Buridane, temps suspendu…

Buridane, 24 septembre 2010, À Thou bout d’Chant à Lyon,

Buridane, sentiments à nu, codes éparpillés (photo Yves Le Pape)

C’est tout ou un peu moins, c’est quatuor ou solo. Et toujours Buridane, blonde comme il est peu permis, comme c’est pas possible. Ça l’est. Sur la scène d’À Thou bout d’Chant, dans cette salle bondée comme aux grands soirs, ce fut hier solo. Et ravissement au-delà des mots.
Elle est fagotée comme si on venait de la tirer du lit, presque en chemise de nuit, cheveux en bataille, juste le temps de chausser des bottines. Et son sourire et ses regards. Déjà désirable… Guitare sèche, très sèche, capodastre, sans trop de nuance, sans ménagement. Des poses lascives empruntant tant à la gamine qu’à l’amante, presque impudiques, d’un naturel déconcertant. Et sa voix, envoûtante, tirée d’un rêve, qui parfois chuchote, comme grandes confidences. Des déferlantes de mots, introspection, revue de détails du « je », interrogation où le « tu » n’est pas que tendre, souvent accusateur. C’est franc, direct, frontal, c’est Buridane.
Le propos de ses nouvelles chansons est moins épidermique, son débit moins scandé. Quoique. « J’donne à tout va / J’donne tout / J’donne tout chaque fois / Tout / Mais qu’est-ce qui reste de moi ? » On va dans l’intime, la profondeur, le questionnement des sentiments : « J’entends mieux / Je sens / Je suis lucide depuis quelque temps / Sur les événements… » Sentiments à nu, codes éparpillés… « Soit je m’arrête / Soit je m’implique. » Buridane a l’art de mettre des mots appropriés et sensibles sur des états d’êtres, des blessures de l’âme. Faire de maux des petits chefs d’œuvre de construction, baumes souverains pour qui peut en avoir besoin.
Il y a quatre ans, Buridane faisait ses premiers pas, ses premières notes sur cette même scène de la rue de Thou. Elle les rejoue et reprend la prime chanson, « Si j’avais moins peur. » Dans quelques mois, à la sortie du premier album, de plus grandes scènes s’offriront – ou c’est à rien y comprendre – à notre belle blonde. Pour l’heure, « J’attends que le temps se décante » chante-t-elle. Le temps est, par elle, suspendu.

Portrait de Buridane sur Chorus 69, c’est ici ; Buridane sur Myspace, c’est là.

25 septembre 2010. Étiquettes : . Chanson sur Rhône-Alpes, En scène, Mes nouvelles Nuits critiques.

One Comment

  1. Dominique replied:

    Manifestement, elle tourne bien en France. Mais à signaler pour les suisses: Buridane est invitée par Le Temps des Cerises à Delémont le 28 octobre.
    http://www.letempsdescerises.ch

    Dominique B.

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