Gildas Thomas, chanteur d’un saisissant quotidien

Gildas Thomas, vendredi 1er octobre, salle des tilleuls à Viricelles,

Gildas Thomas (photo DR)

Ou t’es tout ou terrien. Gildas Thomas semble être les deux, manifestement les pieds sur terre. Avec juste la tête un peu dans les étoiles comme tant de poètes et de rimeurs de fond. Il chante simplement « toutes ces beautés et ce merdier / parce qu’un singe s’est mis debout. » Son chant d’exploration est donc sans limite, rente de situation pour lui, plaisir pour nous. Qui sommes nous, que faisons nous, pourquoi sommes nous ensemble ? « C’est le mystère / Et y’a que ça qui fait tourner la terre. » Ça et les jupes fendues. Il y a du Souchon en Gildas Thomas, dans ces tableaux vivants, grouillant de gens, foules aussi sentimentales que lui, qui s’ébattent et se battent en ce monde présent, se composent, se décomposent, se recomposent.
Chemise joyeuse, très près du micro, un air de Romain Didier aux cheveux longs, voix forte qui module l’émotion, timbre presque de variétés qui pourtant vous porte un tout autre art, il vous fait vivre ses chansons, fougueux et passionné. Et tendre. Tendre dans son regard porté aux gens, tendre avec celle dont il fut Intime, tendre et étonné quand il parle de sa gamine trop vite grandie : « Putain que c’est loin… / j’ai rien vu passer. » Tendre et bouleversant aussi dans cette chanson nouvelle qu’il nous offre presque en primeur, pas encore gravée mais déjà grave, sur l’ici et le là-bas, sur ces gens qui caravanent leurs espoirs et se heurtent au mur de chez nous. Une chanson certes d’avant cet été de feu et d’Heurtefeux, mais dans le funeste air du temps : « Rester ici / c’est mon rêve ici-bas. »
Malgré ses textes témoignant d’une plume plus affûtée que d’autres, sa voix chaude et son talent, immense, malgré ses qualités, Gildas Thomas ne pourrait être qu’un simple chanteur à la guitare, un folksinger parmi d’autres. Il a cependant le bon goût de se faire accompagner, et ça fait la différence, par une seconde guitare : Stéphanie Blanc, fière allure, beauté faite cordes, grâce particulière d’une musique par elle dansante. Sa guitare fignole, embelli, donne la profondeur à des mots qu’elle amplifie. Ça fait duo bien au delà du plaisir qu’il nous procure, radieuse complicité au service d’un beau, très beau moment de scène.

Le site de Gildas Thomas.

3 octobre 2010. Étiquettes : . En scène, Mes nouvelles Nuits critiques.

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