Stéphanie Lignon, d’Oc et d’amour

Stéphanie Lignon, 10 novembre 2011, Les Oreilles en pointe, Le Royal à Roche-la-Molière,

Stéphanie Lignon (photo DR)

Ce soir-là, elle assure elle-même guitare et piano. Elle aurait aimé être sans instrument aucun, à déléguer à ses musiciens. Mais elle est là en première partie, loin, très loin de ses Pyrénées orientales, en éclaireur dans une région qui ne la connaissait pas encore. C’est dire si toutes ses chansons sont nouvelles à ce public. Et si l’ovation finale est sincère.
La première chose qui surprend, et séduit, en Stéphanie Lignon, est son accent de là-bas, joyeux, naturellement chantant. Dans ce monde uniforme où les chanteuses chantent toutes pareilles, en un timbre unique, imposé, calibré, le sien est plus qu’agréable curiosité, presque rebelle. Comme cette nature, les sentiers de ses balades, les dunes de ses courses, qu’elle sait si bien restituer : « Je suis de l’Oc et de la terre / Du sable et de la mer. » Lignon n’est pas pour autant chanteuse de paysages, chantre de son terroir. Très droite dans la posture, elle l’est tout autant dans ses propos. Elle est femme en ce monde, à se poser les questions de tout un chacun, à s’émerveiller, à s’indigner aussi. Comme sur ces charters de honte : « T’avais pas pu t’payer l’aller / Mais t’as pu rentrer sans billet » (Transfert). Comme et surtout sur l’amour… La contrariété des sentiments tient grande place en son répertoire, en proie à la valse des sentiments, toujours en déménagements, en séparations : « Ne cherchons plus les mots, va / Plus rien à se soumettre / On a chacun son lot, va / Reste plus qu’à admettre / Qu’à vouloir tant s’aimer / En vain on s’aime moins. » La thématique est très présente en ce court récital : « Tu ne peux pas vivre sans moi / Mais je ne peux plus vivre sous ton toi » ; « C’est pas demain que vous plongerez / Le nez au fond de mon balconnet. » Toujours en recherche donc. C’est cette quête qu’au final nous retenons. Impliquée ou simple interprète d’elle-même, actrice majeure de ses propres chansons, Stéphanie Lignon cherche ce Graal magnifique de l’amour, en toutes directions, même divine : « Mais si Dieu est une femme / J’veux bien la rencontrer / A condition que Madame / Ne soit pas trop coincée. »

Le myspace de Stéphanie Lignon, c’est ici. On lira également, sur NosEnchanteurs, « Engageante Lignon »

Publicités

11 novembre 2011. Étiquettes : . En scène, Mes nouvelles Nuits critiques.

One Comment

  1. Pierre Delorme replied:

    Qu’a-t-il pu se passer, pour qu’en 2001 on se retrouve avec des chanteuses et chanteurs qui nous rebattent les oreilles avec les vieilles ficelles de la chanson des années 50/60 ? Remarque, les écrivains se mettent à écrire comme Duhamel ou Genevois, et les cinéaste à filmer comme Autant-Lara, alors… Je me demande si finalement ça ne serait pas ça, la peur de l’avenir et le repli frileux sur les valeurs anciennes ? Triste époque.

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Trackback URI

%d blogueurs aiment cette page :