Alexis HK rattrapé par les Ronchonchon

Conte pour enfants ? Euh… pour tous !

« T’es ronchonchon, t’es ronchonchon
Toi t’es fâché, toi t’es grincheux, toi t’es ronchon
Si t’es chafouin, fais attention
Ou je t’emmène dans la maison des Ronchonchon »

Tout droit sortie des Affranchis, le dernier album en date d’Alexis HK, voici une drôle de famille qui désormais vit sa vie autonome. Qui ça ? Les Ronchonchon, ceux du bourg de La Grognardière, qui sont à l’Hexagone ce que les Simpson sont aux States, aussi insupportables qu’ils nous sont finalement importants. À partir de La Maison Ronchonchon, Alexis HK et Liz Cherhal (chanteuse, il y a peu encore, du groupe Uztaglotte et, comme son blaze peut y faire songer, sœur de la Jeanne) ont écrit ce conte musical mouvementé mettant en scène les trois râleurs de la chanson d’origine (Bernard Vénère, Jean-Pierre Ronchonchon qui a les nerfs et Marie-Pierre Grognon) avec cette fois-ci d’autres personnages : l’oncle Abélard certes mais aussi la famille Fonky qui, à tous les sens du terme, descend du ciel. Quitte à faire, Alexis HK et Liz Cherhal ont appelé leurs copains pour mieux encore faire la fête aux Ronchonchon : Juliette, Loïc Lantoine, Jehan, Laurent Deschamps et Mathieu Ballet. Du beau monde assurément pour une aventure riche en rebondissements dont je me garderai bien de vous instruire ici. Plus que jamais en tous cas, un disque réputé « pour enfants » sème le doute car, plus que cette étiquette un peu réductrice, il fera la bonheur des familles chez qui on écoutera ça ensemble, enfants et parents, comme quand dans le temps on collait collectivement son oreille devant la tsf. C’est même plaisir je crois.

Alexis HK et Liz Cherhal, Ronchonchon et compagnie, 2010, Formulette production/La Familia/L’Autre distribution. Paraît aussi en fin de ce mois en livre-cédé.

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20 octobre 2010. Étiquettes : , , , , . Pour les mômes. 1 commentaire.

Les mille chansons de Gérard Delahaye

1000 chansons de voyage, d'amour, d'eau, de pluie, de soleil, de pirates, de rêve, d'animaux, de rire, d'amitié, de fraternité, de Bretagne, de la Terre…

Voilà trente ans que, parallèlement à sa carrière « pour grandes personnes », qu’indépendamment de ce trio, ce « tri men » qu’il forme aussi avec Mélaine Favennec et Patrick Ewen pour foutre le feu aux scènes de Bretagne et d’ailleurs, il exerce dans l’art difficile de la chanson pour enfants. Difficile car, sauf à chanter « Bécassine c’est ma cousine » et autres niaiseries fadasses, trousser une bonne chanson pour les jeunes oreilles est art subtil réservé à des gens sensibles et intelligents. À des gens qui ont toujours gardé leur part d’enfance. Qu’ils savent traduire en chansons. Gérard Delahaye est tout ça et le fait très bien. La légende veut qu’il en ait écrit mille. Tant que son nouveau cédé s’intitule 1000 chansons et que la millième serait justement dedans. Laquelle ? Mystère. Delahaye aime les mystères de l’Ouest, sa région à lui : il en infuse ses chansons. Avec aussi des chevaliers et des pirates, des rives d’Afrique, de tristes amoureux, des funérailles dont on fait tout un cirque, d’une chasse en forêt, d’un tremblement de terre, de la pluie et de plein d’autres choses encore, qu’il distille au goutte à goutte :
Petite goutte au fond de mon verre
Petite goutte je vais t’avaler
Mais je t’écoute et je te libère
Si tu sais m’étonner
On se régalera aussi de La Petite Marseillaise, sur l’air de la grande, formidable chanson de fraternité, tant que l’enverra en mp3, par soucis d’élémentaire pédagogie, à Besson, Heurtefeux et Sarkozy, ces fameux pieds nickelés du rejet de l’autre.
Le livret de ce disque est comme les chansons : dessins ronds et colorés, jolis. J’ai toujours eu du mal à recommander un âge quant aux disques pour enfants. Quand les chansons sont bonnes, elles n’ont pas un public précis : même l’adulte que je suis les apprécie et les écoute sans se cacher de ses enfants ou des autres grands. Disons de ce disque qu’il est pour les « de 3 à 103 ans » et je serais pile dans la cible. Sans nullement nous infantiliser, Delahaye fait dans l’enfance qui dure toute la vie.

Le myspace de Gérard Delahaye.

17 octobre 2010. Étiquettes : . Lancer de disque, Pour les mômes. Laisser un commentaire.

Le Pinocchio de Romain et Mathieu

Entre le moment de la naissance d’un projet et celui où il vous vient, en écho comme par disque, aux oreilles, il peut se passer du temps. La nouvelle édition du Pinocchio court toujours de Romain Didier et Pascal Mathieu, créée à l’origine en 2001, rattrape quelque peu le temps perdu.
C’est un opéra, pour enfant si on tient que l’enfance est éternelle. Ça rassemble plein de gens, des grands (la casting est sympathique qui réunit tant Enzo Enzo que Pierre Perret, Jean Guidoni de Kent, Sanseverino que Néry ou Mathias Malzieu… et Émile Allain, un garçonnet qui donne sa voix au héros au nez mutin), pas mal de musiciens (de l’Ensemble orchestral des Hauts-de-Seine) et soixante-dix choristes de trois formations distinctes (« Tous en scène », « Curva via » et les enfants du « Conservatoire de Courbevoie »). Ça fait du monde au générique.
L’histoire de ce petit pantin de bois, « né le jour de la sainte-Bétise », à qui la Fée bleue donne vie est célèbre. Le personnage de Collodi court cette fois, un peu comme L’eau vive de la chanson. Et c’est effectivement en chansons qu’il vit ici nombre d’aventures.
Le disque était paru une première fois en 2006, chez EMI. Peut-être que ce gros label l’était trop pour un « produit » si fin, si sensible, opéra tiré de nos enfances qui ne cousine nullement avec les produits manufacturés, calibrés, de l’industrie discographique. Le disque ressort aux éditions Éveil et découvertes, avec pour écrin un grand livre gorgé d’images (jolies images vraiment qu’on doit à la plume inspirée de Flavia Sorrentino).
Romain Didier n’est pas inconnu de ce genre de travail : on lui doit, avec Allain Leprest, le magnifique Pantin Pantine. C’est tout simplement là un autre pantin. Cette fois-ci avec Pascal Matthieu, artiste que le grand public ignore totalement mais que ses pairs reconnaissent comme un possible géant. Leur travail sur Pinocchio est simplement magnifique. Malgré son format, vous devez faire place à ce livre-disque sur vos étagères : c’est une référence. Le disque existe aussi en cédé seul. Paradoxalement votre moteur de recherche vous orientera sur la précédente édition de cette œuvre.

Livre-disque Pinocchio court toujours 2010, Abacaba/Éveil et découvertes

20 septembre 2010. Étiquettes : , , , , , , , , . Lancer de disque, Pour les mômes. Laisser un commentaire.

Le coin des mômes : Dès, Forte, Schneider et Dimey

"Un moineau / Sur ton dos / Ça picote / Ton chapeau" (Henri Dès, illustration Vincent Farges)

Suivre les textes d’une chanson sur un livret de cédé, ce n’est, convenons-en, pas très pratique : c’est écrit tout petit petit ! Réjouissons-nous donc de l’initiative des Editions des Braques qui lance une nouvelle collection de livre-disques : des vrais livres fourmillant de belles images et, hop, le cédé à l’intérieur pour écouter en simultanée. C’est sympa d’autant plus que le choix des disques l’est, puisant dans l’un des meilleurs catalogue de la chanson pour enfants, celui de Victorie music : les premières livraisons sont celles du Cache-cache d’Henri Dès (illustrations de Vincent Farges) et de J’suis vert de Sophie Forte (illustrations de Camille Loiselet). A paraître à la prochaine rentrée un autre Henri Dès (La petite Charlotte), la Poucette d’Andersen et des poèmes de Pierre Chêne. Les dessins sont comme dans les beaux livres d’enfants : tendres et colorés, avec de la poésie dans chaque trait, joli travail d’artiste artisan sur sa planche à dessin, loin de tous studios où, après avoir pointé, on dessine à la chaîne du mickey et du picsou de chez disney (de quoi être dingo !). A ces livres-cédés s’ajoutent dans la même collection des livres-dévédés tout aussi beaux, tout aussi passionnants.

Puisque nous sommes dans les disques pour enfants, signalons en deux qui viennent de sortir, tous deux chez Victorie music. Le premier est d’Alain Schneider, Mes petits moments, sur les différentes séquences de la journée : réveil, toilette, câlins, bonbons, repas, télé… ; l’autre de Dominique Dimey (la fille de Bernard), Bonjour les mamans. Certes la fête des mamans est passée, depuis peu il me semble. Il me semble surtout que les mamans se fêtent de tendresse tous les jours (les papas aussi d’ailleurs) et que ces petites chansons-là peuvent se reprendre souvent. Par et avec cœur. Ces deux adorables cédés pour un public de 2 à 6 ans.

31 mai 2010. Étiquettes : , , , . Lancer de disque, Pour les mômes. Laisser un commentaire.

La rentrée de Dorothée

Ainsi donc, après treize ans de silence, Dorothée vient de faire sa rentrée. Quatre soirs à l’Olympia. Pas complet mais suffisant pour acter le raisonnable événement, lancer le buzz, amorcer la pompe (à fric). Bercy en fin d’année, un cédé bientôt dans les bacs, de la presse… le plan média fonctionne plutôt bien et chacun de verser sa larme pour de si belles et si émouvantes retrouvailles.
J’ai lu dans un titre de la presse quotidienne la réaction d’un spectateur ravi d’ainsi retrouver sa jeunesse, se plaignant en substance qu’« il n’y a plus de chansons pour les enfants aujourd’hui ». Ah bon ?
N’en déplaise à ce monsieur, j’ai plutôt l’impression d’une profusion et d’une qualité incroyable désormais à notre disposition. Les produits de grande consommation (Dorothée donc, Chantal Goya et les autres) ayant sombrés (pas tout à fait, la preuve…) dans un juste oubli, sont alors arrivés à nos oreilles des artistes plus attentifs à l’écriture, plus soucieux sans doute de pédagogie, des rythmes de l’enfant, j’oserai dire d’éducation. On ne maintient plus sa clientèle enfantine éternellement rivée à « Bécassine, c’est ma cousine » et autres niaiseries du même tonneau ; on crée avec intelligence et sensibilité.
Que ce spectateur ignore l’étonnante floraison de la chanson pour enfants n’est pas grave en soin. Qu’un journaliste imprime ça sans apporter la moindre réponse, la moindre nuance, le moindre commentaire, est à mon sens affligeant. J’aimerai dire à ce pisse-copie la richesse de la chanson pour enfants. Qu’il daigne se rendre à la bibliothèque-discothèque de prêt la plus proche de chez lui. Il pourra emprunter des disques d’Henri Dès, Jofroi, Gilles Chovet, Jacques Haurogné, Anne Sylvestre, David Sire, Steve Waring, Alain Schneider, Vincent Malone, Jean Humenry, Hervé Suhubiette, Djamel Touil, Tartine Reverdy, Sophie Forte, Geneviève Laloy, Petrek, Carlo Bondi, Jean René, Bouskidou, Yannick Jaulin, Tom Torel et autres Jean-Yves Lacombe. J’en oublie pas mal…
Il y écoutera les Enfantillages d’Aldebert, le Weepers Circus « à la récré », « Y’a des animaux dans mes chansons » de Sylvain et les bifluorés… Ou d’autres bijoux encore… C’est pas ça qui manque.
Dans ma boite aux lettres, j’ai trouvé la semaine passée ce cédé-là, Carte blanche à Henri Dès : Dès y convie ses amis et collègues que sont David Sire, Steve Waring, Alain Schneider et Geneviève Laloy. Beau casting, presque une mini-anthologie de la chanson pour enfants. Il me semble que ça vaut mille fois mieux que le retour de Dorothée.

Carte blanche à Henri Dès au festival Mino, 2010, Victorie/Universal.

26 avril 2010. Étiquettes : , . Pour les mômes, Saines humeurs. 2 commentaires.

Chansons pour doudous…

C’est tout en douceur, au rythme d’un sage accordéon qui sait ne pas s’époumoner, d’un autre (un diatonique), d’une flûte et d’une guitare, d’un piano, parfois d’une basse. De trucs aussi qui font des bruits incongrus, dénotant du bel ordonnancement, des sages pleins et des déliés de notes. Et de mots simples, aux phrases bien foutues, bien joufflues. C’est pour le public tout petit, la petite enfance, disons de trois à six ans. Et, si ça parvient fortuitement aux oreilles des grands, ça ne peut leur faire que grand bien tellement c’est agréable. Il y a là la complicité audible de deux artistes, deux dames qui souvent se questionnent et se répondent en écho. Ce disque est fait de plein d’événements, actualités en léger différé, spectaculaires reliefs, parfois séismes, dans une vie : la dent de lait qui tombe, la souris passera cette nuit ; le départ en voyage avec « Juste un sac à dos pour ranger les mots, juste un baluchon pour ranger les sons / Un p’tit sac de rien du tout / Pour ranger mon doudou » ; l’automne qui s’en vient, l’été qui en conséquence s’en va ; les quatre bougies plantées sur le gâteau… Tantôt impliquées, souvent observatrices, nos deux chanteuses reporters chroniquent en ce journal sonore, cette rondelle si douce, si belle quand on explore son dedans, qu’on y plonge sans retenue. On peut ne connaître l’annecienne Sophie Martin-Hautinguiraut que par son versant adulte, répertoire pour nettement plus grands. Version crèche, soyez assuré que c’est tout aussi bien.

Sophie Martin-Hautinguiraut,  Isabelle Noël Les Petites poucettes, 2010, autoproduit. Le site de Sophie Martin-Hautinguiraut

5 mars 2010. Étiquettes : . Chanson sur Rhône-Alpes, Lancer de disque, Pour les mômes. 1 commentaire.

Jofroi ? entre tous chaleureux !

Il est, selon le lieu ou les circonstances, chanteur pour enfants. Ou pour adultes. Ou la cheville ouvrière du formidable creuset qu’est Barjac, ce festival chanson sans équivalence, place forte, épicentre de ce qu’on nomme la chanson d’auteurs. C’est Jofroi, un du plat pays qui est le sien, descendu un beau jour en direction du soleil et qui s’y est fixé. Ça fait plus de trente ans que, dans ses Ardennes belges d’alors, il créait ses premières chansons. Plus d’une vingtaine de disques sont nés depuis. Pour les mômes ou pour plus tard, pour la constante émotion, pour cette voix forte et belle mâtinée de cet accent qui signe les origines. Sans tambours ni trompettes, ses galettes nous arrivent avec ponctualité, presque comme une horloge suisse, cherchent parfois mais toujours trouvent des oreilles attentives où se nicher, pour les chatouiller de doux refrains. Aujourd’hui, c’est l’artiste pour enfants qui nous concerne, à l’occasion de la sortie du deuxième volume de ses « plus belles chansons ». Comment apparaît-il d’ailleurs à nos gosses, Jofroi ? Comme un géant des Flandres, gaillard costaud aux bottes de sept lieues ? Il est Marchand d’histoires, comme il le chante : « Offrez-vous de la légende / Un frisson d’air à minuit / Très vite on en redemande / Vous verrez c’est garanti ». Cette compile est comme judicieux survol de pas mal d’albums, de Marchand d’histoires (1997) au petit dernier, Bienvenue sur la terre (2009), quatre chefs Télérama et Cœur Chorus ce qui n’est pas rien. Il est des artistes qui sont évidence, tant qu’on n’en parle même pas, cause à la possible redondance. Parlons néanmoins de Jofroi, conseillons-le dans les achats intelligents, de ceux qui ravissent les enfants. Et comblent tout autant les parents que nous sommes.

Jofroi, Les plus belles chansons de Jofroi pour les enfants, 2010, DJP. Le site de Jofroi

8 février 2010. Étiquettes : . Pour les mômes. Laisser un commentaire.

L’eau, la Terre et Michèle Bernard

Bien sûr qu’une rondelle laser ne peut seule sauver cette planète malmenée qui est la nôtre. Reste que toute initiative allant dans le sens du respect de l’environnement doit être saluée comme il se doit. Et relayée, surtout si à l’utilité publique elle allie le plaisir, le vrai…

D’abord réticente, de peur d’être étiquetée « chanteuse pour enfants », Michèle Bernard s’est piquée au vif du travail avec et pour les enfants. Souvent sollicitée par les milieux scolaires et associatifs, elle a pris ces invitations comme étant une chance, une bonne nouvelle, comme « si, tout d’un coup, le public s’ouvrait », comme aussi « l’idée d’une chanson qui relie les individus et les générations ». Un premier disque « pour enfants » est né en 2003, dans la collection « Poèmes & Chansons » d’EPM, avec plein de jolis textes, de Cadou et de Richepin, de Desnos et de Gougaud, de Carême, Jammes, Poslaniec et quelques autres de même tonneau. On connaît moins le livre-cédé Chansons en papillotes, huit titres d’un travail partagé entre artistes de la Loire (parmi lesquels Michèle Bernard, Christopher Murray, Pascal Descamps, Gil Chovet et Yves Matrat) et conseillers pédagogiques en éducation musicale de ce département : non seulement une bien belle réalisation mais aussi, pour les fans, un précieux collector. En voici un autre, cette fois-ci fruit d’un atelier d’écriture qui a vu la rencontre entre Michèle Bernard et des enfants de Givors, dans le Rhône, entre Lyon et Saint-Étienne. Le fil conducteur serait plutôt ru. Un filet d’eau que Monsieur-Je-m’en-fous se plaît à entretenir, robinets grands ouverts, pour le joli son qui plaît à son canari. Un ru, un filet qui peut démesurément grossir en un récit fleuve et se faire tsunami, tout engloutir, les corps et les cris. Qui sait être mer réunissant autant qu’elle sépare deux cultures baignées de Méditerranée. Mer charriant à l’occasion ses boat-people… Qui peut être goutte pendant au nez, pluie ou larmes… Des histoires d’eau co-crées par des gosses, avec le renfort en fin de disque de Jules Supervielle et d’Arthur Rimbaud, beaux tutorats. Un petit bijou en soi, aux textes soignés, aux musiques entêtantes, qui peut être support d’autres initiatives scolaires, de projets de centres de loisirs… Car la goutte d’eau peut devenir histoire-fleuve et une rondelle laser effectivement faire son bonhomme et bonheur de chemin…

Poésies pour les enfants chantées par Michèle Bernard, Poètes & Chansons, 2003, EPM.

Chansons en papillotes, 2007, Éditions musicales Lugdivine, tél.04.37.41.10.40 ; ed.lugdivine@wanadoo.fr

Michèle Bernard, Monsieur je m’en fous, 2008, Enfance et Musique/Harmonia Mundi.

Autre cédé des éditions Lugdivine, en soi estimable, dans une même veine verte : Le Secret d’Ekholo, conte musical pop-rock écolo, écrit, composé et réalisé par Bertrand de Saint-Germain, dont l’intrigue tient en cet argument : « Voici l’incroyable aventure vécue par Kooki, sage lapin en peluche, entraîné par une coalition d’animaux déjantés, à la découverte de la terre et du grand secret d’Ekholo : un secret qui pourrait sauver la terre de la pollution ». Sympa et dynamique.

10 janvier 2010. Étiquettes : , , , , , . Chanson sur Rhône-Alpes, Lancer de disque, Pour les mômes. Laisser un commentaire.

Sanseverino fait du jazz à la récré

L’entrée des éditions Éveil & Découvertes dans le milieu discographique de la chanson enfantine est à saluer. Je vous ai présenté ici-même les jolies galettes pour mômes de Dan Ar Braz et des Weepers Circus. On poursuit la série avec certes des artistes moins connus mais, vous pouvez m’en croire, tout aussi bons. En l’occurrence Marc Berthoumieux et Ludovic Beier, deux accordéonneux que le jazz titille. Le principe est identique aux précédents disques : on rassemble nombre d’incontournables de la chanson de cours d’école, des grands classiques, tellement évidents même qu’on ne pense jamais à les reprendre. C’est La Mère Michel, Une souris verte, Auprès de ma blonde ou encore Alouette et Colchiques dans les prés. Ces titres donc et un présupposé musical. Ici le jazz déroulé par deux accordéons. On sait, depuis au moins Marcel Azzola, que cet instrument se marie bien au jazz : mieux, il s’époumone de vraie tendresse. Histoire de, pour la communication autant que pour le plaisir, on y adjoint une vedette de la chanson : c’est Sanseverino la tête de gondole, le produit d’appel, qui officie par deux titres chantés, l’un créé de toutes pièces, Les P’tits boutons, l’autre chopé à la tradition, Il était un petit homme. Et c’est du bon. Ceci dit, on n’oubliera (surtout) pas que d’autres chansons sont interprétées par Mélanie Dahan et par Siân Pottock et que tout ici mérite considération tant ce disque est, encore, une pleine et entière réussite. Les chansons comme les instrumentaux : oh, cette Marche turque aux chromatiques… Ayant largement passé l’âge des Playmobil, je ne sais s’il est préférable d’être gosse au jour d’aujourd’hui. Mais il est sûr que de leur proposer de tels disques est une bien belle considération qu’on leur porte. Et, sans plus de nostalgie que ça, un plaisir pour les parents. Tant que ma platine en redemande.

Marc Berthoumieux et Ludovic Beier, Jazz accordéons à la récré, Collection Trois p’tits chats, Éveil & découvertes/EPM 2009

29 décembre 2009. Étiquettes : , . Lancer de disque, Pour les mômes. Laisser un commentaire.

Les Weepers sonnent l’heure de la récré

Ça doit être tendance, le temps d’un cédé, d’offrir son art aux mômes, un peu comme un dû à sa propre enfance, donner aux tout petits ce qu’on n’a peut-être pas eu nous mêmes. Après entre autres les Ogres de Barback (coutumiers du fait) et Dan ar Braz… voici nos alsaciens des Weepers Circus. Si Dan ar Braz fait sonner celte et folk ses reprises de chansons enfantines, les Weepers y trouvent un indiscutable son à dominante rock qui leur va si bien et alimente leur commerce. Avec un répertoire puisé lui-aussi dans les cours d’écoles, tant que ça s’appelle A la récré. Les Weepers aiment bien inviter en temps normal sur leurs disques des tas des gens. Là, ils ne s’en privent pas. Ainsi Didier Lockwood y secoue l’archet sur Trois p’tits chats : c’est pour le moins dansant, virevoltant ! Roger Siffer y offre tant une de ses chansons que sa voix. Olivia Ruiz, qui a son rond de serviette chez les Weeepers, y chante, en VO, Petites boîtes, célébrées chez nous par Graeme Allwright. Juliette, la divine et diva, héliconne Boby Lapointe comme pas deux, et c’en est d’un drôle ! Y’a pas qu’eux : citons Caroline Loeb, Christine Ott, Isabelle Lux, Sabrina Rauch, Frédérique Bel, Agnès Bonfillon, Emma Daumas… Chacun, chacune y apportant sa touche, son timbre qu’oblitère la musique des Weepers qui sait aussi se faire folk ou rockabilly.
Des chansons du répertoire certes (Lundi matin, Au clair de la lune…) mais aussi de pures créations weepériennes qui méritent tout autant leur entrée dans les écoles. Comme Mes p’tits indiens, qui secoue sa squaw et vaut son pesant de scalps.
Reste que l’invité principal est le dessinateur Tomi Ungerer. Pas directement mais les Weepers ont eu son accord pour puiser dans ses (innombrables) réserves de dessins et en tirer les images qu’ils voulaient. De la poule ou de l’œuf, des chansons ou de ces images, qui a influé sur qui, on ne sait, toujours est il qu’il y a osmose entre les deux. Car, j’allais presque oublier de le dire, ce disque est un bouquin, un beau livre comme on dit, un album d’images avec les textes des chansons et, bien sûr, le cédé qui va avec. Si vraiment vous êtes en panne d’imagination pour le proche Noël, il n’y a guère mieux sur le marché des cadeaux,des vrais de chez vrai.

Weepers Circus, A la récré, livre-cd, 2009, Éditions Éveil & découvertes, EPM.

3 décembre 2009. Étiquettes : , , . Lancer de disque, Pour les mômes. Laisser un commentaire.

Ces Ogres qu’aiment nos enfants…

Vendu à plus de 70 000 exemplaires, il y a de grandes chances que vous possédiez La pittoresque histoire de Pitt Ocha des Ogres de Barback, remarquable livre-disque sorti en 2003, leur première incursion dans le monde des enfants. Voici la suite, qui en précède une autre encore, cause à ce que Pitt Ocha a beaucoup voyagé et rapporté à chaque fois des tas de sons… Car notre jeune héros s’est résolu d’apprendre des autres, de découvrir comment vivent, chantent et rient ses copains du monde, quelles sont leurs préoccupations aussi : « Je m’invite chez toi / Je ne viens pas au hasard / On ne se connaît pas / Racontes-moi ton histoire ». Au gré de sa fantaisie, de sa curiosité aussi, Pitt Ocha s’en va au Rwanda, au Mali, en Slovaquie, en Birmanie, en Arménie et en Mongolie, dans quelques coins de France également, autant d’étapes réelles où les Ogres de Barback ont mis en boîtes chaque fois des bouts de chansons ou de musiques. Ce disque est à l’exacte dimension de nos Ogres : gourmand et partageur. Plaisir d’offrir et joie de recevoir… Parce que les Ogres aiment la compagnie des autres, on y trouve plein d’artistes aux côtés des enfants de l’école de Payzac, de ceux du CM2 de Passavant-la-Rochère ou de l’orphelinat d’Oulan-Bator, de femmes rwandaises, de leurs propres ogrillons même : Gabriel Yacoub, Les Cow-boy fringants, Polo, Tiken Jah Fakoly, de musiciens trad’ et bien d’autres encore. Disque humaniste, ludique et pédagogique (et ne laissant pas sa langue dans sa poche quand il s’agit, par exemple, de chanter le désengagement de notre président face à l’école), fort d’un gros livret et d’un conte joliment illustrés, ce nouvel opus des Ogres trouvera sans mal sa place dans le mange-disques de vos gosses, sur votre platine aussi.

 

Alice, Mathilde, Sam et Fred, les quatre frangines et frangins des Ogres de Barback (photo P. Wetzel)

Parce que les Ogres vont toujours au bout de ce qu’ils mènent, une association est née de ce projet, Pitt Ocha, pour un monde de sons !, avec pour vocation de « soutenir des projets autour de la musique dans les endroits où l’accès même à la musique est très difficile » en France comme ailleurs. En achetant ce disque, vous y contribuez. Les Ogres de Barback, Pitt Ocha au pays des mille couleurs, 2009, Irfan.

 

27 novembre 2009. Étiquettes : , . Lancer de disque, Pour les mômes. Laisser un commentaire.

Dan Ar Braz tout en comptines…

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Dan Ar Braz, l'un des grands noms de la musique celte

De l’art d’être grand-père sans doute… Voici qu’à son tour Dan Ar Braz se fend d’une galette de chansons enfantines. Et, quitte à faire, les plus célèbres, le b.a.ba presque, le plus petit commun dénominateur des crèches et cours d’écoles, si connues qu’il vient rarement à l’esprit de les enregistrer. Ceci dit, c’est du Dan Ar Braz, celte et poivre donc, avec la magie que ce talentueux artiste est capable d’insuffler à la moindre ritournelle. Jean Petit qui danse, A la claire fontaine, Gentil coquelicot, Il était un petit homme, Le Chant du meunier… en tout quatorze titres arrangés par Dan Ar Braz. Et chantés d’abord et avant tout par la superbe et douce voix de… Clarisse Lavanant (qui vient par ailleurs de terminer l’enregistrement d’un album composé des plus belles chansons du barde Glenmor). Puisque j’en suis au générique, citons encore Patrick Péron aux programmations et Ronan Le Bars aux flûtes et uillean pipe. Vous dirai-je que c’est un petit bijou que vous crieriez au légitime pléonasme. Si vous êtes adulte, çà s’écoute pour la beauté de la musique et de la voix de Clarisse, pour ce que ça tire aussi de nos lointains souvenirs. Pour les (petits) enfants c’est autre histoire encore, en prise directe avec le temps présent. Rappelons que Dan Ar Bras,natif de Kemper (vu mon nom, ça me fait toujours plaisir de le dire), fut, avec Gabriel Yacoub, aux côtés d’Alan Stivell lors du fameux Olympia de 1972. Après un crochet par Fairport Convention, il s’engage ensuite dans une longue carrière solo. Il crée en 1993 L’Héritage des Celtes. Son nouvel opus devrait sortir au printemps.

Dan Ar Braz, Comptines celtiques et d’ailleurs, 2009, Éditions Éveil et Découvertes.

16 novembre 2009. Étiquettes : , . Lancer de disque, Pour les mômes. Laisser un commentaire.

Fonfrède et Becker se frottent au jazz

Fonfrède.Becker070Comme Henri Dès ou Anne Sylvestre, comme Steve Waring aussi, on a l’impression qu’ils ont toujours été là, à ravir nos gamins, les amuser, les étonner, comme ils nous ont comblé précédemment. Eux ce sont Fonfrède et Becker, deux piliers de cet art délicat qui est d’accompagner l’enfance, de l’enchanter plus encore sans une once de niaiseries, sans la vulgarité de la médiocrité. Avec, au contraire, l’enviable plus-value du talent. C’est dire si ceux-là sont pile dedans, swinguant les mots et les histoires qu’ils tricotent avec comme pas deux. Car Claude (Fonfrède) et Dominique (Becker) font présentement dans le jazz, en un Jazzy mix aussi délicat que détonnant, dans la lignée d’un Jazzy mômes d’il y a quelques temps déjà. Avec qui plus est un personnel musical de premier plan, de quoi préparer l’oreille de nos mômes à recevoir la crème du jazz, à s’ouvrir ainsi sur une musique autre que celles dont on leur bourre facilement le crâne. Textes solides signés par un Fonfrède rompu à ce genre d’exercice, sujets sympas qui vous parlent d’une sorcière, de souris prêtent à aller danser (attention au chat !), de la peur du loup, des peurs en général, des mots sur les livres et de bien d’autres choses encore. Ça doit pouvoir s’écouter dès cinq ou six ans, peut-être avant. Et sûrement longtemps, très longtemps après…

12 novembre 2009. Étiquettes : . Lancer de disque, Pour les mômes. 4 commentaires.

Le beau voyage de Bondi

affiche

Carlo Bondi (au premier plan) et Xavier Michel (photo Thomas Duval et Ricardo Martinez)

Après deux jolis albums autoproduits (A deux pas de l’eau et Immagini offerte) alors partagés avec Valérie Gonzalès et Françoise Basset, (après aussi Chansons pour filles et garçons sorties des boîtes en carton, prix Mino 2008 des Talents Adami Jeune public), les stéphanois Carlo Bondi et Xavier Michel nous reviennent avec Le Voyage de l’autre, dernière partie de triptyque méditerranéen de Carlo Bondi, cette fois-ci sur un label d’importance (Victorie music) que leur art appelait à l’évidence. Bondi et Michel, l’un parolier (et auteur et acteur) l’autre compositeur, tous deux chanteurs, travaillent beaucoup en direction du jeune public. A les observer, on croirait qu’ils retrouvent ainsi leur enfance, avec les relents musicaux qui l’accompagnent : ça a parfois la délicieuse odeur,un tantinet surannée, non des madeleines mais de la variété d’alors. Cette fois-ci nous sommes à Cianciana, petit village sicilien sur bord de mer. Par le truchement d’un ange bienveillant, c’est le point de départ d’un voyage riche d’anecdotes, de couleurs, de chansons et d’odeurs. Et d’éléments : la mer, l’eau, l’écume, la chaleur, la lune, le soleil… Et la terre qui « est bleue / d’un bleu de Klein / c’est Gagarine / qui me l’a dit »… Il y a toujours eu en Bondi cette nostalgie – un pays, une époque – qui ouvre grande la porte à l’imagination, au rêve, à la découverte. Chacun de ses opus est comme restitution pour un partage sans pareil. Ce qui vaut en spectacle vaut sur disque : celui-ci s’écoute sans fin, avec réel appétit.

11 novembre 2009. Étiquettes : , . Chanson sur Rhône-Alpes, Lancer de disque, Pour les mômes. 2 commentaires.

Fawzy Al-Aiedy, le bel hymen

Fawzy Al-Aiedy(2)066Pas besoin d’être bilingue, né des deux côtés de la Méditerranée, pour aimer cette galette, ses ingrédients, sa délicate cuisson… Il est des disques qui, rien que de savoir qu’ils existent, vous secouent les papilles gustatives et auditives. Pique la baleine, Tri Martelod, Brave capitaine… voici à la fois des chansons françaises puisées dans la tradition et leur miroir d’Arabie. Lui, c’est Fawzy Al-Aiedy, chanteur d’importance, joueur de oud et de hautbois, « né en Irak entre deux pluies ». Il vit à Paris depuis un quart de siècle. Elle, c’est la lyonnaise Évelyne Girardon, grande dame, grande voix s’il en est du répertoire traditionnel. On se souvient d’elle dans La Bamboche, Beau temps sur la province et pas mal d’autres formations. D’un côté ces chansons traditionnelles, donc ; de l’autre, en miroir, en regards, en presque noces, leur (re)création inspirée tant par la musique traditionnelle d’Orient que par l’univers artistique de Fawzy Al-Aiedy. An-dro et derbouka, bourrée, oud et bendir, mi folk mi Maghreb, sacrément envoûtant, joliment dansant… Fawzy Al-Aiedy(1)065Ce mariage est tant un beau et pertinent projet (le spectacle musical d’origine fut créé au Festi’Val de Marne en 2006) qu’une superbe réalisation. Il porte en son cœur, en son esprit, l’espoir de mutuellement se comprendre et est, à ce titre, œuvre de franche utilité publique. Sauf, bien sûr, si demain un gouvernement aux couleurs du chagrin, en mal d’électorat, nous explique, suite au si urgent débat sensé tous nous agiter, que la fameuse identité française ne peut s’accorder avec de tels mariages, que notre précieux patrimoine ne saurait en aucun cas se frotter à la richesse du monde…
Fawzy Al-Aiedy, Noces–Bayna, 2009 Victorie-Music

2 novembre 2009. Étiquettes : , . Lancer de disque, Pour les mômes. 1 commentaire.

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