Biblio : le Ferrat de Pantchenko

On a tous son propre Ferrat, au sens où nous avons tous une histoire, un souvenir, une émotion qui nous relie à Jean Ferrat, bien souvent à l’une ou l’autre de ses chansons.
Mon plus lointain souvenir à moi, le plus fort aussi, c’est ma maman à moi, qui aimait plus que tout entendre La Montagne parce que ça parlait d’un HLM : « il faut savoir ce que l’on aime / et rentrer dans son HLM… » Comprenez que c’était son rêve, pour quitter le taudis pourri de la rue des fossés où elle et ses six gosses vivaient entassés, où les jours d’orage elle installait de ci de là casseroles et seaux pour recueillir cette pluie qui tombait chez nous, sur nous, sur la table comme dans nos lits. Un jour, Colette, ma sœur aînée, est venu nous chercher à l’école – je devais être en grande section maternelle je crois – et, étrangement, nous n’avons pas pris le même chemin pour rentrer à la maison. La route, forcément à pied, me semblait longue. Arrivés, nous sommes entrés dans ce grand et bel immeuble, cet appartement tout nu, qui serait pour longtemps notre maison, place du 8-mai 1945 à Bar-sur-Seine. L’eau y coulait chaude dans le lavabo, les vitres sentaient encore le mastic, les plinthes la peinture. Tout était à meubler et la vie à ré-inventer. C’était notre HLM, comme celui de la chanson. Maman n’a jamais voulu entendre, comprendre les propos de Ferrat, elle ne pouvait pas : elle l’avait tant rêvée « son » HLM, tant économisé, sous après sou, pour la caution ! Nous y étions. Et des années durant, nous avons mangé, un dimanche sur deux, du poulet aux hormones… C’est dire quand La Montagne passait à la radio, respectueux silence, comme un hymne à notre nouvelle vie !
Il y a plus de cinq ans, sur son lit de mort, j’ai chanté à Maman cette chanson-là. C’était la sienne, même pas un malentendu. Qui plus est Ferrat était le chanteur de ces petites gens, de cette môme de Saint-Ouen, de tous les sacrés Félicien… Et de ma maman. De tous ces gens qui en ont eu, comme vous, comme moi, le cœur gros quand Ferrat, à son tour, s’en est allé.

Daniel Pantchenko (ci-dessus, photo Francis Vernhet) doit avoir, lui aussi, des tas d’histoires, passées et récentes, le reliant à Ferrat. Mon collègue de Chorus, qu’on connaît pour sa rigueur, pour son soucis de l’extrême précision, nous fait revivre le chanteur, courir sa vie sur près de six cents pages, de ses premières scènes, notamment celle en 1954 en levée de rideau d’Aznavour à L’Échelle de Jacob, jusqu’à cette fin d’hiver 2010, à Antraigues-sur-Volanne. Une somme, dit-on. C’en est une, livre qui longtemps fera référence. C’est la vie d’un homme, couchée sur papier, nimbée de respect. C’est son œuvre aussi, disséquée, analysée. Un livre utile, pour comprendre plus encore l’importance du bonhomme et ce qu’il nous laisse.
Daniel Pantchenko, Jean Ferrat « Je ne chante pas pour passer le temps », 570 pages, 2010 Fayard.

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4 octobre 2010. Étiquettes : , . Biblio, Chorus. 1 commentaire.

Biblio : Dicale et les chansons qui font l’Histoire

Bertrand Dicale (photo DR)

Après Michel Trihoreau, au tour de Bertrand Dicale, autre fameuse signature de Chorus. Avec un livre qui n’est autre que la reprise de ses chroniques estivales sur France-Info.

Sept semaines durant, il tint rubrique estivale sur France-info pour, à chaque fois, nous conter la genèse de chansons. Pas n’importe quelles chansons du reste : celles qui ont fait l’Histoire, celles qui, parfois à leur insu, ont pris une place prépondérante dans notre mémoire et dans les faits. Du Chant des partisans aux Divorcés de Delpech, du Clandestino de Manu Chao aux Élucubrations d’Antoine, de Volver de Carlos Gardel à Mon cul sur la commode de Jeanne Aubert, ce sont autant de pans d’histoire, d’évolution des mœurs, qui s’ouvrent par ces fenêtres parfois insolites, toujours pertinentes, qui plus est actives. C’est raconté de manière vivante : pour peu, vous en seriez presque acteur, au simple fait d’avoir été jadis auditeur.
Deux bonnes nouvelles. La première c’est que les cinquante rubriques de l’été se retrouvent désormais en bouquin (il y en a soixante sur ce livre). La seconde est que, le succès aidant, la rubrique se poursuit à un rythme hebdomadaire. Chaque dimanche, à 11h19, 13h49, 16h19, 19h47, 21h19 et 23h47. Celle d’hier s’axait sur les roms, les gitans, les tziganes, pour l’heure victimes expiatoires des déconvenues élyséennes. Raison de plus de les chanter.
L’activité éditoriale de Bertrand Dicale est si foisonnante qu’on ne citera pas ici tous ses bouquins. Sachez toutefois que son (formidable) Gainsbourg en dix leçons paru initialement chez Chorus-Fayard est ressorti en format de poche ; qu’il signe deux articles (un sur Juliette Gréco et un autre sur « le métier d’être Johnny Hallyday ») dans le nouveau livre de la collection « Collectif Chanson » de Christian-Pirot éditeur ; qu’il a sorti en mars dernier le croustillant Les Miscellanées de la chanson française chez Fetjaine.

Bertrand Dicale, Ces chansons qui font l’histoire, 2010, 288 pages, 19,90 euros, co-édition France-Info/Textuel.

6 septembre 2010. Étiquettes : . Biblio, Chorus. Laisser un commentaire.

Biblio : Trihoreau se peuple de Brassens

Dans cette nouvelle rubrique, nous explorerons la bibliothèque de la chanson, au gré des nouveautés. Et particulièrement la production de mes collègues de Chorus. Avec aujourd’hui l’ami Michel Trihoreau.

Michel Trihoreau, journaliste (Paroles & Musique, Chorus, Les Cahiers Léo-Ferré…)

Tout au long de ses chansons, Georges Brassens a fait naître une faune de personnages tous plus attachants les uns que les autres. Margot, Mireille, Jeanne, Jeanne Martin, Marinette, Mélanie, Hélène, Bécassine, la fille à cent sous, la femme d’Hector, les filles de joie, la nymphomane et l’épouse modèle, la première fille, bien sûr, et cette autre qui, dans l’eau de la claire fontaine, se baignait toute nue … Et Fernande, à laquelle, excusez-moi, je ne pensais plus. Et Bonhomme et Martin, Archibald, tonton Nestor, le vieux Léon et des tas d’autres… tout un monde en fait, qui nous est si proche, si familier, si attachant. Tant qu’il nous serait agréable de mieux connaître ces personnages entraperçus trois minutes durant, comme ces Passantes d’Antoine Pol, enfouis l’instant d’après dans les sillons de ses chansons. C’est ce qu’a voulu faire Michel Trihoreau en de telles « renCONTrES » : prolonger l’instant et faire plus ample connaissance. Voici un livre où tous les personnages sont authentiques : tous se sont échappés, le temps d’une nouvelle, d’une chanson de Brassens et vivent un bout de leur vie. On s’amusera forcément à la reconnaître, qui à leur histoire, leur comportement, à deux ou trois indices cachés dans le replis du texte. L’idée était séduisante qui chemine ici sous la plume alerte de Trihoreau en vingt-cinq nouvelles illustrées par le pinceau tout aussi agile de Cathy Beauvallet. Des tas de livres, plus ou moins savants, existent sur l’homme à la pipe, des biographies à foison, des tranches d’histoires de témoins privilégiés qui chacun vous narrent leur Brassens… Là, toute autre focale, ce sont ses personnages qui, non se racontent, mais simplement vivent devant nous. Parfois Brassens lui-même traverse ces histoires comme Hitchcock traverse ses propres films, en modeste figurant. Vingt-cinq nouvelles, une somme d’émotions, de retrouvailles, casting aussi flamboyant que tout à fait modeste. Et une liberté de ton qui nous fait découvrir un autre Trihoreau, en tous cas dans une autre écriture que celle de journaliste. Et qui lui va comme un gant.

Michel Trihoreau est par ailleurs l’auteur de La Chanson de Prévert (Éditions du petit véhicule, 2006) et de La Chanson de proximité (L’Harmattan, 2010), ce dernier sur lequel nous reviendrons.

Michel Trihoreau & Cathy Beauvallet, renCONTrES, collection Le Carré de l’imaginaire, livre relié à la chinoise, 90 pages, 21,4 x 21,4 cm, 18 euros, 2010 Éditions du petit véhicule

1 septembre 2010. Étiquettes : , . Biblio, Chorus. Laisser un commentaire.

NosEnchanteurs : un an déjà !

Ce blog a pile un an, pas loin de trois cents articles et (déjà) cinquante mille connexions. Merci d’en être !

La roue tourne, les disques aussi… (photo DR)

C’était il y a un an, la gueule de bois du retour de vacances. La rumeur s’était insinuée, persistante, inquiétante, venue d’abord de Barjac où les festivaliers apprenaient, terrible exclusivité, la mort, l’assassinat de la revue Chorus. Il n’y avait plus d’après…
Le repreneur bravache qui, un an plus tôt, se faisait fort de pérenniser cette mythique revue, de l’inscrire dans la durée, baissait les bras, conduisant dans le plus grand silence Chorus en un mortel processus de la liquidation, sans chercher, hélas, le repreneur à qui il aurait pu transmettre le flambeau. Le couperet, injuste, est tombé, étêtant plus encore une chanson de paroles qui n’a que peu, fort peu, de supports pour la soutenir. Pour tout dire, presque aucun.
C’est à ce moment-là que NosEnchanteurs est vraiment né, le 27 août 2009 (il a créé en fait en mai 2009 pour trois papiers énervés témoins d’un trop-plein de l’aqueu Johnny, puis oublié sur l’instant, tant d’ailleurs que personne ne savait l’existence de ce blog…), en réaction à la disparition de Chorus. Pour ne pas perdre le fil de la discussion, ne pas sombrer non plus dans la totale noirceur, dans le désespoir, histoire de se dérider les doigts sur le clavier.
Alors, Chorus, un an après ? Hidalgo, Demari, Weber, Théfaine, Richard et Troadec, Dicale, Pantchenko, Horner… les gens de Chorus sont de partout, qui à nourrir pour beaucoup leur blog ou leur site (voir liens en bas à droite de cette page-écran), qui à servir dans la presse écrite ou audiovisuelle (Weber, Delneste, Thonnet, Horner, Lecamp, Dicale…) ; qui à peaufiner les dernières pages de leur prochain bouquin (un, infiniment précieux, sur La Chanson de proximité -caveaux, cabarets et autres petits lieux- pour Michel Trihoreau ; sur de singulières rencontres avec les personnages de Brassens, toujours par Trihoreau ;  un monumental Ferrat pour Daniel Pantchenko ; un non moins indispensable Leprest pour Marc Legras ; le recueil de ses estivales chroniques chanson sur France-Info pour Bertrand Dicale…) Soyez certains qu’ils sont toujours sur le pont les artistes. Mais, toujours le bât blesse, sans cette épatante et mythique revue de 200 pages qui pesait son poids de découvertes et d’émotions, qui les unissait, faisant la somme de leurs savoirs, de leurs talents. Quatre livraisons par an c’était pas grand’chose certes mais c’était comme une dose de plasma, l’addition de ces globules blanches et rouges qui font vivre la chanson.
Ce blog ainsi que le Thou’Chant sont mes immodestes contributions à cette chanson qui a besoin de tous les relais possibles. Et d’abord et avant tout de vous. Pour témoigner, faire savoir, faire entendre. Pour inciter le public, malgré la crise, à remplir les modestes salles qui accueillent la chanson (là, je ne parle pas des Zéniths), pour reprendre au passant une chanson puis délicatement la déposer dans l’oreille d’un autre. C’est ainsi que vous ferez découvrir Véronique Pestel ou Jeanne Garraud, Philippe Chasseloup ou Sarclo, Richard Desjardins ou Roberto Sironi (et des centaines d’autres encore), plus sûrement qu’en écoutant France-Inter jour et nuit.
Et en faisant connaître, en popularisant ces blogs, petits espaces de liberté et de découvertes sur la toile : les blogs des copains, des collègues, les autres, tous ceux qui ont le cœur à partager.

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27 août 2010. Chorus, Saines humeurs. 4 commentaires.

S’il est un vœu de bonne année…

« Salut à la compagnie / De cette maison / Je vous souhaite une bonne année / Du bien à foison… » nous chantait Malicorne dans son fameux et lointain Almanach. Janvier. Voici donc revenu le temps où l’on se donne du « meilleurs vœux » en veux-tu en-voilà. En gros, au kilo, par pleines brassées, à en vomir, à tout le monde, même à ceux à qui, en temps normal, on dit à peine bonjour. Je n’aime pas les « meilleurs vœux », je n’aime pas cette hypocrisie collective. Les miens, mes meilleurs vœux, ils sont comme Brassens pour ses organes procréateurs : je ne les montre « qu’à mes femmes et à mes docteurs ». A mes intimes à qui j’offre des vœux enrubannés de tendresse vraie. Et, à l’autre bout, effectivement et paradoxalement à tout le monde. A ce monde à qui je souhaite d’être moins fou, moins sectaire, moins meurtrier, moins égoïste, plus sage, plus raisonnable. Et un peu moins stupide, un peu plus responsable dans ses choix politiques si tant est qu’il en est de bon.

Il me plaît de savoir que ce blog sera tout au long de l’année un lien entre nous. Entre vous, que je ne connais pas forcément, et moi. Entre la chanson et nous. Quand je dis la chanson, c’est bien souvent celle que nous ne pouvons bien connaître faute de médias, de médiums qui s’interposent entre elle et nous. Car c’est Garou qui passe à la télé, jamais Gary. C’est de Johnny dont on parle et qu’on décline à l’infini, pas d’Anne Sylvestre ni de Pascal Rinaldi, ni d’Évasion ni de Michèle Bernard, ni d’Un Costard pour deux ni de Philippe Chasseloup, tenez-vous le pour dit. Et quand pourrait survenir une émission intelligente et digne comme Tatarata, elle s’anglosaxonise à outrance pour s’éloigner à tout jamais d’un format chanson francophone qui aurait pu (l’aurait-il cependant voulu ?) parfois évoquer la chanson hors des chemins rabattus, hors gros labels, hors capitaux. Télé et grands supports presse ne valent définitivement rien pour la chanson. Pas même quand elle se vautre dans ce rouge canapé où Drucker s’octroie droit de vie et de mort médiatique et étale complaisamment ses amitiés de pouvoir. Du reste la chanson n’est rien. Je ne sais quelle feuille de chou nous apprenait il y a peu que Jean, le fils de, a failli devenir chanteur avant de faire le siège de l’Épad. Pourquoi pas ? Le très people magazine Elle nous instruit cette semaine que Berlusconi, en convalescence, écrit les chansons d’amour de son quatrième album. Pourquoi pas ? Hitler faisait bien dans la peinture et Néron dans l’éclairage urbain. Par eux, chanter ne veut plus rien dire, la chanson n’étant qu’un avatar de plus dans un déroulé people, une carrière de profits.

Moi je viens d’une autre planète où la chanson vaut, et bien plus que ça, ne serait-ce que pour ses élixirs d’émotion bullant dans son bouillon de culture. Autre planète, autre galaxie, où l’Allain, deux ailes et plumes d’ange, y saigne des mots déchirants de vie. Où Véronique Pestel, où Thomas Pitiot, où Madjid Ziouane et bien d’autres y procurent un bonheur inversement proportionnel à leur compte en banque. Je viens de la planète Chanson, arrivé ici par cet étrange ovni que fut Chorus. Pour l’heure et singulièrement depuis le torpillage de ce vaisseau-amiral, la défense de cette chanson passe par votre écran d’ordi, par le net. Hidalgo et moi y avons rejoint Théfaine et Pantchenko, comme un peu de Chorus-Canal historique : ça ne vaut peut-être pas la chaleur du papier qu’on caresse de ses doigts mais c’est déjà ça. D’autres blogs, d’autres sites naîtront qui tous nécessitent votre participation. A vous aussi de les faire connaître afin que la chanson s’arme de nouveaux et formidables outils. Car s’il est un vœu de bonne année que j’ai envie, un seul, c’est celui-là : que, même hors papier, la chaîne de la chanson ne se rompt pas.

3 janvier 2010. Chorus, Saines humeurs. 3 commentaires.

Le blog de l’ami Fred Hidalgo

Fred Hidalgo et Alain Souchon, en mai 2007, lors d'un entretien pour Chorus (photo Francis Vernhet)

Ça fait depuis trente ans que, sans être ni auteur, ni compositeur, ni même interprète, il est, avec son épouse Mauricette, un des acteurs privilégiés de la chanson. Lui, c’est Fred Hidalgo, créateur naguère du mensuel Paroles & Musique puis, en 1992, du fameux et désormais mythique Chorus-Les Cahiers de la chanson. Jusqu’en ce funeste jour de juillet 2009 où le tout nouveau boss, « ardent » volontaire pour fortifier et pérenniser cette revue d’exception, l’a tout simplement fait liquider sans autre forme de procès. Exit cette anthologie en temps réel de la chanson, cette bible des amateurs comme des professionnels, ce monument historique : c’est l’Obélisque qu’on a fait tomber, une institution qu’on a froidement lynchée, des racines violemment arrachées. Fred Hidalgo c’est trente ans de presse musicale, trente ans d’ardent et indéfectible soutien à tout ce qui vit dans la chanson. Trente ans, excusez du peu… Nombre d’artistes doivent un peu beaucoup de leur notoriété à Hidalgo et à son équipe de fines plumes. Au bout du compte, de trente ans en première ligne, plus rien. L’insupportable silence… Désormais rompu par la naissance d’un blog chanson, un de plus certes (il n’y en a pas tant que ça…) mais un hidalgueste blog : le sien. C’est pour moi l’occasion de signaler un confrère qui m’est bien plus que ça. Lecteur de Chorus depuis le tout début, je n’aurais jamais oser imaginer faire un jour partie de la rédaction de Chorus. Fred m’y a un jour appelé. Par mes papiers dans Chorus comme par d’autres, il m’a fait simplement grandir comme il a fait grandir sans doute nombre de collègues, comme il a fait grandir foule d’artistes. Nouveau venu moi-même dans l’univers des blogs, je ne puis que saluer l’arrivée attendue de l’ami Fred Hidalgo. C’est bien plus qu’un grand frère que voici.

http://sicavouschante.over-blog.com

24 novembre 2009. Étiquettes : , . Chorus, Saines humeurs. Laisser un commentaire.

Chorus, et après ?

chorusLa mémoire collective gravera dans le marbre cette soirée-là, cette longue aubade à Chorus (je dis aubade, pas chant funèbre). Merci à Thierry Lecamp et à sa station qui nous rappelle au passage que, par nombre de ses animateurs, Europe 1 a souvent été aux premières loges de la chanson. On pourrait être triste à l’écoute de cette émission (dont l’usage trop fréquent de l’imparfait ruinait la perfection), se dire que si l’hommage est juste plus jamais le facteur ne sonnera trois fois pour déposer dans votre boîte le précieux trimestriel.
L’été fut meurtrier, un sniper a tiré deux balles : l’une dans son pied, l’autre dans le dos de Chorus, mortellement atteint.
Après le coup de semonce, après la collective tétanie et cette insupportable impression de vide, l’émission d’Europe 1, avec son casting de rêve (de Thiéfaine à Moustaki, de Béart à Cali, de Leprest à Clarika…), ses jolis coups d’archet et ses scoops, vient de nous arracher de notre torpeur, de nous fouetter le sang. Thierry Lecamp a parlé d’ « encyclopédie interrompue » à propos de Chorus. Un de ses invités – lequel ? de Bernard Joyet à Carla Bruni, d’Alain Souchon à Charles Aznavour, il y eu tant de témoignages – tenait Chorus pour le prestige et la diversité de la chanson. Ce que manifestement il est.
Au jour d’après cette (formidable) émission, il convient de se poser la question : que fait-on ? On ne peut se contenter d’éteindre les lumières et couper le son. De lever le verre et chanter quelques couplets à la santé du bon vieux temps puis s’en aller, bêtement se quitter sans la promesse d’un après qui pourtant nous tend les bras.
Oui Chorus est unique et sa mort inique. Que faut-il imaginer pour que cette revue renaisse de ses cendres ? Quelle force est en nous, est en vous, pour redonner vie au fleuron de la chanson ? De partout où se crée, se perpétue l’histoire de la chanson d’expression française, on a besoin de Chorus, ce creuset inter-générations qui nous permet de mieux voir encore d’où nous venons, où nous allons, cette mise en perspective, cette anthologie en temps réel qu’est cette revue. Cette pépinière, cette couveuse de talents qui biberonne les artistes dès le premier cri, le premier chant.
Alors c’est quand qu’on va où ?

(On lira aussi et entre autres, sur NosEnchanteurs, l’article Adieu Chorus, on t’aimait bien. C’est ici. Et pour réécouter On connaît la chanson fait Chorus, l’émission de Thierry Lecamp, c’est ).

N’hésitez pas à réagir, sur ce blog ou ailleurs, à imaginer, à proposer. Car seul le silence peut tuer Chorus pour de bon.

11 octobre 2009. Étiquettes : . Chorus. 1 commentaire.

Débrouillez-vous mais il me faut une chronique dans Chorus !

Par Yannick DELNESTE

Mardi soir dans les studios d’Europe 1, des dizaines de chanteurs, de tous horizons et générations, sont venus saluer l’aventure Chorus, le magazine et sa rédaction, Fred et Mauricette Hidalgo en tête. Tous à vos postes de radio, ce samedi 10 octobre à 23 heures On connait la musique spécial Chorus : tout sauf un enterrement !

C’est Bernard Joyet qui a démarré. Il était 20h30, la seule fois de la soirée où l’on aura été en avance. Un bidonnant Gérontophile avant une sucrée douceur signée Agnès Bihl. On connait la musique fait Chorus : Thierry Lecamp et sa phrase récurrente de lancement sont en scène, attablé au triangle-table.

Mauricette et Fred Hidalgo invités de Thierry Lecamp (photo Albert Weber)

Mauricette et Fred Hidalgo invités de Thierry Lecamp (photo Albert Weber)

Sur un autre côté, Mauricette et Fred Hidalgo. Fondateurs de la revue il y a 17 ans, après l’aventure Paroles et musique dans les années 80 : 30 ans au service de la chanson francophone, et assommés cet été par la liquidation judiciaire de la société éditrice qu’ils avaient confiée – à l’époque avec confiance – à un dirigeant d’un groupe de presse il y a un an seulement. Quatre numéros plus tard, leur « bébé » est sacrifié sur l’autel d’obscures considérations économiques alors que pendant plus de 15 ans, des tempêtes plus sévères avaient été essuyées avec difficultés mais cohérence et foi en ce trimestriel unique.
Mardi soir, on n’a pas réglé de compte. Après une mise au point salutaire en début d’enregistrement, l’émission a été une « fête à Chorus », comme aux Francos on peut faire la fête aux artistes. La vedette, c’est la revue et ses deux parents, émus et touchés par les témoignages qui se sont succédé pendant plus de trois heures. Le studio a vite été exigu. Ce qu’on n’osait présager s’est bel et bien produit : des dizaines d’artistes sont passés rue François 1er rendre hommage au travail accompli par Chorus : défricheur, découvreur, connaisseur. Le tout avec rigueur.
C’est dans le couloir que s’improvisait l’antichambre de l’enregistrement, et tous les âges de la chanson et de ceux qui la font étaient représentés. Compagnon et « président » de toujours, l’ancien directeur de l’Olympia Jean-Michel Boris croisait Florent Marchet tandis qu’Allain Leprest tenait la porte à Joseph d’Anvers. Avec sa bobine de Clapton version unplugged, Kent faisait preuve d’une patience exemplaire à l’instar d‘un adorable Jean Guidoni. Chacun à leur tour gagnait la petite mais soyeuse scène. Au piano ou à la guitare, les artistes composaient un casting exceptionnel.

Jean Guidoni, un des très nombreux artistes à faire Chorus (photo Albert Weber)

Jean Guidoni, un des très nombreux artistes à faire Chorus (photo Albert Weber)

Nous étions là, Lâche-moi : Pierre Lapointe puis Clarika sortaient leurs bijoux. Avant ou après chaque chanson, les mêmes mots de gratitude ou d’admiration pour l’esprit Chorus. De nombreux artistes sont venus et n’ont pas pu, faute de temps intervenir au micro, chanter une chanson. Mais tous, à une décevante expression près, ont été formidables de sobriété, de chaleur et sobriété. Alexis HK, Mr Roux, Thomas Pitiot, Hervé Lapalud, Presque oui, Florent Marchet sont quelques-uns de ces nombreux soutiens muets d’un soir mais aussi essentiels que tous les autres.
Il y avait les chanteurs présents physiquement. Alain Chamfort, Thomas Fersen et Michel Jonasz (à plus de minuit, au sortir du théâtre où il joue tous les soirs) sont venus dire leur attachement à la revue. « Chorus, c’est comme un disquaire d’avant » disait Jonasz. « Il nous vend ce qu’on veut, ce qu’on connait mais il nous parle et conseille sur des jeunes talents, nous dit « Ok vous aimez ça, mais écoutez donc ça que je viens de découvrir ! » Une dimension très importante qu’il faut sauver. »
Il y avait les chanteurs là et puis ceux qui n’avaient pas pu venir mais qui ont tenu absolument à intervenir, en amont, en direct. Charles Aznavour, Francis Cabrel, Dominique A, Georges Moustaki, Juliette Gréco, Guy Béart, Alain Souchon ou Cali ont ainsi dit et redit leur affection pour les Hidalgo et la « Chorus line ». Sans hiérarchie aucune, détachons quand même deux énormes surprises et exclusivités : Carla Bruni et surtout Jean-Jacques Goldman, silencieux depuis 2002 hors Enfoirés, mais qui n’aura décidément jamais fait faux bond à Chorus et à son couple mythique ! « C’est très touchant » a dû ainsi être prononcé 246 fois par Fred Hidalgo et pour cause : la débauche de louanges avait tout du torrent.
Thierry Lecamp et son équipe faisaient semblant d’improviser et d’être débordés mais l’émission a été menée de main de maître, techniquement et humainement. Impressionnant. « J’ai un album qui sort en janvier, alors vous vous débrouillez mais il me faut une chronique dans Chorus » : la boutade de Nilda Fernandez était joliment symbolique d’un pan fourni de réactions enregistrées mardi. Chorus ne peut pas disparaître comme cela, le rebond est attendu, espéré, et sera soutenu : le message a été maintes et maintes fois répété.
Trois heures et demie plus tard, l’émotion était montée de quelques crans, et la soirée avait réchauffé une rédaction choquée par le couperet tombé cet été. La longue soirée live deviendra une belle émission de deux heures. Elle sera à n’en pas douter, particulièrement riche et émouvante. Mais surtout artistiquement exceptionnelle. Et à Chorus, c’est avant tout cela qui nous intéressait hier, passionne aujourd’hui, et fera vibrer demain.

(Yannick Delneste et Albert Weber sont tous deux journalistes à la revue Chorus)

Pour réécouter l’émission de Thierry Lecamp « On connaît la chanson fait Chorus », c’est au bout de ce lien.

9 octobre 2009. Étiquettes : . Chorus. 4 commentaires.

Chorus chez Europe 1

Vous le découvrirez, le générique de la spéciale Chorus de On connaît la chanson est entre tous impressionnant. De très nombreux artistes pour faire la fête à Fred et Mauricette Hidalgo – et par eux à la revue Chorus – et ainsi rendre hommage au travail accompli tout en appelant des lendemains qui chantent à nouveau pour cette revue de référence. Cette émission exceptionnelle de Thierry Lecamp sera diffusée samedi 10 octobre de 23 heures à 1 heure

Pour réécouter l’émission de Thierry Lecamp « On connaît la chanson fait Chorus », cliquez là.

En guise de porte-folio autant que pour se mettre en appétit, voici un extrait du reportage de Françis Vernhet, photographe à Chorus.

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On lira, bien sûr, sur NosEnchanteurs, la relation de cette soirée par mon ami chorusien Yannick Delneste. C’est ici.

7 octobre 2009. Étiquettes : . Chorus. 1 commentaire.

Une pleine soirée Chorus sur Europe 1

Communiqué de Thierry Lecamp, journaliste à Europe 1

Chers amis de la chanson,

Chorus, Les Cahiers de la chanson, disparaît 17 ans après sa création, suite au dépôt de bilan de la société éditrice.

Notons que Thierry Lecamp est aussi membre de la rédaction de Chorus

Notons que Thierry Lecamp est aussi membre de la rédaction de Chorus

J’ai donc décidé de proposer aux créateurs, Fred et Mauricette Hidalgo, une numéro spécial d’On connaît la Musique, sur Europe 1. Une émission hommage à deux passionnés qui ont largement œuvré pour la reconnaissance et la mise en avant du dynamisme des différents talents confirmés ou non de toute la chanson. L’idée est de proposer une émission de deux heures, basée sur des témoignages d’artistes, parlés et chantés, qui viendront participer à cet enregistrement réalisé dans les conditions du direct (ou pratiquement) le mardi 6 octobre, de 21 h à minuit à Europe 1, 26 bis rue François 1er Paris 8e, pour une diffusion le week-end suivant. Fred et Mauricette Hidalgo en seront les invités d’honneur. Cette émission leur est dédiée.

Je compte sur vous pour informer tous les artistes francophones avec lesquels vous êtes en contact. Cette émission se doit d’être à la hauteur d’une revue dont la qualité a été démontrée au fil des années (on est proche des trois décennies en incluant Paroles et Musique). L’idée est de laisser les portes ouvertes afin que tous les artistes qui souhaitent participer puissent venir en studio quelques minutes.

Pour les artistes qui accepteront de chanter un titre, des répétitions seront possibles, avant l’enregistrement. Nous ne pourrons pas en revanche proposer de formules avec musiciens. Les prestations seront donc solo, à priori à la guitare ou à l’aide de notre piano qui sera à leur disposition, des retours seront prêts à l’emploi. A moins que d’autres idées naissent… Pour les artistes qui n’habitent pas Paris, des témoignages téléphoniques seront possibles.

Je souhaite vraiment que ce rendez-vous permette à un public large de prendre conscience de la nécessité d’une revue comme Chorus, et qu’il permette, à terme, une reprise de la publication. Je l’ai en tous cas pensé avant tout comme un hommage des artistes
à un média qui a toujours œuvré pour qu’ils rayonnent et rencontrent un public toujours plus large.

Si l’envie vous prend de les remercier, vous en avez la possibilité. Je compte sur vous.

Thierry Lecamp, Europe 1, émission On connaît la musique.

(On peut lire, sur NosEnchanteurs, la relation de cette soirée en tous points exceptionnelle. C’est ici)

24 septembre 2009. Étiquettes : . Chorus. 5 commentaires.

Saint-Pierre-et-Miquelon fait chorus

Sous le titre Chorus ne chantera plus, Henri Laffite, jolie plume du Magazine de Saint-Pierre-et-Miquelon, rend un bel et vibrant hommage à Chorus. En voici des extraits (on retrouve le papier dans son intégralité sur : http://www.mathurin.com/article2943.htlm ).

C’est l’automne. Bientôt les feuilles mortes tomberont à la pelle. Mais les bonnes feuilles de Chorus seront elles aussi tombées. Chorus aux feuilles de chansons aura été victime d’une opération commerciale : rachat récent du titre censé lui assurer la stabilité financière, mise en liquidation judiciaire surprise du repreneur au cours de l’été et toute une équipe de passionnés qui se trouve ainsi privée de 17 ans de sève, nourrie d’un terreau encore plus ancien, celui du mensuel Paroles et musique. Chaque changement de saison était pour moi un régal, à me plonger dans le nouveau numéro trimestriel qui humait la passion, la création et l’âme des artistes. Septembre 2009, les feuilles de Chorus manquent cruellement à l’appel. (…) Aussi voulais-je ici saluer les porteurs de rêve qui, avec Fred et Mauricette Hidalgo, sur les traces des princes d’écriture – je pense à un titre de Jean-Marie Vivier -, se faisaient l’écho de la vie sur les planches et nous invitaient à découvrir de merveilleux écrins d’écoute. Numéros qui se suivaient comme autant de pierres de mémoire pour témoigner encore, rappeler la richesse créatrice des grands noms et révéler la beauté de milliers d’inconnus. Travail ciselé qui se livrait dans ses atours d’encyclopédie sans cesse renouvelée. (…) Les Cahiers de la chanson ne nous feront plus partager leurs feuilles. Et je ressens, porté par le souvenir de Marc Robine, comme un immense « bleu » d’exil. « Il est cinq heures du matin dans les îles.. »

Henri Lafitte, Chroniques musicales 22 septembre 2009

24 septembre 2009. Étiquettes : . Chorus. Laisser un commentaire.

Mise au net de la revue Chorus

Michel Kemper et Mickaël Furnon (Mickey 3d) lors de l'entretien exclusif pour le numéro 69 de la revue Chorus

Michel Kemper et Mickaël Furnon (Mickey 3d) lors de l'entretien exclusif pour le numéro 69 de la revue Chorus (photo Niko Roddamel)

Rien dans la boîte aux lettres, pas plus à l’étal de votre marchand de journaux préféré : Chorus est mort assassiné durant l’été par son nouveau proprio. La chanson dans son ensemble n’aura de cesse de le remercier comme il se doit. Élégant sursaut, bras d’honneur contre cette ignominie autant que grand respect envers les lecteurs de Chorus les artistes et les professionnels de la chanson, les membres de la rédaction de Chorus ont pris l’initiative de publier tous les articles achevés et livrés à la date de la liquidation judiciaire de cette revue, le 22 juillet dernier au tribunal de Nantes. Vous les lirez sur le site www.laredactiondechorus.fr

Lecteur de Chorus depuis le n°1, j’en ai été un beau jour un de ses rédacteurs. Et me refuse à penser que c’est une époque qui s’achève. Chorus est notre bien autant qu’une nécessité. Je lui souhaite un avenir, non forcément sur le net (C’est déjà ça dirait Souchon) mais bien sur papier, qu’on froisse et qu’on corne, qu’on palpe et qu’on caresse.

21 septembre 2009. Étiquettes : . Chorus. 3 commentaires.

Communiqué de la Rédaction de Chorus-Les Cahiers de la chanson

Tous les membres de la Rédaction de Chorus, tétanisés et terriblement meurtris depuis la décision brutale et unilatérale du gérant de la société éditrice, fin juillet, de les priver de leur outil de travail au bout de dix-sept ans révolus, alors que ce titre de référence avait potentiellement tous les atouts pour se développer et se pérenniser, ont estimé de leur devoir de rendre publiques leur stupéfaction devant le fait accompli et leur tristesse pour le lectorat de la revue, les artistes et le monde de la chanson francophone en général, au moment où aurait dû paraître son numéro d’automne (puisque Chorus sortait toujours le premier jour de chaque nouvelle saison depuis l’automne 1992)

COMMUNIQUÉ DE LA RÉDACTION DE LA REVUE CHORUS (LES CAHIERS DE LA CHANSON)

La Rédaction de Chorus sous le choc de sa disparition brutale L e numéro d’automne de Chorus, qui devait sortir dans les kiosques le 22 septembre, ne paraîtra pas. Ainsi en a décidé le gérant de sa société éditrice, Les Éditions du Verbe, qui, après avoir repris celle-ci (dans une situation économique saine) il y a seulement un an, a procédé cet été à son dépôt de bilan. Tous les journalistes de Chorus, responsables de la Rédaction inclus, ont appris avec stupéfaction en l’espace de 48 heures que le prochain numéro auquel ils travaillaient ne sortirait pas et que la société éditrice du titre avait été mise en liquidation judiciaire (le 22 juillet à Nantes, siège de la société Millénaire Presse, copropriétaire avec son gérant, depuis la fin mai 2008, des Éditions du Verbe). Revue trimestrielle de 196 pages considérée comme la « bible de la chanson francophone », Chorus (Les Cahiers de la chanson) avait été créée en 1992 par Fred et Mauricette Hidalgo (déjà fondateurs en 1980 du mensuel Paroles et Musique), qui en étaient toujours rédacteur en chef et secrétaire générale de la rédaction. Le dernier numéro, qui bouclait sa dix-septième année d’existence, aura donc été le n° 68 de l’été 2009 avec Olivia Ruiz à la une, des sujets sur Bashung, Nougaro, Renan Luce, Alexis HK, Maurane, etc. Extrêmement choqués d’être ainsi placés devant le fait accompli et profondément attristés de la disparition d’un titre aussi emblématique (alors que la cession de la société éditrice avait eu pour seul but d’assurer la pérennité de la revue après une transition de trois ans au moins avec ses fondateurs et son équipe rédactionnelle), les membres de la Rédaction de Chorus ont décidé (par respect envers leur lectorat et les artistes rencontrés) de mettre en ligne dès le 22 septembre une importante partie du numéro d’automne déjà terminée à la date du dépôt de bilan. On trouvera en outre un éditorial collectif et un index des milliers d’articles consacrés aux innombrables artistes présentés dans la revue depuis 1992 sur le site spécifique http://www.laredactiondechorus.fr qui permettra aux lecteurs d’être informés de cette disparition aussi soudaine qu’inattendue – et dont les effets risquent de causer un vrai préjudice au monde de la chanson francophone (en particulier aux jeunes talents, dans la découverte desquels Chorus s’était fait une spécialité). Et à défaut désormais de pouvoir joindre la Rédaction par téléphone, fax ou Internet, toutes ses lignes ayant été brutalement coupées début septembre, on peut encore écrire à son adresse postale habituelle : BP 28, 28270 Brézolles. La Rédaction dans son intégralité : François Blain (correspondant au Québec), Marie-Agnès Boquien, Jean-Michel Boris (chroniqueur), Michel Bridenne (dessinateur), Thierry Coljon (correspondant en Belgique), Yannick Delneste, Jean-Claude Demari, Bertrand Dicale, Serge Dillaz, Damien Glez (dessinateur), Fred Hidalgo (directeur de la rédaction-rédacteur en chef), Mauricette Hidalgo (secrétaire générale de la rédaction), Olivier Horner (correspondant en Suisse), Michel Kemper, Thierry Lecamp, Marc Legras, Daniel Pantchenko, Jean Théfaine, Stéphanie Thonnet, Michel Trihoreau, Michel Troadec, Jacques Vassal, Francis Vernhet (photographe) et Albert Weber.

21 septembre 2009. Étiquettes : . Chorus. 5 commentaires.

Chorus aux abonnés absent

La « une » et le dossier (qu’on dit en tous points extraordinaire) consacrés à Manu Chao, des rencontres avec Ariane Moffatt et Mickey 3d, un duo d’artistes fait d’Allain Leprest et de Romain Didier, des artistes « de passage » (Art Mengo, Gilles Vigneault, Jean-Louis Murat, Michel Jonasz), des portraits de bien d’autres chanteurs encore, une thématique autour du « 69, numéro érotique », les festivals de l’été, l’actualité du disque, etc. Voici donc le sommaire du numéro 69 de Chorus daté de l’automne 2009 à paraître ce 20 septembre. Un numéro que vous ne recevrez pas, que vous ne lirez jamais : Chorus à été abattu cet été d’un coup de poignard dans le dos, liquidation judiciaire à la demande pressante de son (nouveau) boss, après quatre numéros seulement, à peine le temps d’imaginer un plan de relance et surtout pas le temps de le mettre en application. Quid des abonnés qui compteront sans doute pour pas grand-chose dans la liquidation… C’est l’incompréhension ! Alors lecteurs, artistes et autres professionnels de la chanson, auront tous tout naturellement envie de téléphoner à la rédaction de Chorus, à Fred et Mauricette Hidalgo, les fondateurs et (jusqu’à ce jour) toujours animateurs de cette revue. Et ben non ! Après avoir tué leur bébé, on vient de leur couper le téléphone, ce fameux numéro qui les relie à nous depuis plus de dix-sept ans. Et le mél. On les coupe ainsi du monde et de l’indignation du monde. Plus de possibilité pour eux de nous expliquer l’inexplicable, cette perte immense pour qui aime la chanson. C’est ainsi qu’on récompense toute une vie consacrée à la promotion de la chanson, en leur coupant le son. C’est d’un triste, d’un sinistre…

7 septembre 2009. Étiquettes : . Chorus. 8 commentaires.

Adieu Chorus on t’aimait bien…

Voilà, c’est fini. On aurait pu croire cette revue sans âge et sans limite, un peu comme un trait d’union entre les générations. Elle aurait jadis exploré les contours de l’œuvre de Damia, chroniqué en live Maurice Chevalier. Et Piaf bien sûr. Elle aurait à chaque époque été là, toujours précise, toujours pertinente. Bécaud, Aznavour, Brel, Béart, Brassens, Anne Sylvestre… Et Woody Guthrie, Joan Baez, Léonard Cohen, Bob Dylan… Félix Leclerc aussi. Elle nous aurait entretenu de ces années soixante et soixante-dix. De cette chanson d’auteur qui nous apporte alors des comme Nougaro, Higelin, Béranger, Bashung, Lavilliers, Dick Annegarn, Michèle Bernard et tant d’autres. Et aujourd’hui des Renan Luce, Alexis HK, Clarika, Frédéric Bobin, Olivia Ruiz, Rémo Gary, Batlik et pas mal d’autres encore. A chaque décennie, elle aurait été là, au plus près de l’éclosion des talents. Jusque maintenant et plus encore. Moi je l’imaginais dans vingt ans, me parlant d’artistes que je ne peux encore envisager, des peut-être qui ne sont pas encore nés et seront les grands talents de demain, si peu qu’on daigne s’y intéresser, qu’on sache les identifier. Chorus, c’est ça ou du moins ça l’était, la revue anthologique d’une chanson en mouvement, profondément ancrée dans notre histoire comme dans notre quotidien.
Chorus c’est fini. Le nouveau taulier a dû avoir les yeux plus grands que le ventre en l’achetant il y a un an, pile quatre numéros. Il jette l’éponge et, pire, liquide cette revue, jugeant, à l’aune de sombres perspectives que ce support n’a pas d’avenir. On en reste pantois, le cul par terre, à ne pas comprendre. Car quand on reprend Chorus, on prend la responsabilité d’une part de notre Histoire, comme un particulier achèterait un monument historique, Petit Trianon ou alignements de Carnac. Il y a obligation d’y veiller avec le plus grand soin, comptable que l’on est alors de ce trésor, de son passé, du présent et de l’avenir. Car, grands dieux, il n’y a pas deux Chorus : il n’y en a qu’un, qu’on ne casse pas comme un vulgaire vase de Soissons ! Quand on s’investit d’une telle responsabilité, on la tient. Et on alerte au cas où, on passe le témoin si on faiblit, on assure que diantre !
Alors c’est pas malin, c’est cassé, c’est fini, c’est foutu. Encore un malus pour la chanson qui, franchement, n’avait pas besoin de ça. Comment vous dire demain la petite musique qui me court l’échine ? Bien entendu je parle de la chanson, de la vraie, de… comment vous dire, vous la décrire, vous la chantez ? Mais je suis sûr que vous me comprenez… Ça ne peut manquer à ceux qui facturent 200 000 euros à leur copain président (s.a.r.l. France) leur prestation privilégiée d’un soir, sous la Tour Eiffel (tiens, ça fait longtemps que j’en ai pas parlé de celui-là !). Lui et quelques autres qui ont les médias pour eux, à leur (lèche) botte, à leur entier service. Pour les autres, de loin les plus nombreux, Chorus était un espoir, souvent le seul. C’est fini, partez, y’a plus rien à voir, allez pointer chez chom’du !

27 août 2009. Étiquettes : . Chorus. 2 commentaires.

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