Ce loup qui est en Garou

Garou : se gaver aux Restos (photo DR)

Être star suppose, c’est bien le moins, quelques menues obligations – je n’ose dire de corvées – pour faire montre de sa sympathie, de son empathie, et s’attirer les bonnes grâces des foules sentimentales. Garou est une de ces « idoles » de la chanson qui, rançon du succès, contribuent à remplir un peu les caisses des nécessaires Restos du Cœur : il a son rond de serviettes chez les fameux « Enfoirés ». Au nom de ceux qui n’ont rien à bouffer, merci pour sa générosité, pour sa totale abnégation.
Abnégation, euh… je tousse ! Non, simple gestion de carrière où les Restos du Cœur ne sont qu’un passage sinon obligé, au moins judicieux et parfois juteux…
Au moment où débute la 26e campagne des Restos, Garou a la bonne idée de lancer son nouveau disque. Et s’en va donc promouvoir l’un et l’autre, à stricte égalité, auprès des médias : j’te cause des gens qui crèvent de faim et j’promeus mon nouveau cédé pour me gaver jusqu’à plus soif. Garou aurait-il le bénévolat intéressé ? Attend-il le retour sur investissement ?
C’est en tous cas ce que laisse penser un article paru il y a deux jours sur Next-Libé. Article qui nous raconte comment l’attaché de presse de l’enfoiré Garou, alors invité au micro de BFMTV, a exigé que le temps d’antenne de Garou soit consacré à 50% aux Restos du Cœur et à 50% à son nouvel album qui sortait le jour même. Ce qui a de quoi choquer le présentateur de l’émission, Thomas Scotto : « Finalement, j’ai annulé sa venue. Avec une actualité sociale pas facile, comme la mort d’un SDF de froid, je me voyais mal, après deux minutes de journal, dire : «Et alors Garou, vous avez écrit une chanson sur votre rupture avec Lorie ? »

Moi je dis que Garou est un loup, pas un agneau. Qu’à ce niveau le showbiz est une calamité, une escroquerie. Garou a l’organe (vocal) idéal pour vous roucouler de beaux et bons sentiments. Mais c’est que du cinéma, du pas vrai, du chiqué. Notre ex-Quasimodo n’a que la bosse des affaires.

2 décembre 2010. Étiquettes : . Saines humeurs.

4 commentaires

  1. Melmont replied:

    Je n’aime pas du tout Garou, ej trouve cela inintéressant au possible mais…Attention à la démagogie qui peut se présenter, de façon même inconsciente. « j’promeus mon nouveau cédé pour me gaver jusqu’à plus soif » : Garou se gave t-il vraiment ? Il gagne sa vie, on peut supposer correctement, ne le présentons pas nécessairement comme un ‘gros’ qui veut s’engraisser encore et encore. Compte tenu de la raréfaction des passages TV pour les chanteurs, on peut difficilement lui reprocher de parler de son disque AUX ENFOIRES, qui de toute façon ne concernent qu’un cercle réduit d’artistes, toujours les mêmes et pas forcément les plus vendeurs. Qui sait, peut-être que les Enfoirés auraient gagné à inviter des personnalités comme Allain Leprest, Anne Sylvestre par exemple mais bon…
    Non ce qu’on peut reprocher plutôt c’est une forme de maladresse liée aussi en partie à un malentendu culturel. En Amérique du Nord, ce n’est pas choquant qu’un artiste parle de son disque, dans le cadre d’un gala de charité.

  2. florealanar replied:

    Bonjour
    Sur le sujet, voici ce que j’avais écrit dans un billet paru en novembre 2001 dans « Le Monde libertaire », publication à laquelle j’adressais alors une chronique hebdomadaire.

    La compil’

    Qu’un sclérosé en plaques, un sidéen, un cancéreux, un myopathe ou un leucémique apparaisse à l’horizon, et aussitôt les voilà… devant la caméra.
    Squatters des plateaux télé, invitées permanentes des émissions de variétés, les dames patronnesses se sont modernisées, médiatisées, et savent vivre désormais avec leur temps, celui de l’image. Aux chaussettes de laine patiemment tricotées chez soi à l’approche des premiers frimas, elles préfèrent la lumière et le bruit du petit écran, où l’on peut tout à la fois dégouliner de compassion et s’assurer à peu de frais une profitable promotion.
    Assez lucides sur elles-mêmes, nos bien gentilles vedettes ont adopté le nom d’Enfoirés, seule vérité vraie dans ce fatras de paillettes, de copinage fabriqué, de bons sentiments à la louche, de mise en spectacle déplacée de la misère et de la pauvreté.
    L’hiver arrive, loin des studios, avec son lot d’abris de fortune, de baraques en papier, de cadavres gelés. Contre cela, les apôtres multimillionnaires d’une écœurante et perpétuelle charité viennent présenter le remède à acheter : la compil’ des gavés, pour qu’une armée de loqueteux puisse déguster les miettes de leur grosse galette.
    Allez, puisque en France tout finit par des chansons, comme la première fois il y a seize ans et comme chaque année, tous ensemble avec moi : « Aujourd’hui, on n’a pas le droit – D’avoir faim et d’avoir froid ! » (bis).
    Floréal (Forum Léo-Ferré)
    http://florealanar.wordpress.com/

  3. joan replied:

    Voilà qui est bien envoyé! Comme l’a dit un chanteur de St Etienne ;-): »On ne défend pas de bonnes causes avec de mauvaises chansons »…!

  4. Philippe replied:

    Bonne analyse, d’accord avec vous, le show-biz,quelle hypocrisie !

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