La Rue Két’ c’est à nous !

Sauf à picorer ici et là et finalement ne rien voir, l’ubiquité n’est pas de mise chez le critique. Comment être au four et au moulin, chez Leprest et dans la Rue Kétanou à la fois ? Retour sur la première soirée du festival. Nous sommes au Zénith et c’est l’ami lyonnais Pierre Devrieux qui, pour NosEnchanteurs, noircit fiévreusement son carnet de notes…

C'est pas eux qui sont à la rue… (photo Laurence Rigaudon)

Malgré les trombes d’eau sur Saint-Étienne, l’injuste colère du ciel, ils sont venus ils sont tous là les fans de la Rue Két’. Le Zénith est plein qui tourbillonne de cette jeunesse festive et enthousiaste. Qui clame à l’unisson des trois saltimbanques agités sur la scène : « C’est pas nous qui sommes à la vie / C’est la vie qui est en nous ! » Et toute l’assistance de faire chorus. Imaginez-vous la dimension surnuméraire de cette enthousiaste chorale…

Paroles qui frappent un public fidèle depuis plus de dix ans, toujours présent à l’appel (à la pelle ?) d’un groupe qui n’a cessé de défendre sur scène une musique à la fois sobre, légère, enjouée, incisive, radicale et chaleureuse. Sans varier d’un iota la formation initiale, les trois poètes de la Rue Két’ assurent un set qui fait toujours bouger les corps et travailler les cerveaux. Qu’ils aiment ou qu’ils combattent, ces militants de la chanson populaire viennent d’une rue franche où tout peut se dire à condition d’y mettre les bons mots. Leur devise est « un mot pour tous, tous pour un mot. » Une parole libre et amoureuse dont on se plaît à fredonner les refrains… « Y’a des cigales dans la fourmilière. » Agitateurs appliqués d’une chanson suffisamment exigeante dans sa forme musicale et ses propos pour faire consensus sans jamais être consensuels. Car, loin des chemins faciles de la variété, le groupe enflamme les esprits avec une verve sans tabous, qui laisse libre cours à l’ardeur, clame sa vitalité, tout en grattant là où ça pique.
Un concert de la Rue Két’ c’est une bonne dose de poésie délurée, de swing, de tambourin, d’accordéon, pour voyager en guinchant sur l’air du temps. Ils n’ont aucune frontière : toutes les mélodies du folklore mondial leur conviennent du moment que ça « fédire* »… « C’est pas nous qui sommes à la rue, c’est la rue Kétanou ! »
Pierre Devrieux
* Que ça fédire : que ça donne de l’air

Le site de la Rue Kétanou, c’est !

15 mai 2010. Étiquettes : . Mes nouvelles Nuits critiques.

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