2012, fort avis de souscriptions chanson

En jargon journalistique, un marronnier est un sujet qui revient cycliquement. En ce début d’année, refleurit comme perce-neiges celui sur les disques à sortir dans l’année. Comme la place est chère, mes collègues ne vous parleront que des prévisions des grands labels, le prochain Olivia Ruiz comme le futur Francis Cabrel, que du respectable en soi mais… Mais quitte à vivre la chanson autrement, NosEnchanteurs a tenté de recenser, lui, les promesses d’albums actuellement en souscriptions, sans aucune prétention à l’exhaustivité.
Des disques que, doux pléonasme, vous ne trouverez pas forcément dans les linéaires de votre supermarché. C’est pourtant que du bon, du fiable. Des promesses de belles et bonnes galettes artisanales, concoctées avec amour et indépendance, pas formatées pour deux sous. En souscrivant, vous aider concrètement l’artiste dans le financement de son projet : votre aide peut être décisive. Et, au bout du compte, vous recevez, au courrier et en avant-première, le disque promis. Avouez que c’est sympa. Allons-y !
Il est encore temps de souscrire pour le prochain disque de Francesca Solleville(dont voici le visuel). Vous avez jusqu’au 1er février ; le précieux opus sortira en fin février avec, entre autres, quelques chansons inédites (ses toutes dernières) d’Allain Leprest mais aussi d’autres de Jean-Michel Piton, Rémo Gary, Gilbert Laffaille, Thomas Pitiot, Anne Sylvestre, etc. Le site de Francesca, c’est là.
Nous vous avions également déjà parlé de la souscription pour le prochain opus de Christopher Murray (dont nous venons d’entendre en exclu un titre dans l’émission Là-bas si j’y suis). La souscription reste ouverte jusqu’à la fabrication (les mixs sont quasi-terminés, ça vient). Bulletin téléchargeable sur son site.
Après avoir rodés ses nouveaux titres en scène, Laurent Berger les enregistre. Et lance la souscription de ce qui sera son quatrième album.
Faut-il ici encore présenter l’ami Bernard Joyet ? Pas sûr, mais… Avec toujours la fidèle Miravette au piano et pas sur la touche, Joyet prépare la sortie de son quatrième opus. La souscription c’est là.
Il rajoute une pièce à sa luxuriante (et passionnante) discographie : Morice Benin annonce la sortie de Des astres annoncés pour mars prochain, pour un album qui se sera pas en bacs. Souscription encore en cours.
Nous parlions il y a peu, et avec certes un peu de retard, du nouvel album de Nicolas Bacchus. Voici le suivant qui se prépare, en souscription également

Manu Lods (photo DR)

Le Vrai métier de Manu Lods est activement en préparation et en souscription.
Quatrième album en vue pour Frédéric Bobin, avec son formidable Singapour de 2008. Sortie à l’automne : la souscription va bientôt être lancée. Le site.
Quatrième album aussi pour Fabienne Marsaudon, qui devrait sortir au printemps. Tout est sur son site, extraits inclus.
Gueule d’ange, ce Paul D’Amour, qui a tout pour lui. Là, la souscription l’aidera à sortir son premier album. Pour lui aussi, tout est sur le site.
Jean Duino, quant à lui, sort bientôt son cédé « Époque épique » auquel on peut souscrire par correspondance au prix de 20€  (asso Promocréa, 22 rue Maurice-Lasserre 33130 Bègles – contact@promocrea.com)

Alee, p'tit beur breton, "Lu et approuvé" (photo DR)

Alee, « le petit beur breton troubadour » entre phrasé hip-hop et chanson, sort son nouveau cédé, L’heure a sonné en fin février. Souscription encore ouverte sur son site.
Treizième album, si je compte bien, d’Yvan Dautin : ce sera Un monde à part. « Le CD sortira au printemps 2012 en pleines pestilentielles, dans toutes les bonnes pharmacies, pour ne pas encombrer les rayons des grandes surfaces ! » prévient le chanteur. C’est ici.
Un « live » agrémenté de quelques inédits, c’est la promesse d’un nouvel album des Blérots de R.A.V.E.L, en fin mars en bacs. Et actuellement en souscription sur leur site.
Christiane Belert prépare son 3e cédé, En attendant le jour (créations originales et quelques reprises de Brel, Caussimon et Dimey), sortie prévue fin 2012. Une souscription est en cours.
Williwaw, vous connaissez ? Ce trio lyonnais « de Chansons à Moufles pour petits et grands enfants » regroupe Evelyne Gallet, Arno Jouffroy et Jean Ribbes et envisage son premier album, en souscription il va de soi.
Gaïo est un groupe de soul-folk, dont le propos n’est pour l’heure pas en français « mais Julien, le chanteur, y travaille ». Le groupe est actuellement en studio d’enregistrement pour un LP encore en souscription.

Enfin, le festival Rencontre de la Chanson francophone de Prémilhat devrait sortir un livre fait de photos, écrits et témoignages divers qui tous racontent ce festival décidément pas comme les autres, dont NosEnchanteurs se fait un peu le porte-voix depuis deux ans. Ce livre, en souscription, viendra en soutien à ce festival très fragile financièrement.

Aux lecteurs : une panne facebook (!) m’interdit de consulter et d’agir sur mes pages. Où certains artistes ont déposé hier et aujourd’hui des informations sur d’autres souscriptions. Que je ne peux en conséquence lister ici. Pour l’heure, m’envoyer les infos par mél, merci.

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9 janvier 2012. Étiquettes : , , , , , , , , , , , , , , , . Lancer de disque, Rencontre de Prémilhat. 6 commentaires.

Scène de crimes

« Demandez la chanson du crime », 20 novembre 2011, Chok-Théâtre à Saint-Etienne.

 « Il n’y a pas qu’à Paris que le crime fleurit / Nous au village aussi on a de beaux assassinat. » La chanson, quand elle se faisait gazette, nous relatait en long et en large, en intégral, en sang pour sang, les crimes, les coupe-gorges, les bois de justice… Ce n’est rien qu’une thématique de la chanson. Et, par elle, c’est un pan notre de Histoire, qui nous exècre ou nous attire. Attention, c’est l’heure du crime.
Ils se sont mis à dix pour remuer le couteau dans la plaie, faire anthologie. Pas forcément d’ailleurs en allant très loin dans le passé, pas en épousant le répertoire des gouailleuses réalistes de l’entre-deux guerres. Non, en appelant à eux la crème des auteurs contemporains : les Trénet, Causssimon, Brassens, Lemarque, Leclerc, Béart et Prévert ; les Fersen, Leprest, Joyet, Renaud, Rivard et autres Malpolis. Même Gil Chovet, dans un répertoire adulte que quasi personne ne lui connaît, et qui est là, sur scène, en cette dizaine. Ça surine, ça assassine dans tous les coins. D’ailleurs c’est tous morts, allongés sur la scène (du crime) que le public les a découvert en entrant dans la salle : « Il coulait à ses pieds / Une rivière de sang. » De l’art de trouer le lard, de nettoyer ses instruments, de s’armer ensuite de compassion : « Quand il tuait un marmot / Il s’assurait bien que les parents / Soient pour la peine de mort. » Ici, tout le monde est assassin. Cet écolier que jadis chanta Malicorne, ce mime mis en voix par Leprest, le patron du domestique de Fersen, ce grand nègre dans le noir qui tranche la gorge de Monsieur Williams« Chantant la peine des âmes un aveugle en gémissant / Sans le savoir a marché dans le sang / Puis dans la nuit a disparu / C’était p’t’être le destin qui marchait. » Quoique, nous rappelle cette estimable assemblée, il y a d’autres façons de tuer un homme, de le détruire : « La plus belle façon de tuer un homme / C’est de le payer / Pour être chômeur. » Ou qu’il aille courir le guilledou : « J’ai pas tué, j’ai pas volé / Mais j’ai pas cru ma mère / Et je m’souviens qu’ell’ m’aimait /Pendant qu’je rame aux galères. »
Mes amis du Grac (Groupement régional d’action culturelle) se sont mis en tête de faire collection de crimes par la chanson et ont ouvert le grand livre des faits divers que paroles et musiques ont consigné parfois avec passion, parfois avec colère, avec faste ou indignation, avec le sang chaud et le froid dans le dos. C’est joliment restitué. Avec soin, avec goût et talent. Avec cœur même : « Si on disait qu’il avait le cœur sur la main / C’était pas le sien. »
Citons les dix : Annie Chaperon, Gil Chovet, Christopher Murray, Guillaume Poty, Stéphane Moscato, Djamila Zeghbab, Mireille Courbon, Jean Navrot, Florence Niccoli et l’accordéoniste Roger Blanchet. Tous sont excellents !

22 novembre 2011. Étiquettes : , , , , . Chanson sur Rhône-Alpes, En scène, Mes nouvelles Nuits critiques. 3 commentaires.

Alcaz, Murray, Solleville : souscriptions à l’appel…

Alcaz en mauvais sujets repentis ? En amoureux des bancs publics sûrement (photo DR)

Eh oui, tous les artistes ne signent pas forcément chez Universal ou chez Warner pour vous régaler de leur nouvelle production discographique. Le disque autoproduit devient, pour la chanson française « signifiante » comme dirait François Béranger, sinon une norme, au moins une réalité, parfois même sans la moindre distribution : vendu au cul de la camionnette de l’artiste à la sortie des récitals, vendus sur leur site aussi. Et l’appel à la souscription se développe.

En voici trois, trois galettes à venir, trois artistes vers qui vous pouvez aller les yeux fermés : Francesca Solleville, Alcaz et Christopher Murray. L’info chanson étant ce qu’elle est, de plus en plus déficiente, NosEnchanteurs se fait un (grand) plaisir de relayer ces appels à souscription.

Dix ans déjà ou peu s’en faut que Vyvian Cayol et Jean-Yves Liévaux, nos deux d‘Alcaz, amoureux à la ville comme à la scène, sillonnent les routes de la chanson pour y semer un peu de fraîcheur, beaucoup de bonheur. Leur précédant album, On se dit tout, fut enregistré à Philadelphie et mixé à Montréal et vit sa vie, tandis que le premier, La vie va, est pour l’heure épuisé. Le prochain, objet de la présente souscription, s’intitulera Vent fripon et devrait sortir à la rentrée, au moment même où la commémoration Brassens battra son plein. Faut dire que ce vent fripon sera entièrement tourné vers l’anar et polisson de la chanson, le natif de Sète : « Vyvian et Jean-Yves s’amusent avec de nouveaux musiciens en studio comme ils savent le faire, à la légèreté du propos, creusent la faille dans une cour de récréation sonore. Leurs deux voix, à travers leur interprétation, rendent visite de façon étonnante au poète libertaire qui, du coup, se révèle être d’une modernité surprenante. » Souscription de 20 euros par disque, port inclus, chèque adressé à Transformances, 17 place d’Amont 13390 Auriol.

Depuis le temps qu’elle nous enchante (ses premiers cabarets remontent à 1958…), on ne présentera plus Francesca Solleville, au moins pour les lecteurs de ce blog. Voici qu’elle se lance à nouveau « dans une opération périlleuse : j’enregistre un nouveau cd. J’ai une quinzaine de nouvelles chansons de mes fidèles auteurs et compositeurs : Allain Leprest, Jean-Michel Piton, Rémo Gary, Anne Sylvestre, Michel Bühler, Yvan Dautin, Thomas Pitiot, Bernard Joyet, Guy Thomas, Gilbert Laffaille, Gérard Pierron et de nouvelles rencontres ; Michel Boutet, Les Hurlements d’Léo… Si tout va bien, cet album sortira dans la joie à l’automne. » La distribution de ce disque, dont le budget d’enregistrement n’est pas encore bouclé, sera assuré par EPM. Souscription au prix unitaire de 20 euros frais de ports inclus à l’ordre de Francesca Solleville, à retourner à Hervé Le Goff, 39 rue du faubourg Saint-Denis 75010 Paris.

On connaît sans doute moins Christopher Murray, et on a tort. Ce chanteur stéphanois est riche d’un univers tendre et soyeux, nourri de sa double origine. On lira ce que j’en avais écrit, il y a peu, sur NosEnchanteurs. Ces sept dernières années, Christopher évoluait dans le cadre d’un trio épatant, qui vient toutefois de définitivement quitter la route. Ou plutôt dont les routes se séparent. C’est dire qu’on attend la suite, de savoir quels seront les nouveaux chemins de cet élégant chanteur. C’est sur des textes signés de Bruno Ruiz, de Lalo, de Philippe Cléris et de Murray himself qu’il nous revient.  D’un  océan à l’autre, son quatrième album (le précédent, Côté scène, remonte à 2008), actuellement en cours d’enregistrement, sortira en décembre. La souscription est ouverte pour boucler le budget. Disque au prix unitaire de 15 euros (frais de port offert) : chèque à l’ordre de l’Association Papillon, à adresse à Christopher Murray, association Papillon,  3 rue Victor-Duchamp 42000 Saint-Etienne.

1 juin 2011. Étiquettes : , , . Lancer de disque. 6 commentaires.

Chant en champs (et vice-versa)

Prémilhat, donc. Par touches, tout au long de la semaine passée, j’ai tenté de relater cet événement. Retour aujourd’hui sur la matinée du dimanche, pour un « concerts » en basse-cour et mini-récitals dans l’étable…
Une mâtinée dans une ferme exemplaire, pédagogique, au domaine de la Ganne, avec des animaux que, même au salon de l’agriculture, vous ne verrez jamais pareillement : chèvres alpines, chèvres du Rove, boucs nains, moutons mohairs, vaches des Highlands, poules noires du Sussex, coqs Brama… et chanteurs tous terrains, avouez que la scène vous est inédite.
En talons, en baskets, en bottes même, ils sont venus. Y’a le public, de tous âges. Des gamins bien sûrs, des adultes, des aînés aussi. Des animaux, jouant eux à domicile. Et ces autres mammifères, donc, toujours ceints d’une guitare, voire d’un accordéon. Au programme de ce tour de champs, Christopher Murray, Michel Grange, nos deux amis d’Acorps de rue et la jeune et pétillante Pauline Paris. Ainsi qu’Emmanuel Monnet, remarquable prof de musiques traditionnels au Conservatoire de Montluçon, qui fera duo impromptu avec Murray. Un délice faut-il dire. Les animaux (là, je parle des résidents habituels de la ferme) sont tous plus étonnants les uns que les autres, à croire qu’il ont fouillé les malles pour en tirer d’improbables costumes, de lourds manteaux pour les vaches. Et emprunter les cornes à d’incommensurables cocus. Les poules, les coqs rivalisent de beauté en des tenues incroyables, improbables mais réelles. Parmi ces gallinacées, Michel Grange reprend Les Oiseaux de passage et autres succès du père Brassens. A l’étable d’à coté, les Acorps rue ont trouvé un coin dans le foin, avec les chèvres : le public s’agglutine tant bien que mal dans ce lieu étroit et sombre pour mieux chanter avec eux J’veux du soleil ! Y’a vraiment que les chèvres qui ne soient pas gênées. Pauline Paris, elle, prendra l’air face à des ruminants lui disputant la vedette. La vache, c’est qu’elle a de l’aplomb, la parisienne : plus aucune scène ne lui résistera désormais ! (photos Catherine Cour)

8 novembre 2010. Étiquettes : , , , , . En scène, Mes nouvelles Nuits critiques. 3 commentaires.

Murray, symphonie d’émotions

Christopher Murray, 30 mars 2010, A Thou bout d’Chant à Lyon.

Le Christopher Murray trio (photo d'archive, Niko Rodamel)

« De l’autre côté de la mer / Il y a mon autre pays… » Depuis toujours, le patronyme de Christopher Murray trahit ses origines, même s’il se dit stéphanois. Ce qu’il est. Artiste et de deux cultures : ne le dénoncez pas à monsieur Besson… C’est néanmoins en des effluves celtes que le chanteur débute un récital passionnant, qui passera sans ambages de l’humour à la pure émotion, set d’une incroyable densité, à fleur de peau, au cœur des mots. Avec deux musiciens tout aussi étonnants que lui. Bruno Teruel, grand gars ceint d’un accordéon russe, à vous tirer de ces sons, à vous tisser de ces ambiances… Et Marion Grange, elle et ce violoncelle qui lui sert aussi bien de contrebasse ou de guitare. Elle traverserait le Gange qu’elle s’en ferait joyeusement pagaie. On croise facilement les regards et postures, parfois coquines, de cette instrumentiste douée à l’envi, qui souvent ferait le spectacle à elle seule s’il n’y avait Murray.
Le trio transpire d’une rare et belle complicité. Hors quelques virées de Murray au piano, c’est un trio soudé, classique en plein de sens, presque baroque dans la posture : ils seraient poudrés et perruqués qu’ils ne produiraient pas autrement. Car il y a vrai beauté en ce groupe.
Et du monde chez Christopher, pour vous raconter des histoires, faire fonctionner la machine à frissons, parfois celle à rire. Murray himself certes mais aussi Jean Andersson, l’écrivain Jean-Claude Mourlevat, les chanteurs et collègues Gil Chovet et Allain Leprest. Des fables drôles et bien foutues, des souvenirs d’adolescences, des blessures de la vie aussi, involontaires mais efficaces tire-larmes. Et de l’amour… « Je te prends, tu me prends, nous reprenons ensemble / Nos corps rongés de sel, de griffes et de chardons / Jusqu’à l’épuisement de nos lèvres qui tremblent… »
Gillette Duroure, collègue journaliste que j’estime, a un jour écrit à propos de ce Murray-là « Le quotidien prenait des claques, mais avec style. C’est cela, Christopher Murray, une symphonie d‘émotions jouées façon musique de chambre. » Et je ne vois toujours pas quoi ajouter à un compliment si intelligemment dit. Si ce n’est, pure incantation je le sais, qu’il serait temps que les programmateurs se déplacent au chevet de tels artistes et retrouvent l’insolent courage d’enfin programmer.

Le site de Christopher Murray, c’est ici.

2 avril 2010. Étiquettes : . Chanson sur Rhône-Alpes, Mes nouvelles Nuits critiques. 1 commentaire.

L’eau, la Terre et Michèle Bernard

Bien sûr qu’une rondelle laser ne peut seule sauver cette planète malmenée qui est la nôtre. Reste que toute initiative allant dans le sens du respect de l’environnement doit être saluée comme il se doit. Et relayée, surtout si à l’utilité publique elle allie le plaisir, le vrai…

D’abord réticente, de peur d’être étiquetée « chanteuse pour enfants », Michèle Bernard s’est piquée au vif du travail avec et pour les enfants. Souvent sollicitée par les milieux scolaires et associatifs, elle a pris ces invitations comme étant une chance, une bonne nouvelle, comme « si, tout d’un coup, le public s’ouvrait », comme aussi « l’idée d’une chanson qui relie les individus et les générations ». Un premier disque « pour enfants » est né en 2003, dans la collection « Poèmes & Chansons » d’EPM, avec plein de jolis textes, de Cadou et de Richepin, de Desnos et de Gougaud, de Carême, Jammes, Poslaniec et quelques autres de même tonneau. On connaît moins le livre-cédé Chansons en papillotes, huit titres d’un travail partagé entre artistes de la Loire (parmi lesquels Michèle Bernard, Christopher Murray, Pascal Descamps, Gil Chovet et Yves Matrat) et conseillers pédagogiques en éducation musicale de ce département : non seulement une bien belle réalisation mais aussi, pour les fans, un précieux collector. En voici un autre, cette fois-ci fruit d’un atelier d’écriture qui a vu la rencontre entre Michèle Bernard et des enfants de Givors, dans le Rhône, entre Lyon et Saint-Étienne. Le fil conducteur serait plutôt ru. Un filet d’eau que Monsieur-Je-m’en-fous se plaît à entretenir, robinets grands ouverts, pour le joli son qui plaît à son canari. Un ru, un filet qui peut démesurément grossir en un récit fleuve et se faire tsunami, tout engloutir, les corps et les cris. Qui sait être mer réunissant autant qu’elle sépare deux cultures baignées de Méditerranée. Mer charriant à l’occasion ses boat-people… Qui peut être goutte pendant au nez, pluie ou larmes… Des histoires d’eau co-crées par des gosses, avec le renfort en fin de disque de Jules Supervielle et d’Arthur Rimbaud, beaux tutorats. Un petit bijou en soi, aux textes soignés, aux musiques entêtantes, qui peut être support d’autres initiatives scolaires, de projets de centres de loisirs… Car la goutte d’eau peut devenir histoire-fleuve et une rondelle laser effectivement faire son bonhomme et bonheur de chemin…

Poésies pour les enfants chantées par Michèle Bernard, Poètes & Chansons, 2003, EPM.

Chansons en papillotes, 2007, Éditions musicales Lugdivine, tél.04.37.41.10.40 ; ed.lugdivine@wanadoo.fr

Michèle Bernard, Monsieur je m’en fous, 2008, Enfance et Musique/Harmonia Mundi.

Autre cédé des éditions Lugdivine, en soi estimable, dans une même veine verte : Le Secret d’Ekholo, conte musical pop-rock écolo, écrit, composé et réalisé par Bertrand de Saint-Germain, dont l’intrigue tient en cet argument : « Voici l’incroyable aventure vécue par Kooki, sage lapin en peluche, entraîné par une coalition d’animaux déjantés, à la découverte de la terre et du grand secret d’Ekholo : un secret qui pourrait sauver la terre de la pollution ». Sympa et dynamique.

10 janvier 2010. Étiquettes : , , , , , . Chanson sur Rhône-Alpes, Lancer de disque, Pour les mômes. Laisser un commentaire.

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