Barjac (8) : le sacre de l’étonnant Gérard Morel

Suite et fin de la soirée de mardi, avec Gérard Morel et La Clique qui l’accompagne. Signalons au passage le numéro de Francofans actuellement en kiosque qui voit la rencontre au sommet entre Wally et notre Gégé. Barjac n’est ni Bourges ni La Rochelle et bien peu de nos collègues nationaux se mobilisent pour relater ce festival. Raison de plus pour signaler et saluer le suivi du site de Témoignage Chrétien. Consacrer un papier à Evelyne Gallet, chanteuse qui inlassablement cherche des morpions dans les bas-quartiers du clergé, ça doit ébranler la chrétienté… Bravo collègues ! MK

De notre envoyée spéciale sur le front sismique de Barjac, Catherine Cour,

Morel, précis et efficace jusqu'aux moindres détails (photos Catherine Cour)

Bon, le compte-rendu arrive plus tard que prévu ! Je dois dire, à ma décharge, que ça n’est pas entièrement de ma faute : y a des chanteurs qu’ont pas arrêté de m’ennuyer ! Je me suis fait, depuis le début du festival, une série de petites habitudes, dont celle de terminer la rédaction du « sujet » de fin de la journée précédente en écoutant les chanteurs de la scène ouverte. Je m’installe tout en haut des gradins, pour que la lumière de l’écran ne dérange personne, et je tape mon texte tout en écoutant les chanteurs qui se succèdent au rythme de deux chansons par personne.
Et là, mercredi soir, y a plein de chanteurs qui m’en ont empêchée ! Que voulez-vous, je suis incapable de me concentrer sur ma page d’écriture quand se succèdent sur la scène, accompagnés par Nathalie Fortin, Laurent Berger, Anne Sylvestre, puis sans Nathalie Fortin : Martine Scozzesi (une chanteuse du Sud-est que je connais un peu et avec qui je correspond), Michel Boutet ou Marie d’Epizon, qui, en plus, choisit d’interpréter une de mes chansons favorites : Maria Szusanna de Michèle Bernard !!!
C’est donc leur faute si je suis en retard pour rendre ma copie !

Écrire sur la prestation d’un chanteur qu’on aime et respecte profondément est difficile ! Il m’est impossible de faire abstraction de tout le vécu antérieur… et après tout, qui l’exige ?
Il faut dire aussi que Gérard Morel est un auteur-compositeur multi-registres ! J’avais beaucoup apprécié sa création, l’été dernier, d’un spectacle consacré à Victor Hugo, dans la cour du splendide château de Grignan, fief de la Marquise de Sévigné. C’était un spectacle d’un sérieux absolu. Et puis il y a eu le touchant « Leprestissimo » que j’ai eu le bonheur de pouvoir aller voir à Saint-Martin d’Herres. Leprest était dans la salle et est même monté sur scène. C’était d’une émotion rare !
Maintenant, son nouveau spectacle est plutôt dans le registre des trois « J » : « joyeux, jouissif et jubilatoire ». Il vient le créer à Barjac, haut lieu de la chanson « pas con »… ce qui n’est vraiment pas con ! Si ça marche à Barjac, ça marchera n’importe où ailleurs.
Le spectacle scénarise les chansons de son dernier (double) CD. Quand je dis « scénarise », ça n’est pas juste une image ! Le décor, d’abord : des estrades qui mettent la scène sur deux niveaux, des claustras qui découpent plusieurs espaces et donnent à la scène un petit air bucolique, un énorme lustre qui concurrence les étoiles du ciel, et puis un joli petit banc de bois peint en vert, en premier plan, qui s’avèrera abriter un piano en son sein.
Les interprètes, ensuite… Michel Kemper vous en a indiqué les noms. Je peux vous dire qu’ils semblent constituer une bande de joyeux lurons et luronnes ! ils n’hésitent pas à chambrer Gérard, mais ils nous proposent un spectacle haut en couleurs et riche en instruments variés : deux cornemuses, une scie musicale s’ajoutent aux instruments plus traditionnels : piano, batterie, cuivres, accordéon etc.
Les costumes sont étudiés jusque dans les moindres détails : la couleur des chaussures est assortie à celle de la veste de chaque instrumentiste et lorsqu’à un moment on distribue un « missel », la couverture en est, elle aussi, à la couleur de son propriétaire ! C’est à des petits détails comme ça qu’on admire les professionnels !

Gérard et Anne, comme pour un photoroman de "Nous Deux"...

Le spectacle lui-même est un petit chef-d’œuvre de drôlerie et de délicatesse, mêlées d’humour et de tendresse. Il y a, bien sûr, de nouvelles chansons. Mais il y a aussi les incontournables qu’on ne se lasse pas d’entendre Gérard chanter.
Je suis admirative devant la qualité de la plume et de l’imagination de cet homme ! pour moi, c’est bien lui le fils spirituel (aux deux sens du terme) de Boby Lapointe, de Francis Blanche ou de Raymond Devos et le frangin de Bernard Joyet, de Michèle Bernard ou de Juliette. Il cache sous des textes foisonnants et pleins de drôlerie des trésors de finesse et de douceur. Il est à la fois chanteur et acteur
Il a un humour que j’adore, pratique l’autodérision, les blagues à la pince-sans-rire et fait des réflexions improvisées qui me plient en deux de rire. Un exemple ? S’adressant au public : « Est-ce que je parle trop vite ? »… Le public : « Euh… non ! ? ! »… Lui : « Non, mais je pense que je dois avoir dépassé le nombre de mots-minute autorisé : je viens de me faire flasher à trois reprises ! Je ne vais bientôt plus avoir de points sur mon permis ! »… Huées du public contre les photographes amateurs qui ne savent (ou ne veulent, because matériel incapable de faire des photos sans éclairage… comme si un flash aidait à plus de 5 mètres !) pas débrayer leur flash et nous pourrissent le spectacle ! C’est très pénible. Ça et ceux qui filment ou photographient avec les écrans lumineux à l’arrière des téléphones portables ou des petits appareils photos. La lueur de la douzaine d’écrans qu’on a constamment dans le champ de vision détourne l’attention du spectacle. On finit par ne plus voir que ce ballet d’écrans lumineux et plus le spectacle ! Alors que je mets au défi quiconque de remarquer quand un des « vrais » photographe présent dans la salle fait une photo ! Ils ont le matériel indispensable à la prise de vues avec une lumière restreinte et n’utilisent jamais de flash ni d’écran de contrôle. Le seul indice de leur présence est le léger « chlik » de l’obturateur de l’objectif qui ne doit pas s’entendre à plus de deux mètres et se noie souvent dans la musique de la chanson…
Sinon, de moments de tendresse en minutes de franche rigolade, le spectacle finit par s’achever, trop vite à mon gré…
Je ne peux que vous recommander d’aller le voir lorsque l’occasion s’en présentera : il est si rare actuellement de pouvoir se divertir comme ça !

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4 août 2011. Étiquettes : , . Barjac, Catherine Cour, En scène, Festivals.

One Comment

  1. Bernadeth replied:

    Rien à enlever, rien à ajouter… Si : merci !

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