Zedrus en Or

Zedrus (photo Athos99)

Nous en parlions la semaine passée sans savoir qu’il serait en haut de l’affiche lors du weeek-end. L’helvète Zedrus vient de remporter la 45e médaille d’or de la chanson au Marché-Concours de Saignelégier, dans le Jura suisse. Le jury était présidé par le toulousain Yvan Cujious, lauréat de l’édition 2001. Hasard et destinée, c’est à un autre chanteur de la ville rose qu’est revenu la médaille d’argent : Chouf. Enfin, le bronze est pour Guillo, chanteur venu des Landes qui d’ailleurs fait coup double en s’adjugeant le prix du public.
Si on peut considérer que cette médaille n’est qu’un prix de la chanson parmi d’autres, il a pour les suisses une toute autre valeur, qui pèse son poids de médaille. Il fut créé en fin avril 1968 par un mouvement de jeunesse en lutte pour l’autonomie du Jura francophone au sein de la Confédération helvétique. En 1968, en effet, l’ensemble du Jura francophone faisait partie du canton de Berne, germanophone. L’organisation d’un concours pour auteurs, compositeurs et interprètes francophones était une manière d’affirmer l’identité des Jurassiens, une façon de défendre leur langue. La 1re Médaille d’or connu un succès retentissant avec 1200 spectateurs. Ce n’est qu’en 1975, au prix d’une cassure au sein des districts francophones, que trois d’entre eux décident de former un canton suisse. Le combat identitaire est gagné. Malgré cette autonomie, la Médaille d’or continue chaque année d’être organisée.
C’est donc à Zedrus, un chouette chanteur, de Genève, un peu brusque dans ses mots, délicieusement rugueux dans sa poésie, que revient cette médaille et l’honneur de présider ce concours l’an prochain. Le lendemain du prix, il était, encore la tête dans les étoiles, à un débat sur la chanson romande lors du Salon du livre et de la presse de Genève.
La presse suisse, qui a suivi fidèlement cette rencontre, note une « qualité et une diversité de candidats impressionnantes ». Notons au passage le nombre important de candidats : 109 au total à postuler pour cet instant d’éternité, pour ce Panthéon de la chanson où désormais, après Aliose en 2010 et Cujious l’an passé, est gravé en lettres d’or le nom de Zedrus.

Le site de la Médaille d’Or de Saignelégier, c’est ici ;  le myspace de Zedrus, c’est là.

 

2 mai 2012. Étiquettes : . Les événements, Prix. 2 commentaires.

A François Morel le prix Alphonse-Allais

Parmi les récents billets de NosEnchanteurs, beaucoup de prix, de palmarès, tant il est vrai que ces récompenses, médailles et colifichets peuvent éclairer un artiste, au sens de le mettre en pleine lumière, parfois même nous le révéler.
Nul n’est besoin de révéler François Morel, les Deschiens s’en sont jadis chargé. Morel fait depuis feu de tout bois. Comme comédien, humoriste, chroniqueur… Comme chanteur même. Irrésistible en chaque rôle.
C’est pour l’ensemble de son œuvre que François Morel, actuellement en scène dans « Le Bourgeois gentilhomme » au Théâtre de la Porte Saint-Martin, vient d’être couronné par le Prix Alphonse-Allais. La récompense ni n’est un coupe ni une médaille, ni un gros chèque ni un baiser : c’est simplement la traditionnelle « comète de Allais » qu’il recevra le 9 mai prochain des mains de Bernard Pivot. Pour l’érudition de nos lecteurs, rappelons que le premier récipiendaire du prix Alphonse-Allais fut Eugène Ionesco et que cette Académie a pour objet de « promouvoir, d’encourager ou de développer, dans les pays francophones (et d’ailleurs), toutes formes d’expression culturelle, notamment littéraire, d’humour, dans l’esprit du grand écrivain »

Deux vidéos pour (r)éveiller vos sens. L’une consacrée au chanteur François Morel ; l’autre au chroniqueur de France-Inter, dans une séquence qui, à deux jours des élections, prend plus encore son sens.

20 avril 2012. Étiquettes : . Les événements, Prix. 2 commentaires.

Carrefour Chanson de Clermont-Ferrand : 20 ans déjà ! (2)

par Michel Trihoreau

Ces 14 et 15 avril, Claude Mercier et son équipe de l’ORACLE présentaient le vingtième Carrefour de la Chanson, à Clermont-Ferrand. Vingt années au cours desquelles furent présentés sur scène et récompensés des dizaines de chanteurs, chanteuses et groupes divers. Occasion aussi de voir, la veille, de nombreux artistes confirmés comme Georges Chelon, Le Quatuor, Enrico Macias, William Sheller et bien d’autres. Pour ce vingtième anniversaire, les organisateurs ont dû refuser des entrées, les réservations étaient au complet.

Épisode 2 : La résultante des forces dispersées

Elsa Gelly (photo d'archive Catherine Cour, Prémilhat 2011)

Ainsi, le lendemain, j’étais sur la défensive pour affronter les cinq participants concourant pour le Prix de la Ville de Clermont. Sournoisement agacé a priori sans rien en montrer, mais prêt à me défendre contre la moindre attaque, j’étais intérieurement blindé.
Évidemment, le métier reprend le dessus, je fais taire le démon qui se réveille parfois en moi pour donner priorité à l’innocence de mes sentiments et à un certain sens de l’objectivité ou de l’idée que je m’en fais. Les cinq concurrents étaient les vainqueurs des années précédentes, garantie donc d’une qualité professionnelle peu contestable. Le choix allait se faire essentiellement sur un ressenti du moment.
Henri Léon et les autres sont de bons musiciens, doués d’un sens de l’improvisation incontestable. Ils s’amusent sur scène, parfois de peu et nous amusent de même avec facilité… beaucoup de facilités. On aurait plaisir à les inviter pour les noces et banquets où ils remplaceraient avantageusement le beau-frère qui raconte la dernière blague sous la ceinture. Un bon moment donc si l’on n’est pas trop exigeant sur la subtilité de l’élégance poétique.
A l’inverse, Pascal Rinaldi est inspiré par les muses. Un bel univers musical et une jolie voix portent des textes raffinés, soigneusement cousus à la main, ou la gaudriole n’a pas droit de cité. Errant entre Nerval et Obispo, il assombrit la scène aux antipodes des pitreries des précédents  et l’on a l’impression d’avoir balisé ici et là les repères du vaste domaine de la chanson.
On se trompe. Marion Rouxin nous fait oublier le temps de Paul & Robin en mettant délibérément l’accent sur la forme. La dame se fait attendre : beaucoup de fils à brancher, la technique a ses exigences. Voix puissante, mise en scène sophistiquée, gestuelle ample, elle se fait star, la performance est là, les plumes aussi, il ne manque que TF1.
La rage a failli me reprendre lorsqu’elle demande au public de se lever pour participer à son show ! Mais je me calme et je reste assis ainsi que quelques récalcitrants.

Frédéric Bobin (photo DR)

En revanche, je me serais bien levé spontanément pour saluer une autre performance, là aussi, diamétralement opposée : Elsa Gelly, a capella, sans artifices, la pureté même de la voix et du geste, on ose à peine applaudir pour ne pas casser le charme. Les morceaux de chanson s’enchaînent comme un unique poème sur l’enfant, sur la vie, on reconnaît des passages d’Anne Sylvestre, d’Allain Leprest. Oui, c’est de l’interprétation, mais la création originale est dans la construction et surtout dans l’art de donner de l’émotion en profondeur.
Enfin, Frédéric Bobin ramasse le Grand Prix. Un peu comme s’il était la résultante de toutes les forces dispersées des autres. Bobin écrit sur la vie, sur son siècle, avec des mélodies qui marquent la mémoire et des mots joliment tournés, sans fioritures, mais avec un partage d’authenticité, de vécu qui touche le cœur et l’esprit. Ses chansons ne s’envolent pas aussitôt applaudies, elles restent dans la tête et s’inscrivent dans une longue histoire après les plus grands, après Tachan, Béranger, Leprest.
Alors, ne serait-ce que pour les sommets atteints par Elsa et Frédéric, le vingtième Carrefour  de Clermont-Ferrand fut une réussite. Les moments de bonheur, si forts, si rares, envoient les épines dans l’oubli.
Merci L’ORACLE, merci Claude Mercier, vingt ans de passion et  d’amour au service de la chanson ça vaut bien un coup de projecteur et une ovation debout !

19 avril 2012. Étiquettes : , , , , , . Festivals, Les événements, Prix. 8 commentaires.

Je Rigole sacré à « Vive la reprise » 2012 !

Je Rigole (photo Anne-Marie Panigada)

C’était hier mardi la finale du concours « Vive la reprise ! », 18e du nom, organisé par le centre de la Chanson, à Paris. Avec cette fois la mise à l’honneur (c’est en une !) du magnifique répertoire de Clarika. Bonne ambiance et salle blindée comme on dit, même les concurrents infructueux des sélections de la veille étaient présents dans les rangs serrés du public, c’est dire.
Le lauréat 2012 est sans conteste Je Rigole qui s’adjuge le Grand prix du Centre de la Chanson (succédant ainsi à Jérémie Bossone), le prix de l’Esprit Frappeur et le prix AMJA/Ville d’Angers ;
Emilie Marsh remporte le prix de l’Adami ainsi que le prix Edito-Musiques) ;
Evelyne Gallet truste le prix de la Sacem, le prix Edito-Musiques et le prix Ecoutez-Voir ;
Noah Lagoutte  s’adjuge le prix de l’Unac ;
Pour Emilie Cadiou le prix du public et celui de Chansons de parole ;
Cocofka gagne le prix ACP/La Manufacture chanson ;
Enfin, Bastien Lanza repart avec le prix A Thou bout d’Chant et le prix AMJA/Ville d’Angers.

Emilie Marsh (photo Anne-Marie Panigada)

Ce que valent ces prix :
Grand prix du Centre de la chanson (1.500 € en aide professionnelle),
Prix de l’ADAMI (2.000 €), Prix de la SACEM (1.500 €), Prix de l’UNAC (500 €),
Prix du public : programmation à La Scène du Canal
Chansons de parole : programmation au festival de Barjac
L’Esprit Frappeur : programmation à L’Esprit Frappeur / Lutry (Suisse)
Ecoutez Voir : programmation au festival « 1 chanson peut en cacher une autre » (Belgique)
ACP/La Manufacture chanson : programmation à l’Espace Christian-Dente (Paris)
Edito Musiques : programmation aux « Lundis de la chanson » au XXe Théâtre (Paris)
AMJA/Ville d’Angers : programmation au Théâtre d’Angers
A Thou Bout d’Chant : résidence à A Thou Bout d’Chant (Lyon)

18 avril 2012. Étiquettes : , , , , , , . Les événements, Prix. 5 commentaires.

A Presque Oui le Prix Raoul-Breton

C’est comme ça : les gens du métier aiment à décerner des prix. Si on connaît forcément les télévisuels Victoires de la musique et Constantin, il en est d’autres, moins en lumières, que le showbiz ne pourra s’offrir, à moins de se faire transplanter un rien d’intelligence et de sensibilité.
Parmi eux, le prix Raoul-Breton de la francophonie. Créé il y a pas loin de cinquante ans au sein des Grands Prix de la Sacem, le « Raoul-Breton » vit une nouvelle jeunesse au sein du Festival Alors Chante ! de Montauban et par un jury de 25 professionnels désormais composé des membres de la Fédération des Festivals de Chanson Francophone. A nouvelle composition, nouvel esprit et autre type de lauréats. Au « Raoul-Breton » qui avait récompensé, de 2001 à 2009, M (Mathieu Chédid), Bénabar, Carla Bruni, Sanseverino, Jamait, Raphaël, Abd Al Malik, Thomas Dutronc et Flow, succède celui (pas de Prix en 2010 cause à cette refonte tant des Prix Sacem que du « Raoul-Breton ») qui récompense des artistes moins en vue dans les médias : Pierre Lapointe en 2011 et… Presque Oui cette année 2012 : Thibault Defever (notre Presque Oui, ci-dessus en photo) recevra une bourse d’écriture ainsi qu’une bourse d’investissement dans une résidence de création. Remise du prix le 17 mai lors du festival de Montauban.
Faut-il encore instruire les lecteurs de NosEnchanteurs de ce Presque Oui ? Presque non. De ce prix Raoul-Breton, assurément.
Artistes moins en vue désormais pour ce Prix ? Plutôt des artistes « intermédiaires ». Et c’est en cela que le Raoul-Breton à sa place, sa pertinence : « La crise que connaît actuellement le marché de la musique a eu pour conséquence de considérablement réduire les possibilités d’engagement à long terme et de développement sur la durée pour construire les carrières des artistes. Si les valeurs sûres du marché trouvent toujours un équilibre économique et que certains risques sont encore pris pour les jeunes talents, les artistes intermédiaires sont cependant les principales victimes collatérales de cette situation. Il y a pourtant certains artistes qui ne se révèlent pas au premier album et pour qui le fameux « moment charnière » vient plus tardivement. Quelques fois malheureusement lorsque les soutiens et accompagnements professionnels commencent à s’essouffler. »
C’est pour combler, à leur échelle, ce « vide d’accompagnement », que les Editions Raoul-Breton, maison d’édition musicale indépendante qui représente notamment les œuvres de Charles Trenet, Charles Aznavour, Lynda Lemay, Agnès Bihl, Alexis HK et beaucoup d’autres, ont proposé la refonte de leur prix en un prix d’encouragement. Et c’est très encourageant pour la suite…

Pour mémoire, le premier Prix Raoul-Breton a été décerné en 1966 : ce fut à Jean-Jacques Debout. Nombre de grands artistes furent récompensés, parmi lesquels Maxime Le Forestier, Michel Jonasz, Daniel Balavoine, Gilbert Laffaille, Francis Lalanne, Jacques Higelin, Renaud, Romain Didier, Karim Kacel, MC Solaar, Mano Solo, Allain Leprest, Enzo Enzo, Thomas Fersen ou Zazie (liste complète ici).

15 avril 2012. Étiquettes : , . Les événements, Prix. 2 commentaires.

Deux Z’elles lauréates de « Et en plus elles chantent »

Laura et Lorette, deux z'elles (photo DR)

Extraits de leur bio : « Deux Z’elles ce n’est pas : une marque de vêtement, une section secrète d’ultra féministes, un solo schizophrène. Ce n’est pas fleur bleue. Ce n’est pas une version simplifiée de la 4L ou des L5, un club d’ornithologie, un nouveau parti politique (ou pas encore). Ce n’est pas compliqué (quoique…) ». Deux Z’elles, c’est Laura (Cahen) et Lorette (Vuillemard), duo guitare contrebasse, parfois piano à deux, deux nancéennes désormais un peu lyonnaises, qui se veulent être la rencontre « du sucre de canne et du citron », duo qui s’envole de ses propres elles. Duo même si l’une des deux prend incontestablement le pas sur l’autre, presque toute la couverture à elle, et c’est peut-être là où le bât blesse. La formation existe depuis cinq ans, qui oscille entre folk, blues et jazz, très dynamique, dans laquelle les voix délicieusement sucrées (ce sont les textes qui, parfois, font citron) sont presque instruments eux-mêmes. Les filles ont l’inspiration pour le moins sentimentale, de leur âge, mais pas forcément naïve, et les vers bien en place qui ne sont pas tirés du nez : ça donne une chanson où elles s’exposent bien plus que la normale, dans des préoccupations qu’elles rendent prenantes, parfois poignantes. Leur discographie n’est à ce jour composée que de deux cédés cinq titres (le second réalisé par Eddy la Goooyatsh) mais on ne doute pas qu’elle puisse vite se développer. Ces demoi z’elles d’émoi ont longtemps écumé les scènes de leur région avant de tenter, parfois, la Capitale. Là, elles semblent poser leur dévolu sur la bonne ville de Lyon, déjà prédisposée à la chanson. Et d’emblée ont remporté ce week-end le tremplin régional qu’est « Et en plus elles chantent » (prix de la Sacem et prix du public). Bravo les filles !

Le myspace des Deux Z’elles, c’est ici. Le tremplin « Et en plus elles chantent », dont ce fut cette année la quatrième édition, est organisé par le Kraspek Mysik-association Lerockepamort et le Label Poon, en partenariat avec le festival « Les Chants de Mars », a pour vocation de soutenir et promouvoir les artistes émergents de la région Rhône-Alpes et Auvergne.

20 mars 2012. Étiquettes : , . Les événements, Prix. 14 commentaires.

Les Victoires, non événement

Ce fut un non-événement, une soirée télé parmi d’autres, toute aussi ennuyeuse. Ce furent, le savez-vous, les Victoires de la musique, 27e du nom. Sans surprise aucune. On peut juste être satisfait du sort réservé à l’ami Thiéfaine, tellement hors showbiz que sa reconnaissance, enfin, est de fait un doigt d’honneur à celui-ci. Il me semble que par lui, le métier a aussi récompensé un des meilleurs vendeurs de l’année, un des qui résiste à l’inexorable chute du disque. Quant au reste… Oui, Ringer (pas victoirisée depuis le No Comprendo des Rita Mitsouko)… Oui, Aubert, pour son énergie en scène. Oui, Voulzy pour cette jolie chanson qu’est Jeanne. Et Orelsan, par deux statuettes, comme quoi il est bon de faire au préalable son scandale-à-buzz quitte à frayer avec la pure ignominie de son tristement célèbre Sale pute pour être, à l’album suivant, encensé par toute la presse… Oui…
On regrettera pour Camille, repartie les mains vides. Et pour L, à la prestation du reste approximative. Depuis que Télérama en a fait bêtement à sa une le renouveau de la chanson française à L seule (j’ai rarement lu quelque chose de plus imbécile), fallait bien qu’elle y soit présente au cas où ce soit vrai. Mais pourquoi la présenter stupidement comme la nouvelle Barbara ? On a évité de médailler Biolay et le fiston Dutronc, qui décidément n’est qu’un clone sans âme et son talent de son père. Alors, oui…
Eh ben non ! Cette chanson-là est tellement loin de la chanson réelle, tellement décalée, surréaliste, que ces pauvres Victoires sonnent plus creuses que jamais. Bon dieu, l’essentiel de la chanson est privée de ces Victoires, l’essentiel de la chanson est désormais hors labels, hors des plateaux télé, hors des playlistés « Inter ». Comment voulez-vous qu’on puisse prêter crédit, même le temps d’une chanson, à ce simulacre, cette insulte faite à la chanson ? Que le candidat Hollande, qui se balladait hier dans les couloirs des Victoires, précédent la sienne, prenne conscience de cette richesse nationale qu’est la chanson, vraie exception culturelle à condition qu’on la traite en son ensemble sur un même pied d’égalité. Ça changerait singulièrement la donne.

(Je vous recommande aussi la lecture du blog de Baptiste Vignol, sur ces Victoires.)

4 mars 2012. Étiquettes : , , , . Les événements, Prix. 22 commentaires.

MMM, la face cachée de l’Octave

Miam Monster Miam (photo DR)

par Siobrel C., correspondance de Belgique

La semaine dernière, je vous parlais de l’Octave de la chanson qu’allait recevoir Jacques Duvall pour l’ensemble de sa carrière, parolier de Chamfort depuis 20 ans, des gros tubes de Lio il y a 30 ans… Cela date et peu de gens connaissent l’importance de son œuvre.
Début du siècle, Jacques sombre dans le Stupre, la Drogue et les Femmes… un SDF du showbiz s’enfonçant petit à petit dans l’oubli …
C’est à cette époque que Benjamin Schoos alias Miam Monster Miam vient le voir et lui propose de faire un nouvel album, une complicité s’installa et Jacques devient le parolier de Freaksville, le label créé pas Benjamin.
Miam Monster Miam est un hyperactif, un travailleur infatigable, il ne vit que pour la musique et produit sans cesse pour une reconnaissance limitée car comme petit label indépendant, il est très peu soutenu par les médias.
Il s’en fallu de peu pourtant avec le dernier album de Lio, textes de Duvall bien sur. Accompagné de son groupe Phantom, il entama une tournée, acceptant de jouer dans des lieux pas possibles,  tout à l’honneur de Lio qui sortait du plateau télé de « la nouvelle star » pour chanter dans des villages reculés. Cela déménageait bien, reprendre les tubes de Lio en rock était une bonne idée. Au moment de la concrétisation, plusieurs dates prévues à Paris, des festivals, Vanda jeta l’éponge, en cause un problème aux cordes vocales.
Mais il en faut plus pour décourager Benjamin, fort de l’amitié qui le lie à Jacques, il sort le 3em cd de leur collaboration, deux de Marie-France, un de Marc Morgan et j’en passe… si vous voulez comprendre pourquoi Gilles Verlant considère Jacques Duvall comme LE successeur de Gainsbourg, c’est là  http://www.freaksvillerec.com  que vous devez chercher.
Il est incontestable qu’une partie de l’octave obtenu par Duvall pour son oeuvre, revient à Miam Monster Miam car depuis 10 ans, leurs carrières sont liées, sans Benjamin, Jacques ne serait peut-être plus là… et l’inverse est sans doute vrai aussi.
L’actualité est prometteuse sous les traits de la jeune et jolie Mademoiselle Nineteen, un premier simple fut bien reçu par les médias en Belgique… assez rare pour le signaler, espérons que l’album sorti ce 28 février apporte une reconnaissance publique à la bande de Freaksville, que le travail incessant de Benjamin Schoos porte enfin ses fruits, ça ne serait que justice !

(De gauche à droite, de haut en bas, des pochettes de disques de Marie-France, Nineteen, Lio et Jacques Duvall)

Ce billet est le 750e publié sur NosEnchanteurs. Vous pouvez vous abonnez à ce blog et ainsi recevoir en temps réel la notification de tout nouvel article. Cliquez en haut à droite de cette page-écran : c’est facile, c’est gratuit.

2 mars 2012. Étiquettes : , , , . Les événements, Prix. 1 commentaire.

Jacques Duvall récompensé… enfin !

Jacques Duvall et Lio (photo DR)

par Siobrel C. (correspondance de Belgique)

Jacques Duvall est un grand monsieur de la chanson française. Se définissant comme « expert en désespoir » il n’en est pas moins un créateur hors-norme, qualifié par Gilles Verlant comme le digne successeur de Serge Gainsbourg.
Il a écrit pour plus de quarante artistes (Jeanne Birkin, Jeff Bodart, Alain Chamfort, Etienne Daho, Dani, Marc Lavoine, Lio, Marie-France, Marka, Kadja Nin, Pierre Rapsat, Charline Rose, The Runaways, Sparks, Telex, etc.) et a cinq albums à son actif comme chanteur : les deux premiers en collaboration avec Marc Moulin et Dan Lacksman, les trois autres avec Miam Monster Miam.
Voilà pourquoi ce 28 février 2012, la communauté française de Belgique le met à l’honneur en lui remettant un « Octave de la musique » pour l’ensemble de sa carrière.

Isabelle Wery, Guy Clerbois et Jacques Duvall (DR)

Hors, elle est loin d’être terminée… cette année comme auteur, plusieurs projets, entre autre un album avec Mademoiselle Nineteen, jeune chanteuse qui commence à faire parler d’elle.
Comme interprète, sort bientôt le projet Leatherman de Jean-Marc Lederman, il s’agit de reprises sobres et sombres de tubes anglo-saxons.
Fin de l’année, ce sont des reprises décalées du répertoire de la chanson française qu’il interprète avec Isabelle Wery pour cet allumé de Vitor Hublot.
Ressort également cette année, « Comme la romaine »  son premier album de 1983.
A bientôt soixante ans, il reçoit une reconnaissance professionnelle avec cet «Octave», on peut également espérer que ce travailleur de l’ombre entre un peu dans la lumière d’une reconnaissance populaire.

Le site de Jacques Duvall, c’est là.

Sur cette vidéo amateur réalisée en septembre 2011 à L’Orangerie du Botanique, à Bruxelles, Duvall apparait sur scène au bout de 3’05.

23 février 2012. Étiquettes : . Les événements, Prix. 2 commentaires.

Vendeurs d’enclumes sacré par le Prix Georges-Moustaki

Après le doublé de l’an passé où Mellismell s’était adjugé à la fois le prix du jury et le prix du public, c’est au tour du groupe Vendeurs d’enclumes de rafler la mise, à savoir les deux récompenses du Prix Georges-Moustaki.
Rappelons que le Prix Georges-Moustaki récompense les albums indépendants ou autoproduits des valeurs montantes de la chanson française. La cérémonie s’est déroulée ce jeudi 9 février 2012 dans le cadre de Chanson française à la Sorbonne hors les murs, salle Jean-Dame à Paris 2e. Le jury était co-présidé par Jeanne Cherhal et Enzo Enzo.
NosEnchanteurs vous a présenté les concurrents en lice pour cette deuxième édition ; ainsi que le nouvel et troisième opus de Vendeurs d’enclumes.

Le site de Vendeurs d’enclumes, c’est ici.

10 février 2012. Étiquettes : , . Les événements, Prix. 4 commentaires.

Prix Georges-Moustaki, l’antidote aux Victoires !

Rodrigue (photo Benoit Poix)

J’aurais mauvaise grâce, après avoir étrillé comme de coutume les Victoires de la Musique qui à mes yeux ne sont sinon rien au moins pas grand chose, de ne pas vous entretenir du Prix Georges-Moustaki, 2e du nom, dont on vient de publier la liste des z’heureux sélectionnés, en fait des demi-finalistes. Me croirez-vous : c’est beau comme un générique de NosEnchanteurs ! Qu’on en juge : Camel Arioui, Billie, Thierry Chazelle & Lily Cros, The E.T’s, Pierre Faa, Jeanne Garraud, Les Jetés de l’encre, Coline Malice, Emilie Marsh, Swann Ménigot, Pierrot Panse, Rodrigue, Marion Rouxin, Sarahpsody, Bertrand Soulier, Alain Sourigues, Philippe Thomas, Tomislav, 3 Minutes sur Mer, Vendeurs d’enclume, Nicolas Vidal, Vincha. Les finalistes seront au nombre de sept parmi cette liste.
La finale et remise du 2e Prix Georges-Moustaki se déroulera, dans le cadre de « Chanson française en Sorbonne Hors les Murs » le jeudi 9 février 2012 à 19 heures (entrée gratuite). Les artistes finalistes chanteront chacun deux titres, puis le Prix du Jury et le Prix du Public seront attribués.

Emilie Marsh (photo DR)

Rappelons que le Prix Georges-Moustaki récompense depuis l’an passé un album indépendant et/ou autoproduit (ça veut dire qu’il y a peu de chances qu’un gros label ait glissé à l’intérieur de l’enveloppe un gros chèque ou des billets d’avion pour Caracas pour l’ensemble des membres du jury). Jury qui sera composé de : Georges Moustaki lui-même, Jeanne Cherhal et Enzo Enzo ainsi que Jérôme Van Den Hole, parrain de la promotion 2012. C’est Mélissmell qui avait remporté la première édition de ce concours.

On peut écouter chacun des pré-sélectionnés sur le site du Prix Moustaki : c’est ici.

Dernière minute : les 7 finalistes du Prix Georges-Moustaki 2012 sont Billie, Swann Ménigot, Sarahpsody, Bertrand Soulier, Tomislav, Vendeurs d’Enclumes et Vincha.

23 janvier 2012. Étiquettes : . Les événements, Prix. 7 commentaires.

« Servir la chanson, pas se servir de la chanson ! »

Pierre Lapointe, le lauréat (photo DR)

On va bientôt (mais pas ici, pas sur ce blog !) parler en abondance du concours Eurovision de la Chanson, pour lequel les bookmaker anglais pronostiquent semble-t’il la victoire du candidat français.
Parlons plutôt d’une autre récompense, de valeur celle-ci, même si elle est loin d’être un passe-droit pour s’incruster ensuite sur tous les écrans télé. C’est le Prix Raoul-Breton de la francophonie. Et le lauréat, cette année, en est le québécois Pierre Lapointe.
Il a été choisi parmi les artistes de la programmation 2011 répondant aux critères de sélection par vote d’un jury composé des membres de la Fédération des Festivals de Chansons Francophones, d’un représentant de la Sacem et d’un représentant des Editions Raoul-Breton. Cette fédération rassemble actuellement 23 festivals situés surtout en France mais aussi, évidente francophonie, en Suisse, en Belgique et au Canada. Le président en est Laurent Boissery, directeur du Rabelais, à Meythet, et organisateur du festival « Attention les feuilles ! » 23 festivals qui militent ardemment pour une idée précise de la chanson, pour son développement. Faut-il préciser que dans la liste (cf en bas de cet article) Bourges n’y est pas ? Notons le sympathique slogan qui vaut adn en cette fédération : « Servir la chanson, pas se servir de la chanson. » Nombre d’autres festivals ou de programmations culturelles, nombres d’émissions radio et télé pourraient utilement le méditer.
La remise du prix aura lieu le 4 juin, lors du festival « Alors… chante ! » à Montauban, à l’issue du salon « réunissant les professionnels du secteur musical. »

Le site de la Fédération des Festivals de Chanson Francophone, c’est là. La FFCF est composée des festivals « Aah ! les déferlantes » à Portes-lès-Valence, « Alors… chante ! » à Montauban, « Chansons de parole » à Barjac, « Mars en chanson » à Charleroi, « Coup de cœur francophone » à Montréal, « Festival Chantappart » dans les Pays de Loire, « Festival de la chanson » à Tadoussac, « Festival international de la chanson » à Granby, « Festival Sémaphore » à Cébazat, « Le 6e son » à Liévin, « L’Estival » à Saint-Germain-en-Laye, « Le Chaînon manquant » à Figeac, « Attention les feuilles ! » à Meythet, « L’Air du temps » à Lignières, « Les Francofolies » de La Rochelle, « Les Vibrations » à Flers, « Musicalarue » à Luxey, « Les Musicales » de Bastia, « Les Nuits de Champagne » à Troyes, « Pause guitare » à Albi, « Printemps de la Chanson » dans l’Orne, « Printival Boby-Lapointe » à Pézenas  et « Voix de fête » à Genève.

12 mai 2011. Étiquettes : . Les événements, Prix. 3 commentaires.

Melissmell s’adjuge le Prix Georges-Moustaki

Le premier album de Melissmell, "Écoute s'il pleut" est sorti le mois dernier (photo DR)

Pendant que les médias fonçaient tous tête baissée sur l’os à ronger que sont Les Victoires de la Musique, naissait dans le silence un autre prix de la chanson, le Prix Georges-Moustaki, destiné aux artistes autoproduits et/ou indépendants, partie immergée de l’iceberg chanson.
Ce prix est organisé par Matthias Vincenot et Thierry Cadet, présidé par Georges Moustaki et Arnold Turboust, parrainé par Benoît Dorémus, avec le concours de l’association Poésie et Chanson Sorbonne, le soutien du service culturel de l’Université Paris-Sorbonne, La Scène du Balcon, la Mairie du 2e arrondissement de la Ville de Paris et la Région Ile de France.
Décerné le 3 février dernier à Paris, ce prix a doublement récompensé la chanteuse Melissmell, qui s’adjuge tant le Prix du Jury que celui du public. Il y a loin de ce Prix Georges-Moustaki à ces pitoyables Victoires télévisuelles. L’un (comme l’est aussi le Prix Jacques-Douai*, comme l’est aussi le Grand prix de l’Académie du disque Charles-Cros) parie sur l’intelligence et la sensibilité ; l’autre (comme l’est aussi le très à la mode Prix Constantin) ne sait rien faire qu’à calculer, audimat comme chiffres de ventes. L’un naît dans une totale indigence de moyens et devrait en toute logique poursuivre ainsi. L’autre rassemble à grand renfort de fastes et de strass les VIP de la profession, ce gratin cosanguin qui ne sait que promouvoir l’apparence.
L’auteur du Métèque et de Milord a fait ce commentaire : « Ce Prix Georges-Moustaki me fait honneur par la qualité des artistes qui ont présenté leur candidature et par sa vocation de récompenser un album autoproduit ; c’est-à-dire réalisé en toute liberté et en toute indépendance. »
Melissmell (nous reviendrons sur cette artiste prochainement) est tout sauf factice et jurés et public du Prix Moustaki ont été ce soir-là bien inspirés d’en faire leur première et superbe lauréate.

*Le Prix Jacques-Douai a été remis en 2007 à Gérard Pierron, en 2008 à Rémo Gary et à la Maison pour tous de Beaucourt, en 2009 à Hélène Martin et à Philippe Forcioli, et l’an dernier à Véronique Pestel.

11 février 2011. Étiquettes : . Les événements, Prix. Laisser un commentaire.

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