2012, fort avis de souscriptions chanson

En jargon journalistique, un marronnier est un sujet qui revient cycliquement. En ce début d’année, refleurit comme perce-neiges celui sur les disques à sortir dans l’année. Comme la place est chère, mes collègues ne vous parleront que des prévisions des grands labels, le prochain Olivia Ruiz comme le futur Francis Cabrel, que du respectable en soi mais… Mais quitte à vivre la chanson autrement, NosEnchanteurs a tenté de recenser, lui, les promesses d’albums actuellement en souscriptions, sans aucune prétention à l’exhaustivité.
Des disques que, doux pléonasme, vous ne trouverez pas forcément dans les linéaires de votre supermarché. C’est pourtant que du bon, du fiable. Des promesses de belles et bonnes galettes artisanales, concoctées avec amour et indépendance, pas formatées pour deux sous. En souscrivant, vous aider concrètement l’artiste dans le financement de son projet : votre aide peut être décisive. Et, au bout du compte, vous recevez, au courrier et en avant-première, le disque promis. Avouez que c’est sympa. Allons-y !
Il est encore temps de souscrire pour le prochain disque de Francesca Solleville(dont voici le visuel). Vous avez jusqu’au 1er février ; le précieux opus sortira en fin février avec, entre autres, quelques chansons inédites (ses toutes dernières) d’Allain Leprest mais aussi d’autres de Jean-Michel Piton, Rémo Gary, Gilbert Laffaille, Thomas Pitiot, Anne Sylvestre, etc. Le site de Francesca, c’est là.
Nous vous avions également déjà parlé de la souscription pour le prochain opus de Christopher Murray (dont nous venons d’entendre en exclu un titre dans l’émission Là-bas si j’y suis). La souscription reste ouverte jusqu’à la fabrication (les mixs sont quasi-terminés, ça vient). Bulletin téléchargeable sur son site.
Après avoir rodés ses nouveaux titres en scène, Laurent Berger les enregistre. Et lance la souscription de ce qui sera son quatrième album.
Faut-il ici encore présenter l’ami Bernard Joyet ? Pas sûr, mais… Avec toujours la fidèle Miravette au piano et pas sur la touche, Joyet prépare la sortie de son quatrième opus. La souscription c’est là.
Il rajoute une pièce à sa luxuriante (et passionnante) discographie : Morice Benin annonce la sortie de Des astres annoncés pour mars prochain, pour un album qui se sera pas en bacs. Souscription encore en cours.
Nous parlions il y a peu, et avec certes un peu de retard, du nouvel album de Nicolas Bacchus. Voici le suivant qui se prépare, en souscription également

Manu Lods (photo DR)

Le Vrai métier de Manu Lods est activement en préparation et en souscription.
Quatrième album en vue pour Frédéric Bobin, avec son formidable Singapour de 2008. Sortie à l’automne : la souscription va bientôt être lancée. Le site.
Quatrième album aussi pour Fabienne Marsaudon, qui devrait sortir au printemps. Tout est sur son site, extraits inclus.
Gueule d’ange, ce Paul D’Amour, qui a tout pour lui. Là, la souscription l’aidera à sortir son premier album. Pour lui aussi, tout est sur le site.
Jean Duino, quant à lui, sort bientôt son cédé « Époque épique » auquel on peut souscrire par correspondance au prix de 20€  (asso Promocréa, 22 rue Maurice-Lasserre 33130 Bègles – contact@promocrea.com)

Alee, p'tit beur breton, "Lu et approuvé" (photo DR)

Alee, « le petit beur breton troubadour » entre phrasé hip-hop et chanson, sort son nouveau cédé, L’heure a sonné en fin février. Souscription encore ouverte sur son site.
Treizième album, si je compte bien, d’Yvan Dautin : ce sera Un monde à part. « Le CD sortira au printemps 2012 en pleines pestilentielles, dans toutes les bonnes pharmacies, pour ne pas encombrer les rayons des grandes surfaces ! » prévient le chanteur. C’est ici.
Un « live » agrémenté de quelques inédits, c’est la promesse d’un nouvel album des Blérots de R.A.V.E.L, en fin mars en bacs. Et actuellement en souscription sur leur site.
Christiane Belert prépare son 3e cédé, En attendant le jour (créations originales et quelques reprises de Brel, Caussimon et Dimey), sortie prévue fin 2012. Une souscription est en cours.
Williwaw, vous connaissez ? Ce trio lyonnais « de Chansons à Moufles pour petits et grands enfants » regroupe Evelyne Gallet, Arno Jouffroy et Jean Ribbes et envisage son premier album, en souscription il va de soi.
Gaïo est un groupe de soul-folk, dont le propos n’est pour l’heure pas en français « mais Julien, le chanteur, y travaille ». Le groupe est actuellement en studio d’enregistrement pour un LP encore en souscription.

Enfin, le festival Rencontre de la Chanson francophone de Prémilhat devrait sortir un livre fait de photos, écrits et témoignages divers qui tous racontent ce festival décidément pas comme les autres, dont NosEnchanteurs se fait un peu le porte-voix depuis deux ans. Ce livre, en souscription, viendra en soutien à ce festival très fragile financièrement.

Aux lecteurs : une panne facebook (!) m’interdit de consulter et d’agir sur mes pages. Où certains artistes ont déposé hier et aujourd’hui des informations sur d’autres souscriptions. Que je ne peux en conséquence lister ici. Pour l’heure, m’envoyer les infos par mél, merci.

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9 janvier 2012. Étiquettes : , , , , , , , , , , , , , , , . Lancer de disque, Rencontre de Prémilhat. 6 commentaires.

Prémilhat : dernier billet avant l’an prochain

Pauline Paris en scène (photo Michel Janvier)

Retour sur événement. Durant une semaine, NosEnchanteurs a vécu au rythme de cette petite commune de Prémilhat, qui jouxte Montluçon. Un festival de chanson sans prétention, où il fait bon y être. Sans prétention mais qui, mine de rien, propose un peu ce qui sera la chanson de demain.
Malgré le déficit de l’édition 2011 (franchement, si la Sacem ou l’Adami doivent aider des festivals, ça doit être des comme Prémilhat, qui vont au plus près du public, et ne limitent pas à imiter le tout venant), on sait que vivra une 6e édition l’an prochain. On en sait même les grandes lignes de cette Rencontre qui, une fois encore, alliera les valeurs sûres d’une chanson de parole (avec notamment un hommage à Reggiani) aux jeunes pousses d’une scène régaillardie.
NosEnchanteurs a noué depuis l’an passé un partenariat assidu avec cette rencontre-là, à tel point qu’il y dépêche tous ses effectifs : deux personnes ! Le p’tit-média-internet-qui-devient-gros et ce festival-en-devenir ont tout à se dire, tout à faire ensemble : l’adn est le même, vraiment. C’est sans calcul, y’a que le cœur qui parle. Rarement on a vu un festival où public, artistes et organisateurs sont aussi proches : pas de roadies ici, pas de service d’ordre, simplement les Michels et Michèles de l’organisation qui vous ont confectionné l’une une tarte, l’autre un flan ou un gâteau de patates (la spécialité du cru). C’est plaisir d’offrir, joie de recevoir. C’est ça, c’est sain.
Petit festival, avec cependant des choses tout le temps. Un collègue journaliste qui se jure d’être des nôtres l’an prochain, me demandait ce qu’on peut faire en un tel lieu dans l’attente des concerts. Mais il y a tout le temps des choses à faire, à vivre. Tant que je n’ai su ou pu tout relater sur ce blog.

Agnès Ravaux et Guillaume Giraud (photo Cat Cour)

Comme ce récital audacieux, en piano voix (Agnès Ravaux au chant, Guillaume Giraud au piano), sur la longue dame brune, par la Cie du Théâtre de Bagatelle. Audacieux et novateur car en deux parties. La première  (« De L’Ecluse à la scène ») sur les auteurs que Barbara a interprété en début de carrière : Brel, Brassens pour sûr, mais aussi Mouloudji et pas mal d’autres. Avec ou sans Barbara, ça fait compile d’une époque, pan entier de l’Histoire de la chanson, agréable qui plus est. Et c’est tout bon. Plus difficile sans doute est le second volet (« Intimement Barbara ») : Barbara elle-même l’icône s’il en est. Qu’il ne faut ni singer ni trop s’en démarquer… La marge de manœuvre est étroite. Qui plus est le récital est vaguement théâtralisé. Le moindre geste de trop, ou de pas assez, le moindre texte modifié et l’amateur de chanson grincera des dents. Sur le fil, dis-je… De plus humbles spectateurs retrouveront simplement, avec un plaisir non joué mais enjoué, ces monuments de la chanteuse : de Göttingen à Une petite cantate, convenons que la magie fonctionne toujours.

La Villageoise, une chanson qui peut vous surprendre de partout (photo Cat Cour)

Comme ces deux jeunes musiciennes de « La Villageoise », Muriel Lefebvre et la percusionniste Kim Aubert, sur les marches à l’entrée de la salle comme sur les marchés alentours, à répandre leurs p’tites chansons apéritives, sympas comme un sourire…

Photo de famille après dédicace (photo Martine T.)

Comme cette séance de dédicaces rassemblant les quatre Michel (Janvier, Grange, Trihoreau et Kemper) associés à quatre dames (Anne Sylvestre, Francesca Solleville, Françoise Mingot-Tauran et Martine Scozzesi) à l’heure de l’apéro à la médiathèque de Désertines…
Comme cet Etap’hôtel qui, pour mieux nous récompenser sans doute de l’avoir cherché longtemps, de nous être égarés, nous récompensait par tant d’artistes rassemblés, la joie d’être ensemble, d’y boire le dernier verre. Et les suivants.
Comme… Cessions d’énumérer les avantages de ce festival-là, nous nous ferions du mal. Ayons la sagesse de le faire grandir mais (très) sagement, à notre échelle à nous : conviviale, joyeuse.

19 novembre 2011. Étiquettes : . Festivals, Rencontre de Prémilhat. 3 commentaires.

Prémilhat, comme sur un plateau…

Dimanche 30 octobre, 5e Rencontre de la Chanson francophone, Prémilhat,

Eric Guilleton (photos Catherine Cour)

Tout un après-midi, trois heures de concert, neuf artistes qui se succèdent pour chacun cinq chansons. Prémilhat n’est pas un tremplin, seulement un plateau de découvertes. Ça fait drôle de parler « découverte » en désignant Michel Grange. Mais lui est le fidèle d’entre tous, le permanent de Prémilhat, qu’on redécouvre chaque fois. Tout aussi drôle de coller ce terme à Eric Guilleton et ses déjà 28 ans de chanson. L’époque veut ça qu’un (superbe) artiste peut passer entre les (grosses) mailles du filet de la reconnaissance publique. Cet homme est impressionnant de talent et on ne le sait pas.
Deux chanteurs sur cette scène. Et sept chanteuses. Avec à nouveau Clémence Chevreau, mais sans rien de nouveau par rapport à l’avant-veille, quand elle s’était produite en première partie du récital Solleville. Ça, c’est grand dommage, presque faute. Passons, les découvertes ne faisant pas défaut.

Audrey Antonini

Avec d’emblée un grand bravo pour Audrey Antonini, au piano, petit bout de femme qui vous transporte littéralement par son chant, par son regard qui ne vous quitte pas. Et, hésitante, savourant son succès comme grand cadeau, ne sait vraiment quitter la scène… Ce fut un des très beau moment. Que ce soit par le choix de ses reprises (Maria Szusanna, pour ne citer qu’elle) ou par ses propres chansons, Caroline Personne ne chante pas par hasard. Cette belle personne met sa voix au service de dénonciations, de revendications (comme cette chanson sur les charters d’étrangers, où elle en appelle à Saint-Exupéry). Tout n’est pas toujours convaincant mais la voix est là, forte et sensible. Efficace. Garance, petite chanson qui s’insinue bien en nous, agréable et pétillante, accompagnée d’une seule guitare : un p’tit bonheur en soi qui ne demande qu’à être plus encore travaillé.

Anne Sila

Jean-Michel Tomé (le boss de Prémihat) nous avait présenté Anne Sila avec des qualificatifs rares. On connaît Anne, un peu. Notamment par ses remplacements chaque fois qu’une des dames du groupe vocal Evasion attend un enfant. Là, on va plus loin. Entre piano et violoncelle, Sila est pur brio. Même quand elle reprend Barbara. C’est à l’évidence le choc, sinon de cette Rencontre (encore que) au moins de cet après-midi.

Les cinq titres que Flavia Pérez s’est mis en bouche ont tout de l’humour trempé d’acide, qui vitriole le temps présent et en font ressortir le cynisme, l’absurdité. C’est ma foi impressionnant, qui plus est drôle. Et ce n’est qu’une des facettes de Flavia : vite, on a envie de découvrir le reste.
Et, pour bien finir en bouche, Pauline Paris. Bis repetita pour cette parisienne qui, déjà, l’an passé, était là. Que dire de plus de cette réjouissante gouailleuse sinon qu’elle sait désormais évoluer sur scène, avec une aisance ravissante, jouant de son corps et de celui de son guitariste. Ce fut bon, c’est désormais très très bon !
Bon, on s’en doute, un tel plateau mérite un final. Ou au pire un discours. D’un Jean-Michel Tomé ému, de tous les chanteurs sur scène improvisant un « C’est la mère Michel » pour célébrer et remercier ce « festival des Michel ». Rarement un festival n’a su présenter autant de promesses de chanson à la fois, Le sens de la découverte est ici réalité et nul n’est besoin de s’en convaincre à la lecture d’un dossier : il suffit de le vivre en direct. La plus grande réussite de Prémilhat est là. Une autre serait d’y faire venir un public plus important. L’an prochain si tout va bien ?

3 novembre 2011. Étiquettes : , , , , , , , , . En scène, Festivals, Mes nouvelles Nuits critiques, Rencontre de Prémilhat. 1 commentaire.

Prémilhat : « Mes frères les boeufs il serait temps qu’on meugle ! »

Chanter debout dans la boue, fièrement devant des bœufs, faire le beau devant des paons, croquer à pleines dents la chanson sous un pommier… C’est désormais un rituel que cette déambulation festivalière et chantée à la ferme de la Ganne, pas loin de Prémilhat. Un dimanche matin forcément pas comme un autre où nous suivons, à la manière d’un chemin de croix (sans nulle croix, sans nulle bannière), cette chanson que nous aimons. Cette Rencontre de Prémihat, c’est aussi ça que personne ne saurait louper à présent, grand classique s’il en est de ce festival du bout du monde. Et ce n’est pas Pauline Paris, déjà présente l’an passé (mais pas devant les mêmes vaches) qui dira le contraire. Elle, venait juste d’arriver la veille, les yeux mi clos cause au décalage horaire. Direct d’Ukraine à ici : des radioactivés de Tchernobyl aux bœufs de la Ganne, elle sait séduire tous les publics. Meuh d’honneur donc à Paris la parisienne. Ça se joue de peu d’ailleurs. Car comment qualifier la prestation, tout en profondeur, de Martine Scozzesi ? Ou cet A la claire fontaine d’une lumineuse Flavia Perez ?
Bon, on ne fera pas de palmarès, pas d’élections ni même de primaires : on ne saurait où placer l’audace, le culot (au sens de la culotte) de Fanfan (Françoise Mingot-Tauran), chanteuse de hardiesse, très hard, très osée, qui nous instruit des délices et pratiques de l’amour, devant un public qui, parfois, n’en est encore qu’à Chantal Grimm ou à la Sylvestre des Fabulettes. Et Garance si belle sous l’arbre, et Michel Grange pas loin de l’étable, et d’autres encore, ce fut une nouvelle fois grands et superbes moments. La ferme de la Ganne, c’est trente espèces d’animaux en totale liberté ; c’est autant de chanteurs en totale fraternité.

De haut en bas : Pauline Paris, Garance, Fanfan et Flavia Perez (photos Catherine Cour)

1 novembre 2011. Étiquettes : , , , , . Festivals, Rencontre de Prémilhat. 1 commentaire.

Clémence Chevreau, le plaisir qui le dispute à l’énigme

Clémence Chevreau, 28 octobre 2011, 5e Rencontre de la Chanson francophone, Prémilhat,

Clémence Chevreau, belle promesse de la chanson (photo Catherine Cour)

A tout le moins, la prestation de Clémence Chevreau restera et un moment fort et une énigme de cette 5e Rencontre. Chevreau est toute jeune femme et son art déjà intéressant, même s’il est à l’évidence perfectible. La voix est fragile, parfois approximative, mais il y a quelque chose en elle ou je ne m’y connais pas. Passons vite, sans irrespect, sur l’accompagnement de son frère Baptiste à la guitare. Trop léger, qui corsette sœurette en un format étroit où elle est souvent mal à l’aise. Le piano providentiel nous rend parfois justice du talent vrai de la jeune chanteuse. Qui chante autant ses propres chansons qu’autrui. Pas n’importe qui (Aldebert, Graeme Allwright, Gribouille…), pas n’importe quoi. C’est là que réside l’énigme. Comment, à son âge, 23 ans, chanter le terrible Non, tu n’as pas de nom d’Anne Sylvestre ? La jeunesse de la voix cingle plus encore le propos et paradoxalement fait naître un malaise. Comment quitter la scène (alors en duo avec Audrey Antonini), sans trac, sans peur au ventre, sur Berceuse à Bagdad de la même Sylvestre ? Remarquez, sur paroles et musiques de Clémence Chevreau, ne chante-t’elle pas Mourir enfin : « Fleurir dans la poussière / Croupir avec les vers / Ça a va être drôle vous verrez / Venez tous on va s’marrer / Pourrir dans un cimetière… » Là encore le sujet est singulier pour une si jeune artiste. Car rien de ce qu’elle chante n’est vraiment joyeux. Du reste, le récital commence par Engueulades, belle et forte entrée en matière, énergique. Que d’emblée, Clémence prend le contre-pied de tout : « Qu’est-ce qu’on s’en fout que la terre soit ronde / Peut-être que carrée elle pourrait mieux tourner / Si vous nous laissiez seulement l’imaginer. » Un regret ? Oui. Que, lors de son second passage à ce festival, lors du magnifique plateau du dimanche, Clémence ne nous ai pas régalé d’autres titres. L’occasion était pourtant belle d’aller plus loin avec elle…

Le myspace de Clémence Chevreau, c’est ici.

1 novembre 2011. Étiquettes : , . En scène, Festivals, Mes nouvelles Nuits critiques, Rencontre de Prémilhat. 4 commentaires.

Conjuguer Brassens au présent

Samedi 29 octobre 2011, 5e Rencontre de la Chanson francophone, médiathèque de Domerat,

Michel Grange et Michel Trihoreau, musique et paroles (photo Catherine Cour)

Mon premier se prénomme Michel, il est journaliste, vous l’avez lu fidèlement dans les pages de Chorus, et de Paroles et Musique précédemment. Brillant conférencier, il s’en vient narrer Brassens qui, il y a pile trente ans jour pour jour, cassait sa pipe, à ce qu’on dit. Mon second se prénomme Michel, il est chanteur et se met en bouche, avec rare délectation, avec un talent qui, comme le bon vin, ne cesse de se bonifier, tonton Georges, cette matrice de la chanson que nous aimons. Tous deux vont nous rendre plus familier encore l’homme de Sète, le tendre bourru du Gorille. Michel Trihoreau et Michel Grange (qu’on surnomme Milou, je ne sais pourquoi) font la paire et la visite à Brassens, débusquant ici et là de riches et belles anecdotes, ses substances littéraires, ses exploits, le ramenant à la vie si tant est que ce facétieux-là soit vraiment mort.

Tout à fait mort ? Nuançons le propos...

Mort ? Sans être révisionniste, on peut en douter. Rarement on a vu autant Brassens à la télé. Même à l’hôtel du bout du monde où nous étions, en cet Etap’hôtel surréaliste à quelques galaxies de l’épicentre qu’est Prémilhat. Même chambre 11, c’est dire (la mienne), grouillante de vie (style Les copines d’abord). Brassens de partout, comme s’il en pleuvait, presque autant que Tintin. Capitaine Haddock moins bourru que le vrai, pareil producteur de jurons au point d’en faire une ballade, plus sûrement navigateur que lui et que vous tas de rameurs, le père Brassens naviguait d’une chaîne l’autre, médusant l’écran. Parfois lui, parfois ses survivants tel Joël Favreau, cheveux blancs du plus bel effet et propos sensibles et consistants, de fait incongrus en télé. Du Brassens qu’on bouffe depuis quelques mois, en expo, à l’étal des libraires, dans les bacs des hypers (je dis pas « disquaires » y’en à plus) et, depuis quelques jours, en injection sur les radios, en perfusion à la télé. S’ils aiment tant Brassens, dans les grands médias, faut apprendre à distiller : un p’tit peu chaque semaine, tout au long de l’année. Et l’an prochain aussi, malgré que ses 31 ans n’intéressent alors plus personne. S’ils aiment tant la chanson, qu’ils en diffusent aussi, des autres que le vieux : y’a pléthore, j’en ai des listes pour vos play-listes.
Nous ici, à Prémilhat, en cette Rencontre de la Chanson francophone, si Brassens est là ce n’est pas faire comme tout le monde, pour faire joli, pour commémorer à tous prix. C’est parce qu’il y est à sa place tout simplement, aux côtés de tous ces p’tits jeunes qui ont pour nom Gilles Roucaute, Elsa Gelly, Corentin Coko, Pauline Paris, Anne Sila, Garance, Clémence Chevreau, Caroline Personne, Flavia Perez et bien d’autres. D’ailleurs, on le chante en vrai devant des gens, et c’est bien la preuve qu’il n’est pas mort, qu’il bande encore. Durant tout le festival, le plus discrètement possible, une grande, une très grande de la chanson était présente, pour simplement apporter un  peu de son soutien et pour y découvrir le futur de la chanson. Elle, c’est Anne Sylvestre, qu’on surnomma longtemps, encore maintenant, la « Brassens en jupons ». Pas de commémoration vous dis-je : une simple présence bienveillante.

31 octobre 2011. Étiquettes : , , , . Festivals, Rencontre de Prémilhat, Saines humeurs. 2 commentaires.

Elsa Gelly, la chanson à nu, à nulle autre pareille

Elsa Gelly, vendredi 28 octobre 2011, 5e Rencontre de la Chanson francophone, ferme de la Ganne,

Par Catherine Cour,

Elsa Gelly, la chanson dans tous ses états...

Comment est-il possible de faire tenir autant de talent dans une si petite pièce, d’une si petite commune ? Et pourtant…
Pour moi, Elsa Gelly fut d’abord, il y a quelques années, ce spectacle solo sur des textes pleins d’humour de Vincent Rocca. Puis sa voix sur deux CD des « Grandes gueules » et des spectacles en Avignon. Et cette soirée émouvante, un soir de Janvier 2011 à Saint-Martin d’Hères, pour le Leprestissimo monté par Gérard Morel, avec Hervé Peyrard, Romain Didier, Katrin’ Wal(d)teufel et Elsa Gelly. Ce soir-là, Allain était dans la salle, ému, et il est monté sur scène interpréter deux titres avec la troupe. Formidable souvenir !

(photos Catherine Cour)

Ce vendredi à Prémilhat, Elsa nous a proposé l’ébauche d’un nouveau spectacle restant à finaliser. C’est déjà de toute beauté. Là, cet espace réduit, cette toute petite de la scène du domaine de la Ganne, est devenu l’actuel et provisoire épicentre de la chanson vivante, par cette performance physique et vocale impressionnante : voix nue, pieds nus, Elsa se met à nu et reprend a capela des chansons connues ou moins connues du répertoire de variétés (A bout de souffle et Vie, vie, violence de Nougaro, Allumez le feu d’Hallyday, Joyeux Noël de Barbara, Nu de Lesprest, L’amour est une forteresse de Fugain, Fils de et Morts les enfants, de Brel et de Renaud, finement imbriqués…). L’émotion est présente du début à la fin. Interprétations très personnelles, revues par la sensibilité de l’artiste et servies par une voix claire, pure, aguerrie par des années de chansons jazz ou de variétés. Son travail sur la voix, sur les textes, sur l’occupation de l’espace physique et sonore, Elsa le condense, le concentre, l’épure, avec une économie d’effets visuels qui maximise le poids des mots et l’impact des émotions.
L’ébauche va évoluer, jusqu’à devenir un spectacle. C’est un beau brouillon, une superbe étape dont nous venons d’être les témoins privilégiés. Le public des « Cartes blanches à Michèle Bernard », les 25 et 26 novembre prochains, au Domaine d’O, près de Montpellier, va pouvoir en juger : Elsa y est programmée et je ne manquerai pas ces soirées pour un empire ! Nous nous y retrouverons, nombreux.

30 octobre 2011. Étiquettes : . Catherine Cour, En scène, Festivals, Rencontre de Prémilhat. Laisser un commentaire.

Francesca Solleville… et celui qui meurt d’aimer

Francesca Solleville, vendredi 28 octobre 2011, 5e Rencontre de la Chanson francophone, salle des fêtes de Prémilhat,

Francesca Solleville (photo Catherine Cour)

Bien plus qu’un répertoire, c’est un florilège : Allain Leprest, Jean Ferrat, Anne Sylvestre ; aussi Gilbert Laffaille, Jean-Max Brua et Véronique Pestel, que des auteurs dont le nom est à jamais gravé au Panthéon de la chanson. Que des grands. Et cette rebelle-là, la Solleville, pour les porter avec force, détermination, rare élégance. Et des moments plus forts encore. Comme ce Nuit et brouillard chanté sans emphase, avec calme, sans nulle colère, la voix posée : d’autant plus efficace, impressionnant… Comme Vanina, comme Sarment, comme… Etonnante femme, vraiment, dans la fulgurance de la voix, du geste, qui convoque à elle la beauté du monde et la dignité de l’humain. Je ne suis qu’un cri chante Francesca, et c’est ça. On a tout dit d’elle, et sans doute pas assez, en tout cas rien d’équivalent à son talent : le vocabulaire s’épuise devant une telle femme, tout superlatif est superflu. Alors disons que c’était un récital de Francesca Solleville et on aura déjà tout dit. Si, ajoutons la prépondérance des textes de Leprest et de Ferrat, deux de ses frères d’Antraigues et d’entraide, de chanson et de vie. Eux sont partis, elle est restée.
C’est dire le cadeau de cette chanson inédite de Leprest, Le tami. Et de cette autre, l’ultime d’Allain, la der des ders, toutes guerres cessées, toutes luttes vaines, comme un dernier cri. Qu’il a offert à Francesca en juillet, avant de se pendre trois semaines après. Extrait :
« La langue bleuie, les bras ballants
Pesant l’oubli, le cœur moins lourd,
Trois p’tits tours autour d’un nœud coulant
Fiers capitain’s au long court,
Voyagent en cerf-volant
Priez pour les morts d’amour »

Francesca et Allain, en juin 2010 (photo M. Kemper)

Est-il heureux celui qui meurt d’aimer ? Filiation de grands poètes, ces ultimes vers ont quelque chose de François Villon, de sa Ballade des pendus… Comment vous dire l’émotion de Francesca, dépositaire d’un tel message, si poignant, si bouleversant, de ce devoir de mémoire qui désormais lui échoie ; comment vous dire celle du public découvrant à son tour l’aveu du suicide à venir, qui est venu, que nul n’a vraisemblablement su comprendre, à plus forte raison prendre aux mots ? Salle bouleversée, larmes qu’on peut retenir ou pas. Et ces mots qui résonnent et résonneront longtemps en nous : « S’enlacer, se départir / Pour le pire et pour le pire / Un vol aller, sans retour / Que vivent les morts d’amour. »

30 octobre 2011. Étiquettes : . En scène, Festivals, Mes nouvelles Nuits critiques, Rencontre de Prémilhat. 1 commentaire.

Gilles Roucaute, sans conformisme aucun

Gilles Roucaute, samedi 29 octobre 2011, 5e Rencontre de la Chanson francophone, ferme de la Ganne

Gilles Roucaute, crucifié (photo Catherine Cour)

Roucaute fait son cirque et son cirque « est tout autant le vôtre. » Psychopathe, crucifié, Gilles Roucaute questionne la norme, les ressemblances, les dissemblances, la « malfaçon qui vous fascine ». Le cirque qu’il chante se veut conforme, qu’il dit, et il traque les faux-semblants. Conforme à quoi, à qui, à quel modèle ? « Je n’ai qu’un vœu : être conforme / Être dans les formes / Bien dans les normes / Dans cet univers uniforme. » Se couler dans le moule, sans relief aucun. Un monde où Y a rien qui s’passe… D’apparences non trompeuses, pas comme ces flics qui sont là pour te protéger et te font peur, « le doigt sur la couture des codes. » Peur, le mot est lâché qui reviendra, omniprésent, et trahit l’époque. S’en protège-t-on en taisant toute singularité, tout relief ? En faisant ce qu’on attend de vous ? « C’est comme vous voulez, où vous irez j’irai » chantait jadis Souchon ? Pas plus contrariant, sexuellement improbable, Roucaute affirme « J’ai le sexe que l’on me donne / Garçon, garçonne. » Comme on veut. L’amour s’en vient en fin de concert alimenter la thématique première, l’amplifier. Croustillant ajout quand il s’agit de la séduction, pas plus conforme que le reste, au protocole contrarié, qui n’appelle que le « Pardon ! » pour leitmotiv. Beau sujet vraiment, où Roucaute se joue des apparences. À ses propres textes, il en convoque d’autres, de Leprest et de Gainsbourg (Hôtel particulier), qui, loin de tout hommage, trouvent simplement, logiquement, leur place ici.
On applaudira sans mal un tel concert, même s’il reste à roder : c’est hier à la ferme de la Ganne qu’il se jouait pour la première fois. Aussi sûrement qu’on saluera les arrangements somptueux, et qu’on distinguera les trois complices de Gilles Roucaute, variation de guitares sensibles, réactives : François et Matthieu Verguet, aux guitares sèches et électriques, et Danijel Puhel à la basse, tous brillants. Ce petit festival de Prémilhat peut s’enorgueillir d’une telle avant-première, du haut de gamme, très haut vraiment.

30 octobre 2011. Étiquettes : . En scène, Festivals, Mes nouvelles Nuits critiques, Rencontre de Prémilhat. 5 commentaires.

Grimm : le conte est bon

Chantal Grimm, vendredi 28 octobre 2011, 5e Rencontre de la Chanson francophone, Ferme de la Ganne à Prémilhat

Chantal, toute grimmée (photo Catherine Cour)

« C’est l’histoire d’une poule / Et de petits grains qui roulent… » Grimée en vieille fermière, Chantal Grimm caquète son histoire. La poule va chanter, invitée qu’elle est à la fête, et s’en va d’un pas alerte. Comme pour les Musiciens de Brème, comme en plein d’autres histoires au déroulé semblable, chemin faisant, elle va fédérer à sa raisonnable aventure d’autres compagnons. Le cochon d’abord, qui se plaint de son animal condition, énumérant à l’envi ce qu’il risque de devenir prochainement : côtelettes et saucissons, petit salé et lard fumé… A choisir, il préférerait faire la fête mais « Il faut d’abord être invité / Nous allons d’abord regarder / Si ton nom est indiqué. » Et c’est à deux qu’ils s’en vont festoyer. Puis à trois, à quatre… la folle équipée se gonfle d’effectif. Le canard, la brebis, l’oiseau, la vache (« Je n’ai plus de lait / On va me donner au boucher ») … jusqu’au loup qui se pourlèche les babines à l’idée de cuisiner lui-même le festin que voilà. Chantal Grimm aime les contes ; avouons que nous aimons ce conte de Grimm. D’une simplicité confondante qui n’a d’égale que l’efficacité. Malgré la promesse du repas qui s’éloigne, le jeune public n’est perd pas une bouchée. D’une voix claire, efficacement secondée par son pianiste Sébastien Ménard, Grimm mène son arche à bon porc, cochon qui s’en dédit. Nous avions jadis chroniqué cette Fugue des animaux lors de la sortie de ce livre-cédé. Ne nous manquait que la version scénique. Si d’aventure Chantal se produit dans votre coin-coin, allez-y dare-dare. C’est tout bon-bon.

Autre histoire d’animaux que ce spectacle de la Cie Sens en éveil, mettant en scène Michel, gardien tout nouveau tout beau du zoo. Ça se nomme « Une journée au zoo ». Le directeur est retenu ailleurs et le jeune gardien, inexpérimenté, doit tout à gérer. Et tout est facétieux, insolite, limite magique, avec grand renfort de prestidigitation. Certes nous sommes loin de la chanson, si ce n’est la reprise du Lion est mort ce soir. Saluons tout de même ce très beau travail, grand sérieux pour énorme fantaisie.

29 octobre 2011. Étiquettes : . En scène, Festivals, Mes nouvelles Nuits critiques, Rencontre de Prémilhat. Laisser un commentaire.

Cette chanson qui remonte les bretelles

Chanson à bretelles, jeudi 27 octobre 2011, 5e Rencontre de Prémilhat,

Ça a démarré il y a deux ans par un disque, une compilation de chanteurs s’accompagnant tous, toutes, à l’accordéon. C’est devenu une presque troupe, un spectacle rodé qui unie une demi-douzaine d’entre eux. La prime idée revient à Corentin Coko, qui est du lot. Qu’il en soit loué.

Sur la scène nue et inerte, c’est d’abord, singulier pied de nez, la contrebasse qui trône. Pas pour longtemps. Viennent nos amis, ceux de la bretelle. Festival de touches et de boutons, de ventrails imposants, de poitrails qui s’accordéonnent de plaisir. Un mur d’accordéons pour un concert inédit qui vous remonte les bretelles de singulière façon.

Thierry Svahn et Gabrielle (photos Catherine Cour)

Est-ce l’idée populaire que l’instrument insinue, le registre suit. Avec force chansons d’amour quand ce sont les filles qui s’expriment. Elles parlent de fidélité. D’infidélité aussi. On se joue des mots, comme dans cette Ballade de la couturière, d’Emilie Cadiou, ici partagée avec Gabrielle : l’art de l’aiguille se marrie bien avec le chas de l’aiguille. D’autres beaux duos participent au jeu de l’amour, comme celui de Coko et d’Emilie : « Embarrassez-moi / Troublez-moi de votre sourire / Et charmez-moi de vos appâts / Et sachez combien je vous désire… » C’est bon coco !
L’amour, certes, et la révolte, avec son bouclier qui s’époumonne… Thierry Svahn a un peu beaucoup de Gérard Blanchard en lui. Plus libre, plus frondeur peut-être, encore que. Son Télé-achat est une pépite dans le genre. Il y a en lui un beau concentré d’humanité criante, de cri d’humanité. Réno Bistan est pareil, en un registre qui ne s’encombre d’aucune convenance. L’ancien de Bistanclaque qu’il fut le reste, on ne change pas d’adn : « J’tremble, j’ai les mains moites / Le mode entier est de droite… » Même s’il a aussi d’autres talents, d’autres recettes, tel L’amour et la cuisine, chronique croustillante d’un homme désoeuvré à la maison. Coko, lui, convoque Gaston Couté et ses électeurs dans une interprétation très stylée Gilles Vigneault…
Emilie Cadiou, François Fabre, Thierry Svahn, Reno Bistan, Coko, Gabrielle, Noémie Lamour, ce spectacle partagé est régal comme c’est rare. On ne peut lister toutes les chansons, ni chaque duo, chaque trio. Tout est d’un même souffle, partage d’art et manière de le faire, avec talent, avec modestie. Bien sûr que le gainsbourien Accordéon fait le final « Accordez accordez accordez donc / L’aumône a l’accordé l’accordéon… » Ou plutôt augure d’un après, au bar, avec un florilège de chansons populaires, Amants de Saint-Jean et autres classiques du genre. A croire que rien que peut arrêter l’accordéon. A plus forte raison quand il y en a tant.

Aujourd’hui à cette Rencontre de la Chanson francophone : Chantal Grimm en spectacle jeune public à la ferme de Ganne à 14 et 15 h, Elsa Gelly dans « Conte en chansons » (création) à 18 h à la ferme de Ganne ; Clémence Chevreau et Francesca Solleville à 20 h 30 salle des fêtes de Prémilhat.

28 octobre 2011. Étiquettes : , , , , , , , . En scène, Festivals, Rencontre de Prémilhat. Laisser un commentaire.

NosEnchanteurs dès ce soir en direct de Prémilhat

Corentin Coko, ce soir sur scène avec ses bretelles (photo DR)

Dès ce soir, nous serons à Prémilhat, à cette 5e Rencontre de la Chanson francophone perdue au fin fond de la France profonde, du côté de Montluçon. Je dis nous car c’est, pour la première fois, le « staff » complet de NosEnchanteurs qui se réunit ainsi : Catherine Cour (par laquelle vous avez pu suivre, en léger différé, tout Barjac 2011) et moi-même (si d’autres plumes alertes veulent se joindre à l’équipe de rédaction…). Pourquoi Prémilhat ? Parce que ce petit festival n’en est pas moins important et qu’il correspond surement plus et mieux à l’idée que nous nous faisons de la chanson qu’un Prix Constantin ou qu’un Printemps de Bourges (pour ne citer que ces deux-là…). De là à en faire tout un week-end l’épicentre de la chanson, il n’y a qu’un pas que nous franchissons allègrement. Bien d’autres festivals, à la botte des maisons de disques et des médias dominants, s’arrogent indument tant de vertus (dont le sens de la découverte qu’ils n’ont plus) que d’aller puiser notre substance chanson dans la pure modestie de Prémilhat nous fait le plus grand bien.
Le défi de NosEnchanteurs sera de rendre compte de tout ce qui se vit, se chante, se dit à Prémilhat, quatre jours durant, en quasi direct. Là où le GPS déclare forfait, nos modem (même au Centre de la France, je ne parle pas des centristes) tiendront-ils la rampe ? Nous verrons… A tout à l’heure, donc.

Ce soir, jeudi 27 octobre à 20 h 30 : « Chansons à bretelles » avec Coko, Emilie Cadiou, François Fabre, Gabrielle, Nicolas Ducron, Reno Bistan et Thierry Svahn, accompagnés par Noémie Lamour à la contrebasse.

27 octobre 2011. Étiquettes : . Festivals, Rencontre de Prémilhat. 2 commentaires.

Prémilhat : le futur féminin de la chanson

Pauline Paris (photos DR)

Elle, Francesca Solleville, la fidèle, la combattante, porte en son cœur deux récentes et infinies tristesses. Elle réside pour moitié près de Paris, pour le reste à Antraigues-sur-Volane, le village de Ferrat. C’est là où Leprest a choisi de quitter la vie. C’est dire si son récital de Prémilhat se partagera entre Jean et Allain…
Bien entendu que ce sera un moment fort de cette rencontre, cinquième édition. Même si le père Brassens sera évoqué, le jour même du trentième anniversaire de son trépas ; même si Barbara y fait l’objet d’une (superbe) soirée, ce n’est pas une chanson perdue, à conjuguer à l’imparfait, que célèbre Prémilhat mais bien cette sève vigoureuse qui nous parcoure l’échine et se régénère chaque jour. Comment d’ailleurs parler autrement de Pauline Paris, de Caroline Personne ou de Flavia Perez, d’Elsa Gelly, de Noémie Lamour (quel joli blaze pour inspirer les sentiments…) et de Gabrielle, de Clémence Chevreau et d’Anne Sila ? (la délégation féminine est assez impressionnante comme si elle profilait le futur de la chanson…). De Gilles Roucaute et d’Yvan Cujous, de Coko et de Reno Bistan aussi ? Et j’en oublie, parmi cette dense programmation.

Anne Sila

C’est au centre de la France, en un lieu improbable mais bien réel, que réside ce festival de Prémilhat. NosEnchanteurs en a fait un de ses étendards. Car nous sommes loin ici  de ces programmations âprement négociées, de chiffres d’affaires imposants, d’égos surdimensionnés tant d’artistes que d’organisateurs, de justificatifs vaseux et de débats douteux sur ce qui est « in » et ce qui est « out », ce qui est moderne et ce qui est ringard, vocable qui du reste n’appartient qu’aux cons.

Caroline Personne

Ici, à Prémilhat, on ne programme que ce qu’on aime, que ce qu’on désire partager. Ce n’est pas la play-liste des radios nationales et Universal n’est pour rien dans les choix. Ici, on est simplement cœur battant, à se tâter le pouls pour compter les pulsations, jauger les émotions. A Prémilhat, où tout le monde se prénomme pareil, on fait dans le vrai, on ne triche pas. Et c’est agréable d’y vivre quelques heures, quelques jours dans cette étonnante dimension chanson. A partager, à discuter avec l’autre, son voisin de travée ou de table, l’artiste qui revient de scène ou qui y va. A interpeller Michel, à biser Michèle, à acheter le disque de Michel, à se faire dédicacer le livre de l’autre Michel… A se faire appeler Michel, même si c’est pas vrai. A ne plus être client, consommateur. A simplement faire partie d’une même famille.

« Rencontres de la Chanson Francophone », Prémilhat (03), du 27 au 30 octobre 2011. Le site du festival, c’est ici. Toute réservation reçue sur ce blog bénéficiera d’un tarif réduit (réservez en envoyant un message en commentaire de ce billet, ce message ne sera alors pas publié). Les tarifs sont de 18 euros (16 en tarif réduit) pour les spectacles à Prémilhat et de 10 euros (8 en tarif réduit) pour ceux à la ferme de la Ganne. Tarifs spéciaux pour les adhérents de l’association organisatrice et pour les mois de 16 ans. A noter la mise en place d’un forfait 9 spectacles + repas + hôtel à 350 euros (500 pour un couple) ; réservations au 04 70 29 16 71.

21 octobre 2011. Étiquettes : , . Festivals, Les événements, Rencontre de Prémilhat. Laisser un commentaire.

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