Portfolio : Rue de la Muette

Que croise-t-on Rue de la Muette ? Un géant au crâne lisse, souvent en tenue de cirque, à la voix rauque dont il affuble parfois un porte-voix, une musique foraine qui déambule, un rock-blues qui oscille entre crasseux et déjanté, avec sa part de mélancolie, d’amour, des gens qui se battent pour leur idéal, des routes, des  voyages, des contes à insomnier debout qui cachent mal leur part de tragique. Rue de la Muette, c’est Patrick Ochs, un type unique en tunique, un grand de son art. Chantal Bou-Hanna l’a immortalisé sur des clichés déjà d’anthologie…

Ce portfolio est le dernier billet à vous être proposé dans cette habituelle et familière présentation de NosEnchanteurs. Dès ce dimanche 6 mai à 20 heures, NosEnchanteurs (l’Autre Chanson) s’offrira à vous dans un autre format, un tout autre visuel.

6 mai 2012. Étiquettes : , . Chantal Bou-Hanna, Portfolio. 4 commentaires.

Portfolio : les 25 ans de Chanson plus Bifluorée

Dans un billet déjà fameux de NosEnchanteurs, Faut-il achever les vieux chanteurs ?, nous parlions de nos trois amis que sont ces Pieds Nickelés de la chanson : Michel Puyau, Xavier Cherrier et Sylvain Richardot, nos fameux « Chanson plus Bifluorée ». Derechef, notre collaboratrice Chantal Bou-Hanna, fine gâchette s’il en est de la photographie pixellisée, a dégainé ses planches contacts pour vous proposer un nouveau et élégant portfolio. Rappelons que Chanson plus Bifluorée se produit actuellement sur les routes avec son spectacle anniversaire des 25 ans, ainsi que leur « pestacle » « Y a des Animaux dans nos Chansons », pour les petits de 5 à 105 ans. Il est probable que vous vous situiez dans cette tranche d’âge-là. Cette série de clichés immortalise leur quart de siècle chanté, qu’on peut aussi revivre à la lecture de NosEnchanteurs qui, décidément, est de partout.

Le site de Chanson plus Bifluorée, c’est ici.

16 avril 2012. Étiquettes : . Chantal Bou-Hanna, Portfolio. 2 commentaires.

Barjac 2012 : c’est pour l’amour, pas pour la gloire…

(photo Chantal Bou-Hanna)

La programmation 2012 des « Chansons de parole » de Barjac vient d’être révélée.

Samedi 28 juillet : Chloé Lacan + Romain Didier (cours du château) ;
Dimanche 29 juillet : Camel Arioui (chapiteau), Philippe Anciaux (chapiteau), From & Ziel + Mellismell (cours du château) ;
Lundi 30 juillet : Audrey Antonini (chapiteau), Paul Meslet (chapiteau), Jef Kino + « Boby Lapointe, comprend qui peut » avec Evelyne Gallet, Yeti, Roland Bourbon, Dimoné, Imbert Imbert et Presque oui (cours du château) ;
Mardi 31 juillet : Jérémie Bossonne (chapiteau), Trio Ewen, Delahaye, Favennec + Gilles Servat (cours du château) ;
Mercredi 1er août ; Jo (chapiteau), Eric Guilleton (chapiteau), Mouron + Pierre Barouh (cours du château) ;
Jeudi 2 août : Pierre Lebelâge (chapiteau), André Bonhomme (chapiteau), « Parole de Leprest » avec la participation, entres autres, de Véronique Estel, Natacha Ezdra, Yves Jamait, Jehan, Jofroi, Loïc Lantoine, Gérard Pierron, Francesca Solleville, sous la direction musicale de Léo Nissim (cours du château), Coriandre (en nocturne).

On dirait à nouveau le sommaire de NosEnchanteurs, c’est dire si ce festival entre tous mythique nous est cher. Une fois encore, Leprest se fête : c’est pas pour rien que la phrase de cette année, le fil rouge de Barjac en sera : « C’est pour l’amour, pas pour la gloire… » Commentaire de Jofroi, la patron du festival : « C’est pour l’amour, pas pour la gloire… C’est comme ça qu’il est passé tant de fois chez nous, nous livrant son âme, son sourire, ses mains qu’il tendait à chacun. C’est la trace qu’il a laissée dans le cœur du public et de ce festival où chacun est plongé si intimement que les manques se ressentent encore plus durement.
C’était une évidence, pour nous, frangins, frangines, de porter sa parole aussitôt sur cette scène qu’il a tant fréquentée, qu’il soit venu nous chanter ses chansons ou partager ces aventures collectives comme celle que nous lui consacrerons en clôture de cette édition 2012. (…) C’est pour l’amour, pas pour la gloire… Cette phrase en dit long, en fait, sur la philosophie qui conduit ce festival depuis ses débuts. Loin des flonflons, des ventes à succès, des prestigieux oriflammes… car s’il fallait sortir un drapeau, ce serait plutôt celui d’un pan de chemise, fier, flottant au vent, gage de fraternité et de citoyenneté. Pan de chemise qui flottera tout au long de cette semaine de chansons, au sommet du chapiteau, nous conduisant de découvertes en découvertes avec Camel Arioui, Audrey Antonini, Jérémie Bossonne, Jo, Pierre Lebelâge ou Nevchehirlian. De retrouvailles en étonnements avec Philippe Anciaux, Paul Meslet, Eric Guilleton ou André Bonhomme… Pan de chemise dans les rues, dans les cours, dans les trous perdus, comme nous disait Béranger, au sommet du donjon, au portail du château, pour vous accueillir et vous faire vibrer d’émotion avec Romain Didier qui ouvrira le bal, frangin d’Allain de la première heure. Et Chloé Lacan qui lui chauffera la salle. »

15 avril 2012. Étiquettes : , . Barjac, Chantal Bou-Hanna, Festivals. 5 commentaires.

Portfolio : Jamait à La Bouche d’air

Chantal Bou-Hanna est une habituée de ce blog où, régulièrement, elle publie ses photos (parfois même elle écrit). Pour illustrer un article comme pour s’étaler sur tout un portfolio. En voici un nouveau (et magnifique !) où nous retrouvons Yves Jamait. C’était le 28 mars dernier à La Bouche d’air, scène de musiques actuelles sur Nantes.

6 avril 2012. Étiquettes : . Chantal Bou-Hanna, Portfolio. 11 commentaires.

Francesca Solleville au turbin, à l’Européen

par Chantal Bou-Hanna

C’est cet ancien music-hall de presque 140 ans que Francesca Solleville a choisi pour y fêter son 80e  anniversaire et la sortie de son nouveau CD. Dans cette belle architecture circulaire, une Francesca rayonnante, vêtue de noir,  arrive sur scène : déjà, les applaudissements n’en finissent plus. « Faut que j’y aille ! » nous dit-elle quand le calme revient, comme pour se donner du courage. Et elle commence avec la première chanson de sa longue  carrière, un texte d’Aragon : Un homme passe sous la fenêtre et chante. Coup d’envoi pour deux heures d’un plaisir inouï. Suit un très beau texte écrit pour elle par Anne Sylvestre, qui est parmi nous (Vingtième, Européen ou autre Limonaire, on la croise très souvent dans les salles parisiennes ; elle a cette grande qualité humaine de savoir écouter et applaudir les autres chanteurs), Passeuse, passerelle (« …Toujours de vous à elle / Et toujours d’elle à vous / Je me  voue / Et si à son tour elle veut me rester fidèle / Passeuse passe temps / Je chanterai longtemps »).
C’est Gilbert Laffaille qui suit et lui prête sa plume pour Chanter encore. Toujours très coquette, Francesca nous dit que ça va être difficile, que Gilbert lui a fait des mesures compliquées, du 5 /4 ou que sais-je, et, avant de se lancer dans cette nouvelle chanson, paniquée elle nous dit en ébouriffant ses cheveux d’un geste familier qu’on lui connait bien : « j’espère que Gilbert Laffaille n’est pas dans la salle ». Bien sûr que si, il est là !!! On le lui dit, elle feint de ne pas entendre en scrutant le public dans l’ombre. C’est une très belle réussite soulignée par Nathalie Fortin qui fait signe à Francesca que tout s’est bien passé. Francesca de surenchérir « Ah ! Nathalie est contente », à ce moment du fond de la salle surgit la voix forte très reconnaissable de Gilbert Laffaille « Moi aussi je suis content ! » Applaudissements dans le public et visage radieux de Francesca !
Puis à travers un très beau texte de Thomas Pitiot, La promesse à Nonna, notre belle Francesca chausse sa casquette de grand-mère, de cette Nonna qu’elle est ! Francesca a éduquée sa petite fille Lola à ses propres idées politiques dès le plus jeune âge de la vie fœtale et ce petit bout de fille a fait promesse à Nonna de toujours brandir haut et fort un poing serré. Belle promesse…
Suit 200 mètres (Mexico 1968, JM Brua), chanson ô combien de fois entendue, mais ce soir on a encore l’impression de la découvrir tant Francesca l’interprète avec une conviction et une énergie fabuleuses. Tonnerre d’applaudissements ;  Francesca à peine essoufflée nous chuchote « je ne vous ferai pas le 400m ». Rires complices du public.
Place à l’émotion, difficilement soutenable, Allain Leprest retrouve une fois de plus ce soir sa place par l’intermédiaire de Francesca (une chanson parmi de nombreuses, Francesca nous offre beaucoup de Leprest ce soir, dont Sarment : « il suffisait qu’on lui dise un mot, un seul pour qu’il nous écrive une chanson », nous rappelle-t-elle), une chanson dont il lui a fait cadeau en juillet de l’an dernier Des impairs pour un impair (« La langue bleuie les bras ballants / Pesant d’oubli, le cœur moins lourd / Trois p’tits tours autour d’un nœud coulant… / Priez pour les morts d’amour… ». Une émotion qui nous ramène vers ce terrible 15 août… « Allain m’a demandé de la chanter, alors je la chante » (ceci suite à des remarques de la part de certains spectateurs choqués lors de précédents spectacles, avait-elle expliqué lors d’une récente émission sur France Culture). Ainsi va la soirée, une allusion au père alcoolique dont Francesca nous confie avoir souffert. Sur scène ce texte écrit par François Morel, Papa (« Les ivrognes ça fait marrer / Quand on les voit à la télé / Tant mieux si toi ça te fait rire / Pardon moi ça me fait frémir… ») prend une dimension fabuleuse tant Francesca se l’approprie avec une sensibilité à fleur de peau et une souffrance qu’elle ne cherche pas à dissimuler.

Précastelli et Fortin (photos Chantal Bou-Hanna)

D’autres très belles chansons (accompagnées à la contrebasse par Olivier Moret et à l’accordéon par Bertrand Lemarchand) par d’autres non moins beaux auteurs, je ne veux pas en faire un catalogue, je relate simplement des faits ou des moments qui m’ont touchée dans la soirée.
Hélas tout a une fin, l’heure tourne, plus fatiguante pour Francesca que pour son public qui ne se lasse pas, un bis, un seul ! Francesca nous annonce que la chanson suivante serait bien faite sienne par le président actuel… La France de Ferrat !!! Avec, s’il vous plaît un piano à quatre mains, à savoir celles de Nathalie Fortin et celles de Michel Precastelli. L’interprétation est époustouflante ! S’en suit une belle standing ovation, qui ne s’arrête plus. Francesca reviendra saluer trois fois puis s’échappera non pas pour un repos bien mérité mais  dans le hall de ce beau théâtre pour la séance de dédicaces/discussions. Et je m’aperçois avec surprise que si son public a dans l’ensemble une moyenne d’âge un peu élevée, la relève est assurée par un autre public, beaucoup plus jeune, plutôt masculin, impression personnelle, qui se précipite pour acheter Un, deux voire trois cédés et se les faire dédicacer. Et là c’est fou de voir que cette belle Francesca aux yeux si bleus et si pétillants, qui pourrait être la Nonna de tout ce nouveau public, succombe encore avec une tendre complicité au  charme non dissimulé de  cette belle jeunesse conquise par cette  très grande dame.
Un dernier mot pour conclure ces quelques lignes : un immense Merci Francesca, nous t’aimons. Continue à passer ta vie sur tes cordes vocales, à y funambuler, pour notre plus grand plaisir, comme te l’écrit si bien Jean-Michel  Piton. Chante encore, chante encore…

11 mars 2012. Étiquettes : . Chantal Bou-Hanna, En scène. 19 commentaires.

L’Helvétie comme une lanterne

Si Thierry Romanens commence à se faire un nom dans l’Hexagone aussi sûrement que dans notre horizon chanson, tel n’était pas encore le cas en fin 2002, date de ce concert au Quarto d’Unieux, lors des Oreilles en pointe. Ce papier exhumé peut faire aussi écho à mes récents articles sur Brassens…

Thierry Romanens : comment, vous ne connaissez pas encore ? (photo Chantal Bou-Hanna)

Archive. Thierry Romanens, suisse encore inédit en France, est à Sarclo ce que Dupont est à Dupond. Avec un look à la Tintin. Lumineux ! Il nous vient du pays des banques, fait le mariole, pas le branque. Il est direct, franc, jovial, gueule de Tintin picaresque et pittoresque : « Heureux comme un cochon dans la fange / Je ne suis qu’un rieur aux anges. » Ravis, en tous cas, de faire connaissance avec un petit suisse de la chanson, qui partage avec l’autre helvète qu’est Sarclo un goût consommé de l’impertinence, du caustique, de l’humour radical, que contrecarre une poésie urgente, qui se fout pas mal des rimes.
Thierry Romanens aime à reprendre Brassens, mais pas n’importe comment. Avec une verdeur et une impertinence bienvenues. Comme s’il souillait tonton Georges, l’acidifiait avec jouissance et sans économie pour mieux retrouver et son côté politiquement incorrect et son rugueux d’origine, que trop d’hommages enterrent sous de suspectes couches de vernis : cette Brave Margot rapée (ou raptée, en tous cas mise en rap) n’est pas perdue.
Reste que, s’il fait le mariole, son commerce s’étend à bien autre chose. A une sorte de blues urbain dont les mots pour le dire, à défaut d’être policés, ont le mérite d’être directs. Le spleen désamoureux teinte fortement un répertoire des plus attachants. Heureusement pour lui que « Tout m’interpelle et tout m’épate / Tout m’éberlue et tout m’étonne » toujours…
Nous ne sommes pas à une surprise près dans ce festival : Romanens ne peut qu’entrer dans le club, très ouvert, de nos désirs chanson. Il est farouchement irrésistible. Précipitez-vous là où le bougre officie, sans vous poser de questions, car elles sont trop précieuses. N’est-ce pas Thierry Romanens qui nous dit et, en dédicace, nous écrit : « À chaque solution qu’on trouve, c’est une question qu’on perd »

Le site de Thierry Romanens ; son myspace aussi.

12 mars 2011. Étiquettes : , . Archives de concerts, Chantal Bou-Hanna, En scène. 2 commentaires.

Tachan, sans se retourner…

Ne se sentant pas le destin de Molière, Henri Tachan a raccroché les gants depuis trois ans : plus jamais il ne postillonnera en scène, éructant comme ce lion qu’il y fut. Chantal Bou-Hanna, une lectrice de NosEnchanteurs, nous fait parvenir cet article qu’elle a rédigé, au soir des adieux de Tachan, le lundi 2 décembre 2008 à Besançon.

Henri Tachan et Jamait (photo Chantal Bou-Hanna)

Le Petit Kursaal, à Besançon. C’est présentation de la saison Chanson. Et concert gratuit. Pas assez de places ce soir, un monde fou. Que se passe-t’il donc pour attirer ainsi les foules bisontines ? De belles pointures : Messieurs Henri Tachan et Yves Jamait. Et Sarcloret et d’autres encore.
Coulisses. Parrain de la saison, Jamait est arrivé depuis pas mal de temps déjà. Casquette bien rivée et cigarette au bec, il répète, discute, rigole.
Manteau noir, col relevé, un p’tit bonhomme finit par arriver, courbé, l’air fatigué… Aucune ressemblance, ou si peu, avec ce qu’il est en scène. Lui, c’est Tachan ! Thérèse, l’une des organisatrices, l’accueille : ils s’embrassent chaleureusement. Henri tire de son paquet une cigarette, la seconde de la journée dit-il. Mais où fumer ici ? « Théâtre non fumeur » c’est mis sur l’écriteau. Dans les loges ? Pas possible non plus. Ils s’en vont. Thérèse me dit « Viens avec nous », avec un clin d’œil amical et complice : elle sait que je veux à tout prix prendre des photos d’Henri. Pour fumer ce sera le réfectoire. Et Tachan est ok pour les photos ! Je jubile !
Une question me brûle les lèvres. Si je ne la pose pas tout de suite, l’occasion ne se reproduira plus.
– « Vous arrêtez les concerts ? »
– « Oui, c’est terminé ! »
– « Plus jamais ? Mais, ce soir, vous allez bien faire une chanson ou deux ? » Je restais pleine d’espoir.
– « Non, quand je dis non, c’est non ; vous aurez le DVD »
– « Mais c’est pas pareil. Sur scène, en chair et en os, c’est autre chose… »
– « Ah ! non, je n’ai pas envie de mourir sur scène »
Et la discussion s’arrête là. Tachan sur scène c’est définitivement fini ! Qu’on se le dise !
Se déroulent ensuite, dans la salle comble du Petit Kursaal, le visionnage de son DVD réalisé l’an dernier et ses « adieux à la scène » officiels :

L'ultime disque de Tachan, "De la pluie et du beau temps", paru en 2007

Tachan, chemise orange, gros pull bordeaux, manteau noir, est au premier rang, à l’extrémité de la rangée. C’est drôle, il est dans la salle, mais pas du bon côté, pas de son côté : il nous a rejoint et est devenu spectateur ! Tachan dans le public, dans Son public ! Il se regarde. Les z’hommes, Le chat de Micky, L’amour et l’amitié, Un piano, La pipe à Pépé… Et le public de ce soir chante, applaudit en même temps que le public du DVD. Je suis à deux rangs derrière lui, un peu décalée, et l’observe. Au lieu de regarder l’écran, je regarde Henri. Qui chante toutes ses chansons, tout doucement dans l’obscurité, incognito… Et moi avec cette envie de lui crier « Henri, vas-y chante pour nous, en vrai, une dernière fois ! » La pudeur est là, qui m’en empêche…
Etrange situation vraiment, Henri est avec nous dans la salle alors qu’on l’applaudit en cette « mis en boîte », sorte d’hommage au Tachan toujours vivant mais perdu pour la scène. Après la projection, la lumière se rallume. Affalé dans son fauteuil, on ne voit plus de Tachan que le haut de son crâne un peu nu qui dépasse du siège. Il se lève, lentement, au ralenti. Il ne veut pas monter sur scène, non, et reste devant nous, prend le micro qu’on lui tend, et nous explique que c’est fini ! De mémoire, il a dit : « Ça fait quarante ans que je chante, Brel avait dit une fois que même s’il lisait le bottin sur scène, son public l’applaudirait. Alors il a décidé d’arrêter. Moi j’avais dit que quand je m’ennuierai sur scène – je ne m’ennuie pas avec vous, non pas avec vous – j’arrêterais. C’est arrivé, alors j’arrête. Place aux jeunes. J’ai fait ce DVD, ça laisse une trace aux miens, à ma femme, à mes enfants, à ceux que j’aime, etc. » L’émotion est à son comble, le silence absolu. Les larmes perlent qu’il est vain de retenir. Puis Tachan reprend vite son gros pull et son manteau posés en boule sur son fauteuil du premier rang. Submergé d’émotion, sans se retourner, il remonte les marches du Petit Kursaal, en franchit les deux portes battantes qui se referment derrière lui. C’en est fini.
Merci Henri pour ces quarante années de chanson, tes coups de gueule, tes coups de coeur, tes coups d’âmes. Merci de Toi.
Chantal Bou-Hanna.

Sur NosEnchanteurs, on lira aussi « Ah, Tachan ! »

22 février 2011. Étiquettes : . Chantal Bou-Hanna, En scène. 5 commentaires.

%d blogueurs aiment cette page :