Mômes en Zic : l’Alors-Chante des enfants

Jacques Haurogné (ph. DR)

On se dit qu’ils ont trouvé le moyen de faire baby-sitting intelligent, d’occuper les mômes pendant que leurs parents vont se perdre dans la foule de Zebda, de Dutronc, Camille ou Presque Oui.
Ben non, c’est mieux et plus que ça même. Comme une poupée russe, le festival Alors chante de Montauban en a fait naître un autre en son sein : Mômes en Zic. Une annexe, un appendice ? Non, un vrai festival ! Avec une programmation tip top, superbe, tant qu’on aimerait rajeunir, ou gratter sa date de naissance sur sa carte d’identité pour en écrire une plus proche dans le temps.
La chanson pour enfants semble s’être débarrassée des Dorothée et Chantal-Goya d’antan, de tous ces parasites débilisant qui faisaient sans vergogne les poches et la tirelire des gosses. De nos jours, les chanteurs pour « jeunes publics » travaillent les mots, peaufinent le verbe, travaillent le poésie et l’imaginaire des enfants à partir de ce qu’ils sont, de ce qu’ils vivent, de ce qu’ils rêvent. Walt Disney et Bécassine sont alors loin, qui ont laissé place à de la vraie chanson, qui prend les mômes pour ce qu’ils sont : intelligents et sensibles.

Le Zèbre à trois de Chtriky (photo DR)

Au programme cette année à Montauban : Chtriky (Zèbres à trois), Merlot (Au fond de la classe), Pascal Peroteau (Ça m’énerve), Les Wackids (L’histoire du rock’n toys), Jacques Haurogné (Les petites fabulettes : doudous perdus ; Les grandes fabulettes : l’île en eau), Petit Noof, Franz (Bas les pattes), Oldelaf (Bête et méchant) et les Saltimbrank’s (Perds pas le fil) : que du bon ! On notera le nombre d’artistes au répertoire « adulte » qui se tournent volontiers vers les (beaucoup) plus jeunes : Merlot, Chtriky, Oldelaf, Noof, même Haurogné même si ça fait longtemps qu’il courtise les préaux d’école et cours de récré. Cette heureuse initiative, qui allie la pédagogie au pur plaisir et formera peut-être les futurs bataillons de la chanson, n’est pas la seule : ainsi les Francofolies de la Rochelle qui tiendront en, juillet prochain leurs 7e Francos Juniors (avec François Hadji-Lazaro et Pigalle, Michèle Bernard, Tony Truant (des Wampas) et Dorothée de Monfreid, Merlot ainsi que la Compagnie Nid de Coucou).

Alors chante ! 27e édition, à Montauban, du 14 au 20 mai 2012 avec, entre autres, From et Ziel, Liz Cherhal, Tiou, Jeanne Plante, Les Yeux d’la tête, Moran, Berry, Chloé Lacan, Presque Oui, Dimone, L, Carmen Maria Vega, Hubert-Félix Thiéfaine, Becs bien zen, Les Grandes bouches, Zebda, Camille, Agnès Bilh & Anne Sylvestre, Clément Bertrand, Blankass, Wally et Hk & les Saltimbranks. La programmation complète ici. http://www.alorschante.com/index.php/programmation/grille-de-programmation

5 mai 2012. Étiquettes : , , . Festivals, Pour les mômes. 1 commentaire.

Paroles et Musiques, 21e du nom

Si, pour nombre de nos lecteurs, Paroles et Musique fut le titre de cette fameuse revue qui précéda Chorus, c’est aussi le nom d’un grand festival stéphanois né il y a vingt ans pour mettre en valeur la chanson.  Très « chanson » à ses débuts, le festival créé par Marc Javelle a pris depuis la mesure d’autres genres, tous faits d’autres paroles, d’autres musiques. Ainsi le rap qui, depuis quelques années, vit en cet événement festivalier de bien belles pages de son histoire…
Côté purement « chanson », on notera avec intérêt le plateau partagé (sous le Magic-Mirrors) entre Jeanne-Garraud, François Gaillard et Romain Didier, ce dernier étant l’un des grands fidèles de ce festival. Egal intérêt pour celui, en simultanée, qui verra se produire au Zénith Zebda (le groupe le plus présent dans les prochains festivals de printemps et d’été), Dionysos et Caravan Palace. Y’a des fois où en revendique le droit d’ubiquïté… Les plateaux Yoanna-Soan-Debout sur le zinc et Carmen Maria Vega-Arthur H-Camille retiennent sans mal notre attention : rien que du bon ! A noter encore, sur la scène en plein-air (pourvu qu’il ne pleuve pas !) notre ami Elie Guillou (celui du Paris-Brest ou des concerts en lavomatics), Broc (la nouvelle formule très électrique de Balmino) et le très intéressant Erwan Pinard.
L’un des moments attendus de cette 21e édition sera sans conteste cette prestation d’Oxmo Puccino, le « black Jacques Brel » comme on le surnomme, pour la première fois en trio acoustique. Si les amateurs de rap se régaleront encore de cette soirée réunissant tant Sefyu, Youssoupha et Meca (objectivement un beau plateau), le tout public pourrait à nouveau faire triomphe à Barcella dont le nouvel album, Charabia, sera tout juste dans les bacs.

Le programme
Mardi 15 mai : Cœur de pirate + Zaza Fournier (complet).
Mercredi 16 mai : Le Zarbi Circus ; Ginkgoa ; Jeanne Garraud + François Gaillard + Romain Didier ; Zebda + Dionysos + Caravan Palace.
Jeudi 17 mai : Boule ; Mina Tindle ; Arlt ; Nadeah ; The Joking ; Scratch Bandits Crew + 1995 + Birdy Nam Nam ; Giedre + Karpatt + Socalled.
Vendredi 18 mai : Doorsfall ; Claire Denamur + Charlie Winston ; Yoanna + Soan + Debout sur le zinc ; Méca + Sefyu + Youssoupha.
Samedi 19 mai : Elie Guillou ; Ben Mazué ; Vincha ; Oxmo Puccino trio ; Broc ; Carmen Maria Vega + Arthur H + Camille ; Fantasia Orchestra ; Archimède.
Dimanche 20 mai : Erwan Pinard ; Barcella ; Vincent Loiseau ; Shantel et le Bucovina Club Orkestra.

Paroles et Musiques, du 15 au 20 mai, Esplanade François-Mitterrand à Saint-Etienne. Le site du festival.

4 mai 2012. Étiquettes : . Festivals, Les événements. 1 commentaire.

Zedrus en Or

Zedrus (photo Athos99)

Nous en parlions la semaine passée sans savoir qu’il serait en haut de l’affiche lors du weeek-end. L’helvète Zedrus vient de remporter la 45e médaille d’or de la chanson au Marché-Concours de Saignelégier, dans le Jura suisse. Le jury était présidé par le toulousain Yvan Cujious, lauréat de l’édition 2001. Hasard et destinée, c’est à un autre chanteur de la ville rose qu’est revenu la médaille d’argent : Chouf. Enfin, le bronze est pour Guillo, chanteur venu des Landes qui d’ailleurs fait coup double en s’adjugeant le prix du public.
Si on peut considérer que cette médaille n’est qu’un prix de la chanson parmi d’autres, il a pour les suisses une toute autre valeur, qui pèse son poids de médaille. Il fut créé en fin avril 1968 par un mouvement de jeunesse en lutte pour l’autonomie du Jura francophone au sein de la Confédération helvétique. En 1968, en effet, l’ensemble du Jura francophone faisait partie du canton de Berne, germanophone. L’organisation d’un concours pour auteurs, compositeurs et interprètes francophones était une manière d’affirmer l’identité des Jurassiens, une façon de défendre leur langue. La 1re Médaille d’or connu un succès retentissant avec 1200 spectateurs. Ce n’est qu’en 1975, au prix d’une cassure au sein des districts francophones, que trois d’entre eux décident de former un canton suisse. Le combat identitaire est gagné. Malgré cette autonomie, la Médaille d’or continue chaque année d’être organisée.
C’est donc à Zedrus, un chouette chanteur, de Genève, un peu brusque dans ses mots, délicieusement rugueux dans sa poésie, que revient cette médaille et l’honneur de présider ce concours l’an prochain. Le lendemain du prix, il était, encore la tête dans les étoiles, à un débat sur la chanson romande lors du Salon du livre et de la presse de Genève.
La presse suisse, qui a suivi fidèlement cette rencontre, note une « qualité et une diversité de candidats impressionnantes ». Notons au passage le nombre important de candidats : 109 au total à postuler pour cet instant d’éternité, pour ce Panthéon de la chanson où désormais, après Aliose en 2010 et Cujious l’an passé, est gravé en lettres d’or le nom de Zedrus.

Le site de la Médaille d’Or de Saignelégier, c’est ici ;  le myspace de Zedrus, c’est là.

 

2 mai 2012. Étiquettes : . Les événements, Prix. 2 commentaires.

NosEnchanteurs, repaire et repères de la chanson

L’un réside dans les Ardennes belges, l’autre entre Rhône-Alpes et Auvergne. Les deux aiment la chanson, qu’ils fredonnent souvent. Walter bosse dans l’informatique ; Michel écrit ses petites chroniques de disques et de spectacles, relate autant que faire se peut l’actualité de cette chanson à l’ombre des médias. Ça fait deux mois qu’ils oeuvrent ensemble au devenir de NosEnchanteurs, à la « nouvelle formule » comme on dit, une petite révolution en soi. Que vous soyez fidèle lecteur de NosEnchanteurs depuis des lustres ou frais converti, vous êtes habitué à ce visuel sans chichi, un rien suranné, cette gangue bleue qui protège nos découvertes chanson. Là, nos deux complices pulvérisent le format, le dynamitent, en font comme festival, pour accoucher d’un autre NosEnchanteurs. Ce sera chanson grand format, presque panoramique, avec nombre de rubriques nouvelles et des surprises à chaque clic. La chanson méritait cette dimension-là. Pour autant, Walter et Michel sont soucieux de ne pas toucher à ce qui fait la richesse de l’actuel blog : son esprit un tantinet rebelle, sa proximité, la richesse et la pertinence des commentaires des lecteurs, cette farouche volonté d’être un outil pour cette chanson absente des médias, hors showbiz.
L’objectif de Michel est de tripler, de quintupler l’audience de NosEnchanteurs pour être vraiment cet outil utile dont cette chanson a besoin. Le pari est ambitieux alors qu’en ce mois d’avril le compteur s’affole, qu’au bout du compte on finira à plus de 1700 connexions par jour. Des articles ont fait leur beurre, ont fait leur buzz, attirant ainsi de nombreux nouveaux lecteurs. La lettre de Torreton à Ferrat a drainé une flopée d’amateurs de l’un, d’amateurs de l’autre. Des deux. Les nouveaux abonnés sont légion : bienvenue !
Ce matin, Walter et Michel travaillent sur une des nouvelles rubriques vidéo : « La chanson du jour ». Comment la positionner sur la page écran, la valoriser ? Page qu’il faudra nourrir en plus du ou des billets quotidien, du « télex » des infos brèves et des autres rubriques. Le blog devient site, nécessaire repère, élégant repaire pour la chanson. Entre deux essais, trois propositions, ils conversent à distance. Sur une chanson de Barbara reprise par la grande Ribeiro, sur une autre et magnifique du québécois Stéphane Côté… Walter travaillera ensuite sur la bande passante des portfolios sur la page d’accueil puis sur des tas d’autres idées et perfectionnement. La machine est lourde qu’il faudra savoir manœuvrer au jour le jour, sur ce tableau de bord décuplé. Pendant ce temps, Cat, Claude, Chantal, Lucien et les autres font moisson d’émotions, qui de leur stylo, qui de leurs pixels pour remplir les pages à venir.
La date n’est pas encore fixée pour ce nouveau site, ce NosEnchanteurs (l’Autre Chanson) qui nous vient, le compte à rebours pas enclenché. Chacun s’y prépare, sereinement mais pas sans fièvre. On vous prépare des lendemains qui chantent plus encore.

28 avril 2012. Divers, Les événements. 9 commentaires.

Bientôt un nouveau NosEnchanteurs…

Avec 1000 à 1500 connexions par jour, chaque jour, parfois plus (3122 connexions hier !), NosEnchanteurs est de loin le premier blog chanson. Qui plus est d’une certaine chanson, de celle dont les médias se foutent comme de leur premier vinyle. De l’autre chanson. De Jacques Bertin à Amélie-les-Crayons, d’Anne Sylvestre à Jérémie Bossone, de Gérard Delahaye à Hervé Cristiani, de Michèle Bernard aux Ogres de Barback, de Trévidy à Romain Dudek, le spectre est large de cette chanson dont la presse ne parle plus, ou si peu, ou si mal.
Chaque jour, entre portraits d’artistes, chroniques de disques, entre coups de cœur et coups de gueule, NosEnchanteurs relate la vie de cette chanson ; chaque jour vous le plébiscitez en en faisant votre rendez-vous fidèle.
Pour aller plus loin encore, pour être plus utile, plus efficace, il nous faut désormais transformer l’essai. Et accomplir la nécessaire mue de NosEnchanteurs, trop à l’étroit dans sa gangue bleue. D’ici à peu de temps, en cliquant sur ce blog, vous découvrirez un tout autre site. D’un tout autre visuel, mais dans le même état d’esprit, avec les mêmes enthousiasmes, la même impertinence aussi, avec ce côté rebelle et frondeur qui le caractérise plus que tout autre. C’est d’une coopération franco-belge, entre l’ami Walter et moi, que naît actuellement le nouveau NosEnchanteurs (l’Autre Chanson) que vous verrez bientôt.
Un site plus « professionnel » encore, même si la démarche de NosEnchanteurs l’a toujours été, tant dans la qualité de l’écrit que dans l’exigence de l’information, dans la farouche volonté de faire découvrir et partager cette autre chanson, de lui offrir une tribune. Ce sera plus que jamais le grand rendez-vous, le lieu de rencontres, de découvertes, l’agora de cette chanson qui nous anime. Ce sera alors à vous de populariser NosEnchanteurs (l’Autre Chanson), le partager, l’offrir comme on offre au passant la chanson qui est sur nos lèvres.

Classé à la 58 943e position, tous genres confondus, du Top des blogs ebuzzing (ex-Wikio) en janvier 2010, NosEnchanteurs s’est hissé à la 326e place en février 2012. Qualifié de « billets remarquables », il passe, dans ce même classement de février 2012, à la 46e place des blogs Culture et à la 2e place des blogs Musique.

25 avril 2012. Les événements. 18 commentaires.

Rencontre à Genève, lors du Salon du livre

A nouveau sur la route. Cette fois à Genève, chez nos amis helvètes, à l’occasion du Salon du livre et de la presse. Où je participe ce dimanche à un débat sur « Les mots des chanteurs romands » avec, réunis autour du micro, une belle brochette de chanteurs du cru : Zedrus et Denys Surdez, père et fils chanteurs et poètes, Thierry Romanens et Blandine Robin. Et Michel Kemper, votre serviteur l’enchanteur, qui y dédicacera tant Mes nuits critiques que Les Vies liées de Lavilliers. Débat animé par Pascal Schouwey.

Ce débat aura lieu dimanche de 15 h 30 à 17 h sur le stand de la scène du Cercle i1145 (le Cercle est facile à repérer, c’est le stand avec les immenses rideaux rouges, la scène est juste derrière, devant le Café Livresse).

J’ai souvent consacré des lignes à Thierry Romanens (notre photo), comme celles-ci : « Thierry Romanens, suisse encore inédit en France, est à Sarclo ce que Dupont est à Dupond. Avec un look à la Tintin. Lumineux ! Il nous vient du pays des banques, fait le mariole, pas le branque. Il est direct, franc, jovial, gueule de Tintin picaresque et pittoresque : Heureux comme un cochon dans la fange / Je ne suis qu’un rieur aux anges. Ravis, en tous cas, de faire connaissance avec un petit suisse de la chanson, qui partage avec l’autre helvète qu’est Sarclo un goût consommé de l’impertinence, du caustique, de l’humour radical, que contrecarre une poésie urgente, qui se fout pas mal des rimes. » (suite ici)

Nous reviendrons sur Zédrus, cette semaine, à l’occasion de la sortie de son nouvel album, Dans la différence générale.

24 avril 2012. Étiquettes : , , , , , . Festivals, Les événements. 1 commentaire.

A François Morel le prix Alphonse-Allais

Parmi les récents billets de NosEnchanteurs, beaucoup de prix, de palmarès, tant il est vrai que ces récompenses, médailles et colifichets peuvent éclairer un artiste, au sens de le mettre en pleine lumière, parfois même nous le révéler.
Nul n’est besoin de révéler François Morel, les Deschiens s’en sont jadis chargé. Morel fait depuis feu de tout bois. Comme comédien, humoriste, chroniqueur… Comme chanteur même. Irrésistible en chaque rôle.
C’est pour l’ensemble de son œuvre que François Morel, actuellement en scène dans « Le Bourgeois gentilhomme » au Théâtre de la Porte Saint-Martin, vient d’être couronné par le Prix Alphonse-Allais. La récompense ni n’est un coupe ni une médaille, ni un gros chèque ni un baiser : c’est simplement la traditionnelle « comète de Allais » qu’il recevra le 9 mai prochain des mains de Bernard Pivot. Pour l’érudition de nos lecteurs, rappelons que le premier récipiendaire du prix Alphonse-Allais fut Eugène Ionesco et que cette Académie a pour objet de « promouvoir, d’encourager ou de développer, dans les pays francophones (et d’ailleurs), toutes formes d’expression culturelle, notamment littéraire, d’humour, dans l’esprit du grand écrivain »

Deux vidéos pour (r)éveiller vos sens. L’une consacrée au chanteur François Morel ; l’autre au chroniqueur de France-Inter, dans une séquence qui, à deux jours des élections, prend plus encore son sens.

20 avril 2012. Étiquettes : . Les événements, Prix. 2 commentaires.

Carrefour Chanson de Clermont-Ferrand : 20 ans déjà ! (2)

par Michel Trihoreau

Ces 14 et 15 avril, Claude Mercier et son équipe de l’ORACLE présentaient le vingtième Carrefour de la Chanson, à Clermont-Ferrand. Vingt années au cours desquelles furent présentés sur scène et récompensés des dizaines de chanteurs, chanteuses et groupes divers. Occasion aussi de voir, la veille, de nombreux artistes confirmés comme Georges Chelon, Le Quatuor, Enrico Macias, William Sheller et bien d’autres. Pour ce vingtième anniversaire, les organisateurs ont dû refuser des entrées, les réservations étaient au complet.

Épisode 2 : La résultante des forces dispersées

Elsa Gelly (photo d'archive Catherine Cour, Prémilhat 2011)

Ainsi, le lendemain, j’étais sur la défensive pour affronter les cinq participants concourant pour le Prix de la Ville de Clermont. Sournoisement agacé a priori sans rien en montrer, mais prêt à me défendre contre la moindre attaque, j’étais intérieurement blindé.
Évidemment, le métier reprend le dessus, je fais taire le démon qui se réveille parfois en moi pour donner priorité à l’innocence de mes sentiments et à un certain sens de l’objectivité ou de l’idée que je m’en fais. Les cinq concurrents étaient les vainqueurs des années précédentes, garantie donc d’une qualité professionnelle peu contestable. Le choix allait se faire essentiellement sur un ressenti du moment.
Henri Léon et les autres sont de bons musiciens, doués d’un sens de l’improvisation incontestable. Ils s’amusent sur scène, parfois de peu et nous amusent de même avec facilité… beaucoup de facilités. On aurait plaisir à les inviter pour les noces et banquets où ils remplaceraient avantageusement le beau-frère qui raconte la dernière blague sous la ceinture. Un bon moment donc si l’on n’est pas trop exigeant sur la subtilité de l’élégance poétique.
A l’inverse, Pascal Rinaldi est inspiré par les muses. Un bel univers musical et une jolie voix portent des textes raffinés, soigneusement cousus à la main, ou la gaudriole n’a pas droit de cité. Errant entre Nerval et Obispo, il assombrit la scène aux antipodes des pitreries des précédents  et l’on a l’impression d’avoir balisé ici et là les repères du vaste domaine de la chanson.
On se trompe. Marion Rouxin nous fait oublier le temps de Paul & Robin en mettant délibérément l’accent sur la forme. La dame se fait attendre : beaucoup de fils à brancher, la technique a ses exigences. Voix puissante, mise en scène sophistiquée, gestuelle ample, elle se fait star, la performance est là, les plumes aussi, il ne manque que TF1.
La rage a failli me reprendre lorsqu’elle demande au public de se lever pour participer à son show ! Mais je me calme et je reste assis ainsi que quelques récalcitrants.

Frédéric Bobin (photo DR)

En revanche, je me serais bien levé spontanément pour saluer une autre performance, là aussi, diamétralement opposée : Elsa Gelly, a capella, sans artifices, la pureté même de la voix et du geste, on ose à peine applaudir pour ne pas casser le charme. Les morceaux de chanson s’enchaînent comme un unique poème sur l’enfant, sur la vie, on reconnaît des passages d’Anne Sylvestre, d’Allain Leprest. Oui, c’est de l’interprétation, mais la création originale est dans la construction et surtout dans l’art de donner de l’émotion en profondeur.
Enfin, Frédéric Bobin ramasse le Grand Prix. Un peu comme s’il était la résultante de toutes les forces dispersées des autres. Bobin écrit sur la vie, sur son siècle, avec des mélodies qui marquent la mémoire et des mots joliment tournés, sans fioritures, mais avec un partage d’authenticité, de vécu qui touche le cœur et l’esprit. Ses chansons ne s’envolent pas aussitôt applaudies, elles restent dans la tête et s’inscrivent dans une longue histoire après les plus grands, après Tachan, Béranger, Leprest.
Alors, ne serait-ce que pour les sommets atteints par Elsa et Frédéric, le vingtième Carrefour  de Clermont-Ferrand fut une réussite. Les moments de bonheur, si forts, si rares, envoient les épines dans l’oubli.
Merci L’ORACLE, merci Claude Mercier, vingt ans de passion et  d’amour au service de la chanson ça vaut bien un coup de projecteur et une ovation debout !

19 avril 2012. Étiquettes : , , , , , . Festivals, Les événements, Prix. 8 commentaires.

Carrefour Chanson de Clermont-Ferrand : 20 ans déjà ! (1)

par Michel Trihoreau

Ces 14 et 15 avril, Claude Mercier et son équipe de l’ORACLE présentaient le vingtième Carrefour de la Chanson, à Clermont-Ferrand. Vingt années au cours desquelles furent présentés sur scène et récompensés des dizaines de chanteurs, chanteuses et groupes divers. Occasion aussi de voir, la veille, de nombreux artistes confirmés comme Georges Chelon, Le Quatuor, Enrico Macias, William Sheller et bien d’autres. Pour ce vingtième anniversaire, les organisateurs ont dû refuser des entrées, les réservations étaient au complet.

Épisode 1 : Les forbans aux gémonies

Jean Chocun, Jean-Louis Jossic, Jean-Paul Corbineau, nos 3 Jean de Nantes (photo © Eric Doll)

Je me réjouissais de revoir Tri Yann. C’était le spectacle d’ouverture, samedi. Les Trois Jean historiques (Chocun, -Louis Jossic et –Paul Corbineau) qui écument depuis quarante ans les scènes bretonnes de partout, accompagnés de leurs cinq autres complices, étaient bien à leur poste, armes en main, prêts à conquérir le public auvergnat une nouvelle fois.
Une mise en scène prometteuse évoque à la fois un navire pirate fantôme et la cour déglinguée d’un roi soleil anachronique, avec dentelles, chapeaux oniriques et chausses dans les baskets. Et l’équipage attaque pour le plus grand plaisir des fidèles anciens et des néophytes émerveillés.
Les Prisons de Nantes, Pelot d’Hennebont, Ye Jacobites, les meilleures pièces de l’arsenal sont dépêchées au public avec l’entrain et l’expérience de la jeunesse et de la durée conjuguées.
Bien sûr, les voix sont tellement mélangées aux instruments qu’on ne saisit pas bien le sens des paroles. Pas très grave pour La Jument de Michao, suffisamment répétitive pour qu’on s’y retrouve, mais c’est dommage pour Marie-Jeanne-Gabrielle, ce bijou de Louis Capart dont la mélodie se délaye dans la marée sénane et dont le texte se devine à peine dans le crachin.
J’étais néanmoins dans un bon jour, prêt à tout pardonner à ces forbans, avec une indulgence bienveillante qui devait beaucoup à mes souvenirs et pas mal à mon respect pour leur admirable longévité. Et puis tout a basculé.
Je ronronnais, emporté dans une espèce d’équipée magique, avec dans la tête des images de Bilal ou de l’Ankou troussant Bécassine ; peut-être aussi des parfums de galettes de sarrasin, de cidre ou d’hydromel ; ou  les saveurs de la bière Lancelot, je ne sais plus… Je suis brutalement revenu à la dure réalité avec un projecteur dans les yeux. L’objet partait du fond de la scène et, sans crier gare, m’envoyait dans les globes oculaires une quantité insupportable de watts. J’étais prêt à tout avouer : « Oui, l’Erika, c’était moi ! L’Amoco Cadiz et le Torrey Canyon aussi ! Pitié ! » Rien n’y fit, l’éclairagiste de la Gestapo, impitoyable, continuait à me détruire la rétine. Pire, à me gâcher définitivement le reste du spectacle.
Est-ce l’effet de la souffrance ? D’un coup, j’ai frôlé l’agacement dans les cabotinages du capitaine Jossic ; je me suis pris à penser  que le meilleur temps était celui de La Découverte ou l’Ignorance où la profondeur le l’océan me touchait encore.  J’ai continué à souffrir, avec par intermittence cette lumière insupportable dans les yeux, lié au mât, plus révolté que désespéré. Allez quitter un navire en plein océan ! Et pas de risque de mutinerie : autour de moi on s’accommodait des souffrances visuelles comme parfois on s’accommode des tortures auditives infligées par des sonorisateurs aussi sourds que fous.
La rage me rongeait tellement que j’ai voué aux gémonies tous les chanteurs qui font chier le public de toutes les façons possibles. (Pardon, dans ma colère j’ai laissé échapper un gros mot !)

(à suivre)

18 avril 2012. Étiquettes : , . Festivals. 3 commentaires.

Je Rigole sacré à « Vive la reprise » 2012 !

Je Rigole (photo Anne-Marie Panigada)

C’était hier mardi la finale du concours « Vive la reprise ! », 18e du nom, organisé par le centre de la Chanson, à Paris. Avec cette fois la mise à l’honneur (c’est en une !) du magnifique répertoire de Clarika. Bonne ambiance et salle blindée comme on dit, même les concurrents infructueux des sélections de la veille étaient présents dans les rangs serrés du public, c’est dire.
Le lauréat 2012 est sans conteste Je Rigole qui s’adjuge le Grand prix du Centre de la Chanson (succédant ainsi à Jérémie Bossone), le prix de l’Esprit Frappeur et le prix AMJA/Ville d’Angers ;
Emilie Marsh remporte le prix de l’Adami ainsi que le prix Edito-Musiques) ;
Evelyne Gallet truste le prix de la Sacem, le prix Edito-Musiques et le prix Ecoutez-Voir ;
Noah Lagoutte  s’adjuge le prix de l’Unac ;
Pour Emilie Cadiou le prix du public et celui de Chansons de parole ;
Cocofka gagne le prix ACP/La Manufacture chanson ;
Enfin, Bastien Lanza repart avec le prix A Thou bout d’Chant et le prix AMJA/Ville d’Angers.

Emilie Marsh (photo Anne-Marie Panigada)

Ce que valent ces prix :
Grand prix du Centre de la chanson (1.500 € en aide professionnelle),
Prix de l’ADAMI (2.000 €), Prix de la SACEM (1.500 €), Prix de l’UNAC (500 €),
Prix du public : programmation à La Scène du Canal
Chansons de parole : programmation au festival de Barjac
L’Esprit Frappeur : programmation à L’Esprit Frappeur / Lutry (Suisse)
Ecoutez Voir : programmation au festival « 1 chanson peut en cacher une autre » (Belgique)
ACP/La Manufacture chanson : programmation à l’Espace Christian-Dente (Paris)
Edito Musiques : programmation aux « Lundis de la chanson » au XXe Théâtre (Paris)
AMJA/Ville d’Angers : programmation au Théâtre d’Angers
A Thou Bout d’Chant : résidence à A Thou Bout d’Chant (Lyon)

18 avril 2012. Étiquettes : , , , , , , . Les événements, Prix. 5 commentaires.

Barjac 2012 : c’est pour l’amour, pas pour la gloire…

(photo Chantal Bou-Hanna)

La programmation 2012 des « Chansons de parole » de Barjac vient d’être révélée.

Samedi 28 juillet : Chloé Lacan + Romain Didier (cours du château) ;
Dimanche 29 juillet : Camel Arioui (chapiteau), Philippe Anciaux (chapiteau), From & Ziel + Mellismell (cours du château) ;
Lundi 30 juillet : Audrey Antonini (chapiteau), Paul Meslet (chapiteau), Jef Kino + « Boby Lapointe, comprend qui peut » avec Evelyne Gallet, Yeti, Roland Bourbon, Dimoné, Imbert Imbert et Presque oui (cours du château) ;
Mardi 31 juillet : Jérémie Bossonne (chapiteau), Trio Ewen, Delahaye, Favennec + Gilles Servat (cours du château) ;
Mercredi 1er août ; Jo (chapiteau), Eric Guilleton (chapiteau), Mouron + Pierre Barouh (cours du château) ;
Jeudi 2 août : Pierre Lebelâge (chapiteau), André Bonhomme (chapiteau), « Parole de Leprest » avec la participation, entres autres, de Véronique Estel, Natacha Ezdra, Yves Jamait, Jehan, Jofroi, Loïc Lantoine, Gérard Pierron, Francesca Solleville, sous la direction musicale de Léo Nissim (cours du château), Coriandre (en nocturne).

On dirait à nouveau le sommaire de NosEnchanteurs, c’est dire si ce festival entre tous mythique nous est cher. Une fois encore, Leprest se fête : c’est pas pour rien que la phrase de cette année, le fil rouge de Barjac en sera : « C’est pour l’amour, pas pour la gloire… » Commentaire de Jofroi, la patron du festival : « C’est pour l’amour, pas pour la gloire… C’est comme ça qu’il est passé tant de fois chez nous, nous livrant son âme, son sourire, ses mains qu’il tendait à chacun. C’est la trace qu’il a laissée dans le cœur du public et de ce festival où chacun est plongé si intimement que les manques se ressentent encore plus durement.
C’était une évidence, pour nous, frangins, frangines, de porter sa parole aussitôt sur cette scène qu’il a tant fréquentée, qu’il soit venu nous chanter ses chansons ou partager ces aventures collectives comme celle que nous lui consacrerons en clôture de cette édition 2012. (…) C’est pour l’amour, pas pour la gloire… Cette phrase en dit long, en fait, sur la philosophie qui conduit ce festival depuis ses débuts. Loin des flonflons, des ventes à succès, des prestigieux oriflammes… car s’il fallait sortir un drapeau, ce serait plutôt celui d’un pan de chemise, fier, flottant au vent, gage de fraternité et de citoyenneté. Pan de chemise qui flottera tout au long de cette semaine de chansons, au sommet du chapiteau, nous conduisant de découvertes en découvertes avec Camel Arioui, Audrey Antonini, Jérémie Bossonne, Jo, Pierre Lebelâge ou Nevchehirlian. De retrouvailles en étonnements avec Philippe Anciaux, Paul Meslet, Eric Guilleton ou André Bonhomme… Pan de chemise dans les rues, dans les cours, dans les trous perdus, comme nous disait Béranger, au sommet du donjon, au portail du château, pour vous accueillir et vous faire vibrer d’émotion avec Romain Didier qui ouvrira le bal, frangin d’Allain de la première heure. Et Chloé Lacan qui lui chauffera la salle. »

15 avril 2012. Étiquettes : , . Barjac, Chantal Bou-Hanna, Festivals. 5 commentaires.

A Presque Oui le Prix Raoul-Breton

C’est comme ça : les gens du métier aiment à décerner des prix. Si on connaît forcément les télévisuels Victoires de la musique et Constantin, il en est d’autres, moins en lumières, que le showbiz ne pourra s’offrir, à moins de se faire transplanter un rien d’intelligence et de sensibilité.
Parmi eux, le prix Raoul-Breton de la francophonie. Créé il y a pas loin de cinquante ans au sein des Grands Prix de la Sacem, le « Raoul-Breton » vit une nouvelle jeunesse au sein du Festival Alors Chante ! de Montauban et par un jury de 25 professionnels désormais composé des membres de la Fédération des Festivals de Chanson Francophone. A nouvelle composition, nouvel esprit et autre type de lauréats. Au « Raoul-Breton » qui avait récompensé, de 2001 à 2009, M (Mathieu Chédid), Bénabar, Carla Bruni, Sanseverino, Jamait, Raphaël, Abd Al Malik, Thomas Dutronc et Flow, succède celui (pas de Prix en 2010 cause à cette refonte tant des Prix Sacem que du « Raoul-Breton ») qui récompense des artistes moins en vue dans les médias : Pierre Lapointe en 2011 et… Presque Oui cette année 2012 : Thibault Defever (notre Presque Oui, ci-dessus en photo) recevra une bourse d’écriture ainsi qu’une bourse d’investissement dans une résidence de création. Remise du prix le 17 mai lors du festival de Montauban.
Faut-il encore instruire les lecteurs de NosEnchanteurs de ce Presque Oui ? Presque non. De ce prix Raoul-Breton, assurément.
Artistes moins en vue désormais pour ce Prix ? Plutôt des artistes « intermédiaires ». Et c’est en cela que le Raoul-Breton à sa place, sa pertinence : « La crise que connaît actuellement le marché de la musique a eu pour conséquence de considérablement réduire les possibilités d’engagement à long terme et de développement sur la durée pour construire les carrières des artistes. Si les valeurs sûres du marché trouvent toujours un équilibre économique et que certains risques sont encore pris pour les jeunes talents, les artistes intermédiaires sont cependant les principales victimes collatérales de cette situation. Il y a pourtant certains artistes qui ne se révèlent pas au premier album et pour qui le fameux « moment charnière » vient plus tardivement. Quelques fois malheureusement lorsque les soutiens et accompagnements professionnels commencent à s’essouffler. »
C’est pour combler, à leur échelle, ce « vide d’accompagnement », que les Editions Raoul-Breton, maison d’édition musicale indépendante qui représente notamment les œuvres de Charles Trenet, Charles Aznavour, Lynda Lemay, Agnès Bihl, Alexis HK et beaucoup d’autres, ont proposé la refonte de leur prix en un prix d’encouragement. Et c’est très encourageant pour la suite…

Pour mémoire, le premier Prix Raoul-Breton a été décerné en 1966 : ce fut à Jean-Jacques Debout. Nombre de grands artistes furent récompensés, parmi lesquels Maxime Le Forestier, Michel Jonasz, Daniel Balavoine, Gilbert Laffaille, Francis Lalanne, Jacques Higelin, Renaud, Romain Didier, Karim Kacel, MC Solaar, Mano Solo, Allain Leprest, Enzo Enzo, Thomas Fersen ou Zazie (liste complète ici).

15 avril 2012. Étiquettes : , . Les événements, Prix. 2 commentaires.

Barbara, du bout des lèvres

Bientôt Le Printemps de Bourges où la chanson, jadis fondatrice de ce festival, y est désormais minorée, reléguée pour l’essentiel à la marge, dans un off qui, comme Avignon, squatte le moindre bar disponible, les quelques planches et deux ou trois spots qui peuvent faire scène providentielle. Bourges s’est vendu au showbiz et le showbiz se fout de tout si ce n’est l’immédiat profit. A la marge, donc, la chanson, où nous (re)trouverons Barbara…

(montage photo : M. Ismand - M. Lopez - F. Espinasse)

Il faut s’y attendre, nous allons beaucoup entendre (parler de) Barbara cette année, cause au quinzième anniversaire de sa disparition, un triste 24 novembre 1997.
Camille Simeray, de La Meute rieuse, et Sam Burgière, des Ogres de Barback, marient leurs voix pour une balade dans l’univers de la longue dame brune. « Donc de sa vie, de ses combats, de son désespoir mais aussi de son humour… » précisent-ils. A travers cette visite d’une partie du répertoire de la « longue dame brune », nous redécouvrirons nos deux musiciens sur un autre terrain de jeu que ceux qu’on leur connaît habituellement.
Il ne saurait être question ici de s’habiller en noir et de tenter d’imiter Barbara, tout en se limitant à une restitution en piano-voix de ses chansons. Rester fidèle à la lettre et l’esprit de son oeuvre, certes, mais « en proposant une interprétation et des arrangements libérés de tout mimétisme », voilà l’idée générale.
Porté par l’oeil expérimenté de Werner Büchler (homme de théâtre contemporain et peintre), le duo ose l’appropriation sans pour autant dénaturer les morceaux originels et leur beauté mélodique. Multiplier les instruments pour élargir le champ des possibles musicaux, soit. Mais ne jamais perdre de vue la prééminence des textes. Qu’ils soient chantés, criés ou encore chuchotés, ils continuent de nous bouleverser aujourd’hui tant ils parlent de chacun de nous et de nos luttes quotidiennes.

Sam et Camille (photo Werner Büchler)

Et sans faire l’impasse sur un certain nombre de standards, ne pas s’y cantonner mais aller aussi chercher quelques pépites peu ou moins connues.
Ce spectacle, Camille et Sam l’ont voulu très intimiste. Mais qu’il tende, par petites touches, jolies trouvailles ou micro-idées scénographiques, à respecter au mieux la théâtralité des textes et la poésie lyrique qui s’en dégage. En toute humilité. Il n’y a que comme ça qu’on approche Barbara selon eux. Sans déification, il va sans dire, mais sans prétention. Presque du bout des lèvres, en somme.

« Barbara, du bout des lèvres » le 12 avril à Capestang (Hérault),  les 25 et 26 avril à « La soupe aux choux » à Bourges, le 8 mai au Sentier des Halles à Paris, puis les 14 et 15 juin à Toulouse « Le Bijou ».

11 avril 2012. Étiquettes : , . Hommage, Les événements. 7 commentaires.

La chanson en débat ce samedi au Café que faire ? de Veynes

Michel Kemper le week-end passé à Randan, avec Alain Vannaire, de Radio Arvernes, et Rémo Gary (Photo Eric Courtial)

Le printemps est revenu et, sorti de mon hibernation, je suis de nouveau sur les routes. A Veynes, dans les Hautes-Alpes, précisément ce samedi, pour un Café Que Faire ? entièrement consacré à ce qui nous préoccupe ici : « Faire vivre la chanson française. » Ces Café que faire ? sont la petite université populaire de Veynes. Ils mettent la réflexion et l’intelligence en mouvement. Ils lient savoirs et actions. Ces rendez-vous sont construits en deux temps, à 16 h, pour décortiquer au mieux les sujets puis à 20 h 30, pour s’interroger ensemble sur « que faire ? » A la manière d’une conférence, j’y exposerais « Mon journalisme chanson, au plus près des artistes et du public » avant d’effectivement poursuivre la discussion sur les actions à mener.
Ces Cafés Que faires sont organisés par Le Fourmidiable, en partenariat avec le mensuel Regards. Dans ma valise, j’emmène quelques bons livres à dédicacer, dont le Lavilliers bien nommé.

6 avril 2012. Les événements, Rencontres. 2 commentaires.

Ce fut le 18e festival Chant’Appart

Flow (photos Chant'Appart)

par Gérard Pignon (« modeste bénévole de Chant’Appart »)

Dimanche après-midi, à la Roche-sur-Yon en Vendée, une petite salle près d’un hypermarché fermé, un quartier désert avant que tout ne s’anime par250 personnes qui s’entassent pour le final du festival Chant’Appart 2012. Créé en son temps par Bernard et Dany Keryhuel, le flambeau a été repris par Christian Gervais et une équipe d’une trentaine de fous ou de passionnés (à chacun de choisir)…

Jeanne Plante

Hier, donc, le dernier jour du 18ème festival Chant’Appart. Un final en fête avec Jeanne Plante, Flow, Jehan, Thierry Chazelle et Lily Cros, Zama, les Delfes et Claire Danlalune. Un point final (avant l’année prochaine) à deux mois de chansons dans tous les coins et recoins des Pays de la Loire : des spectacles dans des salons et des garages, dans des châteaux et des hôpitaux, des lycées, des structures pour personnes handicapées, des maisons de retraites… Partout où la chanson peut s’insinuer, s’immiscer. Deux mois de découverte ou de re-découverte, de communion avec un public qu’on ignore souvent. Des artistes qui se rencontrent, qui rencontrent ces accueillants qui ouvrent leur maison, qui rencontrent des spectateurs, des spectateurs qui se rencontrent au buffet convivial de fin de concert. Bref, deux mois de rencontres (c’est le maitre mot) dans 85 lieux avec, cette année, 24 groupes et artistes, plus de 130 concerts (en général deux par lieux) et près de 8000 spectateurs.
C’est de là, de ces coins de province, par tous les bénévoles de l’Hexagone, de cette France qu’on dit d’en-bas quand on n’y est pas, que la chanson, la vraie, peut vivre.
Le programme et les artistes de 2012 sont sur http://www.chantappart.fr/p/les-artistes-du-festival-2012.html . On y trouvera des habitués de ce blog. Le programme de 2013 est déjà sur les rails…

En vidéo, un intéressant reportage de TV Vendée qui vous présente, mieux qu’un long discours, ce que sont les Chant’Appart :

3 avril 2012. Étiquettes : , , . Festivals. 9 commentaires.

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