Cette malicieuse Coline de la chanson…

N’y voyez pas malice (enfin, si…) mais Prémilhat a débuté par un jeu de dames (dans ma relation du festival, je fais dans n’importe quel ordre…). Avec un joli set partagé entre Nicole Rieu et Coline Malice. On s’occupe d’abord de la jeune avant de traiter l’aînée.

Délice que cette Malice… (photo Catherine Cour)

Quand on se prénomme Coline et qu’on vient du plat pays, y’a comme un blème… Alors un beau jour elle a quitté l’ombre portée de Brel et de Beaucarne pour s’installer ailleurs, au mitan du Massif central, là justement où le relief est volcans et les volcans collines : « C’est mon pays tranquille / Où se calment les volcans / D’où s’écoutent les vents / Je l’ai choisi comme île. »
C’est, par elle, avec Yannick, son complice, dialogue d’accordéons. L’un diatonique, l’autre chromatique. Que peut-donc chanter une belge en libre exil chez nous ? Elle ne chante que la vie qu’elle perçoit, qu’elle reçoit. Et vomit, certes en poésie, l’actuelle politique, la sarkozysme en son ensemble. Débuter un récital pour une chanson sur les Roms (« Vous les gens du voyage / Si vous étiez moins rares / Y’aurait p’être moins d’écarts / Entre les pays »), en ces temps contrôlés, bétonnés, bessonnés, heurtfefés, est acte de résistance, de désobéissance civile : « Mi française mi belge / Contre un seul qui dicte / Contre un Sarkozy ! » C’est tout colère, c’est tout Malice, en laquelle on trouvera facilement la (future) relève tant de Michèle Bernard que de Francesca Solleville. Avec un timbre qui parfois rappelle l’autre belge qu’est Mauranne.
Coline fait feu de tous bois : sur la violence, sur l’occupation, sur la société… Sur, et pour le coup avec grande tendresse, les mamans de Lola : « Deux mamans dans la même maison / On s’fout du Quand dira-t-on. » Coline Malice n’a peur de rien, elle fait front, elle fait fronde, bardée de son diato comme on le serait d’un bouclier, elle gavroche gaiement sur ses propres barricades.
Et clos sa prestation par une reprise de Ferré, La Mauvaise graine : « J’suis ni l’œillet ni la verveine / Je en suis que la mauvaise graine / Ils m’ont semée comme un caillou / Sur un chemin à rien du tout. » Ça lui va bien à Coline d’être l’épi rebelle, l’épi phénomène d’une scène par elle régénérée, ardente et, de fait, embellie.

Le site de Coline Malice. Et son myspace.

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3 novembre 2010. Étiquettes : , . En scène, Mes nouvelles Nuits critiques.

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