Cesária Évora, 1941-2011

« Elle chante un peu voilé
Souple comme le vent
C’est une mélodie sans paroles
Hors du temps
Elle chante les yeux fermés
En fléchissant le cou
Plongée dans un pays très éloigné de vous

Mais d’où lui vient
Cette infinie douceur
Cette sensualité mélangée de pudeur
Ses belles mains quand elles se posent
sur une épaule ou sur mon bras
Tout se métamorphose
On oublie la mort on s’en va »

Au moment d’apprendre le décès de Cesária Évora, nous revient comme le feraient des vagues cette chanson de Bernard Lavilliers, Elle chante, en 2004, interprété en duo avec Cesária, qui a pour thème la voix de la diva, sur ce qu’elle lui inspirait, sur l’infinie tristesse qui se dégage de la saudade, cette « présence de l’absence » comme Lavilliers aime à la définir.
Après vingt ans de carrière internationale, de vie itinérante, la chanteuse cap-verdienne avait décidé en fin août de cette année de mettre un terme à sa vie de chanteuse, cause à ses problèmes de santé. Son dernier album fut, il y a tout juste un an, un disque de duos : en fait ses plus beaux duos à travers le monde (d’Angola à Cuba, de la Pologne au Portugal, de la Grèce au Mexique, pas moins d’une quinzaine de pays représentés, notre pays l’étant, sans nulle surprise, par Lavilliers).
Nul n’a jamais vue Cesária Évora se produire autrement que pieds nus, en souvenir et en soutien aux sans-abri, aux pauvres de son pays de Cap Vert. On se souviendra de sa voix rauque, chaloupée, si belle et si profonde, qui signe à tout jamais la reconnaissance internationale des îles du Cap Vert dont elle est, de toute évidence, l’ambassadrice. C’est par le titre Saudade qu’à l’orée des années quatre-vingt dix elle conquit le public. Son succès ne s’est jamais démenti.

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17 décembre 2011. Étiquettes : , . Hommage, Les événements. 1 commentaire.

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