Gérard Morel, on ne dit pas non !

Archive. C’était mon premier papier sur Gérard Morel, il y en a eu d’autres depuis, à mesure de ses formules scéniques, de ses nouvelles chansons et de ma fascination pour le bonhomme. Là, c’était en août 2002, au festival Les Oiseaux Rares à Saint-Julien-Molin-Molette.

Amour version Gérard Morel. Lui, crâne dégarni et langue fleurie, ne chante que ça. Si les compos, paroles et musiques, sont de son cru, c’est d’une veine autre qu’elles semblent tirées, façon Gabin dans Je ne dis pas non, ambiance Arletty pour la gouaille, accents populaires comme on ne sait plus en faire.

Il ne chante que l'amour dans la verdeur et la crudité du sentiment et de l'acte. Sa riche semence de rimes féconde une chanson des plus onctueuses. (photo Michel Kemper)

Sa riche semence de rimes féconde une chanson des plus onctueuses. (photo Michel Kemper)

Morel est rimailleur mitrailleur, dix rimes à la seconde, mille par chargeur. C’est une sorte de comique-croupier, rivé à l’arrière-train du beau sexe, l’Ouvrard bien portant qui ouvrage les dames en leur fricotant des rimes aussi légères que sérieuses. Il fait, plus que tout autre artiste, dans l’allégorie du bouton de rose, l’amour de la chanson d’amour, celle bien gaillarde, bien couillue. Il «poétise à t’écrire des sonnets» et «s’épuise à t’jouer du cornet» : c’est un poète, un sacré. Un de ceux qui, dans la nudité d’une interprétation (voix, guitare) sans artifice aucun, vous emporte dans ses textes coquins, dans la jouissance d’une chanson bien faite, aux formes désirables, l’œil satisfait de tant d’audaces appréciées, la commissure des lèvres trahissant le bonheur prodigué.
La chanson gaillarde s’est épuisée depuis des lustres : les Colette Renard et autres Frères Jacques sont lointains souvenirs. Ne reste que Pierre Perret pour magnifier tétons et chatouiller toisons. Et Gérard Morel qui nous revigore le genre en bon vivant, épicurien radieux du style «Plaisir d’offrir, joie de recevoir» : «Quand j’la bichote / Ell’ me baisote / Jamais ell’ mégote / On se bécote / On se dorlote / Et on se tripote / Elle est dévote / Quand j’la languotte / Là où ell’ frisotte / Et moi j’fayotte / Quand ell’ suçote / Mes petit’s griottes». L’actuelle autant qu’asexuée chanson à succès pourra longtemps encore chanter l’amour, jamais elle ne le fera aussi bien, aussi profondément que cet homme-là, ce Morel qui crève l’écran des sentiments, qui sublime le vit pour vivre l’amour, le seul, le vrai.

Gérard Morel est la vedette du dvd n°5 de Tranches de scènes. 131 mn avec Morel bien sûr, mais aussi avec Chtriky, Luc Chareyron, Wally, Vincent Gaffet, Michèle Bernard, Yves Jamait, Alcaz, Xavier Lacouture, Nicolas Bacchus, Romain Didier et quelques autres encore.

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13 octobre 2009. Étiquettes : , . Archives de concerts, Chanson sur Rhône-Alpes.

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