Gaston Couté, rue de l’éternité

On célèbrera, en juin de l’an prochain, le centième anniversaire de la mort de Gaston Couté, cet anarchiste venu de Beauce hanter les lieux mal famés de la Capitale, ses bouges comme ses cabarets. Si certains poètes, au lendemain de leur dernier souffle, se sont vite réfugiés dans les anthologies qui de prose qui de vers qui des deux, lui est resté à la porte de la facile renommée. Le purgatoire de la poésie pour lui et ses vers mal décrottés, paysans, patoisants, pas même en vrai français de comme on cause dans les salons littéraires. Psstt ! un poète du peuple, un révolutionnaire, un Gavroche de la rime ! Petit à petit, comme les cailloux dans la terre, le talent remonte, germe et fleurit. Des gens redécouvrent Gaston Couté. Que du reste les sociétés anarchistes n’avaient pas vraiment oublié. Des artistes se sont mis Couté en bouche. Des diseurs. Même des chanteurs, Piaf en tête. A la fin des années soixante, Couté était comme passage obligé pour les chanteurs rimailleurs autour de la place de la Contrescarpe, quartier Mouffetard. Lavilliers en a même gardé des textes qu’il dit encore parfois sur scène. Années soixante-dix, les éditions Le Vent du ch’min éditent tout Couté pendant que Bernard Meulien et Gérard Pierron font miel de Couté. Eux puis des tas d’artistes comme Marc Robine, Monique Morelli, Bruno Daraquy, Claude Antonini, Le P’tit crème, Loïc Lantoine, Laurent Berger, Gabriel Yacoub, Rémo Gary et bien d’autres encore. Couté est l’émotion même. Cent ans après, ses textes gardent en eux la même fraîcheur, l’honnêteté de mots pas négociés, toujours d’une ardente actualité. Certes, il y a encore du chemin à faire pour qu’on cite Couté comme on dirait du Baudelaire ou de l’Hugo. Ça vient… Mais pas à la Générale des eaux, semble-t-il. Témoin cette missive expédiée en septembre 2009 à Monsieur Gaston Couté, 55 rue de l’éternité (sic), 42000 Saint-Étienne : « Vous n’êtes plus couvert pour les urgences sur votre canalisation d’eau ! » Gaston Couté siégeant rue de l’éternité, ça fait plaisir à dire et c’est prémonitoire. Quant à l’eau, sans être tout à fait historien, il me semble que n’est sans doute pas ce liquide-là qui a coûté la vie à Couté, mais le mauvais vin, l’absinthe, la tuberculose et une vie dissolue…

Un site sur Gaston Couté…

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22 avril 2010. Étiquettes : . Saines humeurs.

One Comment

  1. odile Fasy replied:

    Bravo Michel pour cet article sur Gaston Couté.
    La première fois que j’ai découvert et entendu ses textes, je n’arrivais pas à croire qu’ils avaient un siècle!
    Il y en a un que j’aime tout particulièrement! « J’ai fait des bleus sur ta peau blanche  » mis en musique et interprété magnifiquement par Laurent Berger.

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