Liz, Cherhal killer

Liz Cherhal (photo Ronan Lanoe)

Question timbre, c’est un peu comme si la sœur de Jeanne Cherhal avait fait un stage chez Amélie-les-Crayons. Soeur de Cherhal, elle l’est. Jadis, elle ne mettait pas son blaze en avant. Elle était simplement la voix prépondérante du groupe nantais Uztaglotte, créé durant l’hiver 2002-2003 (seul disque, en 2007 : « La libération des corps »), avant de voler de ses propres ailes sous le (pré)nom de Liz (un cédé au titre de « L’homme chrysanthème » en 2008, dont elle reprend trois titres sur le nouveau). Et maintenant de recouvrer son état civil. On a entendu poindre sa voix dans les chœurs du « 12 fois par an » de sa sœur, et partager l’aventure des Ronchonchon avec Alexis HK. Là, le saut qualitatif est important et la production soignée, par ce cédé de quatorze titres où on sent bien qu’« Il est arrivé quelque chose », que Liz Cherhal existe en tant que chanteuse et qu’il faudra désormais compter sur elle. Ce même si l’empreinte de Jeanne est prégnante, cordes vocales jumelles et portées musicales pas très éloignées l’une de l’autre, même si la grande sœur a une longueur d’avance et se permet des audaces qui la poussent en d’autres portées, d’autres orchestrations.
Si on peut rire chez Liz Cherhal, c’est forcément jaune, avec culpabilité ensuite. Car la belle sait vous amener avec de jolies phrases, de belles tournures, le sens certain du crescendo dramatique, avec traits et ponctuations d’humour, à d’implacables et macabres constructions. Des catastrophes (« Il est arrivé quelque chose »), des morts en série (« Les panneaux blancs »), des meurtres (« C’est une occasion »), l’amour qui toujours se barre et qu’on dilue dans le mixeur… Et cette pleureuse qui meurt sans jamais avoir eu d’amant. Et ces tortures de fin de banquet où la chanteuse se doit de chanter… Il y a en Liz une dose de cynisme rarement atteinte, la cruauté des mots et des maux. Comme une suite de fables dessinées au crayon gras, au fusain noir, à l’eye liner et au rouge à lèvre teinte sanguine, parfois sanguinolente. Malicieusement croquées, fouillées là où ça fait mal, pile dans le play. Si on accepte cet aimable postulat, on ne peut qu’aimer Liz Cherhal, l’adorer même : c’est franchement et définitivement délicieux !

Résumons. Dans la famille Cherhal, il y a trois sœurs. L’une chante, l’autre aussi : toutes deux sont franchement adorables, quasi indispensables. Que diantre fait donc la troisième ?

Liz Cherhal, Il est arrivé quelque chose, 2011, Kalmia/L’Autre distribution. Le myspace du Liz Cherhal, c’est ici.

Publicités

7 octobre 2011. Étiquettes : . Lancer de disque. 4 commentaires.

Mômes en Zic : l’Alors-Chante des enfants

Jacques Haurogné (ph. DR)

On se dit qu’ils ont trouvé le moyen de faire baby-sitting intelligent, d’occuper les mômes pendant que leurs parents vont se perdre dans la foule de Zebda, de Dutronc, Camille ou Presque Oui.
Ben non, c’est mieux et plus que ça même. Comme une poupée russe, le festival Alors chante de Montauban en a fait naître un autre en son sein : Mômes en Zic. Une annexe, un appendice ? Non, un vrai festival ! Avec une programmation tip top, superbe, tant qu’on aimerait rajeunir, ou gratter sa date de naissance sur sa carte d’identité pour en écrire une plus proche dans le temps.
La chanson pour enfants semble s’être débarrassée des Dorothée et Chantal-Goya d’antan, de tous ces parasites débilisant qui faisaient sans vergogne les poches et la tirelire des gosses. De nos jours, les chanteurs pour « jeunes publics » travaillent les mots, peaufinent le verbe, travaillent le poésie et l’imaginaire des enfants à partir de ce qu’ils sont, de ce qu’ils vivent, de ce qu’ils rêvent. Walt Disney et Bécassine sont alors loin, qui ont laissé place à de la vraie chanson, qui prend les mômes pour ce qu’ils sont : intelligents et sensibles.

Le Zèbre à trois de Chtriky (photo DR)

Au programme cette année à Montauban : Chtriky (Zèbres à trois), Merlot (Au fond de la classe), Pascal Peroteau (Ça m’énerve), Les Wackids (L’histoire du rock’n toys), Jacques Haurogné (Les petites fabulettes : doudous perdus ; Les grandes fabulettes : l’île en eau), Petit Noof, Franz (Bas les pattes), Oldelaf (Bête et méchant) et les Saltimbrank’s (Perds pas le fil) : que du bon ! On notera le nombre d’artistes au répertoire « adulte » qui se tournent volontiers vers les (beaucoup) plus jeunes : Merlot, Chtriky, Oldelaf, Noof, même Haurogné même si ça fait longtemps qu’il courtise les préaux d’école et cours de récré. Cette heureuse initiative, qui allie la pédagogie au pur plaisir et formera peut-être les futurs bataillons de la chanson, n’est pas la seule : ainsi les Francofolies de la Rochelle qui tiendront en, juillet prochain leurs 7e Francos Juniors (avec François Hadji-Lazaro et Pigalle, Michèle Bernard, Tony Truant (des Wampas) et Dorothée de Monfreid, Merlot ainsi que la Compagnie Nid de Coucou).

Alors chante ! 27e édition, à Montauban, du 14 au 20 mai 2012 avec, entre autres, From et Ziel, Liz Cherhal, Tiou, Jeanne Plante, Les Yeux d’la tête, Moran, Berry, Chloé Lacan, Presque Oui, Dimone, L, Carmen Maria Vega, Hubert-Félix Thiéfaine, Becs bien zen, Les Grandes bouches, Zebda, Camille, Agnès Bilh & Anne Sylvestre, Clément Bertrand, Blankass, Wally et Hk & les Saltimbranks. La programmation complète ici. http://www.alorschante.com/index.php/programmation/grille-de-programmation

5 mai 2012. Étiquettes : , , . Festivals, Pour les mômes. 1 commentaire.

La chanson par le vide

Livraison simultanée, comme tous les deux mois, de Serge et de FrancoFans. Excusez du peu : c’est vraiment tout ce qu’il nous reste en kiosques… J’aime Serge. Tous les deux mois, par ce luxueux magazine papier glacé, je m’informe de ce que les vedettes (les stars ?) stockent dans leur frigo : yaourts et aubergines, coca ou champagne, tranches de saumon et citrons. Indispensable, c’est entendu, pour bien comprendre leur œuvre, en saisir la substantifique moelle. Là, c’est au tour de Lulu Gainsbourg (qui c’est ce type ? ah, oui ! le patronyme vaut passeport). Le même nous occupe la case toute aussi vide de l’interview au lit (il y a de ces concepts, des fois…) et pas mal d’autres rubriques toutes aussi creuses, toutes aussi saugrenues. Entre nous, le disque de ce Gainsbourg-là (« On se souvient de lui bébé, Lulu Gainsbourg revient aujourd’hui sur le devant de la scène, à 25 ans. Il était logique que Serge lui ouvre grand ses pages », ben voyons !), qui vient de sortir, est un disque fainéant, délégué à autrui, qui ne vaut rien, rien de chez rien. Boulay, Biolay, Camille, Souchon comme partout, Delerm comme partout, Cœur de pirate comme partout, voilà le reste du sommaire. Du Brassens aussi, par Dicale (et ça, par contre, ça vaut le coup !)… Mais, que vois-je, qui lis-je ? Oh, trois pages sur Allain Leprest ! Putain, ils viennent d’apprendre qu’il existe ? Ben non, ils célèbrent sa mort ! Ils auraient pu en parler avant mais, comprenez, Leprest n’est pas très vendeur, et pas du cénacle parisien non plus. Mais une fois raide, ça permet de dire qu’on fait « chanson », qu’on fait « culture et patrimoine », un peu comme si on parlait de Bernard Dimey ou de Gaston Couté. C’est Serge, c’est con !
Aussi con que le dossier (vide !) et la « une » de FrancoFans : La Chanson du Dimanche. Ce duo est, à mon sens, le vide sidéral absolu, le concept de trop, le point zéro de la chanson, l’ultime degré d’inutilité. Du chansonnier light (et encore…) englué dans la com’ qu’il a pour seule préoccupation. Tant de Gavroche(s) et de Béranger(s), de Bruant et de Brel (j’ai pas dit Bruel), de Chant des partisans et de Temps des cerises pour en arriver à ça… Eh ben, qu’il a du se dire le rédac’chef, ça peut faire un dossier, coco, en résonance avec le buzz de la télé et du web : « Tout un programme ! » titre d’ailleurs le bimestriel à la une, en les photographiant en présidents, devant une bibliothèque élyséenne. Entre nous, à un tel degré de ridicule, de totale vacuité, on est bien loin de faire un jour la révolution. Dis, cher FrancoFans (j’aime FrancoFans), qu’elle est ta ligne éditoriale, en as-tu une au moins, tout écartelé que tu es entre une chanson de parole (parfois, rarement), et un truc mi festif mi variété baba (la variété bobo c’est pas toi, c’est le créneau de Serge) ? C’est dommage, à côté d’autres papiers parfois intéressants (Camel Arioui, Jamait, Liz Cherhal, pour ne citer qu’eux), de faire si beau si beaufs.
Bon, on va pas pleurer éternellement Chorus, y’a d’autres endroits sur la toile pour ça. Mais putain ça manque ! Lulu Gainsbourg ou La Chanson du dimanche, la chanson est décidément mal barrée : elle n’avait pas grand’chose, elle en a encore moins. Cette chanson qui est, s’il en est une, l’exception culturelle française, est le genre le plus mal loti, le plus mal défendu. C’est pourtant l’art qui nous touche le plus, avec lequel nous sommes le plus en contact tous les jours. Tellement évident qu’on s’en soucie comme de son premier 45 tours.

A propos de La Chanson du dimanche, lire la critique de leur dernier disque sur NosEnchanteurs et écouter (mais on n’est pas obligé) cette vidéo :

8 décembre 2011. Étiquettes : , , . Saines humeurs. 24 commentaires.

Les mille et une nuits de Michèle Bernard

Par Catherine Cour

Ça se nomme « Les nuits de la chanson » et se déroule tous les ans, en fin novembre au Domaine d’O, à Montpellier.
Cette année, les deux nuits étaient programmées le vendredi 25 et le samedi 26 novembre, début à 19h30, tellement le plateau était fourni ! Depuis trois ans que Michèle Bernard y invite des artistes à l’accompagner dans ses « Cartes blanches », les heureux habitants de Montpellier et de sa région avaient déjà pu (re)découvrir, sur scène, Entre 2 Caisses, Évasion, Jeanne Garraud, Rémo Gary, Juliette, Allain Leprest, Katrin’ Wal(d)teufel. Il y avait même eu la visite-surprise d’Anne Sylvestre, un soir d’émotions partagées, de bonheur et de larmes aux yeux…
Cette année, la dernière de ces « Cartes blanches » (chacun espère que le contrat amical liant le Domaine d’O à Michèle Bernard sera renouvelé) fut un feu d’artifice de jeunes chanteurs. « La relève » selon Michèle. Ces jeunes pousses de la famille de la chanson vivante, celle qui s’exprime en bon français, qui aime, rit ou pleure, revendique, conteste, proteste, chante ses rêves… Il y avait du monde sur scène, du talent, des talents multiples. Et la joie d’être là, ensemble. De partager un moment de bonheur collectif, si rare dans ce métier de solitaires. Les atomes crochus se sont crochetés, les voix accordées, des personnalités complétées : la « mayonnaise » a pris, osmose partagée.
C’est Michèle Bernard, discrète mais présente tout au long de la soirée, qui présentait chacun de ses invités. Elle était le fil rouge de cette nuit magique, accompagnée par les deux musiciens-chanteurs que sont Sandrine de Rosa et Michel Sanlaville (Michèle travaille avec eux sur un nouveau spectacle, concept « multi-générations », qu’elle va créer pendant tout février 2012 au théâtre Antoine Vitez à Ivry). Plus tard dans la nuit, nous allions même avoir la primeur de deux de ses nouvelles chansons.

Ane Sila et Michèle Bernard (photos Catherine Cour)

La nuit a débuté avec la lumineuse présence d’Anne Sila. Cette jeune femme rayonne littéralement de joie et de chaleur humaine. Nous l’avions déjà admirée à Prémilhat. Elle cumule les talents de chanteuse, d’auteur-compositeur et de violoncelliste. Et possède une voix d’une rare pureté, un rythme qui s’exprime aussi bien sur le jazz que sur les chansons « classiques », en français. Elle ose scatter sur le Göttingen de Barbara d’une façon telle qu’on se demande pourquoi diantre Barbara ne l’avait pas fait avant ! Et puis ses propres compositions sont à découvrir absolument. « En live » pour l’instant… en espérant qu’un disque voie bientôt le jour…
Coko lui succède. Il reprend des chansons de son premier cédé mais il en interprète aussi de son tout nouveau, Vivant spectacle. Il y prouve son éclectisme de chanteur « écolo-engagé » et de tendre poète, comme dans Le papillon et ma sœur :
Un papillon s’est posé
Moi, je n’ai jamais osé
Sur ton visage arrosé
De larmes
Jeune fille de quinze ans
Accepte un peu ce présent
Qui nous dit, en se taisant
Tes charmes
Liz Cherhal vient, elle aussi, de publier un nouvel album. J’ai adoré l’humour (noir) des Panneaux blancs et des autres chansons qu’elle a interprétées avec une présence, sur scène, un aplomb qui attire la sympathie et l’adhésion du public… et pas que du public ! Nous avons vécu, à Montpellier, la naissance de quelques duos (peut-être éphémères, mais qui sait ?). Le premier composé de Liz Cherhal et de Thibaud Defever (Presque Oui). Ces deux-là se sont complétés à merveille. Sketches improvisés, évidente complicité dans l’humour et le dialogue musical. Tous les spectateurs ont visiblement apprécié le spectacle, si j’ai pu en croire les applaudissements nourris ! Un autre « couple » qui m’a semblé bien fonctionner, c’est celui composé par Lily Luca et la même Liz Cherhal. Les chœurs assurés par Liz et Anne sur une ou deux chansons des chansons de Lily étaient ébouriffants !
L’entracte est venu ensuite. Trop vite, à mon goût. Jusqu’à ce qu’en sortant de la salle, je voie, déjà installés sur un petit podium monté dans le hall d’entrée, Michèle Bernard elle-même et ses deux musiciens. Ils nous ont offert quelques chansons, dont deux nouveautés extraites du prochain spectacle de Michèle, Sens dessus dessous, qu’elle va créer au théâtre Antoine Vitez d’Ivry en février 2012. Pendant ce temps, la direction du Domaine d’O nous régalait de châtaignes grillées et d’une dégustation de vins du pays. Que demander de plus ? Ragaillardis par cette collation, nous étions prêts à continuer pour la deuxième partie une nuit si bien commencée
De retour dans la salle, c’est Elsa Gelly qui nous attendait sur scène pour nous offrir une partie de son prochain spectacle, comme à Prémilhat : voix seule, a capela. La chanson dépouillée, réduite à l’essentiel mais la voix d’Elsa lui insuffle une telle richesse, une telle vie, une telle intensité qu’elle en rend superflus les accompagnements musicaux habituels. Il faut oser ce tête-à-tête entre le texte et la voix. L’exercice ne tolère aucune faute, aucune approximation, aucun fléchissement dans la concentration. C’est comme une gravure, une aquarelle peinte en direct : pas de repentir possible, pas de correction, pas d’appui sur la musique. Ici, chaque note est forgée devant nous, chaque mot, chaque geste, chaque regard devient dialogue entre le spectateur et l’artiste. Elsa a tenu et gagné son pari une nouvelle fois. Et, pour une fois, je ne dirai pas que j’attends le CD avec impatience. J’espère qu’il existera, bien sûr ! Mais je sais qu’il ne pourra pas rendre la présence et l’intensité de ce spectacle « vivant », ô combien ! Il fait partie à mon sens, des spectacles à admirer en direct et en live…
Le suivant sur scène était Presque Oui, et il a su faire preuve d’une belle maestria avec sa guitare pour nous ramener du monde enchanté d’Elsa. Il y est parvenu, avec ses chansons poétiques ou pleines d’humour et de dérision (et même les trois à la fois !). Pour lui aussi, son dernier CD, Ma bande originale, sorti début 2011, a déjà été chroniqué ici. Je ne vais pas recommencer : je suis tout à fait d’accord avec ce qui en a été dit ! Il se produit trop rarement dans le Sud, mais pour l’avoir déjà croisé à quelques reprises (dont un mémorable co-plateau autour des chansons de Boris Vian, à Vauvert, en compagnie de Clarika, Kent, Yves Jamait, Agnès Bihl, Serge Utgé-Royo, Bernard Joyet, Anne Sylvestre…) je sais déjà que je vais me régaler le 7 avril, quand il se produira à Venelles (ou le 14 avril, à Lambesc) !
Pour nous mener au bout de la nuit, c’est Lily Luca qui avait été choisie. J’imagine que c’était elle, la benjamine de la soirée… mais je n’en suis pas vraiment sûre ! Et puis, qui s’en soucie, quand le talent est partout au rendez-vous ? Pour elle aussi, un nouveau CD est en vente depuis peu… Je l’avais déjà entendue à deux reprises (dont une sous le chapiteau de Barjac en 2010, où elle avait également suivi l’atelier d’écriture d’Anne Sylvestre) et sa présence dans l’association des « Zondits » me laisse à penser que cette jeune femme va monter haut ! Elle n’est pas aussi Fragile qu’un de ses titres semble le dire. Je la sens plutôt solidaire de La Margot, qui fait baver tous les nigauds en ondulant devant eux… et ça, « Faut faire avec ! » Il faut d’ailleurs la voir et l’écouter, même sans les chœurs de Liz Cherhal et d’Anne Sila (mais ça sera peut-être moins rigolo… encore que… ?)
Et puis toute la troupe des invités est revenue nous chanter en chœur quelques chansons dont un très émouvant Le temps de finir la bouteille. Michèle, visiblement émue, a évoqué la présence d’Allain Leprest qui était son invité pour la dernière des nuits de 2010. Et puis les jeunes, « la relève », ont également chanté quelques chansons de Michèle, bouclant la boucle d’une nuit que je recommencerais volontiers pendant quelques années encore, tant le plaisir est grand d’entendre tous ces chanteurs, ces musiciens ! Qu’ils soient talents confirmés ou « jeunes pousses », ils ont (nous avons) tous en commun l’amour de cette chanson d’expression française, l’amour du spectacle vivant et ce sont de telles soirées qui nous confortent dans ces choix. Puissent les responsables du Domaine d’O (et ceux d’autres lieux qui pourraient proposer de telles programmations) entendre mon vœu… Comme c’est bientôt Noël, puissent-ils l’exaucer !

PS : Oui ! Je sais ! Ce texte est beaucoup trop long et le rédac’chef doit encore être furieux… mais, comprenez, ils se sont mis à sept pour nous enchanter ! Je ne pouvais pas faire plus cour(t)… Lisez-le en sept fois, s’il le faut… Cat.

6 décembre 2011. Étiquettes : , , , , , , . Catherine Cour, En scène. 3 commentaires.

Festi’Val de Marne : putain, vingt-cinq ans !

Convenons qu’on n’a pas tous les jours 25 ans ! Et que, si NosEnchanteurs se réserve plus volontiers à ces petits festivals peu habitués aux trompettes de la renommée qu’à ses grandes organisations avec ample budget de com’, l’occasion est tout de même belle de saluer l’exemplaire Festi’Val de Marne qui, comme son nom l’indique, se déroule, se déploie, se vit et s’émeut dans le 9.4.
Un département, vingt communes pour lieux de concerts, et une programmation qui tient la chanson pour plurielle. Qui certes va valoriser les derniers promus au succès médiatique, mais n’oublie jamais les autres chanteurs, ceux dont l’art fait chanson, les héritiers de Caussimon et de Barbara, de Brassens et de Leprest, de Vaucaire et de Leclerc : « Le Conseil général du Val-de-Marne prend l’initiative de créer une grande manifestation dont le but est de présenter les multiples facettes du voyage de la chanson, en les rendant accessibles au plus grand nombre » rappelle l’infatigable Jean-Claude Barens, directeur du Festi’Val, poursuivant : « Léo Ferré, Mouloudji, Colette Magny, Charles Trenet, Jean Ferrat, Catherine Sauvage, Charles Aznavour y ont laissé leur empreinte, laissant à Zebda, Rita Mitsouko, Arno, Têtes raides, Allain Leprest ou Juliette le soin de poursuivre leur voie dans la citadelle des mots. La chanson apparaît ici avec une furieuse envie de vivre. Elle mêle aux héritages la modernité, se métisse de toutes influences, de tous accents (…) Mordants, résistants, indépendants, nous resterons. »

Avec sinon la présence au moins la prégnance de l'Allain, deux "l" au paradis des musiciens (photo DR)

La tristesse d’un quinze août est toujours là et, à tout seigneur tout honneur, l’ami Leprest y sera célébré dès ce soir. Le festival accueillera, entre autres, La Rue Kétanou, Melissmell, Loïc Lantoine, Jeanne Garraud, Bertrand Belin, Billie, Véronique Pestel, Anne Sylvestre, Yael Naim, Kanka, Flox, Mesparrow, Malted Milk, Hell’s Kitchen, Chloé Lacan, Sanseverino, Evelyne Gallet, Les Ogres de Barback, Alee, Les Szgaboonistes, Bat point G, Liz Cherhal, Thomas Fersen, Les Sales Majestés, Claire Lise, Antoine Léonpaul, Madjo, Thomas Dutronc, Brigitte, Lynda Lemay, CharlElie, June & Lula, Florent Marchet, HK et les Saltimbanks, Stéphane Côté, l’ONB, Pauline Paris, Les Rois de la Suède, Les Fatals Picards, Didier Super, Elisabeth Wiener, Chanson plus bifluorée, L, Juliette, Wally, La Main s’affaire, Jérémie Bossone, Eric Lareine et d’autres encore.

NosEnchanteurs, de loin, retiendra son souffle toute cette journée pour mieux souffler les vingt-cinq bougies ce soir. Happy birthday à Barens et à sa belle équipe. Que le Festi’Val dure mille ans et plus encore !

25e Festi’Val de Marne, du 1er au 16 octobre. Le programme complet sur le site du festi’Val.

1 octobre 2011. Étiquettes : . Festivals. 1 commentaire.

Attention les feuilles ! chapitre onze

Laurent Boissery, le boss

L’épicentre est une salle en sous-sol d’immeuble, underground : Le Rabelais, à Meythet. Il y a là, comme parfois, un fou dingue passionné de chanson, pas forcément celle qui brille aux sunlights de la télé, mais une autre, plus profonde. Celle qu’on aime ici, chez NosEnchanteurs. Ce n’est pas qu’Annecy soit un haut-lieu de la chanson, mais ce fou-là, Laurent Boissery, a essaimé, plantant la chanson en des terres difficiles, rebelles eux paroles comme aux musiques. C’est comme ça qu’est né Attention les feuilles. Drôle de nom d’ailleurs mais c’est vrai qu’entre taxe foncière et automne, c’est à ce moment-là que tombent les feuilles.

Belle du Berry (Paris-Combo) et David Lewis

Le festival aurait pu n’exister qu’à Meythet, lové dans cette confortable salle du Rabelais. Que nenni. Boissery est partageur et a refilé le virus de la chanson à toutes les communes environnantes. Tant que ce sont elles maintenant qui sont demandeuses de leur part de festival, leur lot de chansons.
De marchés en restaurants scolaires, de maisons de retraite en auditoriums, de petites en grandes salles, de cinémas en coins de rues, dans des bars aussi, la chanson s’insinue de partout et gagne en surface chaque année. Fréquenter Attention les feuilles ! c’est prendre part à ce partage, se partager le butin, faire bombance, aller en quête d’émotions, en gagner pour toute l’année.

Sur le site du Rabelais, vous découvrirez les heures et lieux exacts des concerts et animations que voici :

Vendeurs d'enclumes, pour leur nouvel et très bel album (photo DR)

Mercredi 12 octobre : Compagnie La Gueudaine (jeune public), La Vie d’ici-bas, Cie Rêves et chansons (jeune public), Voix si voix là, Femmes à Bretelles (Liz Cherhal, Chloé Lacan, Fred et Alice, Arnaud Joyet…) ;
Jeudi 13 octobre : Yasmina Sana ; Chloé Lacan + Les Frères Brothers ;
Vendredi 14 octobre : Laura Brisa ; L’heure de la sortie (France-bleu Pays de Savoie) ; Graine d’ortie ; Liz Cherhal + Vendeurs d’enclumes ;
Samedi 15 octobre : Duo des Marches ; Les Petits chanteurs à la gueule de bois ; La Vie d’ici-bas ; « Les Bien-aimés » (film) ; Raspail + Daphné ;
Dimanche 16 octobre : Loraine Félix ; Coup d’marron ;
Lundi 17 octobre : « La Môme » (film) ; La Vie d’ici-bas ; L’Espoir Williams ;
Mardi 18 octobre : La Vie d’ici-bas ; Vincent Baguian ; Michel Kemper (conférence-dédicace sur « Les Vies liées de Lavilliers ») ;
Mercredi 19 octobre : La Vie d’ici-bas ; Cie Rêves et chansons ; Toufo ; Lili Ster + Belle du Berry et David Lewis ;
Jeudi 20 octobre : Jules ; La Vie d’ici-bas ; Ronan Ronan ; Clément Bertrand + Claude Astier ;
Vendredi 21 octobre : Ronan Ronan ; Rémo Gary ; Laurent Viel ;

Mouss, Hakim, Magyd Cherfi et les autres... retour de Zebda ! (photo DR)

Samedi 22 octobre : Feuilles de notes ; Michel Berthod (rencontre littéraire) ; Bela Aunis + Guillaume Menard ; Chants mêlés ; Alée + Zebda.

En vidéo, retrouvez Femmes à bretelles qui se produiront en ouverture d’Attention les feuilles.

29 septembre 2011. Étiquettes : . Festivals. Laisser un commentaire.

Faites tourner (À Fleur de mots)

Très joli collector, soit-dit en passant…

Mon ami et collègue Yves Le Pape (qui, par ailleurs, anime l’indispensable blog Chanson française) leur a certes consacré un article dans le numéro actuellement en ligne du Thou’Chant (lire l’article), j’y reviens tout de même.
À Fleur de Mots est une assoc dédiée à la chanson. Elle est de Lyon mais pourrait être de Quimper ou de Dax, l’action n’en serait pas moins pertinente. Son truc, c’est « la promotion et la diffusion de la chanson d’auteur. » vaste chantier. On se mégotera pas sur la définition de « chanson d’auteur » : ça doit être, peu ou prou, la même que celle qui irrigue Le Thou’Chant. Et NosEnchanteurs. Jacques Bertin y est, mais pas Florent Pagny ; Anne Sylvestre y a son rond de serviette, pas nécessairement Sheila.
Depuis le temps qu’À Fleur de Mots existe, ils en ont essayé des outils pour arriver à cet objet, à leur fin. Même un fanzine qui, un temps, s’est mué en webzine. Et ça fait trois ans désormais (quatrième cuvée donc… qui débute par Pinard !) qu’ils nous offrent, en fin d’année, rituellement entre Noël et jour de l’An, leur Faites tourner : la (célèbre et culte) compile d’À Fleur de Mots.
Jolie galette soit-dit en passant. Qu’on en juge :
Erwan Pinard, Mellismel, Alexis HK, Barcella, Liz Cherhal, La Blanche (dans la jouissive La Mort à Johnny), Imbert Imbert, Hervé Akrich (en duo avec Thomas Pitiot), Gaëlle Vignaux, Karimouche, Yasmina Sana, Des fourmis dans les mains, Claire Sabbagh, Manu Lods, M’a t-il dy, Frédéric Fromet, Fraziak, Cristine, Suissa et Les Blaireaux.
Un peu comme une photographie (très partielle) de la chanson d’aujourd’hui, de celle qui, justement, n’a que peu (voire pas pour certains) accès ni aux médias ni à la distribution. Bien sûr, ce n’est qu’un cédé de vingt titres, mais qui a la vertu, plus que des découvertes qui y sont possibles (connaissiez-vous Claire Sabbagh, Mellismel ou Gaëlle Vignaux ?), de donner l’envie de la découverte, le goût d’aller fouiner dans ce qu’on ignore encore, dans le beau des bacs de disques, à l’Espace culturel Leclerc du coin comme à la bibliothèque de prêt, tout près de chez nous. Et ça, c’est franchement inestimable.

Le site d’À Fleur de Mots. À noter que deux soirées de concerts (les 14 et 15 janvier) rassembleront une bonne partie des artistes participant à cette compile. À lire sur le Thou’Chant ou le site À Fleur de Mots.

29 décembre 2010. Étiquettes : . Divers, Les événements. 1 commentaire.

Alexis HK rattrapé par les Ronchonchon

Conte pour enfants ? Euh… pour tous !

« T’es ronchonchon, t’es ronchonchon
Toi t’es fâché, toi t’es grincheux, toi t’es ronchon
Si t’es chafouin, fais attention
Ou je t’emmène dans la maison des Ronchonchon »

Tout droit sortie des Affranchis, le dernier album en date d’Alexis HK, voici une drôle de famille qui désormais vit sa vie autonome. Qui ça ? Les Ronchonchon, ceux du bourg de La Grognardière, qui sont à l’Hexagone ce que les Simpson sont aux States, aussi insupportables qu’ils nous sont finalement importants. À partir de La Maison Ronchonchon, Alexis HK et Liz Cherhal (chanteuse, il y a peu encore, du groupe Uztaglotte et, comme son blaze peut y faire songer, sœur de la Jeanne) ont écrit ce conte musical mouvementé mettant en scène les trois râleurs de la chanson d’origine (Bernard Vénère, Jean-Pierre Ronchonchon qui a les nerfs et Marie-Pierre Grognon) avec cette fois-ci d’autres personnages : l’oncle Abélard certes mais aussi la famille Fonky qui, à tous les sens du terme, descend du ciel. Quitte à faire, Alexis HK et Liz Cherhal ont appelé leurs copains pour mieux encore faire la fête aux Ronchonchon : Juliette, Loïc Lantoine, Jehan, Laurent Deschamps et Mathieu Ballet. Du beau monde assurément pour une aventure riche en rebondissements dont je me garderai bien de vous instruire ici. Plus que jamais en tous cas, un disque réputé « pour enfants » sème le doute car, plus que cette étiquette un peu réductrice, il fera la bonheur des familles chez qui on écoutera ça ensemble, enfants et parents, comme quand dans le temps on collait collectivement son oreille devant la tsf. C’est même plaisir je crois.

Alexis HK et Liz Cherhal, Ronchonchon et compagnie, 2010, Formulette production/La Familia/L’Autre distribution. Paraît aussi en fin de ce mois en livre-cédé.

20 octobre 2010. Étiquettes : , , , , . Pour les mômes. 1 commentaire.

Des nanas et des disques…

Beaucoup de nanas venues ou à venir dans les bacs à disques. On a parlé ici du nouveau Yoanna, sorti finalement sous un autre visuel que celui que nous vous avions présenté, élégant digipack 3 volets, en noir et blanc, aux superbes photos de Vincent C@ctus Vanhecke. Un peu brisée est sans conteste l’événement de ce début d’année ! La preuve : il n’est pas nominé aux Victoires ! Son myspace c’est ici ; et ce que NosEnchanteurs en dit, c’est là.

Nous sommes dans l’attente du deuxième album de la lyonnaise Carmen Maria Vega, à sortir le 2 avril, forcément une petite bombe dans le marasme ambiant. Largement de quoi nourrir des clips déjantés qui peuvent nous faire patienter. Son site c’est ici. Et un billet de Nos Enchanteurs que voici là.

Tout juste dans les bacs, Claire Lise avec La chambre rouge. Ex de l’écurie Tacet, Claire Lise s’en affranchit par ce quatrième album en passant le Rubicon de la chanson, tournant le dos à son passé en électrisant son art façon pop-rock, musclant son chant à l’avenant, le formatant d’intelligente façon pour de possibles play-lists. Le disque est agréable, très agréable même, mais cette fois-ci s’expose dans un univers où il y a déjà du (beau) monde, entre Clarika et Cherhal (Liz ou Jeanne, c’est comme vous voulez). Comparaisons valent raisons et on doit souligner la jolie qualité d’écriture de Claire Lise, qu’elle met sur cet album au service de portraits de femmes. Reste que la porte est étroite, il faudra voir en scène… Son myspace.

Jeanne, comme Jeanne Cherhal. Jeanne comme Jeanne Garraud. De fait, Jeanne Plante se situe un peu entre les deux. Pop délicate faite d’histoires inquiétantes et burlesques relevées qui de cordes, qui de cuivres, cet album, La veuve araignée (à sortir le 30 mars), son second après Les mots cachés paru en 2009, est très agréable à l’oreille, dynamique, tout à fait consommable, là encore avec de beaux textes bien construits, amoureux, parfois carrément osés (ce Fais quelque chose est un cri venu de l’intérieur…) même s’il manque encore le je-ne-sais-quoi qui pourrait nous le rendre tout à fait indispensable. Le site de Jeanne Plante c’est là.

Manon, elle, nous vient de Saint-Nazaire. Le contraste est grand entre le dessin de la pochette de ce six titres et ce qu’on entend sur disque, si ce n’est la présence d’une guitare et d’un violon qui ne sont pas étrangers au charme qui nimbe toutes les plages de cet album, ce Faux semblants. Bien que nouvelle venue, la voix ne nous est pas vraiment inconnue, qui reprend tant à Karimouche (pour la voix qui parfois traîne et prend des accents) et qu’à Buridane (pour la douceur de cette voix et la fluidité d’un chant scandé). Son myspace c’est là.

26 février 2012. Étiquettes : , , , , . Chanson sur Rhône-Alpes, Lancer de disque. 4 commentaires.

%d blogueurs aiment cette page :