Agnès Bihl, talent étalon de la chanson

Soirée d’exception que celle qui a réunit Sarcloret, Éric Toulis et Agnès Bihl samedi dernier à Paroles et Musiques. Il fallait en être…

Agnès Bihl : téléchargez-là ! (photo Bruno Langevin)

Qui l’a déjà vue sait la dame sur scène, l’émotion qu’il en tirera, le plaisir qu’il prendra. Assez étrangement, même si Agnès Bihl fréquente assidûment les salles de mon coin, de ma sphère, je ne l’avais jamais vu. La voici devant moi. Un peu comme je l’imaginais, plus même. Une blonde sans faux col, pétillante. Avec ses chansons d’amour. Et ses autres, presque catalogue d’indignations : racisme, écologie, droits de l’homme… Pour un peu, ça ferait Lemay, mais en plus consistant, plus politique, délaissant les pages de Femme Actuelle pour celles de L’Humanité. En fait, c’est ça, il y a un peu beaucoup de Francesca Solleville en Bihl, par sa présence comme par ses sujets, colères, audaces et tendresse. Et l’or de ses cheveux. Agnès Bihl (photo archives DR) « Bonsoir, mis à part le chômage, le divorce et la crise, ça va ? » Sacrée nana en scène que cette Bihl, étonnante professionnelle surtout. Et bonheur des photographes : émulsion sensible, elle s’offre sans retenue, en des attitudes, des postures qui flattent et appellent et flattent la pellicule. Bihl parle d’amour, du besoin, du désir d’amour surtout. La célibattante qu’elle est attend le prince charmant… « Je pleure, tu pleures, il pleut / Tu n’es pas le premier que je rend malheureux » Et se cogne à la vie, titube : c’est souvent gueule de bois tant il est vrai qu’« un grand chagrin d’amour ça se fête au champagne ». L’amour et la vie, cette mamie qui vieillit à l’hospice comme cette gosse qui vient de naître. L’homme qui devient jetable, cette France riche en pauvres, ce fric roi, Agnès ne tourne pas sept fois sa langue avant de chanter, avant de déverser sa bile sur les mots de notre société. Et ses perversions : ainsi Touche pas à mon corps, terrible chanson sur l’inceste qui, tout spectateur que vous êtes bien calé dans votre fauteuil, vous cloue au sol, vous anéanti. Il y a bien des sujets qu’on sent que Bihl s’est imposé, d’autres qui sont plus naturels. Il y a des chansons aux chutes trop légères et d’autres, chefs d’œuvre qui nous laissent cois. Le tout fait récital qui, au final, emporte sans grande réserve notre totale adhésion. Ne serait-ce par ce clin d’œil à Gréco qu’est Téléchargez-moi : délice d’écriture autant que finesse d’interprétation. Un petit bonheur !

Le myspace d’Agnès Bihl.

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20 mai 2010. Étiquettes : . Mes nouvelles Nuits critiques.

2 commentaires

  1. Carol Doucet replied:

    Je l’ai vue aux Trois Beaudets il y a quelques semaines et j’ai été séduite par cette chanteuse. Que de beaux textes ! Quelle présence sur scène ! Une soirée parfaite ! Je suis sortie du spectacle avec ses 4 CD dans mon sac à main 😉

  2. Permanently Aesthetic Zone replied:

    Chronique du dernier spectacle 2010 d’Eric Toulis sur http://sensorial.juraver.net/2010/03/tout-lisse-nest-pas-eric/

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