Sarcloret gravé dans le marbre

-M- au Zénith et Sarcloret à l’autr’bout, deux conceptions du spectacle qui se font face. C’était hier à Saint-Étienne. Mon choix, étonnez-vous, s’est encore porté sur l’ami suisse. On ne se refait décidément pas…

Sarcloret (archives Le Chant Laboureur, photo Chantal Dépagne-Palazon)

Faut-il à ce point se faire pédagogue et illustrer ses propos par des considérations et traits philosophiques gravés dans le marbre ? Sarcloret le fait. Et le fait bien. Entre les chansons, parfois même en plein dedans, des images sont projetées sur l’écran blanc de sa vie noire, pierres tombales renouvelant l’art des concessions à perpétuité ou non. Juré que quelques saillies resteront, gravées en nous. Pour avoir sorti récemment son intégrale discographique (charmant pavé tout aussi noir d’aspect), Sarcloret fait un peu compilation de ses chansons pour ce récital-là qui, du coup, ressortent et prennent l’air. Comme Du Brun (« Et c’est même pas des baffes qui se perdent / C’est l’homme qu’est comme ça, qu’est de la merde / C’est pas des trucs à mettre au point / C’est l’homme qu’est comme ça, qu’est du brun »), que je tiens pour sommet de l’art Sarclorien autant que, en mes heures de lucidité, pour le bon sens absolu. Ce mini-récital (car co-plateau) est un digest, très digeste, comme une entrée dans son univers. Presque un apéro. Sarcloret chante mais pas seulement : il devise. Logique pour un suisse me direz-vous. Sur le monde un peu, sur les filles beaucoup. Sur les jeunes filles toutes nues, tant il est vrai que, lui, voit des nichons partout. Sur sa fille aussi, la sienne, à qui il donne prudemment des conseils d’éducation domestique, tout en déroulant un préservatif. Et sur les dames en général : « No proposez votre cul qu’à ceux qui sont convaincus de vous aimer la vie entière. » Car, sous des dehors parfois incongrus, Sarcloret est un tendre qui faussement s’ignore, un grand amoureux : « J’y peux rien si tu sens la vie et toutes ces conneries. » La vie, l’amour et tout l’bazard, voilà le commerce de l’ami Sarclo, chantiste au bien joli métier, amené avec des mots que souvent on n’oserait pas, on n’oserait plus. Il est beaucoup de nous, par procuration.

Le site de Sarcloret, c’est .

Loïc Lantoine, Agnès Bihl, Soan, Laurent Vintrigner, Batlik et d’autres encore, nous reviendrons les jours prochains sur une partie de la programmation de Paroles et Musiques. Raison s’il en est de s’abonner à ce blog…

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16 mai 2010. Étiquettes : , . Mes nouvelles Nuits critiques.

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