Lily Luca, la vie qui pointe

Lily Luca (photo Carole Reckinger)

Autant la voix que la façon de chanter de Lily Luca font volontairement gamine. Du reste, les petits dessins (entre Le Petit Nicolas et Le journal d’Henriette si vous avez une culture bédé…) sur le digipack et le livret la représentent dans l’enfance de son art. Si la tonalité appelle donc la naïveté dans la forme, les sujets abordés font nécessairement contraste et c’est là que réside l’intérêt de telles chansons. Le point de vue est à la hauteur de la posture : trois pommes à genoux, à constater des réalités de grands, qui attirent et qu’elle rejette. Ce n’est pas nouveau dans la chanson (rappelez-vous Le copain de mon père de Leprest…) mais là c’est tout un album, et c’est pareil en scène. Lily campe ce personnage et regarde le monde ainsi (de toute façon « J’ai pas envie d’être adulte, de tout comprendre »). Mais, comme le dit Michèle Bernard à propos de Lily Luca : « On sent la vie qui pointe ses dents cruelles et les premières fêlures du cœur. » Il n’est pas évident, si vous découvrez Lily Luca, que vous accrochiez à la première écoute. Insistez. Ce disque bizarre (orchestration inclue, il va de soi), étonnant, presque incongru, vous deviendra alors précieux et, charmant pléonasme, sortira souvent du lot.

Lily Luca, Mon meilleur profil, 2011, Les Z’ondits. Le site de Lily Lucas, c’est là et son myspace ici. (ce billet a été précédemment publié dans les colonnes du Petit format du Centre de la Chanson).

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17 avril 2012. Étiquettes : . Chanson sur Rhône-Alpes, Lancer de disque. 3 commentaires.

Nicolas Vitas, question d’équilibre

A lire le curriculum de Vitas, on s’instruit tant de son passé de rockeur que de celui de bluesman, beaux bagages pour la suite pour qui sait les poser. Après plus de dix ans de scène et une furtive carrière vouée à la chanson festive, voici l’osmose, par le truchement de l’écriture, par des textes – les siens – qui font le pont entre passé et futur, qui sont ce à quoi il aspirait : « J’ai enfin trouvé l’équilibre entre la musique que je fais et l’homme que j’ai envie de devenir. » Il lui aura suffit de poser des idées sur le papier, des rimes qui peu à peu s’organisent et voient grouiller les vers pour que se révèle un singulier auteur. Car, outre la bonne humeur qui vous accueille dès le premier titre, le swing qui vous accompagne sur certains titres, ce sont bien ici les textes qui vous happent, vous retiennent. Dans l’énergie comme dans la pure et belle nostalgie. Et vous font revenir.
On se dit surtout que ce grenoblois qu’est Nicolas Vitas n’est pas arrivé en chanson par hasard. Il y a en lui pas mal de références, et un peu de l’histoire de cet art. Des intonations ou des clins d’œil ici à Nougaro, là à Bourvil, des saveurs d’Anis, des airs à la Bill Deraime, un peu de Minvielle et des tournures stylistiques qu’on verrait tant dans le stylo de Goldman que dans la plume de Lesprest. On se pose la question : d’où vient cet art nouveau ? De l’idée sans doute d’écrire pour les autres, au sein notamment d’un collectif issu des Rencontres d’Astaffort. Et je est un autre et c’est probant. Cet homme – dont certes le paternel est professeur de français – qui se prévaut d’une solide culture américaine, nous fait là une belle leçon de chanson, faisant la part belle tant à la musique qu’à ces paroles qui ne causent pas pour ne rien dire.
C’est dire si ce premier disque est frustrant : un cinq titres qui vous laisserait sur votre faim si la platine ne repartait pas au tout début pour un nouveau tour. Un disque pour démarcher le futur, pour finaliser un album dont on s’impatiente déjà.

Nicolas Vitas, Des airs, 2011, autoproduit. Le site de Nicolas Vitas, c’est ici ; son myspace là.

Ce billet est le 800e article publié sur NosEnchanteurs.

14 avril 2012. Étiquettes : . Chanson sur Rhône-Alpes, Lancer de disque. 1 commentaire.

Bartone et son éternel double

Antoine Barailler fut quelques années durant le chanteur et parolier du mythique groupe stéphanois Les Raoul-Volfoni, nom prélevé aux illustres Tonton flingueurs d’anthologie,  avant de s’élancer dans une carrière au national, sous le nom de Bartone, signant deux albums (l’un plutôt chansons, Cador, en 2005 ; l’autre plutôt rock, Les enracinés, en 2007) chez Jive-Epic/Sony puis, faute de disque d’or, de se voir rendre sa liberté. C’est chez les bretons d’AvelOuest qu’on le retrouve à présent avec un troisième opus plus léger dans le ton, joyeux, sorte de chanson qui se bénabarre un peu dans une très agréable variété. La pochette et la photo intérieure du digipack donnent le ton, entre le sage homme inséré dans la société et son double, sauvage qui sommeille en lui. Un peu comme le Jérôme Moucherot de la bédé (de François Boucq ; Les pionniers de l’aventure humaine et autres albums). C’est l’idée prédominante dans ce disque que l’homme et son double, le soumis et l’aventurier, l’adulte et l’enfant qu’il n’est plus, lesuper-héros qu’il n’est désespérément pas, la teigne qu’il n’a jamais été, le quadra dégénéré que son miroir reflète, le sérieux et le rêveur : « Trop souvent le nez en l’air / Et du vent dans le cerveau / Trop souvent co-locataire / De son vieil ami Pierrot / En mission sur Apollo. » L’homme et son double, ça s’applique aussi à la femme, il va de soi. Ou plutôt au désir de femmes… C’est plaisant d’entendre de telles mises en scènes, de telles représentations, très cinématographiques dans l’écriture, ce qui est depuis toujours la marque de fabrique de Bartone. Deux titres sont ici partagés l’un avec Candide, l’autre avec Suzanne Combo. Un album plaisant, qu’il n’est pas surprenant de poser souvent sur sa platine… Play !

Bartone, Du sable… dans les poches, 2011, Avel-Ouest. Cet album, sorti en magasins uniquement en Bretagne, sera réédité nationalement à l’automne avec nouveau visuel, nouveau clip et titres inédits. Le site de Bartone, c’est ici.

1 avril 2012. Étiquettes : . Chanson sur Rhône-Alpes, Lancer de disque. 1 commentaire.

Chauve qui peut (l’avis)

Jean-Baptiste Veujoz (photo d'archives - DR)

C’est vrai qu’il a le cheveu rare, calvitie aussi. Chauve qui peut, donc. Il est de grande taille et ne passe pas inaperçu. De joli talent aussi et fait, lentement mais sûrement, sa place dans cette chanson de paroles qui est la sienne. Sauf que ni lui ni son label ne savent vraiment se vendre…
Après un luxueux premier album, inséré dans un livre façon bédé, c’est un pressage bien plus modeste, le disque dans son fourreau de carton, qui vient témoigner de l’actuel répertoire du lyonnais Jean-Baptiste Veujoz, qui l’a figé, fixé à un moment donné. Car lui le bouleverse en permanence, ne sachant faire patienter une nouvelle création, une nouvelle chanson qui trépigne du pied pour se faire entendre. Son spectacle s’intitule « Chauve le monde » et lui ressemble bien. L’intitulé ne vaut pas que par la sonorité. Certes Veujoz aime le calembour. C’est d’ailleurs ainsi qu’il débute son récital, en une « Java du mot » qui lorgne un peu sur l’art de Boby Lapointe. Bien d’autres répliques parsèment la suite (« L’oraison du plus fort » et autres encore)… S’il fallait situer Veujoz, ce serait entre Al (Delort) et Rémo Gary, une gourmandise de mots (de leur sonorité aussi), chez lui un peu confuse mais prometteuse et qui fourmille d’idées. Sonorité donc. Mais Veujoz n’entrechoque pas n’importe quels mots. Et son récital naturellement engageant parle d’engagement, chaque chanson explorant, peu ou prou, une des facettes du sujet et sa complexité. On le suivra dans son propos sur l’absolue nécessité de changer le monde.
Suffit de le voir en scène, ou hors scène, pour de suite entrer en grande sympathie : il a la modestie de son art, beau travail qu’il restitue avec modestie. S’il est parfois au piano, les notes qui accompagnent ses chansons sont le plus souvent de Bruno Thivend, guitariste complice et doué, qui parfois déjoue le classicisme du répertoire pour musarder ailleurs et importer des notes, fussent-elles brésiliennes, qui forcément dénotent.

Jean-Baptiste Veujoz, Chauve le monde (en public), 2012, Les Zondits. Le myspace de Jean-Baptiste Veujoz, c’est là.

26 mars 2012. Étiquettes : . Chanson sur Rhône-Alpes, Lancer de disque. 2 commentaires.

Voé, hors toutes classifications

Je vous entretenais il y a trois jours de ce tremplin rhônalpin, « Et en plus elles chantent », qui a vu la victoire du duo Deux Z’elles. J’aimerai aujourd’hui revenir sur un autre duo féminin alors en lice, Voé, pour qui j’avais écrit, en 2005, ce texte de présentation à l’occasion de la sortie de leur disque Lenday Ana :

« Est-ce illusion, autre et facétieuse optique ? Plus encore que les précédents disques d’Isabelle Lentin et Françoise Brobst, ce nouvel opus lutine, gamine, faite re-création côté cour, jardine aussi, labourant des sillons en jachère. Non seulement il est intemporel, sans nulle accroche avec le temps qui passe, mais il n’a pas d’âge, empilant la frondeuse innocence des enfants à la sagesse que, seule, on prête aux anciens. Voé échappe, avec bonheur, à toutes classifications. Car ce qu’Isabelle et Françoise font n’existe pas. Enfin, si, mais alors rien que par elles. C’est ça notre bonheur. C’est dire si les chroniqueurs seront encore une fois coincés, mis à nu, poussés dans leurs ultimes retranchements. Car on ne parle pas de ces choses-là : on écoute. Si on ose des mots, c’est avec la prudence de sioux, la précaution de vulcanologue : de quoi sont faits « les caractères de leur imaginaire » qui fumerollent sur une note, explosent d’une parole, bavent et lavent d’une phrase qui s’accordéonne plus qu’une autre, se calment sur le son déchirant du violoncelle. On s’étonnera toujours de cet air de totale liberté dont s’amuse Voé : il est joyeux, vivifiant, même quand il verse dans le grave, dans l’essentiel, aussi sûrement désinvolte que follement impliqué. C’est peut-être pour ça, à bien y regarder, à surtout l’écouter, que Voé nous ressemble. Qu’il est une part de nous. »

Voé est un duo étonnant, toujours en action, en constante création. Créé au mitan des années quatre-vingt, mis en sommeil le temps de maternités, il sévit régulièrement sur les scènes de Rhône-Alpes et d’Auvergne, parfois plus loin. La discographie de Voé est composée de cinq albums, le dernier remontant à 2010. Voé pour NosEnchanteurs, c’est ici.

Le site de Voé, c’est ici ; son myspace, c’est là. Une vidéo de Voé : http://www.myspace.com/video/vid/105926027#pm_cmp=vid_OEV_P_P

23 mars 2012. Chanson sur Rhône-Alpes. 2 commentaires.

Patriste, comme son nom l’indique…

« Moi, j’aime le music-hall » nous chantait Trenet. Que Patriste pourrait reprendre, au milieu de toutes ses autres chansons. Car Patriste est repreneur. Un peu comme un collectionneur, parfois antiquaire, à lustrer de vieux trucs (de Fernandel, de Georges Milton, d’Ouvrard père et fils ou de Maurice Chevalier), retrouver leur patine – leur platine aussi –, leur donner nouvelle vie. D’utilité publique, donc, d’essence patrimoniale. Patriste est un p’tit bonheur de la chanson, qui navigue entre rires et larmes, faisant de notre passion et de la sienne un art précieux et précis. Un peu comme un diamantaire qui se joue des facettes et les fait toutes briller. Dans son coffre à chansons (mis en scène par Philippe Bertin, qui signe aussi les intermèdes), au mitan de tas de beautés et de raretés (des petits bijoux écrits par Marie Zambon, par exemple, mais aussi de Georges Moustaki, de Pierre Perret ou de Nino Ferrer), de bourvilleries d’anthologie, de sketches aussi, on y trouve même, comme un cadeau, comme un hommage à son art, à son réel talent, compositions et textes inédits, pas usités sauf par lui, de Michèle Bernard  ou de Claudine Lebègue. Un peu comme un label, un visa, un certificat d’authenticité qui signe notre bonhomme, un laissez-passer, laissez-chanter.
Faites confiance à ces dames : elles en connaissent un rayon… de bicyclette !

Pour les lyonnais, Patriste sera sur la scène d’A Thou bout d’Chant, 2 rue de Thou 69001 Lyon le mardi 27 mars à 20 h 30. Réservations conseillées au 04 72 98 28 22.

Pas de vidéo, hélas, de Patriste (ça viendra) ? En voici une qui reprend un titre de Georges Milton, « Si tous les cocus ». Adorable… Rectifions au passage une erreur historique : non, ce Georges-là n’a pas écrit « La valse à Milton »

21 mars 2012. Étiquettes : . Chanson sur Rhône-Alpes. 2 commentaires.

Nico*, le rouge et le noir

Il est vêtu de rouge et de noir, rajoutant singulièrement à l’ambiance, à la dramaturgie. Les musiciens sont impassibles, impliqués mais sans passion apparente, volontairement en retrait, comme un orchestre mécanique au seul service du chanteur, sans tête ni notes qui dépassent. Il y a par ces trois-là (Quentin Lagoutte au piano, Aëla Gourvennec au violoncelle, Jean-Baptiste Cognet à la guitare) un aspect vieillot, tour de chant « traditionnel » comme à l’époque des Montand et des Brel, au temps du métier considéré comme un art et non comme un vulgaire bizness. Brel justement, dont un peu beaucoup de l’adn anime ce tout jeune chanteur, ce lyonnais, ce Nico* (prononcez Nico étoile ; en étasunien : Nico star). De Jacques Brel et de Matthieu Côte, même frénésie, même rentre-dedans aux convenables convenances.
Nico* à déjà tout du classique qu’il pourrait devenir. Car hors modes, sans âge, décalé. D’une qualité d’écriture et d’interprétation qu’on lui envie. Avec, malgré son jeune âge, de vieilles colères, d’amères désillusions : « Avant d’être morose / Avant d’être aigri / J’ai goûté aux roses / Des princesses orties. » Sombres histoires de cœur et de cul, de solitude, Nico* n’inspire la joie que par le bonheur de le voir vivre, trépigner, presque immobile, dans son rond de lumière. Amours sublimés ou vomis, libidineux ou lumineux (« Là où la tendresse / Est féconde / Ses fesses cachent la Source du monde »), Nico* sait sa gamme qu’il courre d’une chanson l’autre, dans une quasi symphonie piano-violoncelle qui épousent des mots jamais là par hasard, qui s’entrechoquent à l’interstice d’un vers, qui trinquent ensemble. « Mes doigts gardent la mémoire / De tes lèvres brûlantes… » chante joliment l’artiste. Tout en nous garde précieusement la mémoire de telles émotions, d’un tel récital. Rare, forcément rare…

Le site de Nico*, c’est ici.

Ce papier remonte à il y a plus d’un an, capté sur la petite scène d’A Thou bout d’Chant, à Lyon. On retrouve Nico* le jeudi 22 mars 2012 DERNIERE MINUTE : CONCERT ANNULE ! à la Maison de Guignol à Lyon, dans le cadre d’un co-plateau avec From & Ziel, épatant duo dont Chorus disait : « La théâtralité de ce chant, limite slam, de cette voix mi-rauque mi cassée, est d’une rare évidence, qui fait fable de tout bois, de tous animaux, des gens, du monde (…) C’est dense au possible, ça ne s’écoute pas distraitement, ça se savoure comme un met rare (…). Le duo est nickel, l’association parfaite. » Hélas pas de vidéo de l’ami Nico*, mais sympathique lot de consolation avec ces images de From & Ziel :

Petits problèmes techniques depuis deux jours sur NosEnchanteurs : il est très difficile voire impossible de poster des commentaires. Si vous échouez dans vos tentatives, envoyez votre commentaire ou sur ma page facebook, ou par mél : michel.kemper@laposte.net

16 mars 2012. Étiquettes : , . Chanson sur Rhône-Alpes, En scène, Mes nouvelles Nuits critiques. 3 commentaires.

Noah, après avoir croqué la pomme

C’est son deuxième album mais c’est comme si elle recommençait tout au début. Pouf pouf, premier donc. L’autre était celui d’une jeune folk-singer sentimentale qui, de la rencontre à l’échange des alliances, nous chantait les stations de l’amour, disque au demeurant épatant qui peut souvent se poser sur la platine.
« J’me suis bien marrée / J’ai croqué à pleines dents / Mais la pomme était verte / Acide. » La nouvelle Noah Lagoutte est plus ferme, plus femme. Qui, bien sûr, nous chante encore les sentiments, mais c’est nettement plus contrarié. La tonalité est autre, électrique, souvent pop-rock (guitares, basse et batterie par, respectivement, Frédéric Bobin, Arnaud Baleste et Nicolas Delaunay), terriblement efficace. Et le propos nettement plus cru même si « Un poil trop séductrice / Même limite allumeuse / Panthère dominatrice / Enflammant les valseuses / Y faut pas. » Noah met désormais volontiers du tabasco dans des idylles trop menthe à l’eau. Ça fait femme libérée (je sais, c’est facile…), c’est direct et bien envoyé, avec toujours la distance de l’humour à défaut de toujours l’amour, encore que. Noah trempe sa plume résolument ailleurs que dans le vocabulaire du tendre : la pomme devait être vraiment très acide…
On se dit que si les majors disposent de drones espions pour ausculter la chanson, ils vont bien la repérer, la labelliser, la playlister, se faire des sous sur elle, Non seulement elle est dans le bon format, celui qui a grâce, qui ondoie, mais  elle a pour elle une vraie personnalité artistique, un tempérament affirmé. Et, ma foi, le talent. On lira ce billet de NosEnchanteurs de mars 2010, chronique de concert où, déjà, je parlais de cette nouvelle Noah Lagoutte : ça se nomme « Lagoutte se jette à l’eau » et je n’en retire pas un mot.

Noah Lagoutte, Pomme verte, 2012, FMairs A Thou bout d’Chant/ Mosaïc music distribution. Le site de Noah Lagoutte, c’est par là. Hélas pas de vidéo correspondant à ce disque  : pour le son, réfugiez-vous sur son myspace. Concert de sortie d’album, jeudi 15 mars 2012 au Kraspeck myzik, à Lyon.

13 mars 2012. Étiquettes : , . Chanson sur Rhône-Alpes, Lancer de disque. 2 commentaires.

Des nanas et des disques…

Beaucoup de nanas venues ou à venir dans les bacs à disques. On a parlé ici du nouveau Yoanna, sorti finalement sous un autre visuel que celui que nous vous avions présenté, élégant digipack 3 volets, en noir et blanc, aux superbes photos de Vincent C@ctus Vanhecke. Un peu brisée est sans conteste l’événement de ce début d’année ! La preuve : il n’est pas nominé aux Victoires ! Son myspace c’est ici ; et ce que NosEnchanteurs en dit, c’est là.

Nous sommes dans l’attente du deuxième album de la lyonnaise Carmen Maria Vega, à sortir le 2 avril, forcément une petite bombe dans le marasme ambiant. Largement de quoi nourrir des clips déjantés qui peuvent nous faire patienter. Son site c’est ici. Et un billet de Nos Enchanteurs que voici là.

Tout juste dans les bacs, Claire Lise avec La chambre rouge. Ex de l’écurie Tacet, Claire Lise s’en affranchit par ce quatrième album en passant le Rubicon de la chanson, tournant le dos à son passé en électrisant son art façon pop-rock, musclant son chant à l’avenant, le formatant d’intelligente façon pour de possibles play-lists. Le disque est agréable, très agréable même, mais cette fois-ci s’expose dans un univers où il y a déjà du (beau) monde, entre Clarika et Cherhal (Liz ou Jeanne, c’est comme vous voulez). Comparaisons valent raisons et on doit souligner la jolie qualité d’écriture de Claire Lise, qu’elle met sur cet album au service de portraits de femmes. Reste que la porte est étroite, il faudra voir en scène… Son myspace.

Jeanne, comme Jeanne Cherhal. Jeanne comme Jeanne Garraud. De fait, Jeanne Plante se situe un peu entre les deux. Pop délicate faite d’histoires inquiétantes et burlesques relevées qui de cordes, qui de cuivres, cet album, La veuve araignée (à sortir le 30 mars), son second après Les mots cachés paru en 2009, est très agréable à l’oreille, dynamique, tout à fait consommable, là encore avec de beaux textes bien construits, amoureux, parfois carrément osés (ce Fais quelque chose est un cri venu de l’intérieur…) même s’il manque encore le je-ne-sais-quoi qui pourrait nous le rendre tout à fait indispensable. Le site de Jeanne Plante c’est là.

Manon, elle, nous vient de Saint-Nazaire. Le contraste est grand entre le dessin de la pochette de ce six titres et ce qu’on entend sur disque, si ce n’est la présence d’une guitare et d’un violon qui ne sont pas étrangers au charme qui nimbe toutes les plages de cet album, ce Faux semblants. Bien que nouvelle venue, la voix ne nous est pas vraiment inconnue, qui reprend tant à Karimouche (pour la voix qui parfois traîne et prend des accents) et qu’à Buridane (pour la douceur de cette voix et la fluidité d’un chant scandé). Son myspace c’est là.

26 février 2012. Étiquettes : , , , , . Chanson sur Rhône-Alpes, Lancer de disque. 4 commentaires.

Made in Grenoble, in Isère (qui sera le dernier à chanter en français ?)

Little big djü, de la Cuvée grenobloise (DR)

Au courrier d’hier le volume 11 de la « Cuvée grenobloise », compilation discographique portée par l’association Dynamusic, financée en partie par la Ville de Grenoble et le Conseil général de l’Isère. Cette compilation annuelle a pour but « la promotion des artistes émergents de la scène grenobloise et iséroise des Musiques actuelles ». « Vitrine représentative mais non exhaustive de la diversité musicale locale, la compilation est avant tout un outil de promotion pour les artistes et d’image pour la scène grenobloise auprès du grand public, mais également auprès des professionnels, médias, diffuseurs, festivals, etc. Le vivier local est riche et productif, la Cuvée Grenobloise constitue un moyen efficace de véhiculer cette image au plus grand nombre » lit-on sur la documentation jointe.
Dix-neuf artistes ou groupes sont présents sur cette vitrine de l’Isère. Que je détaille : deux instrumentaux à l’intitulé anglo-saxon, deux chansons en français (dont une de Yoanna), douze en anglais, une mi anglais mi français inaudible, une en allemand, une en espagnol. Recherche sur le net des éditions précédentes : même topo ou à peu près, il semble que d’années en années l’anglo-saxon gagne du terrain.
Où va-t-on ? Qu’on ait envie de chanter en anglais, en suédois, en javanais même, ce m’est pas mon problème, c’est histoire de liberté où chacun peut prendre son pied. Mais que des collectivités territoriales (ici, une ville et un département) financent un produit très majoritairement en langue(s) étrangère(s) au titre (je suppose) de « l’image pour la scène grenobloise », l’image d’une ville, l’image d’un département, là je m’étouffe. Je pouffe. Où va-t-on ? Quand tout le monde (au rythme où ça va, on y arrive vite) chantera en étasunien, en londonien, histoire que ça fait bien, que c’est in, que c’est à la mode, que restera-t-il de notre langue ? J’ai bien peur que les pouvoirs publics se tirent une balle dans le pied en encourageant de tels projets… Le sujet n’est pas nouveau que NosEnchanteurs a déjà exploré (lire « Je chante faux en français », l’article ainsi que tous les commentaires).

Le ministre de la culture que nommera le nouveau Président de la République en mai prochain sera bien avisé de prendre, en toute urgence, ce dossier en considération. Il sera bien avisé aussi de prendre attache avec le Conseil francophone de la Chanson, qui vient de créer un site, « Francoloupe » (Un oeil sur la musique francophone, deux doigts sur son pouls) pour faire le point sur l’expression chantée en français. Un premier article de Philippe Renaud, journaliste québécois, est mis en ligne ( « Qui sera le dernier à chanter en français ? » ) dans l’attente d’autres interventions : « FrancoLoupe cherche d’abord à rallier la communauté de musiciens, artisans de l’industrie de la musique et amateurs de musiques exprimées en français, avec comme but de susciter une conversation servant à mieux cerner les défis auxquels les francophones doivent faire face dans un marché musical à prédominance anglophone. FrancoLoupe est la première étape d’une vaste réflexion portant sur la santé et l’avenir des musiques populaires en français; dans un contexte technologique, économique et sociologique en transformation, la place – et l’importance – de l’espace francophone paraît fragilisée. Nous espérons que cette réflexion débouche sur un agenda permettant d’assurer sa pérennité. »

21 février 2012. Chanson sur Rhône-Alpes, Saines humeurs. 12 commentaires.

Portfolio : Jeanne Garraud au Limonaire

par Lucien Soyère

Le Limonaire, ce « bistrot à vins et à chansons » du 18 de la rue Bergère, dans le 9e, lieu mythique s’il en est de la chanson. Ici promiscuité rime avec convivialité… On est apparemment entre gens de bonne compagnie, les voisins sont sympas. A la table près de l’entrée… Rémo Gary, Michèle Bernard, d’autres connus ou inconnus… Un régal pour les papilles (excellent coq au vin et côte du Rhône à la hauteur) ; un régal pour les oreilles… Mais on ne mélange pas ces plaisirs : le service est interrompu pendant le tour de chant.
Jeanne Garraud est sur l’étroite scène, au piano. Personne face à elle, une partie du public à sa droite, l’autre dans son dos, et pourtant la complicité avec le public est là (au prix de quel torticolis ?). Une performance vu la configuration des lieux. En invité surprise, Rémo Gary : clin d’oeil filial ? Les artistes sont ici payés au chapeau, « à hauteur (minimale) d’une place de ciné ! » clame le Monsieur Loyal du lieu…  Ce soir-là, le film est de qualité, tant qu’après le générique de fin on en redemande.

« Jeanne Garraud ne chante, peu ou prou, que l’amour. Oui, mais d’une autre façon, envoûtante et intrigante. Comme une femme mûre et sûre, en apparence. Derrière laquelle se masquent difficilement toute la fragilité de l’être, les hésitations, la soif d’aimer mais la maladresse de le faire. Et c’est magnifique. Jeanne Garraud a les mots pour presque tout dire, dans un art qui, par elle, fait merveille, qui vise juste, qui touche toujours. On ne la raccrochera à aucune école, aucune époque. On sent simplement que toute l’histoire de la chanson est derrière elle. Aussi sûrement qu’elle l’est devant. MK »

Le site de Jeanne Garraud c’est ici ; Jeanne Garraud sur NosEnchanteurs, c’est là.

18 février 2012. Étiquettes : , . Chanson sur Rhône-Alpes, Lucien Soyère, Portfolio. 6 commentaires.

Michèle Bernard, sens dessus dessous

L’un des événements de cet hiver se joue actuellement au Théâtre d’Ivry Antoine-Vitez.  C’est Sans dessus dessous, la nouvelle création de la chanteuse Michèle Bernard.
Qui nous parle de ce spectacle : « La chanson est dans ma vie depuis si longtemps que la tentation est grande de relire mon parcours au seuil d’une nouvelle création qui me ramène l’air de rien à mes premières amours. Petite fille, huit ans peut-être, souvenir d’un jour de grippe où ma mère dépose sur mon lit Chansons populaires de France. Un déclic, quelque chose qui fait que je m’en souviens encore, et que ce petit bouquin bleu ne m’a jamais quittée. »
« (Par ce spectacle, je) convoque la petite fille qui est en moi et comprends qu’elle n’est jamais très loin quand je crée. J’explore les 5 sens, les 4 points cardinaux, les 10 commandements et les milliers de sens cachés, interdits mais toujours prêtes à rebondir… » Avec ses musiciens Sandrine De Rosa et Michel Sanlaville (deux contrebasses, guitares, percussions, chant, et l’accordéon, bien sûr), Michèle Bernard revisite son répertoire tout en nous régalant de nouveautés, avec l’idée simple que chacun puisse y trouver son bonheur. Chacun ? Les vieux les enfants comme elle chante si bien : tous les publics, le jeune comme le moins jeune. Michèle Bernard abolie les âges, casse les contingentements, pulvérise les petites boîtes, va d’une génération l’autre, fait utile lien social. Ce que du reste elle n’a jamais cessé d’être.
« Je fais la démarche nouvelle pour moi de concevoir un spectacle pour toutes les générations, tous les publics sans exclusion, de l’enfance à l’adulte. C’est l’objet de cette création. C’est un spectacle de chansons, mises en jeu et en espace, la forme générale restant proche de celle d’un récital. Nous revisitons quelques-unes des chansons de mon « répertoire » et proposons quelques nouveautés offertes en partage actif avec notre public. Mon ambition est que ce spectacle soit présenté en tout public, et que chacun à sa manière puisse y puiser plaisir et émotion. »

Sens dessus dessous, jusqu’au 19 février au Théâtre d’Ivry. Si vous avez assisté ou si vous allez assister à ce spectacle, laissez-nous en commentaire vos impressions, que tout le monde puisse en profiter… Merci.

Le site de Michèle Bernard, c’est là ; d’autres articles sur Michèle Bernard publiés sur NosEnchanteurs, c’est làSignalons encore que la nouvelle livraison de Tranches de Scènes est justement « Autour de Michèle Bernard ».

9 février 2012. Chanson sur Rhône-Alpes, En scène. 4 commentaires.

L’heure de la sortie

Photo d'archives : Michèle Bernard dans une classe de l'Ecole Lucie-Aubrac, à Cournon, en 2010 (photo DR)

Luc Ferry, François Fillon, Gilles de Robien, Xavier Darcos, Luc Chatel. Depuis quelques années, la casse de l’éducation nationale est ahurissante, en direct sous nos yeux, sans susciter trop de réactions, si ce n’est ces parents d’élèves qui rituellement, chaque année, se mobilisent pour lutter contre les fermetures de classe, puis s’en vont voter pour ces tueurs d’école.
Mais il n’y a pas que ces suppressions de postes visibles, loin s’en faut. Il y a tous les autres, qui tous contribuent à la qualité de l’enseignement, à un « plus » qui ne se chiffre que difficilement, ne se quantifie que rarement dans les études et statistiques.
Ainsi ces conseillers pédagogiques en éducation musicale. Le conseiller pédagogique en éducation musicale est un maître formateur spécialisé qui a une mission d’impulsion, d’accompagnement, de conseil, de formation et d’innovation auprès des écoles et des enseignants.
J’en connais quelques-uns, exemplaires, parmi bien d’autres qui ne le sont pas moins. Qui tous ont initié des actions pareillement exemplaires.
J’ai, sous les yeux, ce  livre-cédé de 2006, Chansons en papillotes, sous-titré « 8 titres à déguster » (chansons de et interprétées par Michèle Bernard, Christopher Murray, François Forestier et Rémo Gary, Michel Jacques et Laurent Touche, Bruno Feugère, Pascal Descamps, Gil Chovet, Yves Matrat et Philippe Veau), enregistré grâce au formidable travail de l’équipe des conseillers pédagogiques du département de la Loire : Nadine Maisse, Michel Barret et Sylvie Jambrésic. L’édition de ce cédé, aux éditions Lugdivine, avait donné lieu, les années suivantes, à une foultitude d’actions passionnantes dans tout le département : classes APAC, concerts-rencontres avec les artistes, travaux d’ateliers autour des chansons d’un panel très ouvert. A un partenariat peu commun aussi, associant pour la première fois l’ensemble ou presque des forces musicales de ce département, même les jeunes chanteurs de la Maîtrise de la Loire pour l’interprétation collective des chansons. Une action exemplaire parmi d’autres…

Gil Chovet (photo DR)

Politique de restriction budgétaire oblige, deux de ces conseillers sont renvoyés devant des classes en dépit de l’excellence de leur action et de leur investissement au service de la musique et des élèves (depuis quelques années, même leurs frais d’essence n’étaient plus pris en compte, comme leurs homologues d’autres départements…). Nadine Maisse a été éjectée l’an dernier, un des deux autres devrait l’être cette année. Non pas – j’insiste – parce qu’ils ne donnaient pas toute satisfaction dans leurs missions, bien au contraire, mais parce qu’il fallait reprendre des postes, dégraisser l’éducation nationale : c’est tout un ensemble de partis-pris pour l’école et la culture qui sont anéantis… On ne peut que regretter que, dans ces périodes de restriction et dans un département difficile comme celui de la Loire, ce soient les enseignements artistiques et culturels qui sont visés par les suppressions de postes. Les autorités académiques ont beau jurer pouvoir maintenir toutes les actions conduites par ces trois conseillers, il n’en sera évidement rien. Ces enseignements artistiques ont été portés avec constance et passion par des spécialistes qui n’ont cessé de se former eux-mêmes et de pratiquer la musique afin d’être des formateurs toujours plus exigeants et en évolution constante dans les missions qui leur étaient confiées : missions de  formation et de mise en relation des artistes avec des écoles, des musiciens intervenants et des professeurs. Et surtout pour les élèves. Aucun formateur autre ne pourra remplacer le travail remarquable des conseillers spécialisés en musique pour le développement du chant choral, de l’écoute et de différents types d’expression musicale avec des partenaires choisis.
Un seul conseiller pour un tel département, pour couvrir de Rive-de-Gier à Roanne, de Bourg-Argental à Chazelles-sur-Lyon, c’est pitoyable. Cette suppression d’un des deux derniers postes entraînera fatalement un appauvrissement puis une disparition des rencontres-chorales que ces conseillers avaient mises en place depuis de nombreuses années et qui ont permis à de nombreux enfants de tout le département de chanter sur différentes scènes et de partager de vraies émotions artistiques aux côtés d’artistes tels que Petrek, Bissa Bienvenue, Hervé Lapalud, Patrick di Scala, Gilles Pauget, Edgard Ravahatra, etc.

Alors messieurs Sarkozy et Chatel auront beau faire leurs plus beaux sourires, jurer sur qui ils veulent qu’ils aiment l’éducation nationale, que moins il y aura d’enseignants et plus l’enseignement sera de qualité (si, si !), nous savons le mépris qu’ils affichent constamment, en tous lieux, en toutes écoles, en tous collèges, à tous moments de la vie éducative. C’est zéro sur vingt pour leur misérable copie et direction la porte ! Leur restent soixante-quinze jours pour enfin faire leur cartable.

C’est ainsi dans le département de la Loire, c’est sans doute pareil chez vous. Laissez en commentaires vos témoignages, histoire de se faire une juste idée de cette formidable casse…

7 février 2012. Étiquettes : , , . Chanson sur Rhône-Alpes, Saines humeurs. 17 commentaires.

Tremblay, l’Ardéchois-Québécois de la chanson

Il est québécois et, toute la décennie quatre-vingt-dix, a arpenté les scènes de notre pays cousin : une bonne centaine de concerts et quelques traces discographiques dont on se souvient encore là-bas. Et puis l’amour est passé par là, a traversé son chemin, avec un sourire qui ne pardonne pas. Une ardéchoise, au cœur fidèle il va de soi. Il habite depuis en Ardèche, là où, chante un de ses confrères, la montagne est belle. Et est devenu du coup le Québéchois. De cet épicentre, il s’en va chanter un peu partout en France, poussant souvent jusqu’à l’Helvétie voisine. Dès son arrivée dans l’Hexagone, il fut stagiaire d’Astaffort, ce qui l’a jadis conduit à faire la première partie de Gérard De Palmas puis celle de Francis Cabrel au Casino de Paris. C’est à ce moment-là qu’est sorti son premier album français : Acoustique. Depuis, bon an mal an, il tourne de par chez nous, son désormais chez-lui, avec l’honneur et l’avantage d’être le québécois de programmations qui n’ont pas à contribuer au kérosène de l’avion. Il faudra attendre 2010 pour mettre sur la platine son second album, Langue de bois. A moi il me fait songer à un autre québécois, Dany Boudreau, chanson populaire de qualité qui prend souvent les atours et attraits de la variété. Variété ne serait-ce parce que l’inspiration d’Alain Tremblay est  variée. Ainsi un titre vous évoquera le folk-song et la voix de Marc Robine (L’amitié) ; un autre, qui compte le temps passé, plus Jean-Jacques Goldman (Quarante ans) ; quant à Barcelone, elle rend bel hommage à Manu Chao et à sa musique. Ça et le reste, mille fréquences pour un artiste aux accents pop, folk ou/et rock. Dire qu’il mérite notre attention est l’évidence même : il est cousin parmi nos frères de chanson, c’est irremplaçable !

Alain Tremblay, Langue de bois, 2010. Le site d’Alain Tremblay c’est là.

31 janvier 2012. Étiquettes : . Chanson sur Rhône-Alpes, Lancer de disque, Québec-Acadie. 9 commentaires.

Une Tranche de Scène pour Michèle Bernard

C’est rien que du beau monde. Que des amis, presque une famille ! Tous regroupés autour de Michèle Bernard, cette grande dame, très grande dame de la chanson. La chanteuse de Saint-Julien-Molin-Molette reçoit chez elle, dans ce coin reculé de la Loire, tout près d’Annonay en Ardèche, pas très loin de Lyon ni de Saint-Etienne. Du beau monde, oui. Marie Zambon, Anne Sylvestre, Véronique Pestel, Jeanne Garraud, Lalo, Claudine Lebègue, Hélène Grange, Sophie Gentils, Katrin Wal(d)teufel, Evasion, Barbara Thalheim, Anne Sila et Michèle Guigon. Et puis Christopher Murray, Frédéric Bobin, Rémo Gary, Entre 2 Caisses, Claude Lieggi, Gilles Chovet. Et Allain Leprest. Du beau et du bon. Beaucoup d’artisans de la chanson sur Rhône-Alpes mais pas que. Et Michèle nous entretenant de cette passion de vie qu’est la chanson, de l’écriture comme de la scène. Et de ses collègues de travail…
Ce dixième volume de Tranches de Scènes est l’émission rêvée. Soyons fous, imaginons que ce soit un programme télé, en « prime time » comme ils disent. Même riche, la télé ne saurait mettre autant d’amour dans une telle production, car ça ne s’achète pas, pas même avec le carnet de chèque de Bouygues. Une soirée télé avec la Bernard, avec ses copines qui se taillent la part de la lionne. Et ses copains. Même avec 300 chaînes, la télé ne sait pas faire ça, ne sait pas capter l’essentiel, l’air du temps, l’indicible, les portées de poésies d’une chanson populaire au sens vrai du terme.
Bon c’est pas l’image léchée de Nagui et de son Taratata, de ses mille caméras, non. Mais ça a l’odeur et la vérité d’un Vagabondage de feu Roger Gicquel. Et le prestige d’un Grand échiquier de Jacques Chancel. C’est Nadot qui l’a fait. Qui a su réunir tout ce beau monde, ce Gil Chovet qui en temps normal fuit la notoriété comme la peste, cette Marie Zambon extraite de ses rangs de vignes, cette Claudine Lebègue toujours bouleversante, ces Gary-Garraud père et fille rassemblés sur le même dévédé… eux et tous les autres.
C’est le Nadot nouveau, dixième volume de ce qui est déjà une vraie collection, anthologie, certes pas de toute la chanson, mais de son plus bel épicentre, de sa chanson de parole comme on dit à Barjac. Vingt et un chanteuses, chanteurs ou groupes, pour plus de deux heures de rencontres.
La collection Tranches de Scènes ne se trouve pas à l’étal de votre supérette. Ça ne se vend même pas à l’unité, c’est dire. C’est sur adhésion à l’Association, adhésion qui courre le temps de quatre dévédés, puis qu’on renouvelle pour les quatre suivants.
Six mois après le précédent (sur Bernard Joyet), cette nouvelle tranche de bonheur nous dit plus encore l’importance de cette collection. Car Tranches de Scènes est peut être l’événement le plus importante de la chanson depuis la création de Chorus.
Le site de Tranches de Scènes, c’est ici. http://www.chanson-net.com/tranchesdescenes/

25 janvier 2012. Étiquettes : , . Chanson sur Rhône-Alpes, Lancer de disque. 17 commentaires.

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