à écouter.
Et puis j’ai subi mon lot d’auteurs-compositeurs qui auraient eu tout intérêt à trouver des interprètes… et apprécié des interprètes qui arrivaient à sublimer les chansons des autres, à faire oublier le créateur ou à apporter un nouvel éclairage à la chanson qu’ils décidaient de s’approprier. J’ai appris à apprécier ce décalage par rapport à mon « patron », cet ajout de matière qui n’appauvrit en rien l’original.
Tous les « repreneurs » n’arrivent pas à ce résultat, malheureusement ! N’est pas Piaf, Barbara, Brassens, Brel ou Serge Lama qui veut ! (Je ne cite pas ces noms par hasard : ce sont tous des spectacles que je suis allée voir récemment et dont je suis sortie avec l’impérieux besoin de foncer réécouter l’original !)
Avec Hélène Grange, pas de souci ! Vous pouvez ouvrir vos yeux et vos oreilles : c’est du grand art ! Elle prend les textes de Brigitte Fontaine, de Juliette, de Juliette Gréco et elle les fait siens. Elle bénéficie pour ce larcin de la complicité de Michel Sanlaville à la contrebasse ou à la guitare.
Le thème de ce spectacle (chansons écrites par des femmes, ou pour des femmes) permet à Hélène de proposer des auteur(e)s connu(e)s (Anne Sylvestre, Michèle Bernard, Rémo Gary, Barbara, Véronique Pestel…), et d’autres moins connu(e)s (Marie Zambon, France Léa, Jeanne Garraud, Noah Lagoutte, Claudine Lebègue, Élisabeth Ponsot, Jean-Baptiste Veujoz…). À deux ou trois exceptions près (essentiellement les Brigitte Fontaine), je connaissais presque par cœur toutes ces chansons. Eh bien j’en ai redécouvert certaines, sous un nouveau jour, un nouvel éclairage, un nouvel habillage musical. Hélène a choisi de mettre l’accent sur des mots, des idées que je n’avais pas forcément perçues dans la première « version » de la chanson.
Ce genre d’exercice m’intéresse et m’amène souvent à me demander si je serais capable d’en faire autant. Re-créer sans plagier, sans copier servilement. En respectant la lettre mais en changeant parfois l’esprit… Pas partout, pas sur tout, pas tout le temps. Il ne faut pas que ça devienne un jeu de massacre : tout changer sans but, juste pour le plaisir de modifier. Découdre entièrement la robe ne garantit pas que celle cousue avec ses morceaux soit réussie ! Il faut savoir se servir de l’ossature tout en apportant ça et là sa touche personnelle. Parfois juste un ornement, parfois davantage…
C’est ce que réussit parfaitement Hélène Grange. Elle renoue en cela avec une tradition qui n’a été bouleversée que depuis une cinquantaine d’années et qui voulait que les chansons n’appartiennent pas à un unique interprète. Elles pouvaient être « reprises » par des dizaines d’autres chanteurs et certaines versions avaient davantage de succès par un « repreneur » que par le créateur ou l’auteur lui-même !
Et puis, discrètement, Hélène présente aussi ses propres textes qui méritent d’être découverts : elle sait être à l’aise « Dans tes habits » (musique de Clélia Bressat-Blum), ou « Femme de peau » qui nous aide à être bien dans la nôtre, et dans nos fringues à nous !

Le prochain concert d’Hélène Grange, c’est un concert « chez l’habitant » à Bourg-en-Bresse… et puis des ateliers d’écriture ou de chant à Arras, Autrans… Le myspace d’Hélène Grange, c’est ici.

Un mot sur l’association qui propose des spectacles à Rians, dans le Haut-Var : animée par Hubert Dufour, luthier passionné de musique, l’association « Le chant de la Terre » s’est donnée la gageure de programmer « toutes » les chansons, toutes les musiques, sans exclusive… ce qui donne une grande ouverture sur le monde, sur les diverses cultures sous toutes leurs formes : contes, pièces de théâtre, concerts. Les spectacles sont à découvrir et l’association est à soutenir absolument !

27 avril 2012. Étiquettes : . Catherine Cour, En scène. 3 commentaires.

Ce romand de Zedrus…

C’est un helvète, un romand, qui signe, de son micro, d’un Z qui veut dire Zedrus. Ou pourrait le faire, tant il aime la provocation, l’éternel décalage. Qui aime à se définir comme un Brassens trash. Rien que lire, à une certaine époque, le titre de ses chansons (Salopard, Vieux con…) validait l’affirmation. Zedrus vient de sortir son cinquième opus, toujours autoproduit, dans l’attente sans doute d’un producteur plus courageux que d’autres, qui ose l’impertinence adoubée au talent. La galette se nomme « Dans la différence générale » : sortons cette différence du silence ambiant et mettons-là en exergue : c’est franc, direct, sans ambages, sans vaseline. Autoportrait désillusionné (« Eh ben cochon ! / C’est pas le produit qu’on m’avait vendu ! Pour affronter la société / Mieux vaut être con / Con sans sommations »), solitudes, vies bridées (« Avec les lois qu’ils ont votées à l’Assemblée / J’ai perdu pour un oui pour un non / Ma liberté d’expression et d’érection »), vies sans fard, pas forcément sans cafard ni sans regrets… Il y a un peu de foule sentimentale en Zedrus, un type qui a envie de tout donner, de tout aimer, de vivre libre, mais se heurte à la réalité de notre monde, là où « Tout va mal » : « Et j’aboie, j’aboie, j’aboie / Dans une bouteille à la mer. » Dit comme ça, c’est pas avenant, sauf que Zédrus a l’art et la manière de (bien) le chanter. Si comparaison vaut raison, on associera Zedrus à La Blanche : l’univers y est presque pareil, avec ce cynisme comme ultime bouclier. Et cette tendresse qui, parfois, plane sur les vers et s’attarde plus longuement ici sur une magicienne qui « du fil de fer barbelé fait un porte-jarretelles », là sur l’épouse et la maitresse (« Avec elle, je finirai mes jours / Avec toi, je ne les vois pas passer »). Et sur l’amour d’un père, magnifique chanson qui rappelle le meilleur de l’autre romand qu’est Sarcloret. Ecoutez Zedrus, écoutez la différence !

Zedrus, Dans la différence générale, 2011, autoproduit, distribution Disques Office en Suisse, L’Autre distribution en France. Le site de Zédrus, c’est ici. http://www.myspace.com/zedrus En concert les 27 et 28 avril 2012 à La Médaille d’Or de Saignelégier (Suisse), le 4 mai à « On connaît la chanson » à Volvic (63), le 12 juin au Zèbre de Belleville à Paris et du 11 au 17 juillet à « Allonz-y Franc’off » à La Rochelle. Et ce dimanche 29 avril en débat sur « Les mots des chanteurs romands » au Salon du livre et de la presse de Genève avec, à ses côtés, les chanteurs Blandine Robin, Denys Surdez et Thierry Romanens ainsi que votre serviteur.

26 avril 2012. Étiquettes : . Lancer de disque. 9 commentaires.

Bientôt un nouveau NosEnchanteurs…

Avec 1000 à 1500 connexions par jour, chaque jour, parfois plus (3122 connexions hier !), NosEnchanteurs est de loin le premier blog chanson. Qui plus est d’une certaine chanson, de celle dont les médias se foutent comme de leur premier vinyle. De l’autre chanson. De Jacques Bertin à Amélie-les-Crayons, d’Anne Sylvestre à Jérémie Bossone, de Gérard Delahaye à Hervé Cristiani, de Michèle Bernard aux Ogres de Barback, de Trévidy à Romain Dudek, le spectre est large de cette chanson dont la presse ne parle plus, ou si peu, ou si mal.
Chaque jour, entre portraits d’artistes, chroniques de disques, entre coups de cœur et coups de gueule, NosEnchanteurs relate la vie de cette chanson ; chaque jour vous le plébiscitez en en faisant votre rendez-vous fidèle.
Pour aller plus loin encore, pour être plus utile, plus efficace, il nous faut désormais transformer l’essai. Et accomplir la nécessaire mue de NosEnchanteurs, trop à l’étroit dans sa gangue bleue. D’ici à peu de temps, en cliquant sur ce blog, vous découvrirez un tout autre site. D’un tout autre visuel, mais dans le même état d’esprit, avec les mêmes enthousiasmes, la même impertinence aussi, avec ce côté rebelle et frondeur qui le caractérise plus que tout autre. C’est d’une coopération franco-belge, entre l’ami Walter et moi, que naît actuellement le nouveau NosEnchanteurs (l’Autre Chanson) que vous verrez bientôt.
Un site plus « professionnel » encore, même si la démarche de NosEnchanteurs l’a toujours été, tant dans la qualité de l’écrit que dans l’exigence de l’information, dans la farouche volonté de faire découvrir et partager cette autre chanson, de lui offrir une tribune. Ce sera plus que jamais le grand rendez-vous, le lieu de rencontres, de découvertes, l’agora de cette chanson qui nous anime. Ce sera alors à vous de populariser NosEnchanteurs (l’Autre Chanson), le partager, l’offrir comme on offre au passant la chanson qui est sur nos lèvres.

Classé à la 58 943e position, tous genres confondus, du Top des blogs ebuzzing (ex-Wikio) en janvier 2010, NosEnchanteurs s’est hissé à la 326e place en février 2012. Qualifié de « billets remarquables », il passe, dans ce même classement de février 2012, à la 46e place des blogs Culture et à la 2e place des blogs Musique.

25 avril 2012. Les événements. 18 commentaires.

Christian Camerlynck : deux sinon rien !

Ses plus récents opus discographiques remontent à il y a onze ans : deux albums en simultané parus au défunt Loup du faubourg, dont un entièrement consacré à Jacques Debronckart. Christian Camerlynck nous revient sur nos platines avec encore deux albums (Se défaire et Duos), grand luxe après grande accalmie. Deux albums (l’un en duo avec le pianiste Jean-Paul Roseau, l’autre où ce même Roseau se voit adjoindre un violoncelliste et une violoniste) gravés il y a quatre ans, le reste n’étant que le temps passé à trouver les moyens de les sortir enfin. Camerlynck  est depuis toujours interprète, « chanteur-comédien » précise-t-il avec raison, se mettant en bouche un peu du meilleur de chaque artiste, de ceux qu’il tient pour référence : cette double livraison fait la part belle à (entre autres) Félix Leclerc, Jean-Roger Caussimon, Allain Leprest, Maurice Fanon, Romain Didier, Anne Sylvestre, Léo Ferré, Henri Tachan, mais aussi Brahms ou Bach. Et Laurent Sillano, et Camerlynck soi-même, par deux titres. De fait, chaque album de Christian Camerlynck est anthologie en soi. Avec toujours la préciosité de la voix, de la diction, le respect du verbe, la théâtralisation du mot, sa mise en scène, sa mise en oreilles. On en oublie même le créateur : on écoute la chanson, on la vit. C’est La vie d’artiste sans le Léo, Nu sans l’Allain, Verdun sans le Joyet… Les textes vivent leur vie, autonomes, désincarnés, sans lourde tutelle, sans qu’ils soient obligés de toujours vivre les mimiques de leur auteur, les mêmes éternelles intonations… C’est l’art de Camerlynck de nous rappeler ce qu’est un interprète, sa grandeur, par son exemple où il combine modestie et pur talent. Cette nouvelle paire de disque est exemplaire, qui s’impose dans toute discothèque chanson qui se respecte.

Christian Camerlynck, Duos et Se défaire, 2012, autoproduits. Pas de vidéo de Camerlynck et c’est dommage. Seulement un blog et son myspace hélas pas vraiment à jour… Sur Camerlynck, lire dans NosEnchanteurs : « Camerlynck, la bosse du bonheur ». On commande ces disques à : chris.camerlynck@orange.fr

25 avril 2012. Étiquettes : . Lancer de disque. 7 commentaires.

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