Carla et Philippe, la princesse et le croque-notes

« Allez sèche tes larmes, voyons / T’es une grande fille, merde, c’est con / Tous ces clichés, salut, plus tard / J’t’apprendrai à jouer de la guitare » Philippe Val, Petite copine 1980.

Monsieur Philippe Val, membre émérite de la Cour (photo Xavier Lambours)

Pincez-moi ! Ainsi, à ce qu’on dit, à ce qu’on lit, Philippe Val occuperait son temps libre (huit heures par jour, rivé à sa chaîne d’état, il est tailleur de programme et ététeur d’humour ; après son boulot il fait ce qu’il veut) à aider son prochain. En fait, se souvenant qu’il fut artiste dans un passé lointain, il travaillerait au nouveau disque d’une copine chanteuse au mince filet de voix, un ancien modèle qui aimerait, dit-on, les grands hommes de petite taille. Ainsi donc Philippe peaufine la rime, cherche le bon accord avec Carla, sa muse, son mentor. En toute indépendance il va de soi. Encore un disque promis à la play-list d’Inter, tant il est vrai qu’il ne pourrait en être autrement. Entre chanteurs, faut bien s’aider. Qu’il est loin le temps de l’impertinence, de l’indépendance…

On chipotera à l’ami Woerth, que ses amis décrivent comme un parangon de vertu, des collusions, des conflits d’intérêts cause à une vieille multi-milliardaire qu’il connaît bien, qu’il connaît sans doute trop. Chaque jour nous en amène plus encore les éclatantes preuves. C’en serait même, sans rire, le plus grand scandale de notre actuelle République en grande déchéance, en fin de vie. Conflits d’intérêts ? Je pouffe ! Comment alors qualifier, si c’est vrai, l’aide désintéressée de l’ami Val à la belle Carla ? : je t’aide à trouver tes accords, toi qui m’a fait nommer à la tête de France-Inter grâce à ton mari actionnaire, j’te vire au passage les trublions Porte et Guillon qui déplaisent tant à Nico. Et je m’arrange avec ma conscience, c’est mon affaire. Et qu’on me fasse pas chier avec mon passé de chanteur-humoriste à l’extrême de la gauche, que l’on ne m’oppose plus les « Font et Val » d’antan, ni ma tâche jadis de chroniqueur sur Inter, ni surtout celui de défenseur de la liberté, de l’humour politique et des caricatures sur ce Charlie-Hebdo dont je suis encore actionnaire.

Val ça n’est plus ça, ça n’est plus rien, rien qu’un de ces valets serviles qu’on congédiera à la prochaine présidentielle, sans rien. Resteront au chanteur de « Ils finiront sur l’échafaud » les droits d’auteurs sur les douces et charmantes musiques de la nouvelle Marie-Antoinette.

Publicités

2 juillet 2010. Étiquettes : , . Saines humeurs.

3 commentaires

  1. Delorme replied:

    Val n’a jamais eu de talent, ni pour la musique, ni pour les textes (très inspirés de Ferré). Il a simplement la plume facile, ce qui ne peut se confondre avec le talent. Font avait au moins celui d’être drôle et de trousser (sic!) de jolis couplets. Val, qui troussait pas mal non plus (re sic!), était lourdingue et n’exprimait finalement rien d’autre que son éternelle détestation du « populaire », foot, corrida etc…Il est resté ce qu’il a toujours été, un sale type à l’ego en béton armé. Un article très juste a été écrit sur lui et sa situation dans le Monde Diplomatique. Fin et cruel, à lire.

  2. jean-philippe replied:

    Philippe Val n’est plus depuis longtemps… C’est en effet bien dommage… Je n’aimerais ni être à sa place ni à la place de son « ex conscience de gauche »…

  3. Delorme replied:

    L’article du Monde Diplomatique est de Juin 2009.

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Trackback URI

%d blogueurs aiment cette page :