André Bonhomme, avec bonhomie

C’est homme presque sans âge, artiste depuis toujours, au théâtre d’abord, comme comédien, comme régisseur ; à la chanson depuis de lointains pavés de mai même s’il tarda ensuite à se produire fardé de ses seuls vers et de sa guitare, à creuser les premiers sillons de disques à venir. Cheveux ébouriffés à la Gilles Vigneault, visage marqué de belles rides, sourire radieux, toujours avec son instrument en bandoulière et ses chansons, il hante les rues et les lieux lyonnais de sa bonhomie, de son attention aux autres, de rencontres toujours enthousiastes. De temps à autres, il nous sort un nouveau cédé. Le précédent (« Un tout petit sourire ») remonte à il y a un peu plus d’un an. Le nouvel opus (son neuvième) nous révèle une autre équipe (Laure Vannereux à l’alto, Patrice Kalla aux percussions, Michel Sanlaville à la guitare et Jean-Luc Michel à la réalisation) : en partie des retrouvailles en ce qui concerne Kalla et Sanlaville. Musiques et orchestrations sont joyeuses. On se dit qu’une telle chanson ne peut que sentir un peu la naphtaline, qu’elle est forcément datée, qu’on a fait mieux depuis… Et puis on écoute et, comme à chaque fois, à chacun de ses opus, on tombe immanquablement sous le charme. C’est du travail d’artisan, vieux outils certes mais matériaux nobles, à l’abri des modes et du factice, même s’« Il faudrait que je m’invente / Une grammaire qui chante / Des mots neufs, rien que pour vous / Oui, c’est un langage fou / Qu’il faudrait que je m’invente / Pour que ma plume vibrante / Demeure en tous points fidèle / A l’épure du modèle. » Bonhomme a l’amour et « la jubilation du beau langage » : tout, dans ses chansons, est respect des mots, douceur du verbe, grâce et politesse, qui parfois lorgne sur la langue des (belles dames du) temps jadis (Bonhomme interprète en cet opus un texte de François Villon : La ballade des seigneurs du temps jadis !). L’ensemble de ses textes fait comme legs, passation de témoin et de bon sens, de valeurs, philosophie de vie avec ce joli point de vue que parfois confère l’âge. Bonhomme y explore tous les âges de la vie, de ce corps qui faut laisser grandir et la vie fleurir à, autre extrémité, ce « temps perdu, retrouvé, reperdu. » Et, parlant des autres, Bonhomme ne semble cesser de nous entretenir de lui : « Il a don de me plaire / Dans son foutu théâtre / Cet enfant de la guerre / Qui ne sait pas se battre. » Sans jamais laisser poindre la tristesse, ce disque est remarquable nostalgie.
Signalons aussi ce très joli livret bourré d’aquarelles de Marc et Anatole Hanniet, bel écrin pour ce Bonhomme passionné de toutes choses, épris d’art.

André Bonhomme, « Quelque chose dans l’air », 2011. On peut commander ce disque (et les précédents) auprès d’André Bonhomme, 15 place de la Croix-Rousse 69004 Lyon, tél. 06 68 41 08 38, aci.bonhomme@laposte.net

22 juillet 2011. Étiquettes : . Chanson sur Rhône-Alpes, Lancer de disque.

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