La Baronne : entretien exclusif sur Thou’Chant

Sylvie Cobo, notre Baronne (photo DR)

« Bravo, Madame, vous êtes une tempête en marche qui balade sa voix multicordes par-delà la morosité. Comme une synthèse de Piaf, de Nina Hagen et d’Higelin. Voilà ce que vous êtes, peut-être. On se dit que c’est parfois trop beau. » Fin du siècle passé, début de l’autre, une étonnante chanteuse se titre de noblesse pour une voie (voix) royale. C’est La Baronne, alias Sylvie Cobo. On ne tarit pas d’éloges sur la dame (comme dans cet article extrait de Chorus), impressionnante en scène, femme-batterie au cœur battant, voix formée précédemment aux standards d’Ella Fitzgerald et de Sarah Vaughan. La Baronne a électrisé son public, déclanché un bouche-à-oreilles rare, épaté, étonné, subjugué.
Quelques années de scène, d’abord dans son épicentre rhônalpin puis bien plus loin, de tempêtes, et puis plus rien. La Baronne s’en est allé, gage d’amour, pour une autre vie, sous d’autres latitudes. Ça fait sept ans qu’elle est devenue québécoise et reconstruit sa carrière là-bas.
Pour deux concerts, forcément exceptionnels, à l’occasion de la vingtième édition du festival Les Oreilles en pointe, elle sera de nouveau parmi nous, les 6 et 7 novembre au Quarto d’Unieux (près de Saint-Étienne). On lui fera fête. Dans l’attente, on peut lire l’entretien exclusif qu’elle vient de donner au webzine Thou’Chant, dont le numéro 8 vient tout juste de sortir sur la toile. C’est ici.
Un numéro encore une fois bien nourri, qui nous parle tant des découvertes des Nuits de Nacre, à Tulle, que de cette formidable salle se spectacle qu’est le Café des Arts, à Grenoble. Qui nous fait découvrir une autre dame, elle aussi spectaculaire, de la chanson : Serena Hernandez, du groupe Les Janine-Pelikan. Plein de disques chroniqués (Valérie Barrier, Philippe Forcioli, Toufo, Kebous, Natacha Ezdra et bien d’autres), les échos de la chanson sur Rhône-Alpes… Et la chanson grande oubliée de nos manifs outragées. C’est sur le Thou’Chant et c’est là

Sur La Baronne, on lira aussi cet article publié par NosEnchanteurs.

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17 octobre 2010. Étiquettes : , . Chanson sur Rhône-Alpes, Interviews. 1 commentaire.

La Baronne, tout d’une grande !

Ça c’est un bon vieux papier, de décembre 1997 (au Majestic de Firminy) c’est dire ! Sylvie Cobo, dite « La Baronne », une chanteuse « locale », triomphait alors sur les scènes de Rhône-Alpes. Étrangement, le « journaliste chanson » que j’étais déjà ne l’avait pas encore épinglée à mon catalogue. Chose faite. Quelques années après, Sylvie quitta la Loire, quitta la France, pour rejoindre son amoureux au Québec. Deux disques là-bas, sous son vrai blaze et puis plus de nouvelles. La rumeur la disait même avoir abandonné la chanson, être devenue bûcheronne. La chanteuse bûchait sans doute autrement puisque La Baronne va nous faire en novembre prochain son retour au pays, lors de deux soirées des Oreilles en pointe. Occasion s’il en est de revenir sur cette splendide artiste.

Sylvie Cobo, dite "La Baronne" (photo DR)

Archive. Si j’étais directeur artistique dans une de ces multinationales du disque, je signerais un contrat, là, tout de suite, sur un bout de table, sur un timbre-poste même, pour être sûr de l’avoir, prestigieuse, à mon catalogue. Et de ne pas me la faire piquer par un autre.
Si j’étais un chanteur à succès, je ne prendrais pas La Baronne en première partie de mon Olympia de peur d’être déjà oublié et congédié lors de mon entrée en scène. Car le showbiz est très cruel…
Si j’étais l’organisateur de cette soirée, je la reprendrais pour la prochaine saison, parce que c’est évident. Mais en sachant, vu l’ampleur de la rumeur, qu’il faudrait penser à une plus grande salle.
Si j’étais un programmateur intelligent, sensible et avisé à la radio ou à la télé… Mais, suis-je bête, c’est un poste de travail qui n’existe pas !

Qu’Emmanuel de Bonneville, le pianiste, ne m’en tienne pas rigueur : même si La Baronne est l’exact nom du duo qui l’associe à Sylvie Cobo, c’est bien cette dernière qui, sur scène, est La Baronne, fougueuse et majestueuse, lionne à crinière rousse, instinctive, prodigieuse, déjà très grande. On a comparé cette dame à de nombreux artistes. Mais c’est bien au-delà ! Elle est la rencontre et la fusion de quelques grandes voix de la chanson. D’abord de Danielle Messia, chanteuse trop vite disparue, dont on pouvait prédire la plus grande des carrières. Le timbré est le même, la fragilité autant que l’assurance de la voix. Il y a aussi évidemment un peu de Mama Béa, quand le corps de La Baronne se met en transe et arrache de ces sons étranges et beaux ; il y a du Stella Vander et du Magma dans la voix et dans la recherche d’une langue qui n’existe pas. Il y a, de manière appuyée, du Nina Hagen et, parfois, tout en douceur, des choses et la façon de les chanter qui font songer à Angélique Ionatos, à Noa aussi. Il y a la force de toutes ces chanteuses andalouses et puis, il y a la structure nonchalante et prégnante de Kent, à tel point qu’on se demande parfois si La Baronne ne serait pas Kent au féminin. Convoquer sur un article tout le gratin de la chanson fait plaisir, surtout si c’est pour affirmer une telle chanteuse. Sylvie Cobo écrit les textes qu’elle interprète. Des trucs simples, voire simplistes, mais qui se baladent bien entre nos oreilles. Même s’il serait sans doute judicieux pour elle de se trouver un grand parolier (pour l’avenir), son répertoire s’écoute. Et ses mots font parler son corps qu’elle utilise comme une fantastique caisse de résonance qu’elle frappe pour en tirer sons et percussions. Femme-orchestre, chanteuse et batteuse, qui dit que son corps est un tambour. C’est une gamine à l’air frondeur qui se joue de vous le temps d’un spectacle, et qui joue avec vous, fière de vous montrer ce qu’elle sait faire. Et si elle chante aussi en espagnol, c’est que ça lui procure des sourires, des airs malins, une candeur étonnante autant que la puissance d’une femme mûre et sûre de soi, qui n’aime et n’appelle que «les histoires d’amour compliquées». Elle a l’aisance de la jeunesse, le talent et l’avenir. Sa place est faite sur une scène internationale qui n’attend qu’elle. Bon vent !

Écoute de quelques titres récents de Sylvie Cobo. La Baronne, samedi 6 et dimanche 7 novembre 2010 au Quarto d’Unieux (le 6 en première partie de Clarika).

1 août 2010. Étiquettes : . Archives de concerts, Québec-Acadie. 1 commentaire.

Sylvie Cobo, Baronne en son fief

La Baronne, 7 novembre 2010, Le Quarto à Unieux,

La Baronne (photo d'archives DR)

Face à face, un piano à queue et une batterie, et derrière bientôt vingt-cinq chœurs féminins en renfort, le partage est fait, la scène occupée. Retour au pays de Sylvie Cobo, ci-devant La Baronne, parenthèse dans sa nouvelle vie québécoise. Reste qu’ici « Dans les bars de la Croix-Rousse / La Bière coule à flots. » La Baronne se doit de donner le meilleur d’elle-même pour ces chaleureuses retrouvailles. Elle s’y emploie. On ne la connaissait vraiment qu’assise, corps-batterie incarnant tant la puissance que le rythme ; la voici d’abord et avant tout debout, libérée, à nous transporter dans son univers, dans ses chansons créées là-bas qui, toutes, nous sont inconnues. Nous connaissions le phénomène et c’est la chanteuse qui nous revient dans un répertoire où se disputent le désir, les déclinaisons de l’amour, l’empathie et l’onirisme, « loin des abysses, de l’apesanteur et des mystères. » Avec des textes de toute beauté (« Tu es le point cardinal de ma nuit fatiguée / Le miroir que j’appelle / Qui va me trouver belle… ») que nous découvrons et qui s’estompent l’instant d’après au profit d’autres, tout aussi empreints de désir, de tendre poésie, de mots rivalisant d’adresse, « histoires sans tristesse et sans gloire / et peut-être sans avenir. »
Pas une ride au talent, pas le premier cheveux blanc, La Baronne est toujours flamboyante, éternelle jeunesse, qui fascine et séduit par sa seule présence. Et sa voix chaleureuse, complice : « Dors mon amour / L’amour ça crée des liens sacrés. » On aimerait être son oreiller…
On saluera la prestation de Matt Herskowitz, au piano, qui habille de ses notes la moindre parcelle de mots avec classe et dextérité. Il méritait son solo et ce fut pour nous un rare délice.
En rappel, il y a, bien sûr, cette chanson qui lui colle aux dents et fixe nos souvenirs, Les P’tits bars, comme un p’tit dernier pour la route. Et cette reprise de Julien Clerc, Utile : « Même si c’est moi qui chante / À n’importe quel coin de rue / Je veux être utile / À vivre et á rêver. » De là à décréter La Baronne d’utilité publique…

On lira l’interview exclusive de La Baronne dans les colonnes du webzine Thou’Chant de ce mois-ci.
Pour retrouver ses nouvelles chansons, c’est ici.

8 novembre 2010. Étiquettes : , . Chanson sur Rhône-Alpes, En scène, Québec-Acadie. 2 commentaires.

20e Paroles et Musiques : le beau millésime !

Autre fidélité chère à ce festival : ce sont Les Chats pelés qui, d'année en année, en illustrent l'affiche officielle

Comme dirait la chanson « On n’a pas tous les jours vingt ans… » Après celui des Oreilles en pointe l’automne dernier où la seule vraie bougie fut le retour lumineux de Sylvie Cobo, dite La Baronne, exilée volontaire au Québec, au tour, dans la Loire, de Paroles de Musiques à Saint-Etienne, de fêter ses vingt printemps. Dans une programmation certes très disparate (de Louis Ville à Camélia Jordana ; de Sexion d’Assaut à Lola Lafon) se logent quelques jolis bijoux. Et un joyau : la soirée « 20 ans – 20 artistes » du 1er juin promet d’être un de nos plus beaux souvenirs de scène. Bien sûr il en manque pour faire bon poids, mais toute l’idée de fidélité qui préside depuis le début au festival créé par Marc Javelle y est : nos cinq Wriggles s’y reconstituent le temps de deux ou trois chansons, l’ami Romain Didier est là, Allain Leprest aussi. Et Chanson plus bifluorée, Néry, Entre 2 Caisses, Thomas Pitiot, Batlik, Volo (dont le tout premier concert de leur carrière le fut dans un troquet, dans une rue piétonne de Saint-Etienne, par fidélité avec les Javelle, Marc et son fils Simon)… Avec Loïc Lantoine qui fut couo de cœur du festival la poremière et toutes les autres fois. Avec encore Karimouche, Louis Ville, Carmen Maria Vega, Alexis HK, Joyeux Urbains et quelques autres. Tous, unis sur deux scènes entièrement et successivement mobilisées pour cet événement, c’est fort.
Pour suivre ce festival depuis longtemps, pour en avoir été longtemps et avec fierté le chroniqueur privilégié, pour l’avoir défendu avec acharnement quand il fut un temps menacé, j’aime ce festival. Et vois en cette soirée comme la quintessence de tout ce que j’ai et nous y avons aimé. En même temps que l’affirmation de cet ancrage chanson française qui de partout baisse pavillon au détriment de modes factuelles et factices. Bien sûr d’autres genres cohabitent en ce festival, font voisins, parfois copains. Bien sûr certaines scènes me seront totalement étrangères mais, n’ayant aucunement le don d’ubiquité et ne picorant pas de ci de là des chansons pour mieux les oublier ensuite, j’ai largement de quoi me goinfrer de beaux moments, ici à profusion.

Au programme, entre autres, en plus de cette soirée anniversaire du 1er juin : Thomas Pitiot & Batlik, Entre 2 Caisses + Chanson plus bifluorée, Alexis HK (le 2 juin) ; D.U.O., Les Tit’Nassels + Les Ogres de Barback + Têtes raides, Miss White & the Drunken piano + Quadricolor + Mademoiselle K (le 3 juin) ; Louis Ville, Lola Lafon + Madjo, Daphné + Thomas Fersen + Zaz (le 4 juin) ; Pierre Lapointe, Joyeux Urbains + Oldelaf, Altam, Benjamin Paulin + Bernard Lavilliers, Matthieu Boogaerts + Syd Matters (le 5 juin).

Programme complet sur le site de Paroles et Musiques.

5 mai 2011. Festivals. Laisser un commentaire.

La Bretzel entre en scène

Oep.logo09067Hier au soir sur la scène de La Forge, au Chambon-Feugerolles, premier acte des dix-neuvièmes Oreilles en pointe, festival consacré aux découvertes chanson, avec La Bretzel, nouvelle venue dans notre paysage. Durant le temps du festival, NosEnchanteurs se fera le fidèle écho de tous les concerts.

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La Bretzel (photo Isabel Pagliai)

Ça démarre sur l’enivrante douceur d’un violon… mais pas longtemps. Le rock acoustique (deux guitares, des percussions samplées) vite fait son usage, son tendre ravage.
C’est La Bretzel, non pour un concert, encore que. Pour un « grignotage musical ». Tout est dans le concept. Dans le design aussi : large dominante rouge orangé, parsemé de petites et grandes fleurs très années soixante-dix, comme sur les papiers peints modernes de l’époque. La Bretzel c’est Florence, une lyonnaise stylée Grande Duduche, crayonnée à grands traits, si vrai qu’on dirait du Cabu. Une grande tige, deux seins et un visage rayonnant qui appelle s’emblée la franche sympathie. Elle est La Bretzel, flanquée d’une guitare, et ses musicos les Crackers (qui ne sont pas, précisons-le, les complices de scènes de Bertrand Belin…), idéal donc pour une première partie apéritive. Pour le visuel, les deux musiciens ne sont pas bien hauts en taille, ça accentue le statut de grande chanteuse de Florence. Qui fait grosso modo dans l’amour. Plutôt dans les tribulations de l’amour : l’avant, avec les bêtes sourires et les jambes qui flageolent, comme l’après, quand la dame rompt ou se fait jeter : « Et adieu à tous les câlins d’antan »… C’est pour le moins vivant, nourrit d’un vocabulaire abrupt mais sincère. C’est de la chanson d’une écriture très classique, sertie d’une jolie voix, un peu celle de La Baronne si vous avez connu. C’est dire…
Souvent des sons trahissent un vieux fond celtique, héritage des premiers pas de la chanteuse. Entre ce néo-folk bretonnant et des chansons un peu dans le registre d’Anaïs, rentre-dedans et sort-dehors, La Bretzel laisse apparaître une vraie personnalité, mi tendre mi musclée. Qui demande seulement à être plus travaillée encore, à être peaufinée. Il sera agréable de bientôt la revoir.

6 novembre 2009. Étiquettes : . Chanson sur Rhône-Alpes, Mes nouvelles Nuits critiques. Laisser un commentaire.

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