Un certain Bertin…

Jacques Bertin, 5 mars 2010, Salle des tilleuls à Viricelles

Jacques Bertin (photo d'archives Alain Lauzier)

Mi cultureux, mi cultivateurs sans doute, encore que, des urbains et des ruraux, tous réunis pour une pleine soirée chanson, avec des artistes de grand talent, de bonne réputation, qui s’en viennent ci, au village, sans prétention. Bobin vient de terminer son tour de chant, avec ses deux musiciens et l’essentiel de son dernier album, des chansons sociales belles et forcément graves qui, ici comme ailleurs, parlent aux gens. Seule l’émotion ne se délocalise pas, elle est ici en ses terres. Belle ovation en guise de sincère récompense.

Nous vient Bertin. Paraît-il qu’on ne l’a pas vu dans le coin depuis 1976, un bail dites. Et il est là, devant nous, seul à la guitare, assis. Le silence s’est fait, dans lequel son chant se fait ample chemin. On ne s’en vient pas communier avec un chanteur culte, non, simplement écouter un homme qui nous dit des choses, les chante, nous parle de sa terre à lui, de sa Loire à Laleu, du vent dans les arbres, d’amour et de pure poésie… Et de ses copains aussi, collègues de surcroît, les Ferré, Semal, Bérimont, Aragon, Douai, Vasca et d’autres encore : « Amis soyez toujours ces veilleuses qui tremblent / Cette fièvre dans l’air comme une onde passant / Laissez fumer longtemps la cendre des paroles… » (Vasca). Comment vous suggérer la voix de Jacques Bertin si vous ne la connaissez pas, si jamais à ce jour elle ne vous est parvenue. Une voix juste, précise, mélodieuse, qui respecte les mots qu’elle véhicule. Et ondule pareille à des instruments. Il est assis, serré à sa guitare dont il joue haut sur le manche. On a dit, on peut croire, que chaque musique est par lui semblable à la précédente, qu’au bout du compte, du récital, elles font une. Mais chaque pièce est un tableau, scène peinte d’émotion, bijou de contemplation et merveille d’écriture. La palette musicale est simplement cohérente et ne nous égare pas en de faux chemins, de faux semblants. « Nos plus beaux souvenirs fleurissent sur l’étang / De ce lointain château d’une lointaine Espagne… » C’est par L’Étang chimérique de Ferré qu’a débuté ce récital. C’est non par une autre chimère mais par un rêve, utopie sociale autant que chanson d’amour, que Bertin quitte la scène, au terme de plusieurs rappels, par Le Temps des cerises. Respect.

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6 mars 2010. Étiquettes : . Mes nouvelles Nuits critiques.

2 commentaires

  1. Théfaine replied:

    Vous ne savez pas la chance que vous avez eue d’entendre Bertin en chair, en os et en âme. Moi j’attends toujours qu’il passe en région rennaise, mais on va y arriver. N’est-ce pas, Jacques?

  2. marc laumonier replied:

    oui
    il faut vite profiter de cette voix
    qui en vieillissant se fait encore plus magnifique et pleine
    vive de tels artistes !!

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