Barjac (10) : transmission de talent chez les Caussimon

Nous reprenons, avec un plus grand différé cette fois, la relation du festival « Chansons de parole » de Barjac par notre envoyée spéciale, Catherine Cour,

Mercredi 3 août, sous le chapiteau,

Cédric Laronche, un peu léger... (photos Catherine Cour)

Cédric Laronche
Bon, j’ai dit en acceptant ce challenge que je ne commenterai pas au moins un spectacle : celui que je n’aimerais vraiment pas. Seulement, maintenant que je rédige et alors que le festival est fini, je ne peux pas utiliser mon joker ici : je sais que j’en aurai besoin plus tard ! Donc je vais faire court (avec un « T » : ça va faire plaisir à mon rédac’ chef !).
En ce qui me concerne, j’ai trouvé les textes de Cédric mal ficelés et beaucoup trop « légers » ! Il discute beaucoup mais ses jokes tombent à plat et j’ai passé mon temps à laisser mon attention vagabonder, à me ressaisir et à me demander où chaque chanson voulait en arriver, quel était son sujet… ça part dans tous les sens et les textes sonnent creux.
Je n’en ai pas, pour autant, fui le chapiteau : je trouve que c’est d’une grossièreté absolue que de sortir pendant le cours d’un spectacle « vivant ». On applaudit plus ou moins, on crie « houuuu ! », on siffle, en fonction de ce qu’on ressent… mais partir, quelle qu’en soit la raison (bon, j’accepterai l’excuse de la crise cardiaque et de l’accouchement, mais c’est tout !), c’est, à mon avis, d’une impolitesse sans nom ! Ou alors il faut avoir le courage de ses opinions, s’arrêter devant le chanteur, le regarder dans les yeux et lui cracher sur les pieds (par exemple). Pourquoi pas ? Je pense que pour celui qui chante, ça ne serait pas pire que de voir les gens se lever et sortir par petits groupes, à la fin de chaque chanson. Et le phénomène empire avec le deuxième concert, qui entre en concurrence avec le repas du soir ! D’ailleurs j’ai une idée à proposer à Jofroi pour le festival 2012 : distribuer à chaque spectateur du chapiteau deux petits cartons : un en forme de sifflet, l’autre en forme de fourchette. Toute personne qui quitte sa place devrait en brandir un : ça permettrait de savoir le motif de la sortie prématurée… et ça rassurerait peut-être le chanteur sur la qualité de sa prestation : on sait bien que « ventre affamé n’a pas d’oreille ». Il est donc inutile qu’ils restent !
Mais là, j’avoue avoir consulté plusieurs fois ma montre tant j’avais hâte que le tour de chant se termine et qu’arrive une chanteuse que j’aime bien, mais que je n’avais encore jamais vue sur scène. (le Myspace de Cédric, c’est ici)

Céline Caussimon, qui blues, javate, tangote, rocke et valse les mots et les maux

Céline Caussimon
J’essaye, depuis que j’écoute des chansons et que je « découvre » des chanteurs, de ne pas partir avec des idées préconçues. C’est parfois difficile quand cette chanteuse est la fille d’un de mes acteurs et auteur-compositeur préféré ! Je me souviens, quand j’étais gamine, m’être planquée dans un placard de la salle de séjour pour pouvoir échapper à l’heure du coucher obligatoire et regarder à la télévision une pièce de théâtre où Jean-Roger Caussimon jouait. Alors quand j’ai appris que sa fille chantait, j’ai d’abord hésité à acheter le CD, tant je craignais d’être déçue par sa prestation. J’ai quand même craqué, et je ne l’ai pas regretté ! Mais je n’avais encore jamais eu l’opportunité d’aller l’applaudir sur scène. Barjac m’a offert cette joie cette année… : Jofroi en soit remercié. Je ne le regrette vraiment pas !
Cette prestation m’a permis de découvrir de nouveaux textes, qui ne figurent pas sur les deux CD d’elle que je possède… et d’admirer une chanteuse-actrice qui ne se contente pas de chanter des textes « forts » (là aussi, elle a hérité du talent d’écriture de Jean-Roger, auteur de nombreux très beaux textes mis en musique et interprétés par Léo Ferré), mais qui les joue de tout son corps et de tout son visage expressif (sur lequel je n’ai pu m’empêcher de chercher -et de trouver- des ressemblances avec celui de son papa !).
Encore une qui met à mal mon a priori concernant la non-transmission du talent entre deux générations !
Comme toutes mes chanteuses préférées, elle offre des moments tendres, des traits d’humour et des coups de gueule. Elle les blues, les javate, les tangote, les rocke, les valse avec fougue ou douceur, secondée par un virtuose de l’accordéon : Thierry Bretonnet.
J’aurais bien aimé rester discuter un peu avec elle, mais j’avais mon quart d’heure de course quotidienne à disputer : je suis partie sur les chapeaux de roues ! (le site de Céline Caussimon, c’est là)

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6 août 2011. Étiquettes : , . Barjac, Catherine Cour, En scène, Festivals.

2 commentaires

  1. Bernadeth replied:

    On est d’accord sur C. Laronche qui fait partie de mes annuels étonnements barjacois. Le texte de présentation est dithyrambique (« amoureux des mots, plume affûtée…. »). Je trouve qu’il n’a rien à dire et que ce rien, il le dit et le chante mal ! Je ne suis pas sortie (par contre je l’ai fait pour Cormier). Sur ce sujet, on peut comprendre mais aussi blâmer les « sortants avant terme » : comprendre car s’il se joint à un certain inconfort matériel (pour Cormier j’avais une voisine très enveloppée qui me chauffait désagréablement la cuisse) un inconfort immatériel, la situation peut devenir insupportable. Quant à siffler ou cracher ???? Ceux que je blâme, ce sont ceux/celles (je pense particulièrement à deux ou trois personnes) qui se sont systématiquement mises au 1er ou 2ème rang du chapiteau (éventuellement en bousculant tout le monde, et/ou en bloquant le rang entier pour les copains avec sacs et autres impedimenta) et qui se barrent la tête haute tout aussi systématiquement dès la 3 ou 4ème chanson. Si on n’est pas sûr d’aimer ce qu’on va voir et qu’on imagine sortir, on se place près de la porte… Quant au repas du soir, dès la première année, j’ai constaté que, raisonnablement, il valait mieux l’oublier. Une douche, un petit grignotage + un sorbet du glacier près du château et c’est reparti.
    PS: j’ai bien aimé Céline Caussimon.

  2. Cat replied:

    Bon… c’est vrai que j’ai poussé l’image un peu loin quand je parle de « cracher sur le chanteur », mais je pense sincèrement que c’est ce que le gars (ou la fille), seul, sur scène, qui sait qu’il joue une grande partie de sa future carrière à Barjac et qui voit des dizaines de gens se lever et partir… ressent !
    Pour en avoir parlé à Avignon avec l’entourage d’un chanteur à qui c’est arrivé l’année dernière, je peux dire que ce genre de mésaventure laisse des séquelles durables, surtout quand on a une grande sensibilité. Je ne suis pas sûre qu’un artiste confirmé, aguerri à la scène, y résisterait… alors, un débutant !

    Pour les « bloqueurs de place », je visualise très bien de qui tu veux parler ! Moi aussi, ça m’énerve, ce sans-gêne de garder des places devant quand on sait très bien qu’on va partir.
    Je comprends que ceux qui veulent faire des photos et n’ont pas un matériel « étudié pour » esayent de se placer devant (mais bravo les photos en contre-plongée avec gros plan sur les trous-de-nez du chanteur !)… mais je ne vois vraiment pas l’intérêt, pour les autres, de se trouver aux premiers rangs, le nez au niveau des pieds du chanteur et les oreilles sur les enceintes : avec la scène surélevée, on est bien mieux au premier ou au deuxième rang des gradins (que ce soit sous le chapiteau ou dans la cour d’honneur). Il suffit de voir les photos que j’ai faites :je me suis toujours installée sur les gradins, parfois même assez haut, et elles ne sont pas « mauvaises » ! Cf. aussi les places retenues pour les « personnalités » : elles le sont sur les gradins, au niveau du matériel des techniciens son et image… et pas aux premiers rangs (ce qui pourrait aussi bien se faire !)

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