La semence Wladimir Anselme

C’était en novembre 2008 dans la petite commune de Planfoy, lors d’Oreilles en pointes bien nommées. Pour féconder la poésie, il n’y a guère mieux que Wladimir Anselme, dont on attend toujours son premier album, toujours remis aux calendes. Vivement bientôt !

Anselme, un tendre dans un monde de brutes (photo DR)

Archive. Dès son entrée en scène, c’est long monologue par lequel l’homme-mythe, poings gantés, se prépare à l’historique et hystérique combat contre Foreman. Le ring est sa scène, où il assène ses coups. Le temps d’une « conférence de presse », Wladimir est Mohammed Ali, qui va ravir le titre convoité…

Avant de revenir à lui, l’Anselme, chanteur fragile et délicat, un peu gauche mais précieux, torrent de poésie. Qui, pour nous protéger du vent, s’« invente des oliviers, des sonates, des palmeraies, des chardons et des roseaux, des sonates d’abricot »… C’est simple et limpide, de toute beauté, touchant dans sa simplicité, une façon de chanter un peu gamine, comme si c’était là l’enfance de l’art. Il nous parle de grandes eaux, révélant sa nature profonde, laissant voir les grands chambardements, les embardées… « J’ai compté / J’ai le cœur en mille morceaux / J’organise une battue / Pour recoller les morceaux / Pour me déséparpiller. » Dès les premiers titres, nous sommes happés, confondus. Presque emportés. Par cette musique gracile, fraîche, enjouée, bercée d’effluves électriques. Par ces textes bien troussés, imagés, comme des crobars qui s’animent. Par ces emprunts de référence aussi, cet Apollinaire qui lui tient de tuteur. Il y a, l’excès en moins, de la graine d’Arno en Wladimir Anselme. La plante est à venir, fleurs qui bientôt se déploieront. « Voici les trapèzes puis voici la femme-lune / Je l’ai décrochée dans un jardin à Pampelune / Et qui pleure dans son jardin / La nuit les amants à Pampelune cherchent la lune. » Il lui faudra gagner en assurance, taire cette timidité qui l’inhibe trop, ruiner ces private joke qui, chaque fois, font retomber la sauce alors que culminent le charme et l’adhésion. Mais tout est là. Et Anselme est d’une des plus belles nouvelles qui soient de cette chanson qu’on aime.

Le site de Wladimir Anselme.

31 juillet 2010. Étiquettes : . Archives de concerts.

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