Mômes en Zic : l’Alors-Chante des enfants

Jacques Haurogné (ph. DR)

On se dit qu’ils ont trouvé le moyen de faire baby-sitting intelligent, d’occuper les mômes pendant que leurs parents vont se perdre dans la foule de Zebda, de Dutronc, Camille ou Presque Oui.
Ben non, c’est mieux et plus que ça même. Comme une poupée russe, le festival Alors chante de Montauban en a fait naître un autre en son sein : Mômes en Zic. Une annexe, un appendice ? Non, un vrai festival ! Avec une programmation tip top, superbe, tant qu’on aimerait rajeunir, ou gratter sa date de naissance sur sa carte d’identité pour en écrire une plus proche dans le temps.
La chanson pour enfants semble s’être débarrassée des Dorothée et Chantal-Goya d’antan, de tous ces parasites débilisant qui faisaient sans vergogne les poches et la tirelire des gosses. De nos jours, les chanteurs pour « jeunes publics » travaillent les mots, peaufinent le verbe, travaillent le poésie et l’imaginaire des enfants à partir de ce qu’ils sont, de ce qu’ils vivent, de ce qu’ils rêvent. Walt Disney et Bécassine sont alors loin, qui ont laissé place à de la vraie chanson, qui prend les mômes pour ce qu’ils sont : intelligents et sensibles.

Le Zèbre à trois de Chtriky (photo DR)

Au programme cette année à Montauban : Chtriky (Zèbres à trois), Merlot (Au fond de la classe), Pascal Peroteau (Ça m’énerve), Les Wackids (L’histoire du rock’n toys), Jacques Haurogné (Les petites fabulettes : doudous perdus ; Les grandes fabulettes : l’île en eau), Petit Noof, Franz (Bas les pattes), Oldelaf (Bête et méchant) et les Saltimbrank’s (Perds pas le fil) : que du bon ! On notera le nombre d’artistes au répertoire « adulte » qui se tournent volontiers vers les (beaucoup) plus jeunes : Merlot, Chtriky, Oldelaf, Noof, même Haurogné même si ça fait longtemps qu’il courtise les préaux d’école et cours de récré. Cette heureuse initiative, qui allie la pédagogie au pur plaisir et formera peut-être les futurs bataillons de la chanson, n’est pas la seule : ainsi les Francofolies de la Rochelle qui tiendront en, juillet prochain leurs 7e Francos Juniors (avec François Hadji-Lazaro et Pigalle, Michèle Bernard, Tony Truant (des Wampas) et Dorothée de Monfreid, Merlot ainsi que la Compagnie Nid de Coucou).

Alors chante ! 27e édition, à Montauban, du 14 au 20 mai 2012 avec, entre autres, From et Ziel, Liz Cherhal, Tiou, Jeanne Plante, Les Yeux d’la tête, Moran, Berry, Chloé Lacan, Presque Oui, Dimone, L, Carmen Maria Vega, Hubert-Félix Thiéfaine, Becs bien zen, Les Grandes bouches, Zebda, Camille, Agnès Bilh & Anne Sylvestre, Clément Bertrand, Blankass, Wally et Hk & les Saltimbranks. La programmation complète ici. http://www.alorschante.com/index.php/programmation/grille-de-programmation

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5 mai 2012. Étiquettes : , , . Festivals, Pour les mômes. 1 commentaire.

Paroles et Musiques, 21e du nom

Si, pour nombre de nos lecteurs, Paroles et Musique fut le titre de cette fameuse revue qui précéda Chorus, c’est aussi le nom d’un grand festival stéphanois né il y a vingt ans pour mettre en valeur la chanson.  Très « chanson » à ses débuts, le festival créé par Marc Javelle a pris depuis la mesure d’autres genres, tous faits d’autres paroles, d’autres musiques. Ainsi le rap qui, depuis quelques années, vit en cet événement festivalier de bien belles pages de son histoire…
Côté purement « chanson », on notera avec intérêt le plateau partagé (sous le Magic-Mirrors) entre Jeanne-Garraud, François Gaillard et Romain Didier, ce dernier étant l’un des grands fidèles de ce festival. Egal intérêt pour celui, en simultanée, qui verra se produire au Zénith Zebda (le groupe le plus présent dans les prochains festivals de printemps et d’été), Dionysos et Caravan Palace. Y’a des fois où en revendique le droit d’ubiquïté… Les plateaux Yoanna-Soan-Debout sur le zinc et Carmen Maria Vega-Arthur H-Camille retiennent sans mal notre attention : rien que du bon ! A noter encore, sur la scène en plein-air (pourvu qu’il ne pleuve pas !) notre ami Elie Guillou (celui du Paris-Brest ou des concerts en lavomatics), Broc (la nouvelle formule très électrique de Balmino) et le très intéressant Erwan Pinard.
L’un des moments attendus de cette 21e édition sera sans conteste cette prestation d’Oxmo Puccino, le « black Jacques Brel » comme on le surnomme, pour la première fois en trio acoustique. Si les amateurs de rap se régaleront encore de cette soirée réunissant tant Sefyu, Youssoupha et Meca (objectivement un beau plateau), le tout public pourrait à nouveau faire triomphe à Barcella dont le nouvel album, Charabia, sera tout juste dans les bacs.

Le programme
Mardi 15 mai : Cœur de pirate + Zaza Fournier (complet).
Mercredi 16 mai : Le Zarbi Circus ; Ginkgoa ; Jeanne Garraud + François Gaillard + Romain Didier ; Zebda + Dionysos + Caravan Palace.
Jeudi 17 mai : Boule ; Mina Tindle ; Arlt ; Nadeah ; The Joking ; Scratch Bandits Crew + 1995 + Birdy Nam Nam ; Giedre + Karpatt + Socalled.
Vendredi 18 mai : Doorsfall ; Claire Denamur + Charlie Winston ; Yoanna + Soan + Debout sur le zinc ; Méca + Sefyu + Youssoupha.
Samedi 19 mai : Elie Guillou ; Ben Mazué ; Vincha ; Oxmo Puccino trio ; Broc ; Carmen Maria Vega + Arthur H + Camille ; Fantasia Orchestra ; Archimède.
Dimanche 20 mai : Erwan Pinard ; Barcella ; Vincent Loiseau ; Shantel et le Bucovina Club Orkestra.

Paroles et Musiques, du 15 au 20 mai, Esplanade François-Mitterrand à Saint-Etienne. Le site du festival.

4 mai 2012. Étiquettes : . Festivals, Les événements. 1 commentaire.

Rencontre à Genève, lors du Salon du livre

A nouveau sur la route. Cette fois à Genève, chez nos amis helvètes, à l’occasion du Salon du livre et de la presse. Où je participe ce dimanche à un débat sur « Les mots des chanteurs romands » avec, réunis autour du micro, une belle brochette de chanteurs du cru : Zedrus et Denys Surdez, père et fils chanteurs et poètes, Thierry Romanens et Blandine Robin. Et Michel Kemper, votre serviteur l’enchanteur, qui y dédicacera tant Mes nuits critiques que Les Vies liées de Lavilliers. Débat animé par Pascal Schouwey.

Ce débat aura lieu dimanche de 15 h 30 à 17 h sur le stand de la scène du Cercle i1145 (le Cercle est facile à repérer, c’est le stand avec les immenses rideaux rouges, la scène est juste derrière, devant le Café Livresse).

J’ai souvent consacré des lignes à Thierry Romanens (notre photo), comme celles-ci : « Thierry Romanens, suisse encore inédit en France, est à Sarclo ce que Dupont est à Dupond. Avec un look à la Tintin. Lumineux ! Il nous vient du pays des banques, fait le mariole, pas le branque. Il est direct, franc, jovial, gueule de Tintin picaresque et pittoresque : Heureux comme un cochon dans la fange / Je ne suis qu’un rieur aux anges. Ravis, en tous cas, de faire connaissance avec un petit suisse de la chanson, qui partage avec l’autre helvète qu’est Sarclo un goût consommé de l’impertinence, du caustique, de l’humour radical, que contrecarre une poésie urgente, qui se fout pas mal des rimes. » (suite ici)

Nous reviendrons sur Zédrus, cette semaine, à l’occasion de la sortie de son nouvel album, Dans la différence générale.

24 avril 2012. Étiquettes : , , , , , . Festivals, Les événements. 1 commentaire.

Carrefour Chanson de Clermont-Ferrand : 20 ans déjà ! (2)

par Michel Trihoreau

Ces 14 et 15 avril, Claude Mercier et son équipe de l’ORACLE présentaient le vingtième Carrefour de la Chanson, à Clermont-Ferrand. Vingt années au cours desquelles furent présentés sur scène et récompensés des dizaines de chanteurs, chanteuses et groupes divers. Occasion aussi de voir, la veille, de nombreux artistes confirmés comme Georges Chelon, Le Quatuor, Enrico Macias, William Sheller et bien d’autres. Pour ce vingtième anniversaire, les organisateurs ont dû refuser des entrées, les réservations étaient au complet.

Épisode 2 : La résultante des forces dispersées

Elsa Gelly (photo d'archive Catherine Cour, Prémilhat 2011)

Ainsi, le lendemain, j’étais sur la défensive pour affronter les cinq participants concourant pour le Prix de la Ville de Clermont. Sournoisement agacé a priori sans rien en montrer, mais prêt à me défendre contre la moindre attaque, j’étais intérieurement blindé.
Évidemment, le métier reprend le dessus, je fais taire le démon qui se réveille parfois en moi pour donner priorité à l’innocence de mes sentiments et à un certain sens de l’objectivité ou de l’idée que je m’en fais. Les cinq concurrents étaient les vainqueurs des années précédentes, garantie donc d’une qualité professionnelle peu contestable. Le choix allait se faire essentiellement sur un ressenti du moment.
Henri Léon et les autres sont de bons musiciens, doués d’un sens de l’improvisation incontestable. Ils s’amusent sur scène, parfois de peu et nous amusent de même avec facilité… beaucoup de facilités. On aurait plaisir à les inviter pour les noces et banquets où ils remplaceraient avantageusement le beau-frère qui raconte la dernière blague sous la ceinture. Un bon moment donc si l’on n’est pas trop exigeant sur la subtilité de l’élégance poétique.
A l’inverse, Pascal Rinaldi est inspiré par les muses. Un bel univers musical et une jolie voix portent des textes raffinés, soigneusement cousus à la main, ou la gaudriole n’a pas droit de cité. Errant entre Nerval et Obispo, il assombrit la scène aux antipodes des pitreries des précédents  et l’on a l’impression d’avoir balisé ici et là les repères du vaste domaine de la chanson.
On se trompe. Marion Rouxin nous fait oublier le temps de Paul & Robin en mettant délibérément l’accent sur la forme. La dame se fait attendre : beaucoup de fils à brancher, la technique a ses exigences. Voix puissante, mise en scène sophistiquée, gestuelle ample, elle se fait star, la performance est là, les plumes aussi, il ne manque que TF1.
La rage a failli me reprendre lorsqu’elle demande au public de se lever pour participer à son show ! Mais je me calme et je reste assis ainsi que quelques récalcitrants.

Frédéric Bobin (photo DR)

En revanche, je me serais bien levé spontanément pour saluer une autre performance, là aussi, diamétralement opposée : Elsa Gelly, a capella, sans artifices, la pureté même de la voix et du geste, on ose à peine applaudir pour ne pas casser le charme. Les morceaux de chanson s’enchaînent comme un unique poème sur l’enfant, sur la vie, on reconnaît des passages d’Anne Sylvestre, d’Allain Leprest. Oui, c’est de l’interprétation, mais la création originale est dans la construction et surtout dans l’art de donner de l’émotion en profondeur.
Enfin, Frédéric Bobin ramasse le Grand Prix. Un peu comme s’il était la résultante de toutes les forces dispersées des autres. Bobin écrit sur la vie, sur son siècle, avec des mélodies qui marquent la mémoire et des mots joliment tournés, sans fioritures, mais avec un partage d’authenticité, de vécu qui touche le cœur et l’esprit. Ses chansons ne s’envolent pas aussitôt applaudies, elles restent dans la tête et s’inscrivent dans une longue histoire après les plus grands, après Tachan, Béranger, Leprest.
Alors, ne serait-ce que pour les sommets atteints par Elsa et Frédéric, le vingtième Carrefour  de Clermont-Ferrand fut une réussite. Les moments de bonheur, si forts, si rares, envoient les épines dans l’oubli.
Merci L’ORACLE, merci Claude Mercier, vingt ans de passion et  d’amour au service de la chanson ça vaut bien un coup de projecteur et une ovation debout !

19 avril 2012. Étiquettes : , , , , , . Festivals, Les événements, Prix. 8 commentaires.

Carrefour Chanson de Clermont-Ferrand : 20 ans déjà ! (1)

par Michel Trihoreau

Ces 14 et 15 avril, Claude Mercier et son équipe de l’ORACLE présentaient le vingtième Carrefour de la Chanson, à Clermont-Ferrand. Vingt années au cours desquelles furent présentés sur scène et récompensés des dizaines de chanteurs, chanteuses et groupes divers. Occasion aussi de voir, la veille, de nombreux artistes confirmés comme Georges Chelon, Le Quatuor, Enrico Macias, William Sheller et bien d’autres. Pour ce vingtième anniversaire, les organisateurs ont dû refuser des entrées, les réservations étaient au complet.

Épisode 1 : Les forbans aux gémonies

Jean Chocun, Jean-Louis Jossic, Jean-Paul Corbineau, nos 3 Jean de Nantes (photo © Eric Doll)

Je me réjouissais de revoir Tri Yann. C’était le spectacle d’ouverture, samedi. Les Trois Jean historiques (Chocun, -Louis Jossic et –Paul Corbineau) qui écument depuis quarante ans les scènes bretonnes de partout, accompagnés de leurs cinq autres complices, étaient bien à leur poste, armes en main, prêts à conquérir le public auvergnat une nouvelle fois.
Une mise en scène prometteuse évoque à la fois un navire pirate fantôme et la cour déglinguée d’un roi soleil anachronique, avec dentelles, chapeaux oniriques et chausses dans les baskets. Et l’équipage attaque pour le plus grand plaisir des fidèles anciens et des néophytes émerveillés.
Les Prisons de Nantes, Pelot d’Hennebont, Ye Jacobites, les meilleures pièces de l’arsenal sont dépêchées au public avec l’entrain et l’expérience de la jeunesse et de la durée conjuguées.
Bien sûr, les voix sont tellement mélangées aux instruments qu’on ne saisit pas bien le sens des paroles. Pas très grave pour La Jument de Michao, suffisamment répétitive pour qu’on s’y retrouve, mais c’est dommage pour Marie-Jeanne-Gabrielle, ce bijou de Louis Capart dont la mélodie se délaye dans la marée sénane et dont le texte se devine à peine dans le crachin.
J’étais néanmoins dans un bon jour, prêt à tout pardonner à ces forbans, avec une indulgence bienveillante qui devait beaucoup à mes souvenirs et pas mal à mon respect pour leur admirable longévité. Et puis tout a basculé.
Je ronronnais, emporté dans une espèce d’équipée magique, avec dans la tête des images de Bilal ou de l’Ankou troussant Bécassine ; peut-être aussi des parfums de galettes de sarrasin, de cidre ou d’hydromel ; ou  les saveurs de la bière Lancelot, je ne sais plus… Je suis brutalement revenu à la dure réalité avec un projecteur dans les yeux. L’objet partait du fond de la scène et, sans crier gare, m’envoyait dans les globes oculaires une quantité insupportable de watts. J’étais prêt à tout avouer : « Oui, l’Erika, c’était moi ! L’Amoco Cadiz et le Torrey Canyon aussi ! Pitié ! » Rien n’y fit, l’éclairagiste de la Gestapo, impitoyable, continuait à me détruire la rétine. Pire, à me gâcher définitivement le reste du spectacle.
Est-ce l’effet de la souffrance ? D’un coup, j’ai frôlé l’agacement dans les cabotinages du capitaine Jossic ; je me suis pris à penser  que le meilleur temps était celui de La Découverte ou l’Ignorance où la profondeur le l’océan me touchait encore.  J’ai continué à souffrir, avec par intermittence cette lumière insupportable dans les yeux, lié au mât, plus révolté que désespéré. Allez quitter un navire en plein océan ! Et pas de risque de mutinerie : autour de moi on s’accommodait des souffrances visuelles comme parfois on s’accommode des tortures auditives infligées par des sonorisateurs aussi sourds que fous.
La rage me rongeait tellement que j’ai voué aux gémonies tous les chanteurs qui font chier le public de toutes les façons possibles. (Pardon, dans ma colère j’ai laissé échapper un gros mot !)

(à suivre)

18 avril 2012. Étiquettes : , . Festivals. 3 commentaires.

Barjac 2012 : c’est pour l’amour, pas pour la gloire…

(photo Chantal Bou-Hanna)

La programmation 2012 des « Chansons de parole » de Barjac vient d’être révélée.

Samedi 28 juillet : Chloé Lacan + Romain Didier (cours du château) ;
Dimanche 29 juillet : Camel Arioui (chapiteau), Philippe Anciaux (chapiteau), From & Ziel + Mellismell (cours du château) ;
Lundi 30 juillet : Audrey Antonini (chapiteau), Paul Meslet (chapiteau), Jef Kino + « Boby Lapointe, comprend qui peut » avec Evelyne Gallet, Yeti, Roland Bourbon, Dimoné, Imbert Imbert et Presque oui (cours du château) ;
Mardi 31 juillet : Jérémie Bossonne (chapiteau), Trio Ewen, Delahaye, Favennec + Gilles Servat (cours du château) ;
Mercredi 1er août ; Jo (chapiteau), Eric Guilleton (chapiteau), Mouron + Pierre Barouh (cours du château) ;
Jeudi 2 août : Pierre Lebelâge (chapiteau), André Bonhomme (chapiteau), « Parole de Leprest » avec la participation, entres autres, de Véronique Estel, Natacha Ezdra, Yves Jamait, Jehan, Jofroi, Loïc Lantoine, Gérard Pierron, Francesca Solleville, sous la direction musicale de Léo Nissim (cours du château), Coriandre (en nocturne).

On dirait à nouveau le sommaire de NosEnchanteurs, c’est dire si ce festival entre tous mythique nous est cher. Une fois encore, Leprest se fête : c’est pas pour rien que la phrase de cette année, le fil rouge de Barjac en sera : « C’est pour l’amour, pas pour la gloire… » Commentaire de Jofroi, la patron du festival : « C’est pour l’amour, pas pour la gloire… C’est comme ça qu’il est passé tant de fois chez nous, nous livrant son âme, son sourire, ses mains qu’il tendait à chacun. C’est la trace qu’il a laissée dans le cœur du public et de ce festival où chacun est plongé si intimement que les manques se ressentent encore plus durement.
C’était une évidence, pour nous, frangins, frangines, de porter sa parole aussitôt sur cette scène qu’il a tant fréquentée, qu’il soit venu nous chanter ses chansons ou partager ces aventures collectives comme celle que nous lui consacrerons en clôture de cette édition 2012. (…) C’est pour l’amour, pas pour la gloire… Cette phrase en dit long, en fait, sur la philosophie qui conduit ce festival depuis ses débuts. Loin des flonflons, des ventes à succès, des prestigieux oriflammes… car s’il fallait sortir un drapeau, ce serait plutôt celui d’un pan de chemise, fier, flottant au vent, gage de fraternité et de citoyenneté. Pan de chemise qui flottera tout au long de cette semaine de chansons, au sommet du chapiteau, nous conduisant de découvertes en découvertes avec Camel Arioui, Audrey Antonini, Jérémie Bossonne, Jo, Pierre Lebelâge ou Nevchehirlian. De retrouvailles en étonnements avec Philippe Anciaux, Paul Meslet, Eric Guilleton ou André Bonhomme… Pan de chemise dans les rues, dans les cours, dans les trous perdus, comme nous disait Béranger, au sommet du donjon, au portail du château, pour vous accueillir et vous faire vibrer d’émotion avec Romain Didier qui ouvrira le bal, frangin d’Allain de la première heure. Et Chloé Lacan qui lui chauffera la salle. »

15 avril 2012. Étiquettes : , . Barjac, Chantal Bou-Hanna, Festivals. 5 commentaires.

Ce fut le 18e festival Chant’Appart

Flow (photos Chant'Appart)

par Gérard Pignon (« modeste bénévole de Chant’Appart »)

Dimanche après-midi, à la Roche-sur-Yon en Vendée, une petite salle près d’un hypermarché fermé, un quartier désert avant que tout ne s’anime par250 personnes qui s’entassent pour le final du festival Chant’Appart 2012. Créé en son temps par Bernard et Dany Keryhuel, le flambeau a été repris par Christian Gervais et une équipe d’une trentaine de fous ou de passionnés (à chacun de choisir)…

Jeanne Plante

Hier, donc, le dernier jour du 18ème festival Chant’Appart. Un final en fête avec Jeanne Plante, Flow, Jehan, Thierry Chazelle et Lily Cros, Zama, les Delfes et Claire Danlalune. Un point final (avant l’année prochaine) à deux mois de chansons dans tous les coins et recoins des Pays de la Loire : des spectacles dans des salons et des garages, dans des châteaux et des hôpitaux, des lycées, des structures pour personnes handicapées, des maisons de retraites… Partout où la chanson peut s’insinuer, s’immiscer. Deux mois de découverte ou de re-découverte, de communion avec un public qu’on ignore souvent. Des artistes qui se rencontrent, qui rencontrent ces accueillants qui ouvrent leur maison, qui rencontrent des spectateurs, des spectateurs qui se rencontrent au buffet convivial de fin de concert. Bref, deux mois de rencontres (c’est le maitre mot) dans 85 lieux avec, cette année, 24 groupes et artistes, plus de 130 concerts (en général deux par lieux) et près de 8000 spectateurs.
C’est de là, de ces coins de province, par tous les bénévoles de l’Hexagone, de cette France qu’on dit d’en-bas quand on n’y est pas, que la chanson, la vraie, peut vivre.
Le programme et les artistes de 2012 sont sur http://www.chantappart.fr/p/les-artistes-du-festival-2012.html . On y trouvera des habitués de ce blog. Le programme de 2013 est déjà sur les rails…

En vidéo, un intéressant reportage de TV Vendée qui vous présente, mieux qu’un long discours, ce que sont les Chant’Appart :

3 avril 2012. Étiquettes : , , . Festivals. 9 commentaires.

Se rendant à Randan (la route aux quatre chansons)

Rémo Gary, Michel Bülher, Isabelle Aubret, Charles Dumont, Michèle Bernard et Yves-Ferdinand Bouvier (photo Roland Moulin /La Montagne).

Dimanche des Rameaux. Les vieux marchent à pas précautionneux mais décidés vers l’église, tous avec leur bouquet dans la main, plus qu’il ne leur en faut, largement de quoi se protéger dans un futur indécis. Le parking est à guichets fermés. Il est tôt ce dimanche mais la petite commune de Randan vit sa foi en une rare communion. En face, la salle de l’ancien marché ne s’est pas encore réveillée. Se fêtent ici tant le livre que la chanson, le livre de chanson. Les artistes sont lève-tard. Hier au soir, une partie d’entre eux sont allé se produire à La Capitainerie, très belle salle dans la petite commune de Joze. Michel Bühler, Rémo Gary, Sabine Drabowitch, Anne Sylvestre et Michèle Bernard (ainsi que Nathalie Fortin et Arnaud Lauras, le commandant de cette capitainerie, au piano) ont donné le meilleur d’eux-mêmes et c’est peu de le dire. Puis le grand repas, d’un raffinement exquis…

Michèle Bernard et Ane Barrier (photo Laurent Balandras)

Ils auront du mal d’être à l’heure ce matin. Edda, en bonne organisatrice en chef, est la première arrivée, à ouvrir la salle. A la réveiller, à préparer le café. Leny Escudéro est à l’heure, prêt à jouer du stylo et dédicacer disques et livres. Ses livres ? Deux recueils de ses chansons, parus chez Christian-Pirot éditeur. Pirot était un fidèle de La Chanson des livres de Randan, avec chaque fois son étal de livres pas comme les autres, fait avec l’amour de la chanson, avec l’amour du livre, du vrai, dont l’encre et le papier se hument longtemps, pages qu’on palpe, qu’on tourne avec précaution et respect. Pirot est mort et tous ses bouquins sont passés au pilon, sans autre forme de procès. Ne reste qu’un site désespérément figé dans un flamboyant passé.

"C'était tout c'qu'elle avait, pauvrette, comme coussin" (photo Serge Féchet)

Hormis Lény, les deux vedettes de cette dixième édition sont sans conteste Isabelle Aubret et Charles Dumont, les deux seuls d’ailleurs à s’affranchir de la vie de groupe, de cette confraternité d’artistes, englués dans leur statut, dans leur image, dans une grande solitude qui contraste tant avec cette foule d’admirateurs qui attendent leur précieuse et sainte dédicace. Dumont qui ne regrette toujours rien, Aubret pour qui c’est toujours beau la vie, sont stars pour deux jours. Il y a là, outre les artistes déjà cités, l’ami Bertin qui fait le Jacques, très pince sans rire d’un humour fou. A ses côtés, Ane Barrier, la veuve au Ricet, qui prolonge la fidélité de son mari à cette fête, toujours présent, sans jamais le moindre mot d’excuse. C’est pas demain que le souvenir du Ricet s’estompera… Il y a aussi Kitty, la veuve au Bécaud, le dessinateur José Corréa, Bruno Théol… Et Jean Dufour, un grand personnage de la chanson s’il en est, un type bon comme le bon pain, un mec bien. Lui, Laurent Balandras, Yves-Ferdinand Bouvier… Patrick Piquet aussi, pour « Le temps d’amour », très beau livre-disque sur Gaston Couté, concocté avec l’ami Pierron il va de soi. Et Kemper, votre serviteur, qui toute la matinée dessine les poissons du premier avril et les colle dans le dos de ses copains. Qu’ils sont beaux Dufour et Escudéro avec leurs poissons ! Isabelle Aubret, elle, se colle le poisson entre ses seins : « C’était tout s’qu’elle avait, pauvrette, comme coussin. » Blagues, rires, ambiance bon enfant et, de temps à autres, un bouquin vendu, une belle dédicace, la fortune qui vient.

Yves Vessiere et Jacques Bertin (au fond, Coline Malice). Photo Christian Valmory©Vinyl

L’après-midi sera rude. Un public nettement plus important, certes, mais aussi la difficile digestion. Du festin de la veille et du cochon de lait de ce midi. Mais cochon qui s’en dédit, nous sommes les forçats de la dédicace. Seule Ane ma sœur Ane, en habituée des lieux, avait prédit le coup, qui dédicace les disques de son défunt mari par l’empreinte de la signature du Ricet qu’elle poinçonne sur le livret. On se rue sur les stars. Franchement, Charles Dumont ne regrette pas d’être venu. Même les fanzines se targuent de leur nouvelle notoriété : « Le Club des années 60 », « Je chante », « Vinyl », que du beau et du solide d’ailleurs, du testé, de l’éprouvé. Mais des chansons qui ne savent que rester dans les livres, c’est un peu triste. Fortiche, la Fortin sort son petit piano autour duquel s’agglutinent nos amis chanteurs : les Sylvestre et Bühler, les Bertin et Bernard, Coline Malice et Sabine Drabowitch, Yves Vessière, Kandid, Rémo Gary… Pas les stakhanovistes de la dédicace, non, qui eux signent à tour de bras, à s’en fouler le poignet.

Leny Escudero, autre chouette type (Photo Christian Valmory©Vinyl)

Belle journée vraiment, belle fête. C’est trop beau, c’est trop bien, on reviendra, Edda. D’ici là, Dumont aura pondu son troisième tome, qu’il ne regrettera toujours pas.

2 avril 2012. Étiquettes : , , , , , , , , , , , , , , . Festivals. 7 commentaires.

Sur la route, le stylo dans la main…

La Chanson des livres de Randan, en 2005 : organisateurs et artistes invités. Pêle-mêle, on reconnaîtra : Armande Altaï, Vincent Baguian, Ricet Barrier, Julos Beaucarne (juste derrière lui : Michel Kemper), Morice Bénin, François Jouffa, Valérie Lagrange, Marc Liozon, Paul Tourenne (des Frères Jacques), Serge Utge-Royo, Francesca Solleville, etc.

Quelques occasions de se rencontrer dans les jours et semaines qui viennent.

RANDAN (Allier) D’abord à Randan, lors de La Chanson des livres, dixième moisson de ces livres qui tous nous parlent de chansons : c’est le week-end prochain et j’y serai pour dédicacer tant « Les Vies liées de Lavilliers » que « Mes Nuits critiques » (le précédent livre étant épuisé). A Randan, vous retrouverez aussi (et entre autres), pareillement le stylo prêt à dégainer pour la moindre (mais précieuse) dédicace : Michèle Bernard, Rémo Gary, Jacques Bertin, Anne Sylvestre, Leny Escudéro, Michel Bühler, Isabelle Aubret et Charles Dumont. Les 31 mars et 1er avril 2012, de 14 à 18 heures le samedi et de 10 à 17 heures le dimanche.

VEYNES (Hautes-Alpes) Le samedi 7 avril, je serai à Veynes pour y animer un Café que faire ?, sur le thème de la chanson il va de soi. Ces Café que faire ? sont la petite université populaire de Veynes. Ils mettent la réflexion et l’intelligence en mouvement. Ils lient savoirs et actions. Ces rendez-vous sont construits en deux temps : à 16 heures pour décortiquer au mieux les sujets et à 20 h 30 pour s’interroger ensemble sur « que faire ? » J’y disserterai sur mon engagement de journaliste chanson : de Chorus à NosEnchanteurs, toute une aventure…

GENEVE (Suisse) Enfin (pour l’instant) je serai le dimanche 29 avril dans l’après-midi au 26e Salon du livre et de la presse de Genève, chez nos amis helvètes donc, pour un débat sur la chanson, notamment avec Zédrus. S’il me reste de l’encre dans le stylo (j’emmène des recharges), j’y dédicacerai aussi.

Concernant l’avenir de NosEnchanteurs, qui vient tout juste de passer le cap des 300 000 connexions (horizon du demi-million pour Noël), pas mal de pistes sont actuellement explorées pour aller encore plus loin dans l’horizon chanson. Plusieurs plumes rédactionnelles (Cat, Claude, Chantal, Franck, Floréal…) sont venues me rejoindre dernièrement sur ce blog et je les en remercie. Si d’autres sont volontaires (c’est du bénévolat), ce sera avec plaisir que nous les accueillerons, après essai toutefois. Candidatures à : michel.kemper@laposte.net)

28 mars 2012. Étiquettes : , , , . Festivals. 1 commentaire.

Annonay, les poissons et les chansons

Un petit festival comme je les aime, pile le week-end des poissons : ceux en chocolat comme ceux qu’on s’épingle malicieusement dans le dos. Ce festival, c’est « Pas de poissons, des chansons ! », à Annonay, en Ardèche, à 75 km de Lyon, 40 de Saint-Étienne et 45 de Valence. La salle La Presqu’île, désormais labellisée SMAC, fait ainsi chaque année, en une journée et demi, sa déclaration d’amour à la chanson. En variant les plaisirs sur le même t’aime. Beau programme encore, concocté par Sébastien Étienne, le jeune directeur de cette structure associative. Ce qui y est précieux au-delà de tout, c’est cette ambiance à nulle autre pareille, comme dans ce lieu éphémère qu’est l’Aquarium, qui jouxte le Théâtre municipal : un presque bocal de rencontres, de convivialité, de concerts aussi, dans un décor de filets et de poissons. Plus d’artiste « fil rouge » par contre cette année (après David Lafore puis Yoanna) mais il est vrai que l’exercice est difficile et que tout le monde ne peut s’y prêter. Les grandes « vedettes » de cette septième  édition sont indiscutablement Paris-Combo et Yves Jamait, tout deux sur la scène de ce magnifique théâtre à l’italienne.
Ce festival organisé par La Presqu’île, en partenariat avec la ville d’Annonay, la Communauté de Communes du Bassin d’Annonay et l’association L’Oreille est Hardie de Saint-Julien-Molin-Molette.

Vendredi 30 mars : Paris-Combo, 21 h ; Yvan Cujious, 23 h.
Samedi 31 mars : Arlt, 15 h ; Chloé Lacan, 16 h 30 ; Travis Burki, 18 h 30 ; Yves Jamait, 21 h ; Zoufris Maracas, 23 h.

Le site de La Presqu’île et de ce festival, c’est ici.

22 mars 2012. Festivals, Pas des poissons des chansons. 1 commentaire.

Randan : ces chanteurs qui se livrent

Ça vaut le coup de l’annoncer un peu en avance, ne serait-ce que pour s’organiser en conséquence. Le Salon La Chanson des Livres de Randan fête cette année 2012 sa dixième édition. Randan ? C’est un petit village de 1500 habitants, dans le Puy-de-Dôme, pas très loin de Vichy. Petit village qui, une fois par an, accueille la crème des chanteurs pour nous parler de chanson certes, mais par l’autre bout de la lorgnette, par ses livres : des autobiographies souvent, des biographies parfois, des recueils de chansons aussi.

Ainsi Nicoletta, Julos Beaucarne, Jean Guidoni, Valérie Lagrange, Maddly Bamy, Fred Mella, Jeanne Cherhal, Hervé Vilard, Olivia Ruiz, Allain Leprest, François Jouffa, Francesca Solleville, Hervé Cristiani, Anne Sylvestre, Leny Escudero, Kent, Serge Utge-Royo, Anne Vanderllove, Pierre Vassiliu, Armande Altaï, Emma Daumas, Gérard Lenorman et bien d’autres sont passés par là ; Ricet Barrier y venait chaque année pour y partager ses incroyables éclats de rire.

L’édition de la décennie s’organisera autour d’Isabelle Aubret et de Charles Dumont, la première pour son autobiographie C’est beau la vie parue chez Michel Lafon, le second pour son autobiographie Non je ne regrette toujours rien parue chez Calman-Lévy. A leurs côtés, pas mal d’autres chanteurs et auteurs : Leny Escudero (photo en haut), Anne Sylvestre, Remo Gary, Michèle Bernard, Michel Bühler, Jacques Bertin (photo ci-contre), ainsi que Kitty Bécaud, Ane Barrier et, entre autres, Michel Kemper, votre serviteur.

Ça se déroule les 31 mars et 1er avril 2012, de 14 à 18 heures le samedi et de 10 à 17 heures le dimanche (entrée à 2€) et c’est l’occasion privilégiée de rencontrer autant d’artistes, de pouvoir converser avec eux. Et de repartir, mine de rien, les bras chargés de livres dédicacés.

Le site de la Chanson des Livres, c’est ici.

29 février 2012. Étiquettes : , , , , , , , . Biblio, Festivals. 7 commentaires.

2012, fort avis de souscriptions chanson

En jargon journalistique, un marronnier est un sujet qui revient cycliquement. En ce début d’année, refleurit comme perce-neiges celui sur les disques à sortir dans l’année. Comme la place est chère, mes collègues ne vous parleront que des prévisions des grands labels, le prochain Olivia Ruiz comme le futur Francis Cabrel, que du respectable en soi mais… Mais quitte à vivre la chanson autrement, NosEnchanteurs a tenté de recenser, lui, les promesses d’albums actuellement en souscriptions, sans aucune prétention à l’exhaustivité.
Des disques que, doux pléonasme, vous ne trouverez pas forcément dans les linéaires de votre supermarché. C’est pourtant que du bon, du fiable. Des promesses de belles et bonnes galettes artisanales, concoctées avec amour et indépendance, pas formatées pour deux sous. En souscrivant, vous aider concrètement l’artiste dans le financement de son projet : votre aide peut être décisive. Et, au bout du compte, vous recevez, au courrier et en avant-première, le disque promis. Avouez que c’est sympa. Allons-y !
Il est encore temps de souscrire pour le prochain disque de Francesca Solleville(dont voici le visuel). Vous avez jusqu’au 1er février ; le précieux opus sortira en fin février avec, entre autres, quelques chansons inédites (ses toutes dernières) d’Allain Leprest mais aussi d’autres de Jean-Michel Piton, Rémo Gary, Gilbert Laffaille, Thomas Pitiot, Anne Sylvestre, etc. Le site de Francesca, c’est là.
Nous vous avions également déjà parlé de la souscription pour le prochain opus de Christopher Murray (dont nous venons d’entendre en exclu un titre dans l’émission Là-bas si j’y suis). La souscription reste ouverte jusqu’à la fabrication (les mixs sont quasi-terminés, ça vient). Bulletin téléchargeable sur son site.
Après avoir rodés ses nouveaux titres en scène, Laurent Berger les enregistre. Et lance la souscription de ce qui sera son quatrième album.
Faut-il ici encore présenter l’ami Bernard Joyet ? Pas sûr, mais… Avec toujours la fidèle Miravette au piano et pas sur la touche, Joyet prépare la sortie de son quatrième opus. La souscription c’est là.
Il rajoute une pièce à sa luxuriante (et passionnante) discographie : Morice Benin annonce la sortie de Des astres annoncés pour mars prochain, pour un album qui se sera pas en bacs. Souscription encore en cours.
Nous parlions il y a peu, et avec certes un peu de retard, du nouvel album de Nicolas Bacchus. Voici le suivant qui se prépare, en souscription également

Manu Lods (photo DR)

Le Vrai métier de Manu Lods est activement en préparation et en souscription.
Quatrième album en vue pour Frédéric Bobin, avec son formidable Singapour de 2008. Sortie à l’automne : la souscription va bientôt être lancée. Le site.
Quatrième album aussi pour Fabienne Marsaudon, qui devrait sortir au printemps. Tout est sur son site, extraits inclus.
Gueule d’ange, ce Paul D’Amour, qui a tout pour lui. Là, la souscription l’aidera à sortir son premier album. Pour lui aussi, tout est sur le site.
Jean Duino, quant à lui, sort bientôt son cédé « Époque épique » auquel on peut souscrire par correspondance au prix de 20€  (asso Promocréa, 22 rue Maurice-Lasserre 33130 Bègles – contact@promocrea.com)

Alee, p'tit beur breton, "Lu et approuvé" (photo DR)

Alee, « le petit beur breton troubadour » entre phrasé hip-hop et chanson, sort son nouveau cédé, L’heure a sonné en fin février. Souscription encore ouverte sur son site.
Treizième album, si je compte bien, d’Yvan Dautin : ce sera Un monde à part. « Le CD sortira au printemps 2012 en pleines pestilentielles, dans toutes les bonnes pharmacies, pour ne pas encombrer les rayons des grandes surfaces ! » prévient le chanteur. C’est ici.
Un « live » agrémenté de quelques inédits, c’est la promesse d’un nouvel album des Blérots de R.A.V.E.L, en fin mars en bacs. Et actuellement en souscription sur leur site.
Christiane Belert prépare son 3e cédé, En attendant le jour (créations originales et quelques reprises de Brel, Caussimon et Dimey), sortie prévue fin 2012. Une souscription est en cours.
Williwaw, vous connaissez ? Ce trio lyonnais « de Chansons à Moufles pour petits et grands enfants » regroupe Evelyne Gallet, Arno Jouffroy et Jean Ribbes et envisage son premier album, en souscription il va de soi.
Gaïo est un groupe de soul-folk, dont le propos n’est pour l’heure pas en français « mais Julien, le chanteur, y travaille ». Le groupe est actuellement en studio d’enregistrement pour un LP encore en souscription.

Enfin, le festival Rencontre de la Chanson francophone de Prémilhat devrait sortir un livre fait de photos, écrits et témoignages divers qui tous racontent ce festival décidément pas comme les autres, dont NosEnchanteurs se fait un peu le porte-voix depuis deux ans. Ce livre, en souscription, viendra en soutien à ce festival très fragile financièrement.

Aux lecteurs : une panne facebook (!) m’interdit de consulter et d’agir sur mes pages. Où certains artistes ont déposé hier et aujourd’hui des informations sur d’autres souscriptions. Que je ne peux en conséquence lister ici. Pour l’heure, m’envoyer les infos par mél, merci.

9 janvier 2012. Étiquettes : , , , , , , , , , , , , , , , . Lancer de disque, Rencontre de Prémilhat. 6 commentaires.

Le 17e Only French Festival, cette semaine à Paris

Jérémie Bossone (photo FestiVal de Marne)

Il n’y a pas que dans nos belles provinces que vivent de bien beaux festivals. En voici un parisien intra-muros, avec son lot d’artistes qui ont tous eu (ou auront à l’occasion) leur place sur ce blog. C’est dire s’il nous est sympathique.
Issue du site les-enchanteurs.com (un site cousin, à ne pas confondre avec NosEnchanteurs !), l’association Only French (festival, internet, radio, télé) fut créée en 2004 pour offrir une diffusion multipliée à des artistes francophones et donner une dimension supplémentaire à la découverte.
Le festival, 17e du nom, s’étale désormais sur quatre jours, en trois salles : celle, historique, de La Boule noire, ainsi que le café voisin de La Cigale et La Scène du Canal/Espace Jemmapes.

Nicolas Jules (photo DR)

Mais plus que d’être vus sur scène, en chair et en os (c’est déjà ça pour des chanteurs qui ont souvent un mal de chien à se produire dans la Capitale), les artistes ont aussi, par ce festival, une toute autre visibilité : le net. Car Onlyfrench.fr est un concept original : autant un festival réel qu’une salle de concert virtuelle. Les concerts sont filmés et les vidéos en rotation sur le site avec une mise en valeur telle que l’internaute peut découvrir les artistes de multiples façons. Par le « live » vidéo donc, mais aussi par l’audio, une biographie, des paroles de chansons et des interviews.
L’édition 2011 associe peu ou prou trois continents de par la nationalité des artistes invités. L’Europe avec les suisses Aliose et Balabagui, le belge Samir Barris et les français Pascal Heuillard, Jérémie Bossone, Nicolas Jules, Marion Rouxin, Joseph Cantalou, Évelyne Gallet et Les Fouteurs de joie. L’Amérique du nord avec le canadien Jean-François Lessard. Et l’Afrique avec le sénégalais Mustafa Naham et le marocain Khalid D.

Du jeudi 24 au dimanche 27 novembre 2011 à La Boule Noire (120 bd de Rochechouart dans le 18e), au Café Cigale (124 bd de Rochechouart), à La Scène du Canal/Jemmapes (116 quai de Jemmapes dans le 10e). Le site du Only french festival, c’est là !

23 novembre 2011. Étiquettes : . Festivals. 3 commentaires.

Prémilhat : dernier billet avant l’an prochain

Pauline Paris en scène (photo Michel Janvier)

Retour sur événement. Durant une semaine, NosEnchanteurs a vécu au rythme de cette petite commune de Prémilhat, qui jouxte Montluçon. Un festival de chanson sans prétention, où il fait bon y être. Sans prétention mais qui, mine de rien, propose un peu ce qui sera la chanson de demain.
Malgré le déficit de l’édition 2011 (franchement, si la Sacem ou l’Adami doivent aider des festivals, ça doit être des comme Prémilhat, qui vont au plus près du public, et ne limitent pas à imiter le tout venant), on sait que vivra une 6e édition l’an prochain. On en sait même les grandes lignes de cette Rencontre qui, une fois encore, alliera les valeurs sûres d’une chanson de parole (avec notamment un hommage à Reggiani) aux jeunes pousses d’une scène régaillardie.
NosEnchanteurs a noué depuis l’an passé un partenariat assidu avec cette rencontre-là, à tel point qu’il y dépêche tous ses effectifs : deux personnes ! Le p’tit-média-internet-qui-devient-gros et ce festival-en-devenir ont tout à se dire, tout à faire ensemble : l’adn est le même, vraiment. C’est sans calcul, y’a que le cœur qui parle. Rarement on a vu un festival où public, artistes et organisateurs sont aussi proches : pas de roadies ici, pas de service d’ordre, simplement les Michels et Michèles de l’organisation qui vous ont confectionné l’une une tarte, l’autre un flan ou un gâteau de patates (la spécialité du cru). C’est plaisir d’offrir, joie de recevoir. C’est ça, c’est sain.
Petit festival, avec cependant des choses tout le temps. Un collègue journaliste qui se jure d’être des nôtres l’an prochain, me demandait ce qu’on peut faire en un tel lieu dans l’attente des concerts. Mais il y a tout le temps des choses à faire, à vivre. Tant que je n’ai su ou pu tout relater sur ce blog.

Agnès Ravaux et Guillaume Giraud (photo Cat Cour)

Comme ce récital audacieux, en piano voix (Agnès Ravaux au chant, Guillaume Giraud au piano), sur la longue dame brune, par la Cie du Théâtre de Bagatelle. Audacieux et novateur car en deux parties. La première  (« De L’Ecluse à la scène ») sur les auteurs que Barbara a interprété en début de carrière : Brel, Brassens pour sûr, mais aussi Mouloudji et pas mal d’autres. Avec ou sans Barbara, ça fait compile d’une époque, pan entier de l’Histoire de la chanson, agréable qui plus est. Et c’est tout bon. Plus difficile sans doute est le second volet (« Intimement Barbara ») : Barbara elle-même l’icône s’il en est. Qu’il ne faut ni singer ni trop s’en démarquer… La marge de manœuvre est étroite. Qui plus est le récital est vaguement théâtralisé. Le moindre geste de trop, ou de pas assez, le moindre texte modifié et l’amateur de chanson grincera des dents. Sur le fil, dis-je… De plus humbles spectateurs retrouveront simplement, avec un plaisir non joué mais enjoué, ces monuments de la chanteuse : de Göttingen à Une petite cantate, convenons que la magie fonctionne toujours.

La Villageoise, une chanson qui peut vous surprendre de partout (photo Cat Cour)

Comme ces deux jeunes musiciennes de « La Villageoise », Muriel Lefebvre et la percusionniste Kim Aubert, sur les marches à l’entrée de la salle comme sur les marchés alentours, à répandre leurs p’tites chansons apéritives, sympas comme un sourire…

Photo de famille après dédicace (photo Martine T.)

Comme cette séance de dédicaces rassemblant les quatre Michel (Janvier, Grange, Trihoreau et Kemper) associés à quatre dames (Anne Sylvestre, Francesca Solleville, Françoise Mingot-Tauran et Martine Scozzesi) à l’heure de l’apéro à la médiathèque de Désertines…
Comme cet Etap’hôtel qui, pour mieux nous récompenser sans doute de l’avoir cherché longtemps, de nous être égarés, nous récompensait par tant d’artistes rassemblés, la joie d’être ensemble, d’y boire le dernier verre. Et les suivants.
Comme… Cessions d’énumérer les avantages de ce festival-là, nous nous ferions du mal. Ayons la sagesse de le faire grandir mais (très) sagement, à notre échelle à nous : conviviale, joyeuse.

19 novembre 2011. Étiquettes : . Festivals, Rencontre de Prémilhat. 3 commentaires.

Prémilhat, comme sur un plateau…

Dimanche 30 octobre, 5e Rencontre de la Chanson francophone, Prémilhat,

Eric Guilleton (photos Catherine Cour)

Tout un après-midi, trois heures de concert, neuf artistes qui se succèdent pour chacun cinq chansons. Prémilhat n’est pas un tremplin, seulement un plateau de découvertes. Ça fait drôle de parler « découverte » en désignant Michel Grange. Mais lui est le fidèle d’entre tous, le permanent de Prémilhat, qu’on redécouvre chaque fois. Tout aussi drôle de coller ce terme à Eric Guilleton et ses déjà 28 ans de chanson. L’époque veut ça qu’un (superbe) artiste peut passer entre les (grosses) mailles du filet de la reconnaissance publique. Cet homme est impressionnant de talent et on ne le sait pas.
Deux chanteurs sur cette scène. Et sept chanteuses. Avec à nouveau Clémence Chevreau, mais sans rien de nouveau par rapport à l’avant-veille, quand elle s’était produite en première partie du récital Solleville. Ça, c’est grand dommage, presque faute. Passons, les découvertes ne faisant pas défaut.

Audrey Antonini

Avec d’emblée un grand bravo pour Audrey Antonini, au piano, petit bout de femme qui vous transporte littéralement par son chant, par son regard qui ne vous quitte pas. Et, hésitante, savourant son succès comme grand cadeau, ne sait vraiment quitter la scène… Ce fut un des très beau moment. Que ce soit par le choix de ses reprises (Maria Szusanna, pour ne citer qu’elle) ou par ses propres chansons, Caroline Personne ne chante pas par hasard. Cette belle personne met sa voix au service de dénonciations, de revendications (comme cette chanson sur les charters d’étrangers, où elle en appelle à Saint-Exupéry). Tout n’est pas toujours convaincant mais la voix est là, forte et sensible. Efficace. Garance, petite chanson qui s’insinue bien en nous, agréable et pétillante, accompagnée d’une seule guitare : un p’tit bonheur en soi qui ne demande qu’à être plus encore travaillé.

Anne Sila

Jean-Michel Tomé (le boss de Prémihat) nous avait présenté Anne Sila avec des qualificatifs rares. On connaît Anne, un peu. Notamment par ses remplacements chaque fois qu’une des dames du groupe vocal Evasion attend un enfant. Là, on va plus loin. Entre piano et violoncelle, Sila est pur brio. Même quand elle reprend Barbara. C’est à l’évidence le choc, sinon de cette Rencontre (encore que) au moins de cet après-midi.

Les cinq titres que Flavia Pérez s’est mis en bouche ont tout de l’humour trempé d’acide, qui vitriole le temps présent et en font ressortir le cynisme, l’absurdité. C’est ma foi impressionnant, qui plus est drôle. Et ce n’est qu’une des facettes de Flavia : vite, on a envie de découvrir le reste.
Et, pour bien finir en bouche, Pauline Paris. Bis repetita pour cette parisienne qui, déjà, l’an passé, était là. Que dire de plus de cette réjouissante gouailleuse sinon qu’elle sait désormais évoluer sur scène, avec une aisance ravissante, jouant de son corps et de celui de son guitariste. Ce fut bon, c’est désormais très très bon !
Bon, on s’en doute, un tel plateau mérite un final. Ou au pire un discours. D’un Jean-Michel Tomé ému, de tous les chanteurs sur scène improvisant un « C’est la mère Michel » pour célébrer et remercier ce « festival des Michel ». Rarement un festival n’a su présenter autant de promesses de chanson à la fois, Le sens de la découverte est ici réalité et nul n’est besoin de s’en convaincre à la lecture d’un dossier : il suffit de le vivre en direct. La plus grande réussite de Prémilhat est là. Une autre serait d’y faire venir un public plus important. L’an prochain si tout va bien ?

3 novembre 2011. Étiquettes : , , , , , , , , . En scène, Festivals, Mes nouvelles Nuits critiques, Rencontre de Prémilhat. 1 commentaire.

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