Séries d’été pour médias frileux : la ballade des cimetières…

Revue de presse…

De mon temps, la chanson de Montand... Et celle des temps présents ?

Si NosEnchanteurs fait, en cette période estivale et contre toute attente, ses meilleurs scores de fréquentation à ce jour (Barjac y est pour beaucoup, mais pas que), il n’est certainement pas le seul à parler chanson en plein été. On nomme même ça un « marronnier » : en juillet-août, la presse papier comme audio fait ses séries, celles engrangées durant l’année pour meubler le vide des congés. Et, sujet visiblement apprécié, qui du reste ne mange pas de pain comme on dit, la chanson trouve du coup sa place au soleil, avant d’hiberner les dix mois suivants.
France-Info multiplie par sept la chronique de Dicale. L’ami Bertrand, qui y officie chaque dimanche de l’année, se voit proposer une chronique quotidienne, dimanche inclus, pour y relater Ces chansons qui ont changé l’histoire. Du passionnant, de l’indispensable, tant qu’on aura pris le soin de sagement s’abonner au podcast : on réécoutera ça durant l’hiver. Même appréciation enthousiaste pour La scandaleuse histoire du rock de Gilles Verlant (créée pour le réseau France bleu, précédemment diffusée sous la forme de 220 modules originaux en 2010/2011) : même les non rockers (dont je suis) ne peuvent qu’apprécier… Chroniques rediffusées plusieurs fois par jour.
France-Inter lui, nous ressert ses feuilletons (de 15 à 16 h) certes déjà éventés mais toujours aussi passionnants : Bashung, Brassens, Gainsbourg, Higelin, Trenet (ce dernier, c’est le dimanche matin), cette semaine Alain Souchon… Sans aucun risque, sans la moindre audace. De l’entendu, du réentendu. C’est pas demain la veille que France-Inter osera un feuilleton sur Allain Leprest ou sur Michèle Bernard, sur Gérard Pierron ou sur Marc Perrone ou Dick Annegarn. « France-Inter, la différence » ? Non, l’indifférence à tout ce qui est différent, à tout ce qui est non formaté. La station semble avoir oublié son statut de service public. Allez, Val, réveilles-toi si tu n’es déjà mort !
Toujours dans la maison ronde, France-bleu feuilletonne avec Olivia Ruiz et  France-Musique lui, semble moins oublieux de sa mission. Son feuilleton d’été, Chanson d’été, explore chaque semaine une facette, une thématique différente de la chanson. Avec parfois des archives inédites qui ne doivent rien aux play-list des gros labels. Cette semaine, c’est « La petite histoire des grandes chansons ». De 11 à 12 heures.
Comme Le Figaro qui délivre tout au long de l’été, une série de 43 épisodes de La France en chansons, petite histoire d’autant de chansons. Agréables à lire mais dont on peut se passer : on n’y apprend rien qu’on ne sait déjà, à peine une mise en perspective (ou alors à courte vue) de la chanson dans l’Histoire. Toute la rédaction, tous les stagiaires sans doute, se sont collés à cet exercice avec plus ou moins de talent et de conviction : à de rares exceptions, c’est sans âme, sans vraie plume. Et le choix des chansons est convenu : aucun courage, aucun signe extérieur de curiosité, que le verdict sans appel du succès ! De Il venait d’avoir dix-huit ans à Petit papa Noël, de La Montagne à Wight is Wight, des Feuilles mortes à Route nationale 7… Mais sans ancrage, nullement, à la vie sociale et politique, ou si peu. Car quand on chante au Figaro, c’est entendu, on ne fait pas de politique ! On ne risque pas de traiter Afrikaan air de François Béranger, Vanina s’en va de Véronique Pestel ou Dents d’ivoires et peau d’ébène (surtout pas !) de Gilbert Laffaille…
Etonnante toutefois cette propension (presque) générale à surtout parler des morts, comme si la chanson l’était. Dassin, Gainsbourg, Brassens, Dalida, Trenet, Bashung, Brel, Nougaro, Piaf, Montand, Ferrat, Johnny… tous les trépassés défilent (je vous rassure : que les meilleurs vendeurs !). A croire que la seule chanson qui vaille doit bouffer les pissenlits par la racine ! Tant qu’on confiera la rubrique chanson à de jeunes nécrologues débutants, à des gens sans culture aucune (n’est pas Bertrand Dicale ou Gilles Verlant qui veut…), nous n’aurons qu’un alignement de pierres tombales.

Sur cette vidéo, D’jazzy d’Georges interprète La ballade des cimetières de Georges Brassens.

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9 août 2011. Étiquettes : , . Saines humeurs.

5 commentaires

  1. Donemoilela replied:

    J’me régale…

    Depuis des mois que je lis et relis vos articles, j’me régale !

    Merci

    Réponse : Alors là, je vais rougir… Je vous remercie sincèrement de ce compliment et de votre fidélité. A demain donc ! (je vous parlerai alors de la chanteuse Béa Tristan) MK

  2. POMMIER Marc replied:

    Comme d’habitude, la grande déception ! Aucune originalité ! Du connu, même si l’on peu entendre de belles chansons.
    J’ai fait l’expérience hier matin sur France=Musique, où Martin PENET évoquait comment une chanson était née ! Censure médiatique, censure économique ! promotion deux censures pour le prix d’une !
    Heureusement qu’il nous reste nos désirs d’aller découvrir et par la biais du net (facebook) de pouvoir contacter les journalistes et les artistes ainsi que tous ceux qui sont de beaux passionnés !
    C’est un univers chaleureux, la chanson ! Bien sûr nous avons chacun nos propres sensibilités !
    Le mieux, c’est bien la scène (de la chanson de proximité), après mon choix va davantage vers les cd(s) ou les dvd(s) quand il n’y a pas de concert trop proche ! Mais crise du portefeuille oblige, je ne peux pas tout découvrir, beaucoup moins qu’avant !
    Il reste cependant des radios intéressantes : « radio libertaire », celle où Jean Luc HERIDEL, sévit avec brio, et plein d’autres que je ne connais pas ! Merci à ceux qui aident à vivre cette chanson pleine de sens et de coeur !

  3. odile replied:

    Oui, idem pour la télé : du déjà vu et entendu…
    Serions nous plus exigeants, blasés ?
    Non, écœurés que tant de grands talents d’aujourd’hui passent à coté du grand public !
    Je me sentirai toujours une privilégiée de pouvoir découvrir ce beau monde, grâce à vous, à d’autres et, en cherchant bien, les « écouter voir » dans des petits lieux très sympathiques.
    Merci

  4. Philippe replied:

    La balade des cimetières.
    Voilà un excellent titre pour un excellent article, malheureusement plein de tristes vérités !

  5. Philippe replied:

    Bonne idée de mettre des vidéos après les articles, ça donne de la vie au blog !

    Réponse : C’est un peu l’évolution normale de ce blog, bien que je ne veuille pas le transformer en annexe de la Cinémathèque. De la vie, oui. Une illustration parfois utile (comme pour Béa Tristan, Fayard ou Pascal Rinaldi), un contrepoint bienvenu aussi, comme pour cette chanson du père Brassens. Petit à petit, ce blog fait son nid qu’il rend douillet et encore plus accueillant. C’est quand même dans une relative austérité, fort de son contenu rédactionnel, qu’il est devenu un site très repéré, très fréquenté, des amateurs de chanson. Maintenant, il convient de le rendre encore plus joli et plus efficace. Merci pour votre fidélité, Philippe. MK

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