Nicole Rieu, beau et impressionnant

Ça remonte à… Les souvenirs sont diffus. Il y eu Je suis, en 1974… Puis l’Eurovision : Et bonjour à toi l’artiste. Puis je ne sais… L’injuste oubli. Dans la boîte à images, un artiste en chasse l’autre, l’industrie en a toujours à promouvoir…
Prémilhat, octobre 2010, Nicole Rieu sur scène. Frêle et petite, les cheveux cendrés, outrages du temps. Mais le même visage. Et ces yeux, cette voix… Retrouvailles.

Indomptable Rieu… (photo Michel Janvier)

D’abord seule en scène, lestée d’une grosse guitare : « Femmes / Grâce aux combats desquelles / Je viens chanter pour vous. » Pour ces femmes, « combien de routes encore et de révolutions ? »
Comme pour mieux se présenter et peut-être solder le passé, Nicole chante « Je suis ruisseau, fleur, rivière / Je suis le vent, la pluie / Je suis l’ombre, la lumière / Je suis la vie / Je suis l’ouragan sur la dune / Je suis une symphonie / Je suis un noyau de prune ./ Je suis l’oubli / C’est peut-être l’automne / C’est peut-être l’hiver… » Vous y êtes ? Entre ces deux chansons « 36 années de bons et loyaux services » commente-t-elle. Nicole Rieu est tant douceur que colère. De « sous le tilleul, place de l’égalité » elle observe. On prêterait à Rieu toute la poésie et l’innocence du monde, la naïveté aussi… pour se tromper lourdement. La dame fait dans le grand, le grave, dans la saine indignation : « J’ai dans les yeux / Tellement de paysages et de visages / Je suis nomade / Dans mon cœur et dans mon âme. » Ça a vingt ans et pas une ride : on dénoncera ça à Besson, à Heurtefeux et à leur patron…
Des sorcières de Salem aux afghanes dévoilées, la chanteuse nous livre des portraits de femmes, de celles résolues, droites, face à la vie, l’amour et la mort. Ça en fait un récital exemplaire, de beauté comme de dignité, toujours sur le fil de l’émotion et sur Le Chemin de la liberté. À ses côtés, Julien Rieu de Pey, jeune guitariste et bassiste. Et, parmi ses chansons, beaucoup de nostalgie, un peu de L’Age d’or qu’elle reprend à Ferré. Et Maria qu’elle reprend à Ferrat. Ainsi que cette très « cabrelienne » chanson : « Et le monde court après les traces d’un passé fugace / C’est l’enfance qui passe. » Ou cette autre, grand succès à l’époque : Je ne suis qu’une goutte. Une goutte, certes madame. Qui s’additionne à d’autres gouttes de la chanson, ça fait eau vive indomptée, ça donne la vie, ça aide à l’existence. Merci.

Le myspace de Nicole Rieu.

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4 novembre 2010. Étiquettes : , . En scène, Festivals, Mes nouvelles Nuits critiques.

One Comment

  1. Cat replied:

    De tous les chanteurs/chanteuses que j’ai pu voir ces derniers temps, c’est une de celles qui m’a le plus impressionnée, touchée !

    Scotchée d’emblée par le « Femmes » a capella (chanson-titre de son dernier album), d’une telle beauté, d’une telle intensité.
    La voix, les yeux, la présence, le rayonnement, le charisme de cette femme ! Quel choc !

    Conquise ensuite par l’incontournable « Je suis »
    Émue par l’ « Avant dernier voyage »
    Séduite par tous ses portraits de femmes
    Vraiment, ce concert est un tout grand moment !

    Elle chante encore tous les mercredis de novembre et le 1er décembre à l’Essaïon, à Paris, juste derrière Beaubourg. Il faut aller la voir absolument ! 🙂

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