Mômes en Zic : l’Alors-Chante des enfants

Jacques Haurogné (ph. DR)

On se dit qu’ils ont trouvé le moyen de faire baby-sitting intelligent, d’occuper les mômes pendant que leurs parents vont se perdre dans la foule de Zebda, de Dutronc, Camille ou Presque Oui.
Ben non, c’est mieux et plus que ça même. Comme une poupée russe, le festival Alors chante de Montauban en a fait naître un autre en son sein : Mômes en Zic. Une annexe, un appendice ? Non, un vrai festival ! Avec une programmation tip top, superbe, tant qu’on aimerait rajeunir, ou gratter sa date de naissance sur sa carte d’identité pour en écrire une plus proche dans le temps.
La chanson pour enfants semble s’être débarrassée des Dorothée et Chantal-Goya d’antan, de tous ces parasites débilisant qui faisaient sans vergogne les poches et la tirelire des gosses. De nos jours, les chanteurs pour « jeunes publics » travaillent les mots, peaufinent le verbe, travaillent le poésie et l’imaginaire des enfants à partir de ce qu’ils sont, de ce qu’ils vivent, de ce qu’ils rêvent. Walt Disney et Bécassine sont alors loin, qui ont laissé place à de la vraie chanson, qui prend les mômes pour ce qu’ils sont : intelligents et sensibles.

Le Zèbre à trois de Chtriky (photo DR)

Au programme cette année à Montauban : Chtriky (Zèbres à trois), Merlot (Au fond de la classe), Pascal Peroteau (Ça m’énerve), Les Wackids (L’histoire du rock’n toys), Jacques Haurogné (Les petites fabulettes : doudous perdus ; Les grandes fabulettes : l’île en eau), Petit Noof, Franz (Bas les pattes), Oldelaf (Bête et méchant) et les Saltimbrank’s (Perds pas le fil) : que du bon ! On notera le nombre d’artistes au répertoire « adulte » qui se tournent volontiers vers les (beaucoup) plus jeunes : Merlot, Chtriky, Oldelaf, Noof, même Haurogné même si ça fait longtemps qu’il courtise les préaux d’école et cours de récré. Cette heureuse initiative, qui allie la pédagogie au pur plaisir et formera peut-être les futurs bataillons de la chanson, n’est pas la seule : ainsi les Francofolies de la Rochelle qui tiendront en, juillet prochain leurs 7e Francos Juniors (avec François Hadji-Lazaro et Pigalle, Michèle Bernard, Tony Truant (des Wampas) et Dorothée de Monfreid, Merlot ainsi que la Compagnie Nid de Coucou).

Alors chante ! 27e édition, à Montauban, du 14 au 20 mai 2012 avec, entre autres, From et Ziel, Liz Cherhal, Tiou, Jeanne Plante, Les Yeux d’la tête, Moran, Berry, Chloé Lacan, Presque Oui, Dimone, L, Carmen Maria Vega, Hubert-Félix Thiéfaine, Becs bien zen, Les Grandes bouches, Zebda, Camille, Agnès Bilh & Anne Sylvestre, Clément Bertrand, Blankass, Wally et Hk & les Saltimbranks. La programmation complète ici. http://www.alorschante.com/index.php/programmation/grille-de-programmation

5 mai 2012. Étiquettes : , , . Festivals, Pour les mômes. 1 commentaire.

Chtriky, deuxième donne

Difficile de porter jugement, de faire critique sur un tel album tant l’impression qui s’en dégage est différente d’une plage l’autre. Tentons quand même. Et débutons par la fin, là où c’est plus facile. Il fallait que le tube de Chtriky soit gravé : il l’est. Digne des Frères Jacques, des Victor-Racoin, des Entre 2 Caisses, une histoire de chewing-gum qu’on se refile comme une patate chaude… Hilarant. Et cet autre titre, La Guinguette des fines gueules, que se partagent, outre Chtriky, Entre 2 Caisses justement, Michèle Bernard, Xavier Lacouture et Gérard Morel, que des copains, forcément moment de pure anthologie. Rien que pour ça, votre achat est largement amorti. Les onze autres titres sont bonus, sensible et intelligent cadeau. On connaissait Hervé Peyrard, le parolier chanteur de Chtriky, par sa participation à ces garçons qui ont longuement accompagné Morel. Même caché par la carrure du boss (mais pas pas sa chevelure), on devinait le talent du clarinettiste-chanteur. Peyrard s’est mis à écrire pour Évasion. Et pour les quatre gaillards d’Entre 2 Caisses. Et pour lui, pour Chtriky. C’est leur second album, qu’on a envie de conseiller avant qu’il ne soit introuvable, icône et collector à la fois. Avec trois fois rien, Peyrard vous tricote une chanson qui vous tiendra chaud. Avec des papillons, des coccinelles et des chagrins à bouffer. Avec un paillasson même. Et le « Primal de l’animal ». Puis dans une chambre, drame imminent qui se joue… Chaud et froid, rire et sensibilité, mais même soucis d’une écriture exigeante qui, parfois,toujours, se joue des mots avec habileté et délivre sa propre musicalité. C’est dire si ça doit être confortable pour les musiciens, de se couler en une écriture si parlante, dans des propos à si belles portées.

Chtriky, Jouer des jours, 2009, autoprod. Voir le site.

19 novembre 2009. Étiquettes : , , . Chanson sur Rhône-Alpes, Lancer de disque. Laisser un commentaire.

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