Brassens version country

Ce n’est évidemment ni le premier ni le dernier à cuisiner Brassens avec ses propres ingrédients, sa propre sauce. C’en est même devenu un grand classique, pour certains un passage obligé, presque un CAP chanson à lui tout seul, option « moustache, guitare et pipe ». Les brassensologues doivent en avoir de pleines étagères. Donc, voici Christian Valmory, par ailleurs rédacteur chez notre estimé confrère Vinyl. Valmory cuisine, lui, le vieux à la sauce country, et c’est agréable même si, question de goût, il aurait pu remuer la sauce plus longtemps encore, façon Nashville. Valmory n’a pas prélevé que les « tubes » de tonton Georges, pas sélectionné que les « inconnues » non plus : seulement ses préférées, celles qu’il aime chanter plus que tout, de La tondue à Oncle Archibald, de L’assassinat au Vieux Léon, du 22 septembre au Gorille… Douze titres et, comme on s’acquitte de dime ou de gabelle, un titre en plus, un cadeau, un hommage au maître : A l’enterrement de Georges Brassens, paroles et musique de Christian Valmory, comme l’exégèse en léger différé de la cérémonie mortuaire à Sète, avec, par ordre d’apparition en scènes, les copains, les copines éplorés, des filles de joie et des hôtesses de l’Olympia aux escargots de Prévert, des gendarmes de Brive-la-Gaillarde à sa bonne Jeanne : « Si au fond du ciel une grosse voix / Fait tonner un merde de l’au-delà / Ne croyez pas que c’est un mot de Dieu / C’est Georges Brassens qui s’amuse un peu. » Discret, un rien timide, Valmory n’a pas fait grand cas de cet opus dans les médias, tant que cet album avait échappé à notre vigilance. Pour l’avoir exposé le week-end dernier à Randan, le voici chamarré, épinglé au tableau de chasse de NosEnchanteurs, où, entre nous, il a toute sa place.

Christian Valmory, La country de Brassens, 2007, autoproduit. Le myspace de Valmory c’est ici.

Publicités

4 avril 2012. Étiquettes : , . Lancer de disque. 5 commentaires.

%d blogueurs aiment cette page :