Arthur H en narrateur de jours sans sommeil

On le tient pour être « chanteur de la nuit », à toujours préférer les ambiances nocturnes, un rien fatiguées, équivoques : est-ce pour ça qu’il nous conte le Prince Tudorpah, que le mal d’insomnie terrasse ? Arthur H vient de prêter sa voix à un joli livre-disque, « Le voyage du Prince Tudorpah » que tout enfant, de quatre à cent-quatre ans, prendra un égal plaisir à découvrir.
Cette histoire est à la croisée du conte musical indien, du conte oriental et des classiques européens : un rien d’universalité, donc, de possibles emprunts aussi, pour une histoire se situant, loi du genre, dans « un pays merveilleux » (le Royaume des Nuages roses) où vit Tudorpah, un jeune prince fatigué et facilement irritable. Avec la menace d’un voisin malveillant (le Vizir Kouroustan), un vieux sage enjoué (Babu) et (c’est un conte musical) un sitar magique… Et un voyage quasi initiatique à la recherche de ce remède qui est son graal. Pas mal d’autres personnages jouent leur partition dans cette belle histoire qui, à travers une agréable fiction, à travers magie et musique, nous parle quand même du sommeil et de sa nécessité, de son importance. L’argumentaire du livre-disque tient en cette phrase : « le sommeil est plus précieux qu’on ne le croit et le pouvoir de la musique est plus fort qu’il n’y paraît. »
On doit ce livre à Denis Teste et Gilles Leroux pour l’écriture et François-Marc Baillet pour les illustrations.
Les bien nommées éditions Eveil et découvertes n’en sont pas à leur coup d’essai, associant volontiers le disque et le livre à des narrateurs puisés dans le sérail de la chanson.

Le voyage du Prince Tudorpah, 2011, éditions Eveil & Découvertes.

21 mai 2011. Étiquettes : . Pour les mômes. 1 commentaire.

Les nuits énigmatiques d’Arthur H

Tiré encore des précédents Paroles et Musiques, festival stéphanois qui débute aujourd’hui, ce papier sur le chanteur de la nuit. C’était en 2001. Occasion aussi de rappeler ce formidable double cédé, Myster Rumba, qui vient de sortir chez Polydor, où Arthur H fait piano solo de ses plus grands titres et de quelques autres.

Concert nocturne pour chanteur de nuit (photo d'archives DR)

Archive. Les nuits d’Arthur H seraient-elles plus folles encore que ces jours de chansons ininterrompus ? Elles sont en tous cas obscures, plongées en d’étranges ambiances… De la paternelle matrice, ne reste que le H, le ton rauque, un peu cassé, et ces chansons que la voix traîne, langoureuses, doucereuses, dans une atmosphère jazzy qui tente parfois l’aventure rock, l’audace techno, dans un poids musical qui va crescendo pour devenir déluge à décibels. Il y a quand même filiation… A croire qu’une grande scène ne sied pas à Arthur H : c’est au plus près du public que musiciens et artiste sont entassés sous de maigres spots, solidaires et serrés, comme on se les imaginerait en jazz-club. Dans une prestation en apparence déjantée, très structurée en fait, solide, impressionnante de maîtrise. Les textes sont répétitifs, avares de phrases. Et plantent une nocturne ambiance de noctambules. Celle des nuits fatiguées qui n’en finissent pas, où on se projette idées et phantasmes : combat de sumo, revolver disponible, carnaval possible, âme sœur informatique pour coït électronique… Arthur fait dans l’hypnose et nous possède. Et nous entraîne dans ses nuits de pleine obscurité par lui allumées, par lui dynamitées. Tout tourne délire, tout est fatigue de nuit blanche que le jazz prolonge et duplique à l’infini. Sur scène, de hautes colonnes comme faites de bobines de cinoch’ : le chanteur de la nuit se fait son cinéma. C’est de l’art et essai. C’est plutôt réussi.

Le site d’Arthur H.

12 mai 2010. Étiquettes : . Archives de concerts. Laisser un commentaire.

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