L’exemplaire Cirque des Mirages que voilà !

Parker et Yanowski (photo Fred Stuccin)

Le Cirque des Mirages, 10 novembre 2010, Le Pax à Saint-Étienne,

Quand en plein festival chanson – en l’occurrence celui des Oreilles en pointe -, vous arrive Le Cirque des Mirages, le socle change, les repères vacillent, les valeurs ne se valent plus. Nous sommes en un autre territoire et le souvenir de l’artiste qui l’a précédé déjà oublié, évacué, trop faible vraiment pour tenir le choc, la comparaison.
Ils ne sont que deux sur scène, Parker et Yanowski, l’un rivé à son piano, l’autre canalisant à peine les folies, la sienne et celle du monde, d’un monde grouillant par sa bouche, dans son regard, le long de ses gigantesques bras, sur le bout de ses doigts en verve… Ces deux-là mettent en scène un monde imagé, vieille Angleterre sans doute, ou cinéma expressionniste d’antan, aux rues sombres et poisseuses, aux huissiers y déambulant comme de maléfiques ombres, aux montreurs de monstres, de l’étonnant docteur et de son musée des erreurs, des horreurs, à la mort qu’on défie, d’un Belzébuth brouillant les cartes à ces corps qu’on travaille au corps (« Tu mouilles abondamment / Et je te dégorge le chibre / Jusqu’aux profondeurs de ton fibre »)… Des vies, des folies, des ambiances poignantes, prenantes, fantasmagoriques… La violence et l’idée de Kafka y fécondent de concert une invraisemblable poésie, un verbiage aussi torturé qu’ordonné. C’est tant du théâtre halluciné que de la chanson inspirée. Avec dans la partie chanson, d’indéniables accents bréliens.
Mi éclairé mi obscur, Yanowski personnifie ce monde, dans sa plus grande tendresse comme dans ses outrances, de sa présence hallucinée, de son corps imposant qu’il difforme de ses gestes, contrastant pour le coup avec son compère, rectitude du piano et bel ordonnancement de notes, juste quelques interventions en contrepoints. Points d’autres.
De partout, l’exemplaire réputation du Cirque des Mirages le précède puis le suit, comme une indélébile trace. Pareil hier au Pax. C’est logique. C’est énorme !

Le site du Cirque des Mirages.

11 novembre 2010. Étiquettes : . En scène, Mes nouvelles Nuits critiques.

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