Rencontre à Genève, lors du Salon du livre

A nouveau sur la route. Cette fois à Genève, chez nos amis helvètes, à l’occasion du Salon du livre et de la presse. Où je participe ce dimanche à un débat sur « Les mots des chanteurs romands » avec, réunis autour du micro, une belle brochette de chanteurs du cru : Zedrus et Denys Surdez, père et fils chanteurs et poètes, Thierry Romanens et Blandine Robin. Et Michel Kemper, votre serviteur l’enchanteur, qui y dédicacera tant Mes nuits critiques que Les Vies liées de Lavilliers. Débat animé par Pascal Schouwey.

Ce débat aura lieu dimanche de 15 h 30 à 17 h sur le stand de la scène du Cercle i1145 (le Cercle est facile à repérer, c’est le stand avec les immenses rideaux rouges, la scène est juste derrière, devant le Café Livresse).

J’ai souvent consacré des lignes à Thierry Romanens (notre photo), comme celles-ci : « Thierry Romanens, suisse encore inédit en France, est à Sarclo ce que Dupont est à Dupond. Avec un look à la Tintin. Lumineux ! Il nous vient du pays des banques, fait le mariole, pas le branque. Il est direct, franc, jovial, gueule de Tintin picaresque et pittoresque : Heureux comme un cochon dans la fange / Je ne suis qu’un rieur aux anges. Ravis, en tous cas, de faire connaissance avec un petit suisse de la chanson, qui partage avec l’autre helvète qu’est Sarclo un goût consommé de l’impertinence, du caustique, de l’humour radical, que contrecarre une poésie urgente, qui se fout pas mal des rimes. » (suite ici)

Nous reviendrons sur Zédrus, cette semaine, à l’occasion de la sortie de son nouvel album, Dans la différence générale.

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24 avril 2012. Étiquettes : , , , , , . Festivals, Les événements. 1 commentaire.

Aron’C, bonne graine de chanson rock

C’est tout rock, tout nerveux. Mais c’est chanson et c’est tout en français. Ils sont deux, Aron, et Tom, tous deux d’Aix-en-Provence, tous deux auteurs-compositeurs. Seul Aron chante, en une voix prenante et tragique, artificielle mais profonde, où on retrouve tant Bertrand Cantat que Mano Solo, Da Silva que pas mal d’autres timbres singuliers de la scène rock. Quitte à prendre le micro, Aron se met en voix une chanson en prise avec le monde d’aujourd’hui, inquiète des maux du monde. Je ne sais ce qu’Aron’c suggérera aux rédacteurs des Inrocks. A ceux de NosEnchanteurs, ils seront l’une des (très belles) preuves qu’on peut faire vivre un rock intelligent dans la langue de Voltaire et de Camus.
Du contenant au contenu, ce deuxième album (le premier remonte à il y a quatre ans) est réalisé avec le même grand soin et pose les jalons d’une enviable carrière à venir. De la bonne graine donc, quoi qu’ils puissent en dire, dont on ne séparera pas la douce ivresse d’une musique plaisante, nourrie pour le coup d’une bonne dizaine d’autres musiciens et choristes. La formule scénique à venir sera forcément plus modeste puisqu’en duo, mais pas pour autant en acoustique.

Aron’C Mauvaise graine, 2011, le myspace d’Aron’C, c’est ici. (ce billet a été précédemment publié dans Le Petit format)

24 avril 2012. Étiquettes : . Lancer de disque. 1 commentaire.

Jeancristophe, rose bonbons

On tiendra pour acquis l’admiration de Jeancristophe envers Gainsbourg : ce disque le respire en ses sillons. On pourra convoquer d’autres noms aussi, tel Katerine bien sûr, mais en nettement mieux. Comment le dire ? Ce disque (le second de Jeancristophe, quatre ans après L comme lui qui, déjà, donnait le ton), rose & pop, est tant une totale réussite qu’un acte courageux, mise à nu sans string et sans fard, pas même ce rose à lèvre dont il se badigeonne sur la pochette. C’est un regard sur lui, sur qui il est, ou qui elle est, le boy addict (« Je n’ai qu’une obsession / C’est les garçons »), sur ses passions (« D’amants aussi j’attends l’incendie »), ses phantasmes (« Envoyez-moi la Garde suisse »), ses douleurs, son mal-être, carnet intime joliment calligraphié, d’une patte sensible et habile. C’est un disque d’amour, d’envie d’amour, fait d’amitiés particulières, sans l’ombre d’une femme si ce n’est maman. C’est la vie en rose, avec les épines qui vont avec. Où l’enfer est dans l’enfermement. Propos souvent graves mais ton presque badin, dansant, coloré pop des années quatre-vingt, parfois baraque foraine qui tourne manège, qu’on imagine tant sur sa platine qu’en boîte de nuit.

Jeancristophe, Ma vie en rose, 2011, autoproduit. Le site de Jeancristophe, c’est ici. www.mavieenrose.biz (ce billet a été précédemment publié dans les colonnes du Petit format du Centre de la Chanson).

23 avril 2012. Étiquettes : . Lancer de disque. Laisser un commentaire.

Lettre de Philippe Torreton à Jean Ferrat

Jean,

J’aimerais te laisser tranquille, au repos dans cette terre choisie. J’aurais aimé que ta voix chaude ne serve maintenant qu’à faire éclore les jeunes pousses plus tôt au printemps, la preuve, j’étais à Antraigues il n’y a pas si longtemps et je n’ai pas souhaité faire le pèlerinage. Le repos c’est sacré !
Pardon te t’emmerder, mais l’heure est grave, Jean. Je ne sais pas si là où tu es tu ne reçois que le Figaro comme dans les hôtels qui ne connaissent pas le débat d’idées, je ne sais pas si tu vois tout, de là haut, ou si tu n’as que les titres d’une presse vendue aux argentiers proche du pouvoir pour te tenir au parfum, mais l’heure est grave !
Jean, écoute-moi, écoute-nous, écoute cette France que tu as si bien chantée, écoute-la craquer, écoute la gémir, cette France qui travaille dur et rentre crevée le soir, celle qui paye et répare sans cesse les erreurs des puissants par son sang et ses petites économies, celle qui meurt au travail, qui s’abîme les poumons, celle qui se blesse, qui subit les méthodes de management, celle qui s’immole devant ses collègues de bureau, celle qui se shoote aux psychotropes, celle à qui on demande sans cesse de faire des efforts alors que ses nerfs sont déjà élimés comme une maigre ficelle, celle qui se fait virer à coups de charters, celle que l’on traque comme d’autres en d’autres temps que tu as chantés, celle qu’on fait circuler à coups de circulaires, celle de ces étudiants affamés ou prostitués, celle de ceux-là qui savent déjà que le meilleur n’est pas pour eux, celle à qui on demande plusieurs fois par jour ses papiers, celle de ces vieux pauvres alors que leurs corps témoignent encore du labeur, celles de ces réfugiés dans leurs propre pays qui vivent dehors et à qui l’on demande par grand froid de ne pas sortir de chez eux, de cette France qui a mal aux dents, qui se réinvente le scorbut et la rougeole, cette France de bigleux trop pauvres pour changer de lunettes, cette France qui pleure quand le ticket de métro augmente, celle qui par manque de superflu arrête l’essentiel…
Jean, rechante quelque chose je t’en prie, toi, qui en voulais à D’Ormesson de déclarer, déjà dans le Figaro, qu’un air de liberté flottait sur Saïgon, entends-tu dans cette campagne mugir ce sinistre Guéant qui ose déclarer que toutes les civilisations ne se valent pas? Qui pourrait le chanter maintenant ? Pas le rock français qui s’est vendu à la Première dame de France. Ecris-nous quelque chose à la gloire de Serge Letchimy qui a osé dire devant le peuple français à quelle famille de pensée appartenait Guéant et tous ceux qui le soutiennent !
Jean, l’huma ne se vend plus aux bouches des métros, c’est Bolloré qui a remporté le marché avec ses gratuits. Maintenant, pour avoir l’info juste, on fait comme les poilus de 14/18 qui ne croyaient plus la propagande, il faut remonter aux sources soi-même, il nous faut fouiller dans les blogs… Tu l’aurais chanté même chez Drucker cette presse insipide, ces journalistes fantoches qui se font mandater par l’Elysée pour avoir l’honneur de poser des questions préparées au Président, tu leurs aurais trouvé des rimes sévères et grivoises avec vendu…
Jean, l’argent est sale, toujours, tu le sais, il est taché entre autre du sang de ces ingénieurs français. Lajustice avance péniblement grâce au courage de quelques-uns, et l’on ose donner des leçons de civilisation au monde…
Jean, l’Allemagne n’est plus qu’à un euro de l’heure du STO, et le chômeur est visé, insulté, soupçonné. La Hongrie retourne en arrière ses voiles noires gonflées par l’haleine fétide des renvois populistes de cette droite « décomplexée ».
Jean, les montagnes saignent, son or blanc dégouline en torrents de boue, l’homme meurt de sa fiente carbonée et irradiée, le poulet n’est plus aux hormones mais aux antibiotiques et nourri au maïs transgénique. Et les écologistes n’en finissent tellement pas de ne pas savoir faire de la politique. Le paysan est mort et ce n’est pas les numéros de cirque du Salon de l’Agriculture qui vont nous prouver le contraire.
Les cowboys aussi faisaient tourner les derniers indiens dans les cirques. Le paysan est un employé de maison chargé de refaire les jardins de l’industrie agroalimentaire. On lui dit de couper il coupe, on lui dit de tuer son cheptel il le tue, on lui dit de s’endetter il s’endette, on lui dit de pulvériser il pulvérise, on lui dit de voter à droite il vote à droite… Finies les jacqueries !
Jean, la Commune n’en finit pas de se faire massacrer chaque jour qui passe. Quand chanterons-nous « le Temps des Cerises » ? Elle voulait le peuple instruit, ici et maintenant on le veut soumis, corvéable, vilipendé quand il perd son emploi, bafoué quand il veut prendre sa retraite, carencé quand il tombe malade… Ici on massacre l’Ecole laïque, on lui préfère le curé, on cherche l’excellence comme on chercherait des pépites de hasards, on traque la délinquance dès la petite enfance mais on se moque du savoir et de la culture partagés…
Jean, je te quitte, pardon de t’avoir dérangé, mais mon pays se perd et comme toi j’aime cette France, je l’aime ruisselante de rage et de fatigue, j’aime sa voix rauque de trop de luttes, je l’aime intransigeante, exigeante, je l’aime quand elle prend la rue ou les armes, quand elle se rend compte de son exploitation, quand elle sent la vérité comme on sent la sueur, quand elle passe les Pyrénées pour soutenir son frère ibérique, quand elle donne d’elle même pour le plus pauvre qu’elle, quand elle s’appelle en 54 par temps d’hiver, ou en 40 à l’approche de l’été. Je l’aime quand elle devient universelle, quand elle bouge avant tout le monde sans savoir si les autres suivront, quand elle ne se compare qu’à elle-même et puise sa morale et ses valeurs dans le sacrifice de ses morts…

Jean, je voudrais tellement t’annoncer de bonnes nouvelles au mois de mai…
Je t’embrasse.

Philippe Torreton

Les commentaires en bas d’un article ne sont pas, au moins sur NosEnchanteurs, une carte blanche, une tribune libre pour des propos dignes de l’UMP ou du FN. Y’a d’autres sites pour ça, on ne souille pas celui-là. D’autre part, l’usage des pseudos n’est pas ici la pratique : on commente à visage découvert, on a le courage de ses dires. Merci. Le responsable du blog, Michel Kemper.

22 avril 2012. Étiquettes : , . Merci Collègues !. 109 commentaires.

Jur nous fait son cirque, juré !

Jur (Photo DDM, N. D.)

par Claude Fèvre

A vrai dire, je ne sais pas exactement ce que j’ai vu, entendu jeudi soir au Bijou… Il se pourrait bien que cet article soit sans queue ni tête, comme le spectacle dont il voudrait rendre compte. En scène, Jur Domingo au chant (mais pas seulement !) et trois musiciens m’ont embarquée dans un univers proprement délirant : un batteur, un guitariste, harmoniciste qui soudainement resté seul en scène (ses comparses sont assis dans la rangée centrale) se mettra à claquer des dents en roulant des yeux comme des billes pour finir dans un numéro de claquettes dentaires… si, si ! Enfin un étonnant pianiste qui se fera guitariste et accordéoniste mais si déroutant et hilarant dans son duo d’acrobates ou de jonglerie (un bois de cerf !) avec Jur.
Ces artistes-là viennent du cirque c’est une évidence confirmée par leur biographie. Artistes de la Cridacompany, compagnie franco-catalane créée à Toulouse en 2006.
Mais Jur  chante  –  en français et en catalan. Sa voix s’envole dans les sphères de l’opéra, flirte avec le  jazz, crie, murmure et son corps accompagne bizarrement les notes du piano ou le rythme de la batterie. On ne voit que ses longs bras, que son buste et ses jambes maigres soulignés par une robe toute droite, sans grâce,  retombant sur ses bottines lacées. Philippe Pagès écrit avec justesse dans son programme qu’« elle fait penser à Olive, la compagne de Popeye qui danserait chez les shadocks : il faut chercher la tendresse dans les angles droits. »
Et pour autant cette fille est belle, son visage évoque celui de Lou Doillon. Elle est franchement belle pendue au micro comme à une bouée de sauvetage. Elle est surtout capable de toutes les audaces dans sa gestuelle. Je vais être franche, sans doute en raison de son accent, je n’ai pas bien compris les paroles des chansons en français. Je n’en suis que plus déroutée car l’émotion était palpable dans le public et moi qui suis si attachée au sens des mots, je la partageais. Je captais  ici ou là quelques phrases, elles faisaient mouche, comme dans ce refrain sur un slow langoureux : « je ne veux plus sauter dans ton fleuve contaminé… » Émotion que, quelques minutes plus tard, elle rompt avec cet aveu tout net qui clôt sa chanson : « Ça ne veut rien dire » et qui revient comme une vague un peu plus tard avec « Il était fou… il avait faim, de vous, de nous… »
Jur achève le concert enfouie sous les instruments après avoir annoncé « une dernière chanson… il y a un petit souci, elle n’a pas de fin mais on va la faire quand même. »
Alors, vous l’aurez compris, c’est insolite, onirique, étrange, surréaliste, dérangeant, c’est selon… mais quelle découverte qui n’aurait pas déplu à Jacques Prévert ! Cette fille chante à tue tête et cloche pied !

Le myspace de Jur, c’est ici. En concert au 3 Baudets le 2 juin en co-plateau avec Aldebert

22 avril 2012. Étiquettes : . Claude Fèvre, En scène. 1 commentaire.

La glotte de Lascault

Déconcertant et réjouissant. Toute une année, Lascault, cherchant « au fond de (lui) ce qui pouvait faire surface », est sorti de sa grotte pour nourrir sa glotte. Dès qu’une idée lui traversait l’esprit, il en tirait trois quatre vers, parfois plus. Et son esprit est souvent traversé d’idées. Au final ça se nomme Haïku pour la beauté du vocable, pour sa sonorité. Et comporte soixante titres ! Dans ce fatras de mots, foirefouille du verbe, il y a à boire et à manger : banales considérations, simples observations, parfois l’amorce de colères et d’indignations quand les expulsions ou les attaques contre les roms s’invitent… L’écoute, on le devine, est différente d’un autre disque, la notion de chanson plus abstraite, quoique. C’est autre chose, rôts de mots, ronds dans l’eau, fulgurances, incongruité fruitée, avec parfois des traits plus lumineux que d’autres. Selon, on sera irrité ou totalement séduit, suffit d’y entrer, parfois d’en sortir. Tel est Lascault qui, depuis une décennie, s’aventure en des expériences singulières, négligeant souvent son propre chemin d’écriture. Mais écriture il y a, aux sources même. Qu’un excellent quatuor de cordes (le Quatuor Atlas, en fait le même Lascault qui aime à se couper en quatre et musiquer ses mots !) vient surligner, en adoucir le rugueux, faire délicieux contrepoint.

Michel Lascault, Haïku, 2011, autoproduit. Le site de Lascault, c’est là. (Ce billet est une version augmentée d’une chronique parue dans les colonnes du Petit format du Centre de la Chanson).

21 avril 2012. Étiquettes : . Lancer de disque. 1 commentaire.

A François Morel le prix Alphonse-Allais

Parmi les récents billets de NosEnchanteurs, beaucoup de prix, de palmarès, tant il est vrai que ces récompenses, médailles et colifichets peuvent éclairer un artiste, au sens de le mettre en pleine lumière, parfois même nous le révéler.
Nul n’est besoin de révéler François Morel, les Deschiens s’en sont jadis chargé. Morel fait depuis feu de tout bois. Comme comédien, humoriste, chroniqueur… Comme chanteur même. Irrésistible en chaque rôle.
C’est pour l’ensemble de son œuvre que François Morel, actuellement en scène dans « Le Bourgeois gentilhomme » au Théâtre de la Porte Saint-Martin, vient d’être couronné par le Prix Alphonse-Allais. La récompense ni n’est un coupe ni une médaille, ni un gros chèque ni un baiser : c’est simplement la traditionnelle « comète de Allais » qu’il recevra le 9 mai prochain des mains de Bernard Pivot. Pour l’érudition de nos lecteurs, rappelons que le premier récipiendaire du prix Alphonse-Allais fut Eugène Ionesco et que cette Académie a pour objet de « promouvoir, d’encourager ou de développer, dans les pays francophones (et d’ailleurs), toutes formes d’expression culturelle, notamment littéraire, d’humour, dans l’esprit du grand écrivain »

Deux vidéos pour (r)éveiller vos sens. L’une consacrée au chanteur François Morel ; l’autre au chroniqueur de France-Inter, dans une séquence qui, à deux jours des élections, prend plus encore son sens.

20 avril 2012. Étiquettes : . Les événements, Prix. 2 commentaires.

Baisers du B’izou de Bruxelles

par Claude Fèvre

Il en faut bien de l’énergie, bien du talent, bien de l’obstination pour que vive le son, ici, là-bas, tout le temps… Pour que vive et se propage le son des émotions, le son des voix et des musiques qu’elles véhiculent avec ou sans instruments, pour que l’écho nous habite encore longtemps, longtemps après. Sûr qu’à cette heure les murs du café théâtre « Au B’Izou », à Bruxelles se souviennent des moments vécus le week-end dernier. J’y étais accueillie pour prolonger les liens entre notre association Festiv’Art, son festival ariégeois, mais aussi ses ateliers. Il va de soi que mon nom n’allait pas créer une émeute devant le 13 rue de la Promenade, à Anderlecht où Isabelle Poitrenaud et Jean Saeremans ont posé leurs valises de rêves : rêves de rencontres autour du texte et de la chanson.
Il leur en a fallu de l’audace à ces deux là pour s’installer dans un quartier au Sud-Ouest de Bruxelles, plutôt dédié aux industries (Coca Cola… mais aussi chocolats Léonidas) et au foot allié à la célèbre Gueuze !! Folie ? Sans doute, comme pour tous ceux qui prétendent jouer à Don Quichotte. Mais le résultat est là : une salle de 150 m2, une jauge de 80 spectateurs, une installation technique opérationnelle et de qualité (table 32 pistes) un plateau scénique de 24 m2, et un espace bar à côté, le tout équipé pour accueillir dans les meilleures conditions qui soient spectateurs et artistes. Et cerise sur le gâteau : l’ensemble est beau !
Maintenir ce lieu en vie tient de l’exploit, alors Jean et Isabelle (alias Iza Loris, auteur de chansons… tiens, quel hasard !) méritent bien qu’on parle d’eux.

(photos DR)

Sûr donc que l’atelier d’écriture sur le thème « Enfances », en prolongement de la dernière édition du Printemps des Poètes en France, n’allait pas faire foule et que cette fois-là, on ne refuserait pas des inscriptions comme pour ceux  récents, de Claude Lemesle ou Rémo Gary. Mais je peux m’enorgueillir d’avoir partagé avec plusieurs auteurs compositeurs des moments exceptionnels où ils offrirent des textes amples, libérés de la contrainte formelle de la chanson, des textes qui cognaient, caressaient, s’envolaient sur les ailes de leur imagination. Souvent les textes « chantaient » et je ne doute pas que certains finiront par rejoindre les strophes et les refrains d’une rengaine, d’une romance, d’une complainte à moins qu’ils n’atterrissent plutôt dans le flow d’un slam.
Cet atelier faisait suite à une soirée poésie et chanson. J’y avais convié Prévert et ensuite quatre amis s’étaient emparé de la petite scène pour nous faire partager leurs compositions. Ce concert s’est achevé sur un cadeau que m’offraient les voix alternées de deux amies, elles-mêmes auteurs de chansons. Il s’appelle « Nom de fée ». Je l’avais écrit (et oublié !) pour évoquer un sujet tabou, plutôt rare en chanson …L’émotion qu’il a suscitée me pousse à le partager pour que vive le son…et les échanges qu’il offre, ici et ailleurs.

Le site du B’izou, c’est ici et son myspace là.

20 avril 2012. Étiquettes : . Uncategorized. 3 commentaires.

Carrefour Chanson de Clermont-Ferrand : 20 ans déjà ! (2)

par Michel Trihoreau

Ces 14 et 15 avril, Claude Mercier et son équipe de l’ORACLE présentaient le vingtième Carrefour de la Chanson, à Clermont-Ferrand. Vingt années au cours desquelles furent présentés sur scène et récompensés des dizaines de chanteurs, chanteuses et groupes divers. Occasion aussi de voir, la veille, de nombreux artistes confirmés comme Georges Chelon, Le Quatuor, Enrico Macias, William Sheller et bien d’autres. Pour ce vingtième anniversaire, les organisateurs ont dû refuser des entrées, les réservations étaient au complet.

Épisode 2 : La résultante des forces dispersées

Elsa Gelly (photo d'archive Catherine Cour, Prémilhat 2011)

Ainsi, le lendemain, j’étais sur la défensive pour affronter les cinq participants concourant pour le Prix de la Ville de Clermont. Sournoisement agacé a priori sans rien en montrer, mais prêt à me défendre contre la moindre attaque, j’étais intérieurement blindé.
Évidemment, le métier reprend le dessus, je fais taire le démon qui se réveille parfois en moi pour donner priorité à l’innocence de mes sentiments et à un certain sens de l’objectivité ou de l’idée que je m’en fais. Les cinq concurrents étaient les vainqueurs des années précédentes, garantie donc d’une qualité professionnelle peu contestable. Le choix allait se faire essentiellement sur un ressenti du moment.
Henri Léon et les autres sont de bons musiciens, doués d’un sens de l’improvisation incontestable. Ils s’amusent sur scène, parfois de peu et nous amusent de même avec facilité… beaucoup de facilités. On aurait plaisir à les inviter pour les noces et banquets où ils remplaceraient avantageusement le beau-frère qui raconte la dernière blague sous la ceinture. Un bon moment donc si l’on n’est pas trop exigeant sur la subtilité de l’élégance poétique.
A l’inverse, Pascal Rinaldi est inspiré par les muses. Un bel univers musical et une jolie voix portent des textes raffinés, soigneusement cousus à la main, ou la gaudriole n’a pas droit de cité. Errant entre Nerval et Obispo, il assombrit la scène aux antipodes des pitreries des précédents  et l’on a l’impression d’avoir balisé ici et là les repères du vaste domaine de la chanson.
On se trompe. Marion Rouxin nous fait oublier le temps de Paul & Robin en mettant délibérément l’accent sur la forme. La dame se fait attendre : beaucoup de fils à brancher, la technique a ses exigences. Voix puissante, mise en scène sophistiquée, gestuelle ample, elle se fait star, la performance est là, les plumes aussi, il ne manque que TF1.
La rage a failli me reprendre lorsqu’elle demande au public de se lever pour participer à son show ! Mais je me calme et je reste assis ainsi que quelques récalcitrants.

Frédéric Bobin (photo DR)

En revanche, je me serais bien levé spontanément pour saluer une autre performance, là aussi, diamétralement opposée : Elsa Gelly, a capella, sans artifices, la pureté même de la voix et du geste, on ose à peine applaudir pour ne pas casser le charme. Les morceaux de chanson s’enchaînent comme un unique poème sur l’enfant, sur la vie, on reconnaît des passages d’Anne Sylvestre, d’Allain Leprest. Oui, c’est de l’interprétation, mais la création originale est dans la construction et surtout dans l’art de donner de l’émotion en profondeur.
Enfin, Frédéric Bobin ramasse le Grand Prix. Un peu comme s’il était la résultante de toutes les forces dispersées des autres. Bobin écrit sur la vie, sur son siècle, avec des mélodies qui marquent la mémoire et des mots joliment tournés, sans fioritures, mais avec un partage d’authenticité, de vécu qui touche le cœur et l’esprit. Ses chansons ne s’envolent pas aussitôt applaudies, elles restent dans la tête et s’inscrivent dans une longue histoire après les plus grands, après Tachan, Béranger, Leprest.
Alors, ne serait-ce que pour les sommets atteints par Elsa et Frédéric, le vingtième Carrefour  de Clermont-Ferrand fut une réussite. Les moments de bonheur, si forts, si rares, envoient les épines dans l’oubli.
Merci L’ORACLE, merci Claude Mercier, vingt ans de passion et  d’amour au service de la chanson ça vaut bien un coup de projecteur et une ovation debout !

19 avril 2012. Étiquettes : , , , , , . Festivals, Les événements, Prix. 8 commentaires.

Carrefour Chanson de Clermont-Ferrand : 20 ans déjà ! (1)

par Michel Trihoreau

Ces 14 et 15 avril, Claude Mercier et son équipe de l’ORACLE présentaient le vingtième Carrefour de la Chanson, à Clermont-Ferrand. Vingt années au cours desquelles furent présentés sur scène et récompensés des dizaines de chanteurs, chanteuses et groupes divers. Occasion aussi de voir, la veille, de nombreux artistes confirmés comme Georges Chelon, Le Quatuor, Enrico Macias, William Sheller et bien d’autres. Pour ce vingtième anniversaire, les organisateurs ont dû refuser des entrées, les réservations étaient au complet.

Épisode 1 : Les forbans aux gémonies

Jean Chocun, Jean-Louis Jossic, Jean-Paul Corbineau, nos 3 Jean de Nantes (photo © Eric Doll)

Je me réjouissais de revoir Tri Yann. C’était le spectacle d’ouverture, samedi. Les Trois Jean historiques (Chocun, -Louis Jossic et –Paul Corbineau) qui écument depuis quarante ans les scènes bretonnes de partout, accompagnés de leurs cinq autres complices, étaient bien à leur poste, armes en main, prêts à conquérir le public auvergnat une nouvelle fois.
Une mise en scène prometteuse évoque à la fois un navire pirate fantôme et la cour déglinguée d’un roi soleil anachronique, avec dentelles, chapeaux oniriques et chausses dans les baskets. Et l’équipage attaque pour le plus grand plaisir des fidèles anciens et des néophytes émerveillés.
Les Prisons de Nantes, Pelot d’Hennebont, Ye Jacobites, les meilleures pièces de l’arsenal sont dépêchées au public avec l’entrain et l’expérience de la jeunesse et de la durée conjuguées.
Bien sûr, les voix sont tellement mélangées aux instruments qu’on ne saisit pas bien le sens des paroles. Pas très grave pour La Jument de Michao, suffisamment répétitive pour qu’on s’y retrouve, mais c’est dommage pour Marie-Jeanne-Gabrielle, ce bijou de Louis Capart dont la mélodie se délaye dans la marée sénane et dont le texte se devine à peine dans le crachin.
J’étais néanmoins dans un bon jour, prêt à tout pardonner à ces forbans, avec une indulgence bienveillante qui devait beaucoup à mes souvenirs et pas mal à mon respect pour leur admirable longévité. Et puis tout a basculé.
Je ronronnais, emporté dans une espèce d’équipée magique, avec dans la tête des images de Bilal ou de l’Ankou troussant Bécassine ; peut-être aussi des parfums de galettes de sarrasin, de cidre ou d’hydromel ; ou  les saveurs de la bière Lancelot, je ne sais plus… Je suis brutalement revenu à la dure réalité avec un projecteur dans les yeux. L’objet partait du fond de la scène et, sans crier gare, m’envoyait dans les globes oculaires une quantité insupportable de watts. J’étais prêt à tout avouer : « Oui, l’Erika, c’était moi ! L’Amoco Cadiz et le Torrey Canyon aussi ! Pitié ! » Rien n’y fit, l’éclairagiste de la Gestapo, impitoyable, continuait à me détruire la rétine. Pire, à me gâcher définitivement le reste du spectacle.
Est-ce l’effet de la souffrance ? D’un coup, j’ai frôlé l’agacement dans les cabotinages du capitaine Jossic ; je me suis pris à penser  que le meilleur temps était celui de La Découverte ou l’Ignorance où la profondeur le l’océan me touchait encore.  J’ai continué à souffrir, avec par intermittence cette lumière insupportable dans les yeux, lié au mât, plus révolté que désespéré. Allez quitter un navire en plein océan ! Et pas de risque de mutinerie : autour de moi on s’accommodait des souffrances visuelles comme parfois on s’accommode des tortures auditives infligées par des sonorisateurs aussi sourds que fous.
La rage me rongeait tellement que j’ai voué aux gémonies tous les chanteurs qui font chier le public de toutes les façons possibles. (Pardon, dans ma colère j’ai laissé échapper un gros mot !)

(à suivre)

18 avril 2012. Étiquettes : , . Festivals. 3 commentaires.

Je Rigole sacré à « Vive la reprise » 2012 !

Je Rigole (photo Anne-Marie Panigada)

C’était hier mardi la finale du concours « Vive la reprise ! », 18e du nom, organisé par le centre de la Chanson, à Paris. Avec cette fois la mise à l’honneur (c’est en une !) du magnifique répertoire de Clarika. Bonne ambiance et salle blindée comme on dit, même les concurrents infructueux des sélections de la veille étaient présents dans les rangs serrés du public, c’est dire.
Le lauréat 2012 est sans conteste Je Rigole qui s’adjuge le Grand prix du Centre de la Chanson (succédant ainsi à Jérémie Bossone), le prix de l’Esprit Frappeur et le prix AMJA/Ville d’Angers ;
Emilie Marsh remporte le prix de l’Adami ainsi que le prix Edito-Musiques) ;
Evelyne Gallet truste le prix de la Sacem, le prix Edito-Musiques et le prix Ecoutez-Voir ;
Noah Lagoutte  s’adjuge le prix de l’Unac ;
Pour Emilie Cadiou le prix du public et celui de Chansons de parole ;
Cocofka gagne le prix ACP/La Manufacture chanson ;
Enfin, Bastien Lanza repart avec le prix A Thou bout d’Chant et le prix AMJA/Ville d’Angers.

Emilie Marsh (photo Anne-Marie Panigada)

Ce que valent ces prix :
Grand prix du Centre de la chanson (1.500 € en aide professionnelle),
Prix de l’ADAMI (2.000 €), Prix de la SACEM (1.500 €), Prix de l’UNAC (500 €),
Prix du public : programmation à La Scène du Canal
Chansons de parole : programmation au festival de Barjac
L’Esprit Frappeur : programmation à L’Esprit Frappeur / Lutry (Suisse)
Ecoutez Voir : programmation au festival « 1 chanson peut en cacher une autre » (Belgique)
ACP/La Manufacture chanson : programmation à l’Espace Christian-Dente (Paris)
Edito Musiques : programmation aux « Lundis de la chanson » au XXe Théâtre (Paris)
AMJA/Ville d’Angers : programmation au Théâtre d’Angers
A Thou Bout d’Chant : résidence à A Thou Bout d’Chant (Lyon)

18 avril 2012. Étiquettes : , , , , , , . Les événements, Prix. 5 commentaires.

Chanter en novlangue…

(photo DR)

Armons-nous de mauvaise foi et enfonçons le clou. Pourquoi les jeunes chanteurs et nouveaux groupes francophones s’expriment-ils majoritairement en anglais ? Un possible élément de réponse nous vient d’une circulaire du Ministère français de l’éducation nationale, adressée ces jours-ci (en pleine campagne électorale, où chacun fait ses cartons, c’est peut-être pas la période la plus judicieuse…) aux enseignants, qui, constatant que « la maîtrise de la langue française est en régression depuis vingt ans », vise à les accompagner dans leur pédagogie. On apprend ainsi que, dans le cadre d’une étude, il a été demandé à des élèves de faire une dictée d’une dizaine de lignes, pas plus. Dictée au résultat édifiant : en 1987, ils étaient 26% à faire plus de quinze fautes. En 2007, les écoliers étaient 46% dans ce cas. On s’imagine que 5 ans plus tard, la situation a encore empirée…
Quitte à écrire n’importe quoi, n’importe comment, à torpiller l’orthographe comme la conjugaison, à réduire le champ de sa pensée à mesure que recule la maîtrise de sa langue maternelle, autant donc le faire et le chanter dans cet espéranto industriel qu’est l’anglais. Un anglais alors rudimentaire, scolaire, qu’on rapprochera utilement de la novlangue chère à George Orwell. De toutes façons, l’insipide brouet qui en résultera ne servira qu’à accompagner la musique, pas forcément à alimenter de doctes traités linguistiques.
Ne pourrait-on pas développer, en milieu scolaire, des ateliers d’écriture pour tenter d’insuffler la magie du verbe en français ? C’est vrai qu’à force de réduire le train de vie de l’éducation nationale, il ne doit pas rester beaucoup de crédits pour ça… Élève Chatel, au piquet !

Sur le même sujet, on lira aussi « Je chante faux en français ».

18 avril 2012. Saines humeurs. 11 commentaires.

Lily Luca, la vie qui pointe

Lily Luca (photo Carole Reckinger)

Autant la voix que la façon de chanter de Lily Luca font volontairement gamine. Du reste, les petits dessins (entre Le Petit Nicolas et Le journal d’Henriette si vous avez une culture bédé…) sur le digipack et le livret la représentent dans l’enfance de son art. Si la tonalité appelle donc la naïveté dans la forme, les sujets abordés font nécessairement contraste et c’est là que réside l’intérêt de telles chansons. Le point de vue est à la hauteur de la posture : trois pommes à genoux, à constater des réalités de grands, qui attirent et qu’elle rejette. Ce n’est pas nouveau dans la chanson (rappelez-vous Le copain de mon père de Leprest…) mais là c’est tout un album, et c’est pareil en scène. Lily campe ce personnage et regarde le monde ainsi (de toute façon « J’ai pas envie d’être adulte, de tout comprendre »). Mais, comme le dit Michèle Bernard à propos de Lily Luca : « On sent la vie qui pointe ses dents cruelles et les premières fêlures du cœur. » Il n’est pas évident, si vous découvrez Lily Luca, que vous accrochiez à la première écoute. Insistez. Ce disque bizarre (orchestration inclue, il va de soi), étonnant, presque incongru, vous deviendra alors précieux et, charmant pléonasme, sortira souvent du lot.

Lily Luca, Mon meilleur profil, 2011, Les Z’ondits. Le site de Lily Lucas, c’est là et son myspace ici. (ce billet a été précédemment publié dans les colonnes du Petit format du Centre de la Chanson).

17 avril 2012. Étiquettes : . Chanson sur Rhône-Alpes, Lancer de disque. 3 commentaires.

Portfolio : les 25 ans de Chanson plus Bifluorée

Dans un billet déjà fameux de NosEnchanteurs, Faut-il achever les vieux chanteurs ?, nous parlions de nos trois amis que sont ces Pieds Nickelés de la chanson : Michel Puyau, Xavier Cherrier et Sylvain Richardot, nos fameux « Chanson plus Bifluorée ». Derechef, notre collaboratrice Chantal Bou-Hanna, fine gâchette s’il en est de la photographie pixellisée, a dégainé ses planches contacts pour vous proposer un nouveau et élégant portfolio. Rappelons que Chanson plus Bifluorée se produit actuellement sur les routes avec son spectacle anniversaire des 25 ans, ainsi que leur « pestacle » « Y a des Animaux dans nos Chansons », pour les petits de 5 à 105 ans. Il est probable que vous vous situiez dans cette tranche d’âge-là. Cette série de clichés immortalise leur quart de siècle chanté, qu’on peut aussi revivre à la lecture de NosEnchanteurs qui, décidément, est de partout.

Le site de Chanson plus Bifluorée, c’est ici.

16 avril 2012. Étiquettes : . Chantal Bou-Hanna, Portfolio. 2 commentaires.

Barjac 2012 : c’est pour l’amour, pas pour la gloire…

(photo Chantal Bou-Hanna)

La programmation 2012 des « Chansons de parole » de Barjac vient d’être révélée.

Samedi 28 juillet : Chloé Lacan + Romain Didier (cours du château) ;
Dimanche 29 juillet : Camel Arioui (chapiteau), Philippe Anciaux (chapiteau), From & Ziel + Mellismell (cours du château) ;
Lundi 30 juillet : Audrey Antonini (chapiteau), Paul Meslet (chapiteau), Jef Kino + « Boby Lapointe, comprend qui peut » avec Evelyne Gallet, Yeti, Roland Bourbon, Dimoné, Imbert Imbert et Presque oui (cours du château) ;
Mardi 31 juillet : Jérémie Bossonne (chapiteau), Trio Ewen, Delahaye, Favennec + Gilles Servat (cours du château) ;
Mercredi 1er août ; Jo (chapiteau), Eric Guilleton (chapiteau), Mouron + Pierre Barouh (cours du château) ;
Jeudi 2 août : Pierre Lebelâge (chapiteau), André Bonhomme (chapiteau), « Parole de Leprest » avec la participation, entres autres, de Véronique Estel, Natacha Ezdra, Yves Jamait, Jehan, Jofroi, Loïc Lantoine, Gérard Pierron, Francesca Solleville, sous la direction musicale de Léo Nissim (cours du château), Coriandre (en nocturne).

On dirait à nouveau le sommaire de NosEnchanteurs, c’est dire si ce festival entre tous mythique nous est cher. Une fois encore, Leprest se fête : c’est pas pour rien que la phrase de cette année, le fil rouge de Barjac en sera : « C’est pour l’amour, pas pour la gloire… » Commentaire de Jofroi, la patron du festival : « C’est pour l’amour, pas pour la gloire… C’est comme ça qu’il est passé tant de fois chez nous, nous livrant son âme, son sourire, ses mains qu’il tendait à chacun. C’est la trace qu’il a laissée dans le cœur du public et de ce festival où chacun est plongé si intimement que les manques se ressentent encore plus durement.
C’était une évidence, pour nous, frangins, frangines, de porter sa parole aussitôt sur cette scène qu’il a tant fréquentée, qu’il soit venu nous chanter ses chansons ou partager ces aventures collectives comme celle que nous lui consacrerons en clôture de cette édition 2012. (…) C’est pour l’amour, pas pour la gloire… Cette phrase en dit long, en fait, sur la philosophie qui conduit ce festival depuis ses débuts. Loin des flonflons, des ventes à succès, des prestigieux oriflammes… car s’il fallait sortir un drapeau, ce serait plutôt celui d’un pan de chemise, fier, flottant au vent, gage de fraternité et de citoyenneté. Pan de chemise qui flottera tout au long de cette semaine de chansons, au sommet du chapiteau, nous conduisant de découvertes en découvertes avec Camel Arioui, Audrey Antonini, Jérémie Bossonne, Jo, Pierre Lebelâge ou Nevchehirlian. De retrouvailles en étonnements avec Philippe Anciaux, Paul Meslet, Eric Guilleton ou André Bonhomme… Pan de chemise dans les rues, dans les cours, dans les trous perdus, comme nous disait Béranger, au sommet du donjon, au portail du château, pour vous accueillir et vous faire vibrer d’émotion avec Romain Didier qui ouvrira le bal, frangin d’Allain de la première heure. Et Chloé Lacan qui lui chauffera la salle. »

15 avril 2012. Étiquettes : , . Barjac, Chantal Bou-Hanna, Festivals. 5 commentaires.

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