Les sardines, c’est un extra ?

Les sardines ? C'est extra ! (photo DR)

Je ne sais qui (lequel des ayants-droit, ou tous) a eu la vénale idée de céder un peu de Léo Ferré à l’industrie alimentaire, pour illustrer cette pub des boîtes de sardines Le Connétable. C’est extra ? Non, et c’est peu dire que c’est choquant. À vomir même.
Certes l’anar monégasque aimait l’argent et semble-t-il comptait, sou après sou, ce qu’on lui devait. S’en allait même avec ses relevés de comptes, calculés au centime près, à la Sacem pour défendre ses droits d’auteur. Certes.
Mais jamais ne se serait vendu pour quoi que ce soit, pour qui que ce soit, dentifrice ou quincaillerie, protections périodiques ou sardines. Jamais il n’aurait abdiqué la moindre parcelle de son œuvre pour que des marchands de soupes nous fassent la retape avec.
Alors qui a osé ? Le sardinier ? Il a sans doute demandé, à payé et a eu satisfaction. Grand bien lui fasse, même si j’achèterai désormais mes sardines chez le commerçant d’en face.
Non, j’en veux à ces ayants-droit qui se retrouvent un beau jour propriétaires d’un artiste et en font tel usage. Il faut réformer l’usage de l’ayant-droit, restreindre ses droits. Car ce n’est pas parce qu’il hérite d’un bien qu’il peut en faire ce qu’il veut. Moi, simple amateur de chanson, lui oppose mon droit moral, mon droit patrimonial à moi, au seul titre que j’apprécie l’œuvre de Léo Ferré, que l’idée d’anarchie ne m’est pas forcément étrangère, que celle de poésie m’est plus évidente encore, que le respect de l’œuvre s’impose à moi comme à tous. Aussi je dis non : t’as beau être l’ayant-droit, ça ne te donne pas le droit de faire ça.
Avec l’aqueu Johnny si tu veux. Lui s’est tellement vendu qu’on ne sait plus à qui il appartient vraiment. Mais pas avec Léo !
Comme si on pouvait vendre des poésies à l’huile, tête-bêche, toutes serrées dans une petite boîte en fer blanc…

« Un Moody Blues qui chante la nuit
Comme un satin de blanc marié
Et dans le port de cette nuit
Une fille qui tangue et vient mouiller
C’est extra c’est extra

C’est extra c’est extra »
Léo Ferré, C’est extra, 1969

On regarde Léo Ferré chanter « C’est extra » ici, sur YouTube.

Lire aussi l’article Chanteurs de pub de luxe sur NosEnchanteurs.

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18 août 2010. Étiquettes : . Saines humeurs.

12 commentaires

  1. Christian PIERREDON replied:

    Bon, allez, en même temps, c’est pas la chanson que Léo Ferré à faite de mieux, c’est plutôt une chanson marketing destinée à vendre du disque. La preuve, elle est une des seules à passer encore en radio…

  2. Patrick replied:

    vous dites « Je ne sais », pour un journaliste, ça l’a fout mal…

    moi, j’aurais aimé que vous sachiez avant d’écrire un texte de 320 mots…

  3. Cat replied:

    Et pour un texte de 24 mots, deux fautes de français, ça fait beaucoup, Monsieur le donneur de leçons !

    L’orthographe, d’abord :
    « ça l’a fout mal… » === > ça la fout mal… (et cette expression, vraiment… elle la fout mal !)

    Et la concordance des temps :
    j’aurais aimé que vous sachiez === > « J’aurais aimé » = conditionnel passé = > demande l’emploi de l’imparfait du subjonctif = que vous sussiez (eh oui ! quand on commence… il faut finir !)… à la limite… « que vous ayez su » ou « que vous eussiez su »… mais pas « sachiez » !

    Avant de critiquer… il est judicieux de balayer devant sa porte !

    Pour en revenir au sujet « Léo Ferré » et au mercantilisme des héritiers… c’est navrant !
    Mais comment continuer à exercer son « droit moral » après sa mort ? On ne choisit pas toujours ses héritiers… et quand le fric commande, la morale est loin !
    Pour moi, gérer ce genre de partimoine, ça serait plutôt empêcher ces dérives, si on les constate… pas les favoriser !

    Maintenant, je me demande si le droit français protège si bien que ça les auteurs.
    Il est possible de contester en justice le « détournement » d’un texte (il y a eu moult jugements à ce sujet), mais quid de sa reproduction exacte ?
    Les héritiers peuvent-ils s’y opposer ?
    La SACEM verse les droits de « rediffusion »…
    Le sardinier doit-il demander leur autorisation aux héritiers avant d’utiliser un morceau de chanson ? Maintenant que l’auteur n’est plus là pour donner son avis…

    Enfin… mon conseil : changez de marque de sardines !
    Si ça pouvait faire comprendre à certains industriels qu’il y a des choses qu’on n’a pas le droit de faire…
    Sinon, le « c’est extra », on va bientôt le manger à toutes les sauces, et pas seulement à l’huile !
    Berk !

  4. frasiak replied:

    « On vend la musique comme on vend le savon à barbe. Le progrès, c’est la culture en pilules. Pour que le désespoir même se vende, il ne reste qu’à en trouver la formule. Tout est prêt: les capitaux, la publicité, la clientèle. Qui donc inventera le désespoir? »
    Léo FERRE
    Désespérantes, ces sardines…

  5. Delorme replied:

    Est-ce si grave, cette affaire de sardines? Va-t-elle boucher le port de St Étienne?

  6. TheLadede replied:

    Quant on ne sait pas .. On ferme sa gueule, et surtout quant on est journaliste. Avant de cracher sur Ferré (qui avait bien raison de ne pas se laisser plumer par la Sacem)
    et avant de laisser planer des idées à la con sur les ayants droits (famille) – Un bon journaliste aurait simplement téléphoné à la Sacem et de ce fait aurait pu apprendre que les ayants droits étaient .. « Universal » ou si vous préférez mieux « Univers-Sale » – Les même descendants de Barclay qui, alors que Barclay interdisait à Léo la publication de « A une chanteuse morte » déclanchant un procès et obligeant Ferré à rester « muet » pendant 2 ans, ont osé publier cette chanson dns leur intégrale .. Voila la honte ! La honte de ces maquereaux qui n’hésitent pas à mettre Ferré en conserve .. Journaliste ?? chez Pif le Chien ?

    Réponse : Les lecteurs de ce blog apprécieront votre prose assez puante qui vous disqualifie d’emblée. Tout de même : ne confondez pas les ayants droit et la maison de disques. Sachez que la Sacem ne donne en aucun cas ce genre de renseignement. Sachez aussi que l’un des ayants droit de Ferré à été questionné avant la mise en ligne de cet article : il n’a pas, à ce jour, daigné me répondre. Ça vous suffit ?
    Dites, entre nous, c’était pas mal Pif-gadget : c’est quand même là qu’est né Corto Maltese, l’une des plus grandes bédés qui soient ! Et les autres (Loup noir, le Grêlé 7-13, Jacques Flash l’homme invisible, Teddy Ted et autres Pionniers de l’espérance et Rahan) ça avait d’la gueule ! Peut-être n’avez-vous pas connu… MK

  7. mossieur resse replied:

    Je suis frappé par l’agressivité des commentaires sur cette note. Moi je viens de l’apprendre, un an après, cette histoire de sardines et de pub. Et ça m’a choqué, oui. Normalement, les héritiers d’un artiste sont dépositaires de son droit moral, c’est à dire du respect de l’oeuvre. Pourquoi pas vendre La The Nana pour une marque de protège-slips, tant qu’on y est?

  8. Pascal replied:

    OUI C’est une honte
    les publicitaires ne respectent rien !

    je suis d’accord à 100 %

    figurez vous qu’il y a quelques années on nous a proposé une lessive liquide pour le noir en bouteille ou SAUVEZ (!) les couleurs ou je ne sais quoi sur des images faisant « peur », et sur la musique du grand film « l’armée des ombres »
    incroyable !

    l’armée des ombres de Melville, un film extraordinaire montrant les actions et les horreurs vécues dans la résistance française contre les nazis
    Ventura, Signoret, Meurice, Cassel, Barbier …
    un film ÉNORME. Cette musique me donne la chair de poule perso.

    imaginez par ex qu on nous vendent des yaourts sur le « chant des partisans » ! pourquoi pas ?
    y’a plus de limites !!!

    j’avais été tellement choqué que j avais envoyé des mails à quelques personnes médiatiques
    résultat j en sais rien
    mais finalement la musique du spot à changé un jour !
    j étais probablement pas le seul à être choqué je crois

    ils sont prêts à tout pour toucher notre inconscient ces enfoirés

    vous savez : il y a DEUX idées – suggestions puissantes pour ça
    1 le sexe
    2 la mort (l idée de la mort, du danger mortel). Très utilisé parait il par les anglo-saxons

    et bien les publicitaires français ont testé ça sur nous !!!!

    y a des choses auxquelles ont ne doit pas toucher
    si plus rien n est sacré (sauf le FRIC) alors on va dans le mur

    qd tt le monde se foutera de tout, alors ce sera très mauvais signe
    on en est vraiment pas loin on dirait

    Pascal P
    Hauts de seine

  9. Pascal replied:

    Internet c est un peu bizarre qd même
    certains s’ autorisent à insulter, se montrer méchants
    ça fait peur franchement

  10. Claude Vlérick replied:

    Bonjour Michel,
    Tu l’as peut-être vu, j’ai moi aussi réagi, en son temps…
    Mais puisqu’il y a débat chez toi, il est utile de participer.
    J’aimerais dire : il y a d’autres héritiers que les ayant-droit qui se sentent lésés.

    Libérez les sardines
    Et y’aura plus de mareyeurs !

    Léo.

    C’est dérisoire. J’ai un peu honte de m’occuper de ça par les temps qui courent.
    Mais il aurait peut-être fallu se dire, quand il en était encore temps, qu’il n’y a pas de petits combats. Je veux dire que j’en ai marre des concessions.
    Alors voilà. Ils ont repris cette diffusion lancinante de pub vis-à-vis d’une marque de sardines en boîtes (suivez mon regard) en utilisant la chanson de Léo : « C’est extra ». Je me suis demandé quelques instants qui pourrait bien passer à la caisse.
    Qui d’autres, voyons, que les héritiers : les enfants de Léo ?
    Alors, j’ai envoyé un mail à Mathieu, m’attendant à ce qu’il me réponde que, pour je ne sais quelle raison, « désolé », il n’y peut vraiment rien, qu’il n’est pas heureux non plus…..
    Comme il garde le silence, je vous en livre le contenu : directement dans le domaine public, je n’attends pas 70 ans, moi…
    Faut dire que c’est pas très long.
    Je lui parle dans le style direct de son papa…

    Voici :

    C’est extra ?, Mathieu…
    Combien ?

    Claude Vlérick.

    Réponse : Vu le nombre de connexions en ce moment sur ce billet, je me doutais bien que le sardinier en fer blanc avait repris sa campagne de pub, mais je ne regarde pas vraiment la télé. C’est auprès de Mathieu Ferré que je m’étais adressé l’an passé avant de publier cet article : je n’ai, tu t’en doutes, jamais eu la moindre réponse. MK

  11. Walter Lego replied:

    Vous êtes restés des années de l’autre côté, avec vos dieux, avec vos maitres…
    A jouer les chochotes : « Des sardines, tu te rends compte ?
    Et le fiston, il est où ? »
    Le fiston, il vous emmerde, et je l’embrasse !
    Moi, je suis content que Léo soit reconnu comme une voix parmi d’autre de la culture inconsciente. Ce petit fond de français libertaire, un truc qui survit, et basta !
    Il ne sent plus le souffre, son cadavre, et il n’aura pas démérité : combien d’années à être récupéré ?
    Vous cracherez encore sur ceux qui le dépoussière. D’une manière ou d’une autre.
    Vous n’auriez pas eu les couilles de le dépoussiérer, quelque que soit l’époque.

    Et votre vie, vous la dépoussiérez quand ?

    Walter.

  12. Léo replied:

    L’argent c’est le sourire du désespoir.
    Demain ,c’est aussi le désespoir.
    Alors, demain tu seras riche, mon camarade.
    Car ce que je te donne n’a pas de prix.
    Léo.

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