Imbert Imbert, bien bien

Imbert Imbert (photo Bruno Langevin)

Ce fut samedi dernier, à midi pile, dans l’éphémère espace que s’est taillé Paroles et Musiques dans ce qui fut jadis le Palais des spectacles, grosse bonbonnière où défilèrent stars et vedettes. Le Zénith a réglé son compte au Palais par k.o. technique. Mais, parfois, le vie renaît en ses entrailles…

C’est un indien, d’une improbable tribu si ce n’était sa crête d’iroquois, tirant de son carquois sa collection d’archets comme d’autres leurs clefs de douze d’une boîte à outils. Il y a un peu en lui de François Pierron – celui qui officie avec Lantoine – frère d’arme au même et encombrant compagnon. Étrange impression, drôle d’oiseau aux plumes ébouriffées, homme-instrument où bois et chairs font un, quasi indivisibles, inextricables et complexes rapports. Il est au centre de la scène, baigné d’un halo de fumée, presque irréel. Avec, devant lui mais excentré, un batteur, Frédéric Jean, de dos, au mitan d’une forêt de percussions, qui semble relier le chanteur à la terre. Imbert Imbert est, selon, une curiosité ou une passion de la chanson. Son postulat prédispose à l’intime, comme une épure organique, tribale. Sans abdiquer un seul mot, sans lustrer ni lisser ses propos, il n’a de cesse de nous parler de vie et d’amour. C’est du brut, comme une colère que canalise à peine son art, comme une longue plainte sublimée. La vie et les cons à qui ont fait Bouh et qui pleurent. L’amour et ce con, objet de toute chose, qui n’en est pas moins hymne à la vie. Les thématiques se croisent et fusionnent en une alchimie étonnante où on ne sait qui est le plus surprenant : l’artiste en scène ou ces torrents de Bouh, de boue qui suintent de ses mots. Tout est étrange, insolite, énigmatique… Il y a de la messe païenne en Imbert Imbert ou je me trompe. Pour ce récital là, il fallait quitter l’épicentre festivalier, prendre un chemin détourné, pour pénétrer presque par effraction ce qui fut jadis une grande salle, un Palais des spectacles aujourd’hui désaffecté. Un lieu comme après grand chaos, idéal pour une chanson entre toute particulière, résistante, quasi underground. Loin, très loin de tous zéniths, dans une obscurité qui, étrangement, fait incroyable lumière.

Le myspace d’Imbert Imbert.

21 mai 2010. Étiquettes : . Mes nouvelles Nuits critiques.

2 commentaires

  1. A Fleur de Mots replied:

    C’est bien ce que je pense aussi! Et c’est tellement bien dit!

  2. Nicolas replied:

    Merci pour cet article. Vous pouvez découvrir les derniers morceaux d’Imbert Imbert sur son site : http://www.imbertimbert.com

    A bientot

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