Chant en champs (et vice-versa)

Prémilhat, donc. Par touches, tout au long de la semaine passée, j’ai tenté de relater cet événement. Retour aujourd’hui sur la matinée du dimanche, pour un « concerts » en basse-cour et mini-récitals dans l’étable…
Une mâtinée dans une ferme exemplaire, pédagogique, au domaine de la Ganne, avec des animaux que, même au salon de l’agriculture, vous ne verrez jamais pareillement : chèvres alpines, chèvres du Rove, boucs nains, moutons mohairs, vaches des Highlands, poules noires du Sussex, coqs Brama… et chanteurs tous terrains, avouez que la scène vous est inédite.
En talons, en baskets, en bottes même, ils sont venus. Y’a le public, de tous âges. Des gamins bien sûrs, des adultes, des aînés aussi. Des animaux, jouant eux à domicile. Et ces autres mammifères, donc, toujours ceints d’une guitare, voire d’un accordéon. Au programme de ce tour de champs, Christopher Murray, Michel Grange, nos deux amis d’Acorps de rue et la jeune et pétillante Pauline Paris. Ainsi qu’Emmanuel Monnet, remarquable prof de musiques traditionnels au Conservatoire de Montluçon, qui fera duo impromptu avec Murray. Un délice faut-il dire. Les animaux (là, je parle des résidents habituels de la ferme) sont tous plus étonnants les uns que les autres, à croire qu’il ont fouillé les malles pour en tirer d’improbables costumes, de lourds manteaux pour les vaches. Et emprunter les cornes à d’incommensurables cocus. Les poules, les coqs rivalisent de beauté en des tenues incroyables, improbables mais réelles. Parmi ces gallinacées, Michel Grange reprend Les Oiseaux de passage et autres succès du père Brassens. A l’étable d’à coté, les Acorps rue ont trouvé un coin dans le foin, avec les chèvres : le public s’agglutine tant bien que mal dans ce lieu étroit et sombre pour mieux chanter avec eux J’veux du soleil ! Y’a vraiment que les chèvres qui ne soient pas gênées. Pauline Paris, elle, prendra l’air face à des ruminants lui disputant la vedette. La vache, c’est qu’elle a de l’aplomb, la parisienne : plus aucune scène ne lui résistera désormais ! (photos Catherine Cour)

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8 novembre 2010. Étiquettes : , , , , . En scène, Mes nouvelles Nuits critiques. 3 commentaires.

Se ruer sur Acorps de rue !

Nous allons passer toute cette semaine à Prémilhat, petit bourg de l’Allier, pas loin de Montluçon, en rase campagne, en plein chants. Vient de s’y dérouler un grand festival, grand car le cœur qui l’anime est grand, la foi est immense, hors de toute proportion, du raisonnable même. Rarement on n’aura vu tel bonheur. On commence par deux trublions, présents de partout, entre deux vers, entre deux cuites et trois traits de génie. Ce sont Fabrice et Damien. Retenez leur nom de scène : Acorps de rue. Ils enflammeront la vôtre !

Damien et Fabrice, de quoi faire chavirer la chanson (photo Michel Janvier)

Eux ont irrigué ce festival de leurs chants en tous points, entre les étals des marchés et l’étable d’une ferme pour le moins enchantée, dans la rue diurne et dans celle, nocturne, pour faire la sérénade à la lune et au Pierrot qui est juché dessus. Et, le croirez-vous, même sur scène. Comme cet aprèm-là, dans la salle communale de Lignerolles.
L’un est aux guitares, l’autre alternant l’accordéon, la guitare et sa trompette. Leur chanson est immédiate, fraîche et franche, tonique et c’est bien le moins qu’on puisse en dire, d’harangue et de partage, belle euphorie. Et la pêche pour cent et pour mille, même si la salle est, hélas, bien maigre, les rangs épars. Qu’importe, ça ou un zénith, la chanson d’Acorps de rue est coulis qui s’insinue de partout et nappe l’espace. Ça meuble au-delà des mots, ça emplit et réchauffe les corps et les cœurs. Il y a manifestement de la Rue Kétanou en eux, en ce vivre ensemble, en cette tribune qui est tout sauf neutre même si elle traite souvent de petits riens, de n’importe quoi : c’est la posture d’Acorps rue qui est politique, valoriser le vivre ensemble l’est : « Quand j’vais vers les gens / Ma peine parfois fout l’camp / Elle revient si souvent / Alors c’est vers eux qu’je tends. »
Ça tangue, ça chavire, ça valse, guinguette, trompette parfois, en des propos mémorisables sur l’instant, du prêt-à-partager, prêt-à-chanter. C’est boule d’énergie, c’est rayonnant ! Ils ne sont que deux et se débrouillent comme quatre : c’est vrai que, pris dans leur douce ivresse – bien trois grammes –, on entend souvent double ! Qu’ils nous reviennent !

Le myspace d’Acorps de rue.

1 novembre 2010. Étiquettes : , . En scène, Festivals, Mes nouvelles Nuits critiques. 3 commentaires.

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