Biblio : Dicale et ces chansons qui ont tout changé

Après Ces chansons qui font l’histoire paru l’an passé (chez Textuel/France-info), regroupant alors ses chroniques de l’été 2010, Dicale récidive avec un opus bien plus copieux encore, correspondant à celles de cet été : Les chansons qui ont tout changé (chez Fayard/France-Info). Bon, vous connaissez Bertrand Dicale et écoutez sans doute, les dévorez parfois, ses chroniques quotidiennes de huit minutes qui nous entretiennent d’une chanson, de son auteur et de son contexte. Gourmands que vous êtes, vous les podcastez même. Là, c’est plus fourni encore. Si la version radiophonique privilégie le son, la ou les chansons, ici, c’est normal, le texte prévaut et va plus loin encore dans l’histoire, dans l’argumentation, dans la précision de l’information. Comme si la chronique sonore était un apéro, une sorte de bande-son, un avant-goût de la démonstration.  Dans la bibliothèque idéale de l’amateur de chansons que vous êtes, ce nouveau Dicale se taille encore une place de choix : il est indispensable ! De Colchiques dans les prés à Marcia Baïla, de Maréchal nous voilà à Animal on est mal, la chanson prouve encore tant son empreinte que son importance dans l’accomplissement de nos vies.
L’argumentaire de presse :
« Parfois, une chanson change la donne, bouleverse la culture populaire, révolutionne le show business, modifie l’air du temps. Après, on ne chantera plus de la même manière, on ne chantera plus les mêmes thèmes, on ne chantera plus avec les mêmes intentions.
Rock Around the Clock révèle au grand public une musique nouvelle, le rock’n’roll ; Au clair de la lune devient une des premières chansons enfantines de notre répertoire populaire ; Love Me Do inaugure à la fois la Beatlesmania et l’entrée de l’Europe dans la consommation de masse de la pop internationale ; Osez Joséphine d’Alain Bashung est le premier grand tube français absolument inchantable sans accompagnement musical ; Zorro est arrivé d’Henri Salvador annonce le lien désormais indéfectible entre variétés et télévision, etc. Cinquante chansons (et quelques bonus tracks) qui ont toutes constitué une révolution sont à la fois l’objet de cet ouvrage et d’une série d’été quotidienne de sept semaines en juillet et août sur France Info. »

 

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26 août 2011. Étiquettes : . Biblio. 2 commentaires.

Séries d’été pour médias frileux : la ballade des cimetières…

Revue de presse…

De mon temps, la chanson de Montand... Et celle des temps présents ?

Si NosEnchanteurs fait, en cette période estivale et contre toute attente, ses meilleurs scores de fréquentation à ce jour (Barjac y est pour beaucoup, mais pas que), il n’est certainement pas le seul à parler chanson en plein été. On nomme même ça un « marronnier » : en juillet-août, la presse papier comme audio fait ses séries, celles engrangées durant l’année pour meubler le vide des congés. Et, sujet visiblement apprécié, qui du reste ne mange pas de pain comme on dit, la chanson trouve du coup sa place au soleil, avant d’hiberner les dix mois suivants.
France-Info multiplie par sept la chronique de Dicale. L’ami Bertrand, qui y officie chaque dimanche de l’année, se voit proposer une chronique quotidienne, dimanche inclus, pour y relater Ces chansons qui ont changé l’histoire. Du passionnant, de l’indispensable, tant qu’on aura pris le soin de sagement s’abonner au podcast : on réécoutera ça durant l’hiver. Même appréciation enthousiaste pour La scandaleuse histoire du rock de Gilles Verlant (créée pour le réseau France bleu, précédemment diffusée sous la forme de 220 modules originaux en 2010/2011) : même les non rockers (dont je suis) ne peuvent qu’apprécier… Chroniques rediffusées plusieurs fois par jour.
France-Inter lui, nous ressert ses feuilletons (de 15 à 16 h) certes déjà éventés mais toujours aussi passionnants : Bashung, Brassens, Gainsbourg, Higelin, Trenet (ce dernier, c’est le dimanche matin), cette semaine Alain Souchon… Sans aucun risque, sans la moindre audace. De l’entendu, du réentendu. C’est pas demain la veille que France-Inter osera un feuilleton sur Allain Leprest ou sur Michèle Bernard, sur Gérard Pierron ou sur Marc Perrone ou Dick Annegarn. « France-Inter, la différence » ? Non, l’indifférence à tout ce qui est différent, à tout ce qui est non formaté. La station semble avoir oublié son statut de service public. Allez, Val, réveilles-toi si tu n’es déjà mort !
Toujours dans la maison ronde, France-bleu feuilletonne avec Olivia Ruiz et  France-Musique lui, semble moins oublieux de sa mission. Son feuilleton d’été, Chanson d’été, explore chaque semaine une facette, une thématique différente de la chanson. Avec parfois des archives inédites qui ne doivent rien aux play-list des gros labels. Cette semaine, c’est « La petite histoire des grandes chansons ». De 11 à 12 heures.
Comme Le Figaro qui délivre tout au long de l’été, une série de 43 épisodes de La France en chansons, petite histoire d’autant de chansons. Agréables à lire mais dont on peut se passer : on n’y apprend rien qu’on ne sait déjà, à peine une mise en perspective (ou alors à courte vue) de la chanson dans l’Histoire. Toute la rédaction, tous les stagiaires sans doute, se sont collés à cet exercice avec plus ou moins de talent et de conviction : à de rares exceptions, c’est sans âme, sans vraie plume. Et le choix des chansons est convenu : aucun courage, aucun signe extérieur de curiosité, que le verdict sans appel du succès ! De Il venait d’avoir dix-huit ans à Petit papa Noël, de La Montagne à Wight is Wight, des Feuilles mortes à Route nationale 7… Mais sans ancrage, nullement, à la vie sociale et politique, ou si peu. Car quand on chante au Figaro, c’est entendu, on ne fait pas de politique ! On ne risque pas de traiter Afrikaan air de François Béranger, Vanina s’en va de Véronique Pestel ou Dents d’ivoires et peau d’ébène (surtout pas !) de Gilbert Laffaille…
Etonnante toutefois cette propension (presque) générale à surtout parler des morts, comme si la chanson l’était. Dassin, Gainsbourg, Brassens, Dalida, Trenet, Bashung, Brel, Nougaro, Piaf, Montand, Ferrat, Johnny… tous les trépassés défilent (je vous rassure : que les meilleurs vendeurs !). A croire que la seule chanson qui vaille doit bouffer les pissenlits par la racine ! Tant qu’on confiera la rubrique chanson à de jeunes nécrologues débutants, à des gens sans culture aucune (n’est pas Bertrand Dicale ou Gilles Verlant qui veut…), nous n’aurons qu’un alignement de pierres tombales.

Sur cette vidéo, D’jazzy d’Georges interprète La ballade des cimetières de Georges Brassens.

9 août 2011. Étiquettes : , . Saines humeurs. 5 commentaires.

Biblio : Dicale questionne Brassens

Actuellement en librairie

J’aime à ce qu’on bouscule un peu, qu’on rudoie même, ce que j’aime, ceux que j’aime.
J’aime Brassens au point de le poser délicatement tout au sommet de la chanson, en son point culminant. Mais pas de l’idolâtrer. Brassens m’est simplement un copain du quotidien, mon Jiminy Cricket à moi, coffre de trésors et catalogue des ressources à la fois. Par bonheur je n’ai pas bien le sens chrétien et ne bave devant personne ni le béatifie, le canonise. Saint et Brassens ne se conjuguent pas en moi, sauf à l’oral, pour parler des petits seins de Margot où va se réfugier son chat : « C’était tout c’qu’elle avait, pauvrette, comm’ coussin… »
Même pas idole païenne le père Brassens, juste un repère important de bon sens, de bonté, de malice, de poésie aussi.
Qui saura me dire tous ces artistes qui, pour une chanson, pour tout un disque ou pour la totale, se sont mis en bouche Brassens, se sont mis à la pipe pour à leur tour faire tabac ? Ils sont quasi innombrables. Pour la plupart avec un respect, une révérence, qui confine au religieux même et surtout quand ils entonnent La Nonne.
Aussi nombreux sont les bouquins de toutes sortes qui fleurissent souvent, et particulièrement aux anniversaires de notre trépassé. Tous aussi révérencieux, tous plus ou moins réussis, avec leur lot, souvent maigre, de révélations qui, chaque fois, font reluire plus encore la statue du commandeur.

« C’était tout c’qu’elle avait, pauvrette, comm' coussin… » Dessins (des seins ?) de Dany (extrait du livre "Brassens", 1989, Éditions Vents d'Ouest)

Là, non. Bertrand Dicale vient à son tour d’écrire son ouvrage sur Brassens. Qui s’intitule simplement Brassens ?, avec un point d’interrogation qui, forcément, change la donne. Dicale va à contre-courant, se donne le mauvais rôle, celui du méchant, s’en va titiller la douteuse sainteté dont on a affublé Brassens et énerver « brassensologues » patentés et docteurs es-brassensologie, confrérie au sein de laquelle mon estimé confrère ne se fera pas que des amis. Passionnant parfois, irritant aussi, ce livre toujours bien écrit (c’est du Dicale) est une respiration bienvenue dans une débauche d’idolâtrie, consensus lassant d’un artiste devenu, malgré lui, le plus officiel qui soit, presque pris la main dans le corsage de notre Marianne nationale. D’où vient Brassens ? Quelles sont ses sources ? Quelle est sa morale ? Est-il vraiment de gauche ? Est-il vraiment si antireligieux ?… Dicale se pose des questions et tente d’y répondre. Et se poser des questions, c’est déjà ça.

Brassens ?, Bertrand Dicale, 2011, 279 pages, Collection Pop culture, Flammarion.

5 mars 2011. Étiquettes : , . Biblio. 1 commentaire.

« Sacré Bernard Lavilliers ! » ce samedi sur France-info

S’il est une émission radio qui m’est importante, que je podcaste chaque fois, c’est bien la chronique Ces chansons qui font l’histoire de Bertrand Dicale, quotidienne durant les vacances et hebdomadaire (chaque dimanche) le reste du temps sur France-info.
L’émission de ce samedi 18 décembre ne passera pas inaperçue et je vous engage à l’engranger dans vos archives.
En voici la présentation sur le site de France-Info :

Les Fatals Picards, auteurs de la fameuse chanson "Bernard Lavilliers" (photo DR)

Sacré Bernard Lavilliers !
Il y a trois ans, les Fatals Picards avaient fait un joli petit succès avec leur chanson Bernard Lavilliers, joyeux délire sur toutes les aventures de notre cher Nanard – délire qui avait même fait rire Lavilliers, qui était apparu dans le clip du groupe.
On avait donc découvert qu’outre ses aventures sud-américaines et dans tous les bas-fonds de la terre, Bernard Lavilliers a aussi le sens de l’humour.
Mais, depuis quelques semaines, la communauté des fans de Nanard est en émoi à cause de la parution d’une biographie, Les Vies liées de Lavilliers, publiée par Michel Kemper aux éditions Flammarion, biographie qui revient sur… disons… la part de fiction de la vie du chanteur, et qui essaie de faire le tri entre la réalité des faits et la légende aventureuse qui fait une part de sa gloire.
Les chansons de la chronique de ce jour : Bernard Lavilliers par Les Fatals Picards (2007), Neuilly Blues par Gilbert Laffaille (1979), A coups d’A par Pierre Barouh (2006), Rebel par Alain Bashung (1981), La Vérité par Bernard Lavilliers (1975).

« Ces chansons qui font l’histoire » est diffusée ce samedi à 11 h 19, 13 h 49, 16 h 19, 19 h 47, 21 h 19 et 23 h 47. On peut aussi l’écouter à tout moment sur le site de l’émission.

18 décembre 2010. Étiquettes : , . Les événements, Les vies liées de Lavilliers. 4 commentaires.

Biblio : Dicale et les chansons qui font l’Histoire

Bertrand Dicale (photo DR)

Après Michel Trihoreau, au tour de Bertrand Dicale, autre fameuse signature de Chorus. Avec un livre qui n’est autre que la reprise de ses chroniques estivales sur France-Info.

Sept semaines durant, il tint rubrique estivale sur France-info pour, à chaque fois, nous conter la genèse de chansons. Pas n’importe quelles chansons du reste : celles qui ont fait l’Histoire, celles qui, parfois à leur insu, ont pris une place prépondérante dans notre mémoire et dans les faits. Du Chant des partisans aux Divorcés de Delpech, du Clandestino de Manu Chao aux Élucubrations d’Antoine, de Volver de Carlos Gardel à Mon cul sur la commode de Jeanne Aubert, ce sont autant de pans d’histoire, d’évolution des mœurs, qui s’ouvrent par ces fenêtres parfois insolites, toujours pertinentes, qui plus est actives. C’est raconté de manière vivante : pour peu, vous en seriez presque acteur, au simple fait d’avoir été jadis auditeur.
Deux bonnes nouvelles. La première c’est que les cinquante rubriques de l’été se retrouvent désormais en bouquin (il y en a soixante sur ce livre). La seconde est que, le succès aidant, la rubrique se poursuit à un rythme hebdomadaire. Chaque dimanche, à 11h19, 13h49, 16h19, 19h47, 21h19 et 23h47. Celle d’hier s’axait sur les roms, les gitans, les tziganes, pour l’heure victimes expiatoires des déconvenues élyséennes. Raison de plus de les chanter.
L’activité éditoriale de Bertrand Dicale est si foisonnante qu’on ne citera pas ici tous ses bouquins. Sachez toutefois que son (formidable) Gainsbourg en dix leçons paru initialement chez Chorus-Fayard est ressorti en format de poche ; qu’il signe deux articles (un sur Juliette Gréco et un autre sur « le métier d’être Johnny Hallyday ») dans le nouveau livre de la collection « Collectif Chanson » de Christian-Pirot éditeur ; qu’il a sorti en mars dernier le croustillant Les Miscellanées de la chanson française chez Fetjaine.

Bertrand Dicale, Ces chansons qui font l’histoire, 2010, 288 pages, 19,90 euros, co-édition France-Info/Textuel.

6 septembre 2010. Étiquettes : . Biblio, Chorus. Laisser un commentaire.

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