Anne Baquet : MA preuve que Dieu n’existe pas !

De notre envoyée spéciale en Avignon, Catherine Cour,

Le Canard Enchainé en parle comme d'un "Baquet-cadeau" ! (photo Catherine Cour)

MA preuve que Dieu n’existe pas, du moins pas le Dieu juste et bon de mes leçons de catéchisme. Sinon, comment admettre qu’une seule personne (et pas très grande, la personne !) puisse accumuler autant de dons et de qualités, alors que ………. en est totalement dépourvu(e) (les points de suspension sont là pour vous permettre d’écrire le nom d’un « chanteur » sans voix, sans talent et dont le charisme est encore plus faible que celui d’une chaussette de footballeur après des prolongations ! On en a tous au moins un dans nos expériences de spectateur. Perso, j’inscrirai volontiers Carla Bruni, mais
1°) je n’aime pas tirer sur les ambulances et
2°) je ne serais plus jamais invitée à la garden-party de l’Élysée !… Euh… ??? Mais je ne suis PAS invitée à la garden-party de l’Élysée !!! Et la prochaine, c’est juillet 2012 ? Je ne risque donc RIEN !)

Je ne vais pas vous copier la biographie d’Anne Baquet : il en existe de fort bien documentées sur internet. Juste vous dire qu’elle a une voix splendide (formation de chanteuse lyrique oblige, elle chante sans micro et vous l’entendez même au fin fond de la salle ! quels trilles ! quelle maîtrise ! quel souffle !), qu’elle joue comme une excellente actrice (qu’elle est également), qu’elle mime (oui, aussi !), qu’elle fait quelques acrobaties (monter et descendre en sautant du haut d’un piano à queue, par exemple !), qu’elle danse… (c’eût été étonnant qu’elle n’ait pas cette corde-là à son arc !) et surtout qu’elle ne se prend pas au sérieux (elle est capable de chanter faux é-queu-ceu-près) et qu’elle nous entraîne dans deux voyages fort différents : un monde fantastique, tout traversé de rêve et de poésie… et puis d’humour, aussi ! ou une pièce de théâtre bien ancrée dans la réalité.
Je vous parle de ses deux derniers spectacles, qui « tournent » pour l’instant et qu’il est possible de voir un peu partout en France.
– Le plus ancien, Non, je ne veux pas chanter, est une suite de chansons de fantaisie, de poésie, légères, anecdotiques, oniriques, complètement farfelues, ou douces et mélancoliques. On rit beaucoup, et puis un peu plus tard on est juste intensément là, à écouter dans un silence religieux, avec seulement l’envie que la chanteuse ne s’arrête pas… Il existe un DVD du spectacle qui permet de retrouver la magie de ces instants.
Elle était une fois…, le spectacle qu’elle vient de créer en Avignon est davantage « linéaire » : c’est un « conte musical » qui raconte une histoire avec un début, une fin, une quinzaine de personnages tous incarnés par Anne. C’est une performance que les éclairages de Jacques Rouveyrollis permettent (on comprend immédiatement qui parle) et que le talent d’actrice et de mime d’Anne met formidablement bien en valeur !
Enfin, juste pour bien prouver qu’elle n’est pas un être humain comme les autres, elle est d’une gentillesse, d’une humanité incroyables ! Ses remerciements ne sont pas que de la politesse, elle est abordable après chaque spectacle, elle dédicace sans se lasser, malgré sa fatigue, tant son bonheur est grand (et visible) de pouvoir échanger avec son public. Là aussi, qui ne connaît pas quelques chanteurs dont la longueur du tour de tête est inversement proportionnel avec la taille du talent ? Eh bien, Anne, c’est tout le contraire : talent immense et gentillesse d’un même niveau.
Il est encore temps d’aller l’applaudir à Avignon, au théâtre du Balcon à 19 h 15 (arriver 45 minutes en avance et réserver : le bouche-à-oreille fonctionne et c’est souvent plein !). C’est parfaitement réalisable en sortant du spectacle de Bernard Joyet, au théâtre des Vents : il est à cinq minutes du Balcon !
Et puis, sinon, ces deux spectacles vont continuer à vivre leur vie (que je souhaite longue !) et je ne peux que vous conseiller d’aller les voir… une fois, dix fois… j’en suis toujours sortie émerveillée ! Je vous souhaite le même plaisir.

Le site d’Anne Baquet.

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30 juillet 2011. Étiquettes : . Catherine Cour, En scène.

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