NosEnchanteurs, repaire et repères de la chanson

L’un réside dans les Ardennes belges, l’autre entre Rhône-Alpes et Auvergne. Les deux aiment la chanson, qu’ils fredonnent souvent. Walter bosse dans l’informatique ; Michel écrit ses petites chroniques de disques et de spectacles, relate autant que faire se peut l’actualité de cette chanson à l’ombre des médias. Ça fait deux mois qu’ils oeuvrent ensemble au devenir de NosEnchanteurs, à la « nouvelle formule » comme on dit, une petite révolution en soi. Que vous soyez fidèle lecteur de NosEnchanteurs depuis des lustres ou frais converti, vous êtes habitué à ce visuel sans chichi, un rien suranné, cette gangue bleue qui protège nos découvertes chanson. Là, nos deux complices pulvérisent le format, le dynamitent, en font comme festival, pour accoucher d’un autre NosEnchanteurs. Ce sera chanson grand format, presque panoramique, avec nombre de rubriques nouvelles et des surprises à chaque clic. La chanson méritait cette dimension-là. Pour autant, Walter et Michel sont soucieux de ne pas toucher à ce qui fait la richesse de l’actuel blog : son esprit un tantinet rebelle, sa proximité, la richesse et la pertinence des commentaires des lecteurs, cette farouche volonté d’être un outil pour cette chanson absente des médias, hors showbiz.
L’objectif de Michel est de tripler, de quintupler l’audience de NosEnchanteurs pour être vraiment cet outil utile dont cette chanson a besoin. Le pari est ambitieux alors qu’en ce mois d’avril le compteur s’affole, qu’au bout du compte on finira à plus de 1700 connexions par jour. Des articles ont fait leur beurre, ont fait leur buzz, attirant ainsi de nombreux nouveaux lecteurs. La lettre de Torreton à Ferrat a drainé une flopée d’amateurs de l’un, d’amateurs de l’autre. Des deux. Les nouveaux abonnés sont légion : bienvenue !
Ce matin, Walter et Michel travaillent sur une des nouvelles rubriques vidéo : « La chanson du jour ». Comment la positionner sur la page écran, la valoriser ? Page qu’il faudra nourrir en plus du ou des billets quotidien, du « télex » des infos brèves et des autres rubriques. Le blog devient site, nécessaire repère, élégant repaire pour la chanson. Entre deux essais, trois propositions, ils conversent à distance. Sur une chanson de Barbara reprise par la grande Ribeiro, sur une autre et magnifique du québécois Stéphane Côté… Walter travaillera ensuite sur la bande passante des portfolios sur la page d’accueil puis sur des tas d’autres idées et perfectionnement. La machine est lourde qu’il faudra savoir manœuvrer au jour le jour, sur ce tableau de bord décuplé. Pendant ce temps, Cat, Claude, Chantal, Lucien et les autres font moisson d’émotions, qui de leur stylo, qui de leurs pixels pour remplir les pages à venir.
La date n’est pas encore fixée pour ce nouveau site, ce NosEnchanteurs (l’Autre Chanson) qui nous vient, le compte à rebours pas enclenché. Chacun s’y prépare, sereinement mais pas sans fièvre. On vous prépare des lendemains qui chantent plus encore.

28 avril 2012. Divers, Les événements. 9 commentaires.

Chanson et politique : le titre de gloire de Mélenchon

Chaque dimanche sur les ondes de France-Info dans son émission « Les chansons qui font l’histoire », le journaliste Bertrand Dicale tourne autour de la présente élection présidentielle, en une thématique aussi nourrie que franchement passionnante. Après nous avoir d’abord invité à revisiter par la chanson les précédents présidents de la Ve République (de De Gaulle à Chirac), il poursuit, jusqu’au premier tour de la Présidentielle, les campagnes électorales en chanson, avec parfois des (re) trouvailles étonnantes. C’est dire si je vous recommande cette émission radiophonique qu’on peut du reste podcaster.

A l’unisson de l’effort de mon estimé confrère, j’aimerai vous proposer un titre ma foi étonnant. Le plagiat d’un titre, Louxor, j’adore, du très bobo Katerine (dont les lecteurs fidèles de ce blog devinent mon aversion), en grâce dans les médias, par Psychonada, groupe de rock désormais rompu aux détournements de musique. Convenons que leur dernier titre est une réussite, au total bénéfice de Jean-Luc Mélenchon, en grâce dans les intentions de vote. Evidemment ça peut nous faire songer à la chanson qu’Alain Souchon avait consacrée à Arlette Laguiller. Mais, que je sache, c’était hors période électorale. Là, nous sommes pile dedans. Ça fait drôle d’imaginer que, dans les meetings bondés du candidat du Front de Gauche, on puisse se trémousser sur un tel titre. Titre de gloire, il va sans dire…

30 mars 2012. Étiquettes : , . Divers, Les événements. 6 commentaires.

La fin programmée du Forum Léo-Ferré

par Floréal Melgar

Après onze années de bénévolat à un rythme soutenu, l’équipe du Forum Léo-Ferré a décidé de jeter l’éponge.
L’épuisement, l’âge qui vient, le désir de passer à autre chose, comme les difficultés à maintenir à flot, financièrement, un lieu non subventionné mais auquel s’intéressent un certain nombre d’organismes plus ou moins parasitaires, l’arsenal grossissant de lois, règles et impératifs plus ou moins stupides auquel il convient par ailleurs de se soumettre sous peine de gros ennuis, en sont les causes.
Une programmation a donc été établie jusqu’à la fin du mois de juin 2012. Mais il n’y aura pas, cette année, de rentrée de septembre.
Décision a été prise, unanimement, lors d’une assemblée de l’association Thank you Ferré, propriétaire et gestionnaire du lieu, de le mettre en vente, ce qui sera fait très prochainement.
S’il se trouve des repreneurs intéressés, il va de soi que sera favorisé le projet qui s’inscrira dans la continuité de ce que nous avons réalisé depuis onze ans, à savoir ce que nous avons souvent appelé la défense et la promotion de la chanson d’expression française non crétinisante.
Si tout n’est pas réglé rapidement, ce qui est probable, le Forum Léo-Ferré continuera, à partir de la mi-septembre, d’ouvrir ses portes pour des spectacles publics, mais sous forme de location de salle uniquement. Un certain nombre sont d’ailleurs d’ores et déjà prévus.
C’est une belle histoire qui se termine, initiée en mai 2001 par une poignée de libertaires audacieux, amateurs de chanson poétique, prenant possession d’un local brut de béton pour le transformer en un lieu « habité » qu’une joyeuse bande de bénévoles aura fait vivre onze années durant.
Ce n’est pas triste. C’est la vie…

Le blog de Floréal Melgar, c’est ici. Le site du Forum Léo-Ferré, c’est là. En vidéo, Alain Aurenche, qui se produira sur la scène du Forum Léo-Ferré les vendredi 30 et samedi 31 mars, et dimanche 1er avril 2012.

27 mars 2012. Étiquettes : , . Divers, Les événements. 22 commentaires.

La « musique » s’invite dans la campagne (je pouffe !)

La chanson existe depuis toujours. Le showbiz n'est que son avatar des temps modernes, du libéralisme.

« La musique s’invite dans la campagne » proclame le slogan de cette sage rencontre organisée ce mercredi 21 mars au Palais du Luxembourg par l’association « Tous pour la musique » (TPLM). Rien que la liste des professionnels à cette « table ronde » dit le peu qui se dira : Stéphan Bourdoiseau (producteur de musique), Alain Chamfort (chanteur), Daniel Colling (entrepreneur de spectacles), Vincent Frèrebeau (producteur de musique), Jules Frutos (entrepreneur de spectacles), Denis Ladegaillerie (distributeur digital, producteur), Bruno Lion (éditeur), Jean-Jacques Milteau (artiste interprète), Pascal Nègre (producteur de musique), Laurent Petitgirard (compositeur, chef d’orchestre), Marc Thonon (producteur de musique) et Jean-Luc Treutenaere (distributeur détaillant).
Du côté des politiques, sont conviés les représentants de François Bayrou, Jean-Luc Mélenchon, Marine Le Pen, François Hollande, Nicolas Sarkozy et Eva Joly.
Mais, tout d’abord, de quelle musique parle-t-on ? Un peu de toutes les musiques (jazz, classique, contemporain, traditionnel, ethnique…). Mais aussi et surtout de chanson qu’on masque tantôt sous le vocable aseptisé et fourre-tout de « variétés », tantôt sous celui, anonyme, de « musique » (je n’invente rien, on ne dit pas « Victoires de la chanson » mais « Victoires de la musique »).
La seule liste des professionnels de la profession invités à palabrer est édifiante : le showbiz et personne d’autre. On ne risque pas d’y parler de l’artistique, mais de gros sous que seuls se partageront les gros et les gras. La ligne de partage entre artistes est claire : il y a ceux qui ont tous les droits (d’être dans un label confortable qui vous donne accès aux médias, d’avoir en conséquence des productions et des circuits de diffusion intéressants…) et ceux qu’on tolère mais qu’on cache. Ces derniers sont, vous le savez, l’archi majorité. Ils survivent en des labels tout petits ou s’autoproduisent, souvent ne sont même pas distribués, encore moins diffusés si ce n’est par quelques radios locales militantes, en d’héroïques émissions concoctées avec amour par des Michel Boutet ou des Jean-Luc Héridel et quelques autres du même tonneau. Et les salles leur sont ouvertes moins qu’avant. Quant aux festivals, n’en parlons même pas, ou à la marge.
Et de quoi qu’ils vont causer ces « professionnels de la profession » devant ces politiques ? Au nom de qui ? Non de cette infinie richesse chanson dont ils se contrefoutent (le talent n’est plus un critère depuis longtemps) mais de leur nombril et de comment maintenir leur chiffre d’affaires. Pas de cette exception culturelle française que le monde entier pourrait nous envier et qu’on tait, ces centaines, ces milliers d’artistes chanteurs qui ont pour nom Bertin, Utge-Royo, Pestel, Giro, Coko, Coutant, La Mordue, Bobin, Chovet, Poli, Bidon, Gary, Joyet, Benin, Akrich, Rouxin, Bouchet, Murray, Sarclo, Entre 2 Caisses, Dubois, Bacchus, Gaillard, Bühler, Bernard, Lapalud, Berger, Alcaz, Dimitri, Nico, Humenry, Garraud, Malice, Amélie-les-Crayons, Chtriky, Morel, Rinaldi, Jules, Viel et autres (ils sont nombreux). Messieurs, Mesdames les politiques, si vous voulez agir sur cette richesse culturelle, n’écoutez pas (que) ceux qui l’étouffent, l’interdisent de toute exposition, la privent de salles.
L’été dernier, l’un grands chanteurs des plus qui soit est mort, un de la trempe d’un Nougaro ou d’un Brel, d’un Brassens, d’un Trenet. Allain Leprest était fait de ce bois-là et vous ne le savez même pas : vous vous foutez du talent, du génie. Vous vous contentez de médailler Stone et Charden de la Légion d’honneur : pitoyable ministère de l’aculture qui se sait même plus la valeur des choses, ce à quoi il sert.
Si vous pensez que la culture est chose nécessaire, si vous avez suffisamment le sens de l’hygiène pour ne pas l’accoler systématiquement aux pouvoirs de l’argent, alors traitez la chanson pour ce qu’elle est, non par son excroissance commerciale mais par son incroyable diversité. Cessez de croire que, parce qu’une petite centaine d’artistes labellisés squattent les ondes, la chanson a les moyens d’exister. C’est l’arbre qui cache l’immense forêt !
Sachez, Mesdames et Messieurs les politiques, que la chanson crève sous nos yeux. Hélas pas dans vos oreilles : c’est pour ça que vous le l’entendez pas.

Retransmission de cette rencontre à la télé ce mercredi 21 mars à 16 h45, sur Public Sénat (TNT 13), publicsenat.fr et l’ADSL.

19 mars 2012. Divers, Les événements. 19 commentaires.

Serge, clap de fin après 8 numéros

Certes ce n’était ni mon magazine de chevet ni même un outil de travail, loin s’en faut. C’était simplement, couché sur du beau papier glacé, l’écho un rien bobo d’une chanson médiatisée, branchée, playlistée à souhait. Un truc sympa, qui ne mange pas de pain, conceptuel à fond, mais, au final, un peu vain, qui peut ne pas servir la chanson, ou simplement une idée fausse de la chanson, sectaire car sans partage, qui cache l’immense forêt de cette exception culturelle française qu’est la chanson.
Pourtant Serge déclarait avoir  la « volonté de ne pas être élitistes et fermés, et de couvrir le large spectre de la musique d’expression française, accordant une place aux gros comme aux petits, aux nouveaux comme aux anciens. » Il suffit de parcourir les pages des huit numéros parus pour s’apercevoir qu’en fait d’un large spectre, Serge n’ouvrait qu’une porte très étroite, la même par laquelle tout le monde s’engouffre sans trop se poser de questions (surtout pas !). Il en va des beaux discours éditoriaux comme des promesses électorales…
Serge était, à peu de choses près, l’exact contraire de NosEnchanteurs.
J’emploie l’imparfait car Serge n’est plus. Extrait du communiqué sur leur site : « Nos efforts pour trouver un partenaire financier afin de diffuser Serge en mensuel avec un CD et une offre numérique forte ont finalement échoué. Notre maison d’édition indépendante, à moins de mettre en péril l’existence de nos autres titres, n’a pas les moyens de continuer cette parution. C’est donc avec beaucoup de tristesse mais sans regrets par rapport à la formidable aventure que nous avons vécu depuis un an et demi que nous vous annonçons l’arrêt de Serge. »
Et un mag de moins, un ! Ce n’est pas le premier, ce ne sera pas le dernier même si, compte-tenu du marasme actuel, il y a peu de chance que d’autres fous tentent l’aventure de la presse papier. Ne reste plus en kiosque que FrancoFans, frêles épaules, parfois décevantes, sur lesquelles reposent beaucoup d’attentes, d’artistes à découvrir, à aller chercher, à exhumer des montagnes de cédés frondeurs qui  continuent de sortir, à qui on n’a pas encore dit que la rondelle laser était sans avenir.
Rappelons toutefois qu’il existe d’autres magazines papier, plus confidentiels certes, très pointus. Comme Vinyl, Le Petit format (du Centre de la Chanson), comme Les Amis de Georges… Il existe des gratuits aussi mais, comme le dit un de mes amis : « Un journal gratuit c’est un journal vendu ! ». CQFD !  Réfléchissez-bien et vous lui donnerez raison.

Sur le même sujet, on lira aussi « La chanson par le vide«  sur NosEnchanteurs.

Et encore… Info de Norbert Gabriel, sur laquelle nous reviendrons : « Puisqu’on est dans le faire-part d’extinction, Le Doigt dans l’Oeil met aussi la clé virtuelle sous la porte. Un dernier numéro dans quelques jours, histoire de partir pavillon haut, et peut-être de continuer en bloguant sans faire doublon avec les collègues qui font ça très bien. »

Petits problèmes techniques depuis deux jours sur NosEnchanteurs : il est très difficile voire impossible de poster des commentaires. Si vous échouez dans vos tentatives, envoyez votre commentaire ou sur ma page facebook, ou par mél : michel.kemper@laposte.net

15 mars 2012. Étiquettes : , . Divers, Les événements. 7 commentaires.

C’est la même chanson (mais la différence c’est…)

C’est y est, vous êtes prêts ? Cloclo de partout, comme s’il en pleuvait ! Singin’ in the rain. Pas une soirée sans émission télé, et le biopic Cloclo (notre photo) réalisé par Florent Emilio Siri, qui sort ce mercredi, déjà dans toutes les bouches, dans tous les flashs d’info. Ah ! la belle bouffée d’air ! Parler de Claude François parce qu’on se sait plus rien de la chanson, comment elle nait, comment elle vit, comment elle meurt, parce qu’on l’ignore superbement au quotidien. Comme ces rigolos des Victoires de la musique qui se gourent de mort et célèbrent Maurice Barrier (acteur bien vivant) en lieu et place de Ricet, et privent l’Allain (Leprest) d’une de ses « L ». Ignorance coupable et total mépris des « professionnels de la profession. » Des minables, des zéros ! Des qui vivent en vase clos et font la respiration artificielle à une chanson notoirement consanguine.
Là, avec Claude François, pas de risque. On célèbre du solide, de l’inoxydable, je n’ose dire de l’électrisant.  Et l’industrie discographique peut espérer se faire encore pas mal de blé, se donner l’illusion de juteux profits comme aux temps bénis désormais révolus. Que n’ont-ils pas encore créé le clone parfait, lui et ses clônettes aux longues jambes pile poil épilées, un autre robot à décerveler, à chanter Le lundi au soleil pour faire oublier le mardi à Pôle-emploi ?
Entre nous : laissez de côté ce biopic-là. Et, quitte à faire, retranchez-vous sur le dévédé de Podium (film de Yann Moix, en 2004), à mon sens un des films les plus savoureux qui soient. Qui parle de l’idole, certes. Claude François en est quand même le fil rouge : Benoît Poelvoorde en fait profession. Qui parle de ces gens qui vivent leur vie par procuration, sosies d’un mythe, à vivre au plus près l’existence de leur idole, à ramasser les miettes de leur renommée, à rassembler à eux les bravos qui ne leur sont pas tout à fait destinés. Un film émouvant, sensible, bouleversant même. Un film utile, dont voici, pour le pur plaisir, la bande-annonce :

10 mars 2012. Étiquettes : , . Divers, Les événements. 5 commentaires.

Bordeaux 3, boîte à outils de la chanson

Concert de l'atelier choral de la filière musique de Bordeaux 3, sous la direction de Pascal Pistone, en 2011 (photo DR)

Saluons l’initiative. Dans un temps où on retire ici et là à l’éducation nationale ses moyens financiers et humain (notamment les Conseillers pédagogiques en éducation musicale, lire ici le billet de NosEnchanteurs), où on sacrifie tout sur l’autel de je ne sais quelle rentabilité, la filière Musique de l’université de Bordeaux 3 crée, dès septembre prochain, un nouveau cursus spécialisé, en septembre prochain, intitulé « Licence Chanson d’expression française, jazz et musiques actuelles », qui fera la part belle à la chanson française à texte. Il s’agit d’une filière sélective (entrée sur dossier + concours) qui intégrera des artistes déjà expérimentés dans le domaine de la création, l’arrangement ou l’interprétation (21 étudiants seront admis tous les 3 ans). L’initiative en revient grandement à Pascal Pistone, qui dirige cette filière et qu’on peut connaître comme étant aussi le pianiste de la chanteuse Clémence Savelli. Il s’explique : « Le but premier n’est pas de former les génies de la chanson française de demain (si certains réussissent, tant mieux pour eux évidemment) mais, dans un premier temps, des futurs candidats aux concours de recrutement dans l’enseignement secondaire (Capes, Agrégation), capables de chanter, d’arranger, de diriger, d’accompagner des chansons et de donner envie aux élèves de découvrir et d’interpréter ce répertoire. Parmi nos futurs étudiants, certains choisiront d’entamer des recherches autour de ce répertoire, contribuant également à la sauvegarde du patrimoine. D’autres se dirigeront vers des activités de diffusion (production, organisation de concerts, direction de lieux de spectacles) en ayant le mérite de connaître réellement le sujet (ce qui n’est pas toujours le cas en France). Enfin, certains se lanceront peut-être dans cette carrière exclusive, incertaine et périlleuse, d’auteur-compositeur-interprète. »

Pascal Pistone (DR)

Voir naître de nouveaux artistes est bien encore faut-il leur donner les scènes pour qu’ils puissent s’y exprimer, comme c’est le cas sur Lyon qui peut s’enorgueillir de deux « écoles » de chanson ( l’Ecole de Musique de Villeurbanne et la classe de Musiques actuelles du CRR de Lyon) et, en synergie, pas mal de petits lieux chanson dont le navire-amiral est sans conteste A Thou bout d’Chant. Les lieux de programmation sont aussi dans le questionnement bordelais : « Notre filière, dit Pascal Pistone, est en train de développer, sur Bordeaux, des opportunités de concerts, en incitant par exemple des cafés à faire l’acquisition d’un piano et à se lancer dans l’organisation de spectacles musicaux, afin de programmer régulièrement les récitals de nos étudiants. » Et de surenchérir :  « Le débat, parfois intéressant, qui découle de cette initiative concerne souvent la question du paradoxe lié à la formation d’un « poète maudit » dans l’enceinte d’une université. Personnellement, je ne suis pas non plus insensible à ce questionnement, même si je reste tout à fait conscient du fait que la technique vocale, l’interprétation scénique, et surtout l’apprentissage du piano ou de la guitare, l’arrangement, l’orchestration, l’accompagnement, les techniques d’enregistrement ou de la réalisation discographique, etc. méritent aussi de faire l’objet d’études approfondies. »

Questions pratiques
Le feu vert définitif pour la création de ce cursus a été donné il y a à peine un mois et la date limite de pré-inscription est proche (dans un mois et demi). Le niveau de cette 1ère promotion sera d’autant plus élevé que les postulants auront été nombreux à candidater. Que les lecteurs de ce blog aident donc à faire circuler cette information et le pari sera sans doute gagné. Informations, brochures et modalités d’inscriptions à l’adresse suivante : http://www.bordarts.com

28 février 2012. Étiquettes : . Divers, Les événements. 2 commentaires.

Wendo, culottes mouillées de larmes

Peut-on rêver à plus bel hommage, à plus beau témoignage de ses admiratrices ? Le chanteur de charme brésilien Wando vient de décéder. Derechef, il fut enterré, jeudi dernier. La veille, lors de la veillée funèbre, ce fut déluge, certes de larmes mais aussi et surtout de petites culottes en dentelles décorées, de la part de très nombreuses fans qui, d’habitude, les lui lançaient sur scène. Tant que le chanteur en faisait collection, se targuant de plus de 17000 pièces et envisageait même d’en faire un musée dans sa ville de Belo Horizonte, où il est décédé.
Que Johnny se prépare à son tour, le moment venu, à un déluge de gaines et de bustiers, de caleçons longs et de slips médicalisés…

12 février 2012. Étiquettes : . Divers, Les événements. 3 commentaires.

Une chanson qui améliore ce monde…

« Salut à la compagnie de cette maison
Je vous souhaite une bonne année
Du bien à foison » (Malicorne)

Il nous faut améliorer ce monde, couvrir de goudron et de plumes cette finance qui ne produit plus que de la misère et de l’injustice. Et la chasser. Revenir à l’humain. Conspuer ces politiques qui ne se soucient que d’eux-mêmes, ces démagogues dont le discours fluctue et se durcit au fil des sondages d’opinion, jusqu’à épouser l’extrême. Il nous faut nous indigner et relever les manches, bâtir un autre monde, respectueux de l’Homme et de son cadre de vie, infiniment conscient de ce qu’il laissera à nos enfants.
NosEnchanteurs n’est qu’un blog de chanson. Mais une chanson qui n’est pas forcément cette aimable bluette qui coule des insipides robinets radiophoniques. Pas forcément et pas tout le temps Gavroche non plus, mais qui ne nous anesthésie pas. Qui nous élève au rang d’Hommes, pas à celui de disc-jockey. C’est cette chanson–là qui sera notre lien tout au long de cette année de tous les dangers. En avant ! (pour le grand bond en arrière ?)

1 janvier 2012. Étiquettes : . Divers, Les événements. 2 commentaires.

2011, le palmarès discographique de NosEnchanteurs. Et le vôtre ?

En ces dernières heures de l’année, il est tentant de faire comme tout le monde (et comme me le suggère mon collègue et ami québécois Francis Hébert), d’établir son classement discographique de l’année. Même si ni moi ni personne ne peuvent avoir la prétention de connaître tous les albums de l’année…  Je vous invite à faire de même, à tenter votre palmarès. Si beaucoup de lecteurs jouent ce jeu, ça nous donnera un portrait intéressant de NosEnchanteurs et de son lectorat.

Attention à ne faire figurer dans votre liste que des albums effectivement parus cette année 2011. La règle est cruelle qui prive de ce classement des albums qui viennent de sortir, que vous n’avez peut-être pas encore écoutés (comme le dernier cédé d’Hervé Lapalud, bien trop neuf…) ou des disques d’avant 2011 (parfois de peu) que vous n’avez découvert que cette année. Mais c’est ainsi… Il n’y a rien à gagner, si ce n’est la considération et les remerciements du taulier.

Voici mon classement, forcément subjectif, mais quand même… Pas de compilation ni de disque en public, si ce n’est ce Malicorne, de fait exceptionnel. Chacun de ces cédés a fait l’objet d’un billet dans NosEnchanteurs (il suffit de cliquer sur le nom de l’artiste).

  1. Béa Tristan (photo ci-dessus), « Mr Meccano », autoproduit
  2. Lola Lafon, « Une vie de voleuse », Le Chant du monde/Harmonia mundi
  3. Sylvain Giro, « Le batteur de grève », autoproduit/Coop Breizh
  4. Florent Marchet, « Courchevel », f2fmusic/ Pias
  5. Wladimir Anselme, « Les heures courtes », Klaxon/L’Autre distribution
  6. Pascal Rinaldi, « Passé le zénith », autoproduit/Disques Office
  7. Camel Arioui, « La java des anges », Samedi 14/L’Autre distribution
  8. Evelyne Girardon, « La fontaine troublée », Compagnie Beline/L’Autre distribution
  9. Clément Bertrand, « Le salut d’un poisson », Interférences/La malle d’Octave
  10. Malicorne, « Concert exceptionnel aux Francofolies de La Rochelle », Sony music/Productions Sterne

Pour que cet appel à contribution soit intéressant en terme de résultats, faites tourner ce billet, partagez-le amplement. Merci. En vidéos, Béa Tristan et Malicorne.

29 décembre 2011. Étiquettes : , , , , , , , , , . Divers, Lancer de disque, Les événements. 21 commentaires.

La chanson, toute la chanson, à la radio ? Coup de gueule d’Hervé Cristiani

Le débat se poursuit sur NosEnchanteurs quant à cette chanson qui a le droit, ou pas, de passer sur les ondes. Je vous engage à lire les très nombreux commentaires. Autre pièce à verser à ce dossier : la chanson Coup de gueule du chanteur Hervé Cristiani.

« J’leur balance un album à déplumer les anges
Et tout l’monde s’en tape
Excusez-moi si j’dérange »

Hors ceux des play-listes et quel que soit leur intérêt, les albums sortent désormais dans un assourdissant silence au grand désespoir des artistes et de leurs attachés de presse. Bien sûr, on m’objectera ces quelques radios associatives qui, dans leur coin, font un superbe travail ; bien sûr, quelques revues, malheureusement trop confidentielles (Vinyl, Je Chante… parfois FrancoFans), ouvrent leurs colonnes : elles sont les seules. Bien sûr, internet… Reste que nombre d’albums sont sans résonance aucune et que le silence vaut condamnation à mort (je suis bien placé pour le savoir, pour un livre que j’ai commis et qui, lui, a été volontairement boycotté par des journalistes aux ordres).
Hervé Cristiani (l’auteur, souvenez-vous, de Il est libre Max, en 1981) a sorti il y a trois ans un album (son septième à ce jour) très beau, puissant : « Paix à nos os » (distribution Rue Stendhal). D’aucuns en parlent comme de son chef-d’œuvre : la journaliste Stéphanie Thonnet lui avait même décerné son Cœur Chorus sur Chorus il va de soi (le numéro 66) : « De la première à la dernière minute, cet opus est un véritable don » selon ma consoeur et amie Stéphanie. Disque que peu connaissent car peu de presse, pas de radio, pas de télé. Quand Cristiani est invité, rarement, ce n’est que pour y chanter encore et toujours Il est libre Max, surtout pas un titre que les téléspectateurs ne connaissent pas : ils prendraient peur, perdraient pied et iraient, les traîtres, regarder la pub sur une autre chaîne.
Il y aurait de quoi se taper la tête contre un mur, Cristiani a choisi d’en faire une chanson, et un clip bricolé avec amour, mise en scène faite de bric et de broc, très typographique aussi. Ça se nomme Coup de gueule et ça nous dit tout.

« Comprenez l’artiste (…)
Pas le moindre interstice
Pour glisser sa prose
Dans le pot aux roses »

La page Facebook d’Hervé Cristiani, c’est ici.

20 décembre 2011. Étiquettes : . Divers, Lancer de disque, Les événements. 23 commentaires.

(dé)Mondialisation

Michel Bühler (photo DR)

Une nouvelle idée, un mot nouveau dans notre vocabulaire, à plus forte raison depuis hier au soir, depuis la très honorable performance du député Arnaud Montebourg aux Primaires citoyennes organisées par le Parti Socialiste en vue de la désignation de son candidat aux élections présidentielles : Démondialisation (ici un papier intéressant du Monde Diplomatique à ce sujet). Pour être précis, ce vocable hier encore incongru fait aussi partie du discours et du programme du candidat du Front de gauche Jean-Luc Mélenchon.

Aujourd’hui, sur NosEnchanteurs, une chanson du suisse et pas neutre Michel Bühler : Mondialisation, titre extrait de l’album Voisins… paru en 2000. Sur les bienfaits de la mondialisation, comme il s’entend…

10 octobre 2011. Étiquettes : . Divers, Les événements. Laisser un commentaire.

EPM, stratégie contrariée…

« Aborder toutes les faces de la mise en voix de l’expression poétique, de la diction au chant et, pour ce dernier, aussi bien la forme chanson que le très riche patrimoine lié à la mélodie française. Les albums de cette collection seront tout autant consacrés aux poètes qu’à leurs interprètes (récitants ou chanteurs). Ensemble, ils sont les « Voix » de la poésie. »
A peine née qu’elle disparaît. EPM venait de lancer sa nouvelle série, sous l’impulsion du dynamique Bernard Ascal, directeur artistique et par ailleurs artiste interprète : « Les voix de la poésie », des disques simple, double ou triple où se rencontrent tant le poète célébré que tout ou partie de ses repreneurs, de ses interprètes. Comme ce Philippe Soupault où Bernard Ascal reprend une douzaine de titres, où se rencontrent aussi Catherine Sauvage, Cécile Charbonnier, James Olivier et Jacques Douai, que Soupault clos en disant lui-même un de ses textes, La glace sans tain.
Gros problèmes de distribution sans doute, les disques à peine mis en commerces, les chiffres de vente sont tels (tellement bas) qu’EPM se ravise et arrête sine die la collection. Seul rescapé, mis en fabrication in extremis, le Jean-Roger Caussimon qui va bientôt sortir. Dommage.
Le courage des éditeurs se heurte parfois à la stricte réalité comptable. C’est vrai que la poésie se vend mal. On ne sait d’ailleurs où aller la chercher quand elle est gravée sur cédé, en quel rayon, sur les étals de disques ou chez les libraires, de toutes façons jamais en tête de gondole.
Sont sortis dans cette collection un double Aragon (avec Francesca Solleville, Marc Ogeret, Colette Magny, Jacques Douai, Catherine Sauvage, Georges Brassens, Martine Sarri, Monique Morelli, Maya ; et des textes dits par Jean-Louis Barrault, Serge Reggiani, Jean Chevrier et Louis Aragon) ; un double Paul Eluard (avec Francesca Solleville, André Tavernier, François Rascal, Jacques Douai, Pierre Bernac, Paul Braffort & Annelies Braffort, Gérard Pitiot et Julos Beaucarne, et des textes dits par Gérard Philipe et Paul Eluard), un double Julos Beaucarne (large compilation de poètes), le nouveau Chanson plus bifluorée ; un triple Apollinaire avec, entre autres, Yves Montand, Léo Ferré, Marc Robine, Paul Derenne, Anne Laloë et Camille Maurane, et des textes dits par Jacques Duby et Guillaume Apollinaire (Le pont Mirabeau) ainsi que (c’est l’intégralité du 3e disque de ce coffret) La chanson du mal aimé, oratorio composé par Léo Ferré et joué par l’Orchestre national de la Radiodiffusion française en 1957. Déjà une riche bibliothèque sonore, formidable lieu de rencontres entre l’hôte auteur et les artistes qui, de leur voix, propagent ses vers.
Par ailleurs, l’autre collection d’EPM, « Poètes & Chansons » (soixante-quatre titres à ce jour), que dirige également Ascal (succédant là au défunt Marc Robine), semble elle-aussi mise entre parenthèses (le dernier titre paru étant sur les Poètes de la négritude).

Fondé en 1986 par l’ancien président de RCA qu’est François Dacla, EPM est un éditeur phonographique spécialisé dans une « certaine » chanson française qui a distribué ou produit des artistes comme Léo Ferré, Anne Sylvestre, Michèle Bernard, Georges Chelon, Marc Ogeret, Marc Robine, Francis Lemarque, Monique Morelli, Julos Beaucarne, Diane Dufresne, Anna Prucnal et bien d’autres. « La poésie et la chanson ont une place de choix dans son catalogue » lit-on sur le site d’EPM. Le mariage des deux est simplement mis à mal.

7 juillet 2011. Étiquettes : , . Divers, Lancer de disque, Les événements. 3 commentaires.

Cinq-centième billet aujourd’hui…

Cinq-centième billet aujourd’hui sur NosEnchanteurs : du coup, j’arrose, des fois que le millième soit long à venir… Champagne ! Il n’y a pas deux ans, suite au coup de Jarnac qui vit disparaître Chorus, ce blog apparaissait sur votre écran. Il y est resté même si l’alimenter quasi quotidiennement prend du temps, beaucoup de temps.
Avec actuellement plus de 160 abonnés, avec trois cents connexions par jours (parfois bien plus : 850 à la parution de l’article sur les deux ex-Wriggles de D.U.O !), NosEnchanteurs est désormais repéré dans le milieu chanson dont il est un des espaces de liberté de loin les plus importants. Voilà pour le présent.
Reste l’avenir. Il faut poursuivre et développer ce blog, gagner un plus large lectorat afin qu’il soit plus efficace encore pour la chanson, notamment et surtout pour ces artistes qui manquent cruellement de support médiatique. Car, même si c’est mon bon plaisir de parler ici d’Alain Souchon ou de Jeanne Cherhal, de Clarika ou de Georges Brassens, de titiller l’aqueux Johnny et de chatouiller Carla Bruni (bouquet de fleurs de l’Elysée qui, très accessoirement, est chanteuse), ce blog est aussi et surtout l’espace de ceux qui n’en ont point, tant des visages émergents de la chanson que d’autres qui vivent et exercent depuis longtemps, parfois depuis toujours, à l’écart des projecteurs et des trompettes de la renommée. Sur ceux-là, je ne citerai pas de nom : ils sont trop nombreux.
Il y a certes des choses à améliorer dans ce blog, qui parfois passent par une connaissance de l’outil informatique que je n’ai pas assez. Ça viendra et vous pouvez utilement m’y aider.
Plus encore, que vous soyez vous-même artiste ou professionnel de la scène, organisateur, spectateur, dans tous les cas militant de la chanson, vous pouvez contribuer à la vie de ce blog en y écrivant, si tel est votre bon plaisir. Un coup de cœur, un coup de pouce, la relation d’un concert, d’un festival, un coup de gueule, une thématique, un portfolio…  Si ça vous intéresse, contactez-moi : michel.kemper@wanadoo.fr  
De façon générale, faites connaître ce blog, relayez-le autant que faire se peut, faites-en un des favoris de vos amis. Même si télés, radios (vous avez entendu ces derniers temps la programmation chanson du Fou du roi ? : mis à part Louis Ville, que des français chantant en anglais…) et programmateurs tendent  à prouver le contraire, la chanson d’expression française existe, plus vivante et créative que jamais. Ce blog, modestement, participe à le faire savoir. C’est, à la juste place qui est la sienne, un précieux et désormais indispensable maillon de la chanson. MK

26 juin 2011. Divers, Les événements. 4 commentaires.

Pierre Perret gagne son procès

Pierre Perret (photo DR)

Résumons : Pierre Perret a déposé plainte en diffamation contre Sophie Delassein, jour­na­liste culturelle au Nouvel Obs qui, en jan­vier 2009, a mis sérieusement en doute la réa­lité de ses rela­tions avec l’écrivain Paul Léautaud. La 17e chambre cor­rec­tion­nelle avait jugé l’affaire en fin mars et mis sa déci­sion en délibéré. La repré­sen­tante du par­quet avait requis la condam­na­tion de l’imprudente jour­na­liste, esti­mant qu’elle avait « man­qué de pru­dence », en se mon­trant pour le moins « péremp­toire » et en ne don­nant pas la parole au chanteur. Grosso modo, Delassein affirmait que Perret n’avait jamais ren­con­tré le poète Paul Léautaud, mort en 1956, à plu­sieurs reprises à son domi­cile de Fontenay-aux-Roses, qu’il aurait inventé cette histoire de toutes pièces « pour briller aux yeux de Brassens », listant les incohérences dans les souvenirs de l’auteur du Zizi et de Blanche. Cerise sur le gâteau, la journaliste accusait sans véritable preuve Pierre Perret d’avoir pillé tant Brassens que d’autres auteurs, inconnus, pour ses propres chansons.
Lors de l’audience des 22 et 23 mars derniers, Pierre Perret avait dénoncé une « entreprise de démolition » à son encontre et réclamait près de 215.000 euros de dommages et intérêts.

Le tribunal vient de rendre son jugement, donnant raison au chanteur. Il a considéré que, bien qu’elle n’ait pas témoigné à l’encontre de Perret d’une « animosité personnelle », elle n’a pas fait pour autant preuve de prudence et manqué à l’obligation du contradictoire, l’article publié ne donnant pas la parole au chanteur. Si l’enquête était « légitime », souligne le tribunal, madame Delassein ne pouvait « affirmer de manière aussi péremptoire » que Perret n’a jamais rencontré Léautaud.
Le jugement estime que Sophie Delassein a dressé « un réquisitoire d’une singulière violence, insoucieuse du contradictoire, portée par une coalition d’intérêts dont elle s’est fait imprudemment le porte-parole à seule fin d’abattre, non sans une âcre jubilation, dont témoignent le style et le registre de vocabulaire, la réputation d’un homme tenu pour aimable et jusqu’à lors respecté qu’elle n’a même pas eu à cœur de contacter utilement, alors qu’elle ne pouvait ignorer qu’elle le touchait au plus sensible. »
Sophie Delassein est condamnée à une amende de 2000 euros ; son directeur de publication à 1000 euros. Tous deux paieront solidairement 10000 euros de dommages et intérêts au chanteur ainsi que 8000 euros de frais d’avocat. Enfin, les passages incriminés de l’article, encore en ligne, doivent être supprimés.

Le tribunal ne s’est donc pas risqué à refaire ou non l’Histoire, à valider ou non la supposée amitié de Pierre Perret et de Paul Léautaud. Comment du reste aurait-il pu ? Il sanctionne non l’enquête en soi de Sophie Delassein mais son imprudence et, de fait, son absence de preuves qui rend ses propos un rien péremptoires. Si le doute peut toujours subsister après coup quant au Pierrot de la chanson et à un éventuel passé enjolivé, la justice renvoie clairement la presse à ses propres règles de déontologie, malmenées il est vrai par ce papier rédigé un peu vite.

13 mai 2011. Étiquettes : . Divers, Les événements. 3 commentaires.

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