La « musique » s’invite dans la campagne (je pouffe !)

La chanson existe depuis toujours. Le showbiz n'est que son avatar des temps modernes, du libéralisme.

« La musique s’invite dans la campagne » proclame le slogan de cette sage rencontre organisée ce mercredi 21 mars au Palais du Luxembourg par l’association « Tous pour la musique » (TPLM). Rien que la liste des professionnels à cette « table ronde » dit le peu qui se dira : Stéphan Bourdoiseau (producteur de musique), Alain Chamfort (chanteur), Daniel Colling (entrepreneur de spectacles), Vincent Frèrebeau (producteur de musique), Jules Frutos (entrepreneur de spectacles), Denis Ladegaillerie (distributeur digital, producteur), Bruno Lion (éditeur), Jean-Jacques Milteau (artiste interprète), Pascal Nègre (producteur de musique), Laurent Petitgirard (compositeur, chef d’orchestre), Marc Thonon (producteur de musique) et Jean-Luc Treutenaere (distributeur détaillant).
Du côté des politiques, sont conviés les représentants de François Bayrou, Jean-Luc Mélenchon, Marine Le Pen, François Hollande, Nicolas Sarkozy et Eva Joly.
Mais, tout d’abord, de quelle musique parle-t-on ? Un peu de toutes les musiques (jazz, classique, contemporain, traditionnel, ethnique…). Mais aussi et surtout de chanson qu’on masque tantôt sous le vocable aseptisé et fourre-tout de « variétés », tantôt sous celui, anonyme, de « musique » (je n’invente rien, on ne dit pas « Victoires de la chanson » mais « Victoires de la musique »).
La seule liste des professionnels de la profession invités à palabrer est édifiante : le showbiz et personne d’autre. On ne risque pas d’y parler de l’artistique, mais de gros sous que seuls se partageront les gros et les gras. La ligne de partage entre artistes est claire : il y a ceux qui ont tous les droits (d’être dans un label confortable qui vous donne accès aux médias, d’avoir en conséquence des productions et des circuits de diffusion intéressants…) et ceux qu’on tolère mais qu’on cache. Ces derniers sont, vous le savez, l’archi majorité. Ils survivent en des labels tout petits ou s’autoproduisent, souvent ne sont même pas distribués, encore moins diffusés si ce n’est par quelques radios locales militantes, en d’héroïques émissions concoctées avec amour par des Michel Boutet ou des Jean-Luc Héridel et quelques autres du même tonneau. Et les salles leur sont ouvertes moins qu’avant. Quant aux festivals, n’en parlons même pas, ou à la marge.
Et de quoi qu’ils vont causer ces « professionnels de la profession » devant ces politiques ? Au nom de qui ? Non de cette infinie richesse chanson dont ils se contrefoutent (le talent n’est plus un critère depuis longtemps) mais de leur nombril et de comment maintenir leur chiffre d’affaires. Pas de cette exception culturelle française que le monde entier pourrait nous envier et qu’on tait, ces centaines, ces milliers d’artistes chanteurs qui ont pour nom Bertin, Utge-Royo, Pestel, Giro, Coko, Coutant, La Mordue, Bobin, Chovet, Poli, Bidon, Gary, Joyet, Benin, Akrich, Rouxin, Bouchet, Murray, Sarclo, Entre 2 Caisses, Dubois, Bacchus, Gaillard, Bühler, Bernard, Lapalud, Berger, Alcaz, Dimitri, Nico, Humenry, Garraud, Malice, Amélie-les-Crayons, Chtriky, Morel, Rinaldi, Jules, Viel et autres (ils sont nombreux). Messieurs, Mesdames les politiques, si vous voulez agir sur cette richesse culturelle, n’écoutez pas (que) ceux qui l’étouffent, l’interdisent de toute exposition, la privent de salles.
L’été dernier, l’un grands chanteurs des plus qui soit est mort, un de la trempe d’un Nougaro ou d’un Brel, d’un Brassens, d’un Trenet. Allain Leprest était fait de ce bois-là et vous ne le savez même pas : vous vous foutez du talent, du génie. Vous vous contentez de médailler Stone et Charden de la Légion d’honneur : pitoyable ministère de l’aculture qui se sait même plus la valeur des choses, ce à quoi il sert.
Si vous pensez que la culture est chose nécessaire, si vous avez suffisamment le sens de l’hygiène pour ne pas l’accoler systématiquement aux pouvoirs de l’argent, alors traitez la chanson pour ce qu’elle est, non par son excroissance commerciale mais par son incroyable diversité. Cessez de croire que, parce qu’une petite centaine d’artistes labellisés squattent les ondes, la chanson a les moyens d’exister. C’est l’arbre qui cache l’immense forêt !
Sachez, Mesdames et Messieurs les politiques, que la chanson crève sous nos yeux. Hélas pas dans vos oreilles : c’est pour ça que vous le l’entendez pas.

Retransmission de cette rencontre à la télé ce mercredi 21 mars à 16 h45, sur Public Sénat (TNT 13), publicsenat.fr et l’ADSL.

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19 mars 2012. Divers, Les événements.

19 commentaires

  1. fargier-lagrange jocelyn replied:

    Terriblement vrai !

  2. Delorme replied:

    Une fois de plus, je me permets de revenir sur une chose : les noms cités sont ceux de gens qui opèrent dans le secteur privé et non pas le secteur public. La distinction a son importance. Ils ne nous doivent donc rien et ils produisent ce qu’ils veulent.
    Quant aux artistes « oubliés » dont le nom est cité plus haut, ces mêmes producteurs ont le droit des trouver inintéressants. Ils pourraient de plus toujours vous répondre, que s’ils vous plaisent tant, ces chanteurs, eh bien vous n’avez qu’à les produire vous-même, seul ou en association.
    J’oserais ajouter que dans cette même liste de marginaux, il y en a dont le talent peut être considéré comme discutable, pourquoi pas ? Qui en décide de ce talent ? Quelques amateurs de chanson de qualité ? Les journalistes spécialisés ? Et encore, en poussant un peu la discussion, il n’est pas certains qu’ils se mettent d’accord sur les mêmes noms.
    Et même si on reconnait du talent à tous, comment les produire tous ? Ils sont trop nombreux, il faudra bien faire « un tri », et alors qui le fera ? Nous retomberons dans le même problème (car les producteurs honnis font un « tri » parmi tout ce qu’ils reçoivent) et nombreux seront ceux qui resteront sur la touche. Et tout recommencera.
    Une fois de plus, je me fais l’avocat du diable, mais ma conviction est que le jour ou nous sortirons de cette distinction entre la bonne chanson et le showbiz, où tout est blanc d’un côté et noir de l’autre, nous pourrons commencer à avancer et réfléchir plus utilement à la chanson. N’oublions pas non plus de dans la liste des « marginaux du métier » un bon nombre a eu sa chance (télé, Olympia, festivals et j’en passe), le tout soutenu par des professionnels de la profession, mais le public n’a pas suivi en masse. Qu’en conclure ?

  3. Gérard Delahaye replied:

    Michel, j’aime et j’admire ton côté imprécateur, mais je continuerai dans la lignée « avocat du diable » de Delorme, ci dessus :

    instruit par ma looooongue expérience, chapelet de succès et d’insuccès, puis de succès, puis d’insuccès, etc, (mais toujours dans une échelle un peu marginale !) mais qui fait quand même que je vis de ce métier depuis 40 années, j’ajouterai que la musique est un art mais AUSSI un commerce, et que la grande difficulté de l’artiste est de savoir marier les deux de façon harmonieuse.

    Savoir faire commerce de son talent sans le trahir et au contraire en le cultivant, c’est aussi un art, et il est très difficile. La phrase attribuée à Mao (ou Confucius?) : « pêcher le poisson c’est bien, mais ensuite il faut le vendre », s’applique aussi aux métiers artistiques (et pas seulement à la chanson). La musique, la composition sont les côtés les plus agréables du métier, mais à un moment, il faut bien se retrousser les manches pour faire connaître ses « oeuvres », scène ou enregistrement (terme préférable à « disque « ou « CD », car en ce moment le support physique…) et surtout les transformer en argent ! Et je constate que le talent dans les relations humaines est aussi important, sinon plus, que le « talent » pour la réussite.

    Personne ne doit rien à l’artiste, quel que soit son talent. C’est triste ou c’est heureux, peu importe. C’est à lui de se rendre nécessaire. Qu’est ce qui fait que des gens sont d’accord pour payer quelques euros (et parfois même beaucoup !) pour écouter un artiste? On en connaît tous qui tirent le diable par la queue mais paieront 100€ pour aller voir leur petit ou leur grand rêve en chair ou et os, et participer à la messe. C’est tout le mystère, la vibration, le rêve…

    Tous les patrons de bistrot sont ravis d’avoir un musicien ou un chanteur pour animer leur soirée. Mais s’ils se mettent à demander des sous pour ça, le talent est soudain mis en balance avec la recette du bar, et dès ce moment le cruel show biz a déjà frappé!!!

    Ensuite, c’est vrai que les « gros » s’approprient tout le terrain de chasse et monopolisent les média…Mais c’est peut être aussi qu’ils font un autre métier, que je n’aimerais peut être pas faire. L’artisan maçon ne va pas construire un immeuble : il fera des terrasses, des améliorations sur les façades, éventuellement des pavillons, mais n’essaiera pas de lutter contre Vinci ou Bouyghes. Construisons donc nos cabanes de jardin, elles sont belles, pleines de fleurs et de soleil. Et de temps à autre, une belle petite maison d’artisan fait la une ! Bravo !

  4. Melmont replied:

    Je partage à 300 pour cent le point de vue de Pierre Delorme… Méfions-nous des points de vue partisans… Si c’était justement Tranches de Scènes et le label Tacet qui étaient invités au Palais du Luxembourg, on dirait que c’est génial, on écrirait ‘enfin’ mais tout est très subjectif… Il faut s’y faire une bonne fois pour toutes : le paysage de la musique francophone, c’est aussi bien Camille que Mylene Farmer, Stone et Charden que Anne Sylvestre, Ben l’Oncle soul que Youssoupha, Bashung que Lulu Gainsbourg, etc. C’est aussi bien Platine qu’Idoles Mag, bref c’est un monde incroyablement varié, constitué de plusieurs courants, mais les opposer n’est pas forcément productif. Romain Didier le rappelait lui-même dans une une interview qu’à un moment une personne peut tout à fait avoir envie d’écouter une chanson de Léo Ferré et la fois suivante Bambino de Dalida, c’est son droit. Le chanteur Nicolas Jules témoignait sur des fans de Patrick Bruel à son propre concert. Il y a quelque chose qui s’était perdu ces dernières années mais qui revient tout doucement, c’est l’éclectisme. Nous en avons besoin de cet éclectisme qui a trop souvent été assimilé à de la démagogie…

  5. Delorme replied:

    Personne ne doit rien à l’artiste, quel que soit son talent. C’est triste ou c’est heureux, peu importe. C’est à lui de se rendre nécessaire.

    Merci de cette phrase, très juste à mon avis, comme le reste du commentaire d’ailleurs.

  6. Fab et sa guitare replied:

    Salut, merci pour vôtre blog.

    Je viens d’écrire une chanson qui s’appelle « votez pour moi ».
    Pour l’écouter RDV ici :

    Merci pour ce lieu, qui met la chanson en valeur.
    Amicalement
    Fab

  7. FESTIV'ART replied:

    J’apprécie que l’on discute de cette façon, j’apprécie le talent de « Delorme » à se prendre pour l’avocat du diable mais surtout je me moque comme de colin -tampon (Colin = diminutif de Nicolas, désignant une personne plutôt niaise …) de ces rencontres au sommet. N’oublions pas que des distinctions très préjudiciables à la diffusion des artistes que nous défendons existent au sein même de ce milieu de la « bonne » (?) chanson. Là aussi les « petits » , les sans grade n’ont guère droit de cité, écrasés qu’ils sont par les monstrueuses machines où se produisent tout l’été les mêmes pointures…Alors, autant poursuivre sa route dans l’honnêteté, semer ses petits cailloux blancs à l’échelle d’abord de son territoire, de son petit coin de France. L’expérience me montre que dans ce microcosme, nous finissons par nous (re)connaître…La preuve, sur ce blog, non ?

  8. delorme replied:

    Pas besoin de guillemets à mon nom, c’est vraiment le mien, et je ne « prends pour » l’avocat du diable, ni pour autre chose d’ailleurs, essayer d’être moi-même m’occupe à plein temps. D’autre part, même si nous sommes d’accord sur l’essentiel, du moins je crois, il faut se méfier de l’entre-soi, cette espèce de « communautarisme » ou de microcosme des amateurs de bonne chanson, comme sur ce blog, où tout le monde finira par ressasser les mêmes obsessions, admirations et rancœurs stériles, les mêmes idées toutes faites, qu’il est toujours bénéfique de défaire.

  9. Michel TRIHOREAU replied:

    Même si les deux (Lorme et Lahaye) ont raison sur le fond, la chanson n’échappe pas justement aux lois du marché et c’est un peu dommage d’entendre Mme Michu, l’épicière du quartier, prendre la défense de Carrefour ! Moi, j’ai davantage confiance dans les carottes de Mme Michu, élevées sous la mère, que dans celles d’Auchan, cultivées à grand renfort de pesticides et dépourvues de saveur.
    Ne jouons pas les bobos façon libé en courant au secours des prédateurs !
    Si la chanson était reconnue en tant qu’art, au même titre que le cinéma ou le théâtre, le débat tournerait peut être à l’avantage de Pierre et de Gérard, mais aujourd’hui on veut faire de la chanson un produit de consommation de masse, formaté, uniformisé et asexué ; la résistance est donc à l’ordre du jour pour la plupart des chanteurs.

  10. Corine replied:

    Bien sûr « les noms cités sont ceux de gens qui opèrent dans le secteur privé et non pas le secteur public » mais qui viennent chercher ici le soutien du futur élu de la République et de la future assemblée c’est à dire des représentants du secteur public. Et le secteur public, c’est vous et c’est moi, ça me concerne, c’est nos sous. Et ça me concerne que l’Etat considère la chanson dans son ensemble, pas que celle qui passe à la radio, à la télé. Or les « petits » ne semblent pas avoir été conviés à cette réunion, une fois de plus. Quels sont les critères pour avoir droit au chapitre, pour se faire entendre ? Faut uniquement être pété de tunes ?

  11. Dominique Bouillon replied:

    Et malheureusement il n’y a pas que la chanson qui fonctionne comme cela. Dans tous les styles musicaux (et peut-être dans toutes les disciplines artistiques) dès qu’une pseudo élite se crée, elle ne cherche qu’à se perpétuer et à écraser la « concurrence ». Cooptation des amis à intégrer au cercle, collusion avec la critique, copinage avec les médias, népotisme et création de « dynasties »… tout est bon pour se garder la plus grosse part du fromage.

  12. Gérard Delahaye replied:

    Alors, ça tombe pile, montons jusqu’aux plus hauts niveaux de l’état…
    Lire dans Ouest-France d’hier l’article : http://www.entreprises.ouest-france.fr/article/linfluence-reelle-reseaux-copinage-18-03-2012-48790

    ou carrément le livre de Vincent Nouzille : La République du Copinage
    il y a de quoi tomber par terre ! C’est consternant !

  13. delorme replied:

    Mon cher Michel, je ne me sens pas du tout Mme Michu en guerre contre Carrefour. En revanche, comme Mme Michu je me sens d’une autre époque, même si ça ne me fait pas plaisir, mais c’est comme ça, et voilà. Les dinosaures ont disparu un jour, on ne leur pas demandé leur avis et ils ne devaient pas être bien contents de disparaître, mais ils ont disparu c’est tout. Tu peux taper du pied tant que tu voudras, ils ne reviendront pas. Je ne sais pas si dire cela c’est être un bobo façon Libé, peut-être après tout, mais je m’en fous, c’est ce que je pense.
    Quant aux deux M (Kemper et Trihoreau) quand vous sortirez de cette dichotomie stérile qui prétend que le talent est d’un côté et la médiocrité, l’affairisme de l’autre, peut-être que nous pourrons commencer alors a vraiment parler de chanson et à nous demander ce qu’est une chanson, qu’on la considère comme un art ou pas.

    Réponse : Oh là là, je n’ai jamais dit ça ! Le talent est de tous côtés, grands comme petits labels, bizness comme artisanat. Que je sache, Brel, Gainsbourg, Souchon, Sheller, Aznavour et tant d’autres que j’aime ne s’autoproduisent pas ! Je m’insurge simplement contre ce mépris que les gros (pas les artistes en général, mais les biznessmen) affichent envers les petits. C’est vrai que je parle moins ici de ces artistes des grands labels mais c’est qu’il me semble qu’ils ont moins besoin d’un tel blog : quand ils sortent un disque, toute la presse s’empresse de la chroniquer. Les petits, jamais, mais ça doit être par manque de place. MK

  14. Michel TRIHOREAU replied:

    Oh ! Pierre ! Comment peux-tu ainsi réduire le débat à une simple dichotomie ? Il y a d’un côté l’affairisme et de l’autre l’artisanat , voire l’art. C’est une chose. Il y a d’autre part des chansons (et je ne dis pas des chanteurs) de grande qualité et d’autre d’une médiocrité affligeante. Ceci, quelque soit le mode de distribution.
    Je n’ai jamais dans aucun de mes propos fait l’amalgame entre la qualité et le circuit économique. Je dis seulement que le rouleau compresseur du business écrase la création. Je dis aussi que la plus grande partie de la production industrielle phonographique est insipide parce que c’est sa vocation, c’est inhérent au système, c’est le résultat d’études de marché. Ca n’empêche pas, heureusement, qu’il existe dans cette production des chansons (et des chanteurs) de qualité (je ne citerai pas de noms) comme il existe pléthore de chanteurs médiocres dans l’autoproduction (et je ne citerai toujours pas de noms).
    Et la chanson n’est pas un diplodocus (que l’on cherche actuellement à cloner, d’ailleurs!) mais un art populaire toujours vivant… sur le terrain sinon dans les médias, mais c’est là l’essentiel non ?

  15. CCS replied:

    Je suis d’accord avec Corine à propos des appuis recherchés par les acteurs du privés auprès de ceux du public, avec Delorme sur la difficulté de savoir qui peut se faire juge de la chanson de qualité et avec Delahaye sur l’idée de construire des cabanes de jardin en se foutant du béton des buildings.

    Par contre la phrase : « personne ne doit rien à l’artiste, quel que soit son talent. C’est triste ou c’est heureux, peu importe. C’est à lui de se rendre nécessaire. »

    Croyez-vous vraiment que le rôle de l’artiste soit de se rendre nécessaire ? En effet, personne ne lui doit rien. Mais j’aurais plutôt tendance à croire que le rôle de l’artiste, qu’il soit peintre, sculpteur, chanteur ou écrivain, est avant tout de permettre, par l’élaboration de son œuvre et au bénéfice de tous, une meilleure perception et une meilleure compréhension du monde. C’est l’œuvre et le monde qui doivent être dans le viseur, non la reconnaissance éventuelle de l’artiste. Le risque de considérer qu’un artiste doit chercher à se rendre nécessaire, c’est que l’artiste finisse par prendre le pas sur l’œuvre, et que le sujet de celle-ci ne soit plus bientôt que l’artiste lui-même.

    Qu’il participe à sa diffusion, de manière à ce que son travail puisse rencontrer le maximum de gens et à favoriser sa mise en commun semble normal. Mais s’il est entièrement tourné vers son art, qu’il souhaite avant tout répondre à l’exigence et à l’engagement particulier que celui-ci réclame, je comprends assez bien qu’il ait du mal à le faire. Considérer que « savoir faire commerce de son talent » est l’une des dimensions de l’artiste revient à dire que Van Gogh ou Kafka étaient des artistes bien incomplets (l’un n’ayant rien vendu de son vivant, l’autre très peu publié).

  16. delorme replied:

    Aux deux Michel :
    Je me doute bien que vos goûts en matière de chanson sont assez larges,
    mais ça serait dommage que la teneur de certains articles d’humeur et commentaires du même nom, donnent l’impression du contraire.
    La chanson n’est certes pas un diplodocus, elle se renouvelle tout le temps, mais du coup certains chanteurs le deviennent donc par la force des choses.
    Et surtout un peu plus de mesure dans les « critiques » des « petits » serait bienvenue (pas les descendre bien sûr, mais pourquoi ne pas faire part de réserve, ça peut-être aussi constructif, pour les artistes eux-mêmes) ? C’est à mon avis ce qui manque à la chanson, y compris artisanale, une véritable critique. Sinon on pourrait croire que tout est sur un pied d’égalité, ce qui est à mon avis néfaste. Pourquoi ne pas créer une véritable critique dans ce blog ?

  17. Yves Le Pape replied:

    C’est Bertrand Dicale qui anime ces rencontres !!!! Une référence incontestable, non ?

  18. Yves Le Pape replied:

    « Le développement de l’offre légale de musique : comment assurer la protection des droits et la rémunération de la création dans un monde dématérialisé ?  »
    C’est bien un sujet important de cette présidentielle. Qu’en pensons- nous ? Faut-il supprimer HADOPI et si oui par quoi la remplacer ? Ca mérite bien qu’on en discute au Sénat comme sur Nos enchanteurs !

  19. Marc POMMIER replied:

    Ah que c’est intéressant ces points de vue personnels, entre artistes et journalistes et spectateurs ! pour ma part, en tant que spectateur, j’aime découvrir au sens le plus large, chanson, chant du monde, musique etc …
    Je préfère, il est vrai les salles les plus chaleureuses, moins grandes parcequ’il y a plus de proximité !
    Mais, après il y a tellement de talents qu’il m’est impossible d’établir une hiérarchie de valeur ! j’aime même encore des artistes maladroits encore, en devenir aussi, mais avec des émotions ! j’aime aussi à les encourager !
    J’aime aussi commander ou acheter directement le disque à la fin d’un concert, à l’artiste, où à un des rares petits disquaire existant encore. Il est à LIMOGES ! Son intérêt majeur est qu’il est compétent dans tous les domaines de musique !
    J’ai fait mon choix personnel parceque certaines FNACS, n’ont plus de spécialistes à chaque rayon ! et par contre, au LECLERC de LIMOGES, il est surprenant de découvrir qu’il y a des disques d’artistes qui nesont pas très médiatisés ! C’est étonnant ! J’espère ne pas être trop sorti du sujet !

    En tout cas, je voudrais remercier JOFROI, les programmateurs de BARJAC, parceque cette année ils programmeront un artiste (dont je ne dévoilerai pas le nom tant que la programmation n’est pas officielle ! j’apprécie cet artiste, ce sera une chance pour lui d’élargir son public, mais après les émotions ou pas des artistes sont diverses ! et ainsi j’espère moi aussi découvrir toujours autant d’autres artistes !

    et pour poursuivre… ce magnifique chant des hommes (et des femmes, bien sur) de Nazim HIKMET !

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