Michel Sardou : bientôt l’arme à gauche ?

Michel Sardou, en Hollande pour 2012 ? (photo DR)

« J’ai mis mon costume, ma cravate, ma Légion d’honneur. L’huissier m’a conduit dans les jardins où m’attendait le président. Et là j’ai vu Nicolas Sarkozy, en short et en chemisette, avec un jus d’orange à la main. Et tout de suite il m’a dit : Mon mimi qu’est-ce que t’es allé dire ? » Mimi, c’est notre Michel Sardou à nous, celui des Bals populaires et des Lacs du Connemara, et c’est lui qui raconte au Parisien libéré sa « convocation », un lundi de Pentecôte, à l’Elysée, par un président marri que notre chanteur national ne le soutienne plus (dans un entretien au même Parisien, Sardou avait auparavant désavoué quelque peu son ami Nicolas en déclarant « Quand on vous promet quatorze réformes et que l’on n’en fait pas une… Je suis déçu »). Mimi assure avoir répondu à Nico qu’il « attendait autre chose de lui. » Et de poursuivre : « Je suis reparti et il me fait toujours la gueule. Il est très rancunier. »
Sardou ne sera donc plus sur la photo. Encore un de moins ! Déjà qu’il y a notoirement de l’eau dans le gaz entre Sarko et Johnny, depuis que notre petit Président s’était fait porter pâle au concert de Johnny du 14 juillet 2009 sous la Tour Eiffel (concert pourtant voulu par Sarko et ayant coûté 1,9 million d’euros aux contribuables que nous sommes). On avait dit à l’époque de notre rockeur soupçonnait Carla d’avoir conseillé à son époux de s’afficher avec des stars plus intellos que lui (on ne sait si elle parlait alors d’Enrico Macias, de Mireille Mathieu, de Didier Barbelivien ou de Grégoire). Et comme Jojo est, lui aussi, très rancunier… Exit aussi Cheb Mami, autre soutien de Sarko, condamné à la prison ferme pour gynécologie sauvage, et Faudel, déçu du sarkozysme, qui vient de se reconvertir dans la restauration rapide (du raï-burger ?), exit Doc Gynéco qui, malgré son titre (de gloire), n’a même pas ausculté Carla le moment venu. Ne restera-t-il plus, comme visiteurs, que Jean Réno et Christian Clavier ? Okéééé !
Quand même, c’est pas la peine d’avoir recruté sur casting la belle Bruni si les chanteurs et autres gens de culture abandonnent tous Nicolas. L’orchestre du Titanic resta, lui, fièrement à son poste, jusqu’à plus soif. Eux quittent le navire. Sardou envisage même de voter socialiste à la prochaine… (comme on lui demande « Vous ne voterez pas à gauche tout de même ? », il répond « Pourquoi pas ? » – in Libération et Le Parisien)
On imagine alors Sarkozy fredonner de colère « Ne m’appelez plus jamais France / La France elle m’a laissé tomber / Ne m’appelez plus jamais France / C’est ma dernière volonté. » Et Carla de soupirer, tout en berçant sa gamine : « Douce France… »


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25 octobre 2011. Étiquettes : , , . Saines humeurs. 5 commentaires.

Carla Bruni : le disque ou le mioche

En cloque (document DR)

Non vraiment le marché du disque n’est plus ce qu’il était. Il va mal. Et certains artistes plus mal encore. Carla Bruni est obligée de différer à l’après 2012 la sortie de son quatrième album de peur qu’il fasse encore un bide et nuise à son cher mari, candidat à sa succession au trône de France. On serait frustrée à moins. Alors quitte à nous pondre tout de même quelque chose, il se bruisse qu’elle serait enceinte. Ah ! un futur candidat à la présidence de l’Epad ! Ils ont dû faire des sondages sur le dos des contribuables, qui leur révèle qu’un mioche tout mignon tout beau (même s’il ressemble au papa ?) est plus rentable électoralement qu’une rondelle de laser même si elle y sussure Douce France… Vous rendez-vous compte : le petit président s’en allant voter avec sa dernière production en layette dans les bras, en direct sur TF1 et sous les flashes de centaines de photographes, de quoi attendrir les électeurs encore réticents. Guéant et Heurtefeux se disputeront l’honneur et l’avantage d’être parrain ; et Marine pour marraine.
Sommes-nous loin de l’objet de ce blog : la chanson ? Non. Sarko a un an pour se refaire une virginité, une côte d’amour. Il va tout utiliser pour cela, tout. Comme la dernière fois. Et Nicolas, de parfois penser à Cécilia, dans son lointain exil, en chantant tristement : « Oui, c’est la même chanson / Mais la différence c’est que toi tu n’es plus là / Oui, c’est la même chanson / Mais la différence c’est que toi tu ne le l’entends pas. »

29 avril 2011. Étiquettes : . Saines humeurs. 5 commentaires.

Carla, pas avant 2012

Attendre plus d'un an la sortie de son nouvel album, c'est risquer la faillite de l'industrie discographique (photo DR)

« Toi, l’épouse modèl’, le grillon du foyer / Toi, qui n’as point d’accroc dans ta robe de mariée / Toi, l’intraitable Pénélope… »

Bravaches, ils disent vouloir encore tout réformer, comme si, dans leur bouche, le mot « réforme » le disputait à celui de « bonheur » ou de « progrès social ».
Il nous faut plutôt s’attendre à une année de rien, faite de discours, de « débats » qui brassent l’air histoire d’occuper l’espace, de promesses et de fermetés qui n’engagent que les électeurs qui y croient encore.
Oseront, n’oseront-il pas ? Le roi est nu, est nul aussi, et le moindre de ses gestes le plombe plus encore dans les intentions de vote. Alors on remet tout à après 2012 comme, honteux, on cache la poussière sous le tapis, comme si l’on n’était plus fier d’être le robin des bois à l’envers qui prend à la bouche de l’affamé de quoi faire bombance au nanti.
On est prié de ne plus rien faire, programme mini chez les ministères, de peur que ça ne nourrisse les aigris, ceux de gauche et ces autres d’une prétendue marine.
Ne faites rien, n’en faites rien, on retient son souffle… Pour peu on entendrait un missile voler sur le ciel de Tripoli.
Même Carla, épouse modèle, grillon du foyer, est sommée de remettre au lendemain ce qu’elle peut chanter le jour. La nouvelle est tombée, cruelle, injuste, privant ses cohortes de fans de leur gâterie attendue : le quatrième album de Carla Bruni, c’est pour après les élections présidentielles, pas avant, afin de ne pas surajouter au malheurs, aux erreurs et aux horreurs de son divin mari petit.
Déjà que Bertignac venait de déclarer ne plus pouvoir travailler avec l’ex-modèle, de peur d’être étiqueté, assimilé à cette droite qui marine dans un nauséabond marigot. Lasse et résignée, la première dame dépose armes et guitare des fois qu’on lui en serait gré, des fois que, pour la remercier, on voterait pour monsieur son tout petit.
Car là est la question : à tout prendre, vaut-il mieux un carlabrunesque album ou son Nicolas qui inexorablement, pitoyablement, s’enfonce dans le brun ?

1 avril 2011. Étiquettes : . Saines humeurs. 4 commentaires.

L’influence positive de Carla

Ça fait joli, ça représente bien notre pays…

On peut se poser la question du sérieux et de l’intérêt des sondages. En voici un (de l’Ifop pour France-Soir, réalisé les 13 et 14 janvier sur un échantillon national représentatif d’à peine mille personnes) concernant Carla Bruni-Sarkozy. Celle-ci étant a priori chanteuse et l’objet de ce blog étant de parler de nos amis enchanteurs, il n’y a pas de raison de s’en priver.
Donc deux tiers des français (66%) semblent être satisfaits de Carla Bruni dans son rôle de « première dame de France ». 68% trouvent même qu’elle représente bien notre pays à l’étranger : comprenez qu’elle attire le crépitement des flashs. Et 56% qu’elle a une influence positive sur son mari de président. Les futurs retraités et potentiels gardés à vue que nous sommes chaque jour apprécieront. Comme les enseignants, les chercheurs, les postiers, les infirmières et tous ceux dont les professions utiles, indispensables mêmes, sont passées à l’inflexible rabot de l’ultra-libéralisme. Ah, si le doux chant de cette si reine pouvait calmer son petit nerveux d’époux…

25 janvier 2011. Étiquettes : . Saines humeurs. 8 commentaires.

Vartan mauvaise copine ou Bruni porte-poisse ?

Sylvie Vartan au temps où elle était "la plus belle pour aller danser" (photo DR)

Sylvie Vartan est sortie du formol où elle formolait. Elle qui fut jadis chanteuse a, le saviez-vous, fait l’an passé un nouveau disque. Étant entendu qu’elle ne peut émarger que dans la cours des grands, des indispensables stars, elle se figurait, l’ingénue, en vendre des cent et des mille, des millions. Et se ratatinerait avec seulement deux cent mille copies vendues (1), ce qui est beaucoup il me semble, mais sonne comme le pire des camouflets pour cette « artiste » entre toutes indispensable. Bon, on n’a pas dû lui expliquer à son réveil que le disque c’était fini. Que du reste les gens n’ont plus de sous. Que le temps est passé et que d’autres artistes ont ravi la place des dinosaures d’antan. Que du reste, hors son ex et Aznavour, il n’y a plus de dinosaures. Et que d’elle à présent tout le monde s’en fout. Mais, pour comprendre sa déconvenue, il lui fallait une explication raisonnable. Et raisonnée. Bien qu’elle se soit acheté la collaboration d’artistes bien en vu, bien en mode (Didier Barbelivien ou Marc Lavoine, c’est dire), son grand malheur est de s’être choisi aussi une chanson (Je chante le blues) de cette auteure incontournable qu’est Carla Bruni, ex-modèle du genre et désormais madame de. Fallait pas. Car, selon Sylvie, c’est parce que Bruni s’est collé à un titre que Vartan est tricarde des médias, au moins à ce titre. La première dame de France porterait-elle la poisse ? Elle serait boycottée par (sic) « toutes les radios françaises, preuve que la popularité de Carla est en pente raide » selon le site de TF1 qui n’est pourtant pas un repaire gauchiste. On se dit alors : mais que fait la police de la pensée, que fait donc Brice Heurtefeux ? Et Vartan de commenter : « Cette artiste était encensée par les gens de tous bords et maintenant on la traite comme si son talent s’était évaporé en devenant la femme du président de la République ! » Bien que je doute du supposé bon goût français, je me demande effectivement qui peut encore écouter Vartan. Et qui peut encore acheter Bruni dont le dernier cédé se serait tout de même écoulé, avec la pub gouvernementale que l’on sait, à trois cent mille unités (2) (son premier avait fait quatre fois plus). Réponse pour bientôt : la modèle du genre travaille actuellement à son nouvel et quatrième opus, forcément un grand événement.

(1) Mon excellent confrère Baptiste Vignol, sur son blog, estime lui à 15 000 exemplaires le nombre d’exemplaires vendus de cet album de Sylvie Vartan, chiffre qui semble nettement plus crédible ; (2) Chiffres eux-aussi à prendre avec d’énormes pincettes car sujet à polémique : de par le statut de la (première) dame, la vérité doit être au moins classée « secret défense ». Il ne faut en effet pas confondre les exemplaires mis en vente et ceux réellement vendus…

22 décembre 2010. Étiquettes : , . Saines humeurs. 4 commentaires.

Carla impressionne (trop) la pellicule

Une nuit à Mouffetard, tournage en plein cœur de l'été…

On en veut à la France ou je me trompe lourdement. Ainsi l’excellente chanteuse française, certes d’origine italienne*, Carla Bruni, ex mannequin, top-modèle et désormais muée, par la grâce de l’amour et le talent conjugué de Cupidon et de Jacques Séguéla, en première dame de France. Carla donc, qui, actrice née, parée de tous les dons, ne pouvait faire moins que d’offrir un peu de sa personne au 7e art et à l’un de ses réalisateurs fétiches, Woody Allen.
Woody s’en vient tourner en France. Le film s’appellera Midnight in Paris. Woody aime bien notre pays qui le lui rend bien, faisant succès de tous ses films, un par an.
Woody embauche Carla. La presse alors en avait fait ses choux gras, rivalisant de qualificatifs pour vanter à son tour l’hyper talent de la moitié de l’hyper président.
Et le tournage eut lieu, durant l’été à Paname. Une seule scène pour Carla, figurante de luxe. Avec son petit Nico toute une nuit, tapi dans son coin, hors champ, entre projos et caméras, pour encourager sa mie. Une seule scène, entrant dans une épicerie de Mouffetard puis en ressortant avec une baguette sous le bras, sans dire le moindre mot. Scène tournée bien trente-cinq fois, paraît que la dame troublait la caméra à force de trop la regarder, de la vampiriser. Paraît aussi que Woddy n’a eu de cesse de se féliciter de son choix, à ce que la presse s’est pressé de rapporter : « Elle a été très professionnelle. Elle a si bien jouée le rôle que tout ce que nous avons tourné sera dans le film, rien ne sera coupé. » Les trente-cinq scènes ? C’est de l’art et essai !
Et puis, là – je ne comprends pas – la presse de la perfide Albion nous certifie que Carla ne figurerait pas au final cut. Coupée ! Exit la première dame ! Une actrice même pas connue, ou si peu, Léa Seydoux, certes bien née, aurait retourné la scène et le metteur en scène. Crime de lèse-majesté, scandale cinéphilique, séisme politique, camouflet pour le mari à talonnettes. Si c’est vrai, pour la légion d’honneur, Woody Allen peut toujours aller se brosser !
Carla chanteuse doit prochainement figurer sur une compile à David Bowie dédiée, où elle reprend Absolute beginners. Pourvu que ce titre y soit toujours au moment de la sortie de l’album, qu’ils ne l’aient pas coupé…

* si je dis ça, c’est eu égard à la notion d’identité nationale…
Pendant qu’on y est, on peut lire Carla, une vie secrète, bio non autorisée de Carla Bruni, par Besma Lahouri, à paraître ce 15 septembre chez Flammarion (300 pages, 19,90 euros). Ça semble savoureux…

9 septembre 2010. Étiquettes : . Saines humeurs. 1 commentaire.

Carla et Philippe, la princesse et le croque-notes

« Allez sèche tes larmes, voyons / T’es une grande fille, merde, c’est con / Tous ces clichés, salut, plus tard / J’t’apprendrai à jouer de la guitare » Philippe Val, Petite copine 1980.

Monsieur Philippe Val, membre émérite de la Cour (photo Xavier Lambours)

Pincez-moi ! Ainsi, à ce qu’on dit, à ce qu’on lit, Philippe Val occuperait son temps libre (huit heures par jour, rivé à sa chaîne d’état, il est tailleur de programme et ététeur d’humour ; après son boulot il fait ce qu’il veut) à aider son prochain. En fait, se souvenant qu’il fut artiste dans un passé lointain, il travaillerait au nouveau disque d’une copine chanteuse au mince filet de voix, un ancien modèle qui aimerait, dit-on, les grands hommes de petite taille. Ainsi donc Philippe peaufine la rime, cherche le bon accord avec Carla, sa muse, son mentor. En toute indépendance il va de soi. Encore un disque promis à la play-list d’Inter, tant il est vrai qu’il ne pourrait en être autrement. Entre chanteurs, faut bien s’aider. Qu’il est loin le temps de l’impertinence, de l’indépendance…

On chipotera à l’ami Woerth, que ses amis décrivent comme un parangon de vertu, des collusions, des conflits d’intérêts cause à une vieille multi-milliardaire qu’il connaît bien, qu’il connaît sans doute trop. Chaque jour nous en amène plus encore les éclatantes preuves. C’en serait même, sans rire, le plus grand scandale de notre actuelle République en grande déchéance, en fin de vie. Conflits d’intérêts ? Je pouffe ! Comment alors qualifier, si c’est vrai, l’aide désintéressée de l’ami Val à la belle Carla ? : je t’aide à trouver tes accords, toi qui m’a fait nommer à la tête de France-Inter grâce à ton mari actionnaire, j’te vire au passage les trublions Porte et Guillon qui déplaisent tant à Nico. Et je m’arrange avec ma conscience, c’est mon affaire. Et qu’on me fasse pas chier avec mon passé de chanteur-humoriste à l’extrême de la gauche, que l’on ne m’oppose plus les « Font et Val » d’antan, ni ma tâche jadis de chroniqueur sur Inter, ni surtout celui de défenseur de la liberté, de l’humour politique et des caricatures sur ce Charlie-Hebdo dont je suis encore actionnaire.

Val ça n’est plus ça, ça n’est plus rien, rien qu’un de ces valets serviles qu’on congédiera à la prochaine présidentielle, sans rien. Resteront au chanteur de « Ils finiront sur l’échafaud » les droits d’auteurs sur les douces et charmantes musiques de la nouvelle Marie-Antoinette.

2 juillet 2010. Étiquettes : , . Saines humeurs. 3 commentaires.

L’ouïe Bertignac (le mur du son)

C’était il y a trois ans au festival Les Oreilles en pointe, au Quarto d’Unieux. Pour le coup, un soir où on s’en est pris plein les oreilles. Parfois il vaut mieux faire ample provision de bouchons d’oreilles…

Louis Bertignac (photo d'archives DR)

Archive. Comment, même s’il faut me mettre à dos toute une salle, relater fidèlement tel concert ? Comment dire ce mur du son (du bruit ?) béton, qui vous prend sur l’instant, nique vos oreilles, vous agresse comme jamais ? Comment est-ce possible qu’une personne (en l’occurrence Carla Bruni, pour l’essentiel des titres de Longtemps, le dernier album en date de Louis Bertignac) s’échine à écrire des textes, plutôt bien construits, si le son en concert est tel, infranchissable, qu’il ne laisse passer aucune phrase, aucune nuance, aucun sens si ce n’est celui, impressionnant et fort, de la musique. Parfois quelques mots, et encore, aux interstices des notes. A fond les enceintes, les manettes, les gamelles, c’est violent mais c’est fait pour ça. Parfois, le chanteur a la bonté de nous instruire, par quelques mots, de la chanson à venir : ça fait journal des malentendants mais c’est utile. Car « C’est du rock ! » nous dit Bertignac. Dont acte. En l’absence de bouchons d’oreilles, on quitte la salle, préférant de loin sa santé à une chanson de fait absente. On se rattrapera sur le disque…
Retour dans la salle, bien une heure après. Le concert est en cours. La tonalité est moindre, moins agressive. Moins électrique, façon de parler. Ça peut faire… Et ça fait. Bertignac a dû épuiser son répertoire et sa Bruni, le rockeur à la tignasse blanche se consacre désormais à visiter celui d’autrui. Là, il entame No woman no cry du Bob. Belle reprise. Viennent ensuite de savoureux titres des Beatles puis, pour « faire honneur » à son sweat-shirt à la rouge langue pendante, un titre des Rolling Stones. Ça et bien d’autre choses, toutes efficaces, toutes respectueuses. Qui plus est magiques, magnifiques. Rien n’est formaté, place aux instruments qui se le joue pure gourmandise, délectation. Pour le moins, Bertignac vit intensément sa musique. Son instrument n’est que le prolongement naturel de son corps : il semble ne faire aucun effort pour sortir de ces sons incroyables, rares. Quant il ne chante pas, sa tête est en transes, en une danse hallucinante. Ça dure, ça dure. Son complice et bassiste Cyril Denis partage avec lui les chansons ; derrière, le batteur poursuit son festival de baguettes… Ça dure. Quand et comment s’achève un concert de Bertignac ? Personne ne s’économise ici et c’est beau. C’est avec appétit et sans fin. Z’ont dû faire un partenariat avec Monsieur Duracell. Dans longtemps encore, ils nous feront, en final, au terme de bien trois heures de scène, un mini-répertoire Téléphone : La Bombe humaine, Un autre monde… Les quadras, les quinquas, les plus jeunes et les plus vieux sont aux anges, la salle est bondée et debout. Il est largement demain quand le concert se termine, repu, satisfait. Bertignac est un mec bien.
Retour. Dans l’auto-radio, on met Longtemps. Bel équilibre entre les textes et la musique, jolies chansons. Et audibles.

13 février 2010. Étiquettes : , . Archives de concerts. Laisser un commentaire.

Matin bruni

Déambulation matinale aujourd’hui au supermarché du coin, carrefour de la consommation, dans ce rayon disques en constante cure d’amaigrissement. Depuis bien plus d’un an y trône en quantité Comme si de rien n’était, le troisième CD de Carla, l’épouse de. Assez incroyable d’ailleurs quant on sait qu’un disque fait maintenant 3,3 tours et puis s’en va, sans espoir de retour, sinon bradé à vil prix, à vil pain. C’est que le linéaire est cher… Mais va-t-on brader la première dame de France ? Ce serait incongru et, pour tout dire, un tantinet vexant. Non, je crois plutôt que, l’énorme succès aidant, ce disque est constamment réédité, constamment dispo, pour satisfaire l’énorme potentiel de ceux qui écoutent la chanson par l’oreille droite : Bruni-Sarkozy est à l’évidence le meilleur remède à la crise du disque, ça doit être ça. Et tant pis si on triche un peu sur le chiffre de vente, comme Naïve (maison de disque pour le coup bien nommée) l’avait fait l’an passé à propos de ce même album. Que ne ferait-on pour satisfaire le couple royal (je ne parle pas ici de Ségolène, suivez-donc un peu mon propos, que diantre !).
Quelqu’un m’a dit connaître un papa et sa fille qui, chaque fois qu’ils font leurs courses dans un super, dans un hyper, font ce qu’ils nomment « un acte politique » : ils déplacent, comme si de rien n’était, ce fameux disque du rayon disques à l’étal du papier toilette ou des nettoyants WC. C’est leur trip et, chaque fois, ils se marrent comme des tordus de ce bon gag politique. Chaque fois que quelqu’un me dit Bruni, je pense à eux. Avec tendresse…

22 septembre 2009. Étiquettes : . Saines humeurs. Laisser un commentaire.

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