« Laissez passer les sans-papiers… »

Ode de cœur à un État sans…

Juchés sur le toit d’un bus, Jeanne Cherhal, Jane Birkin, Régine, Clarika, Agnès Jaoui et pas mal d’autres chanteurs, cinéastes, intellectuels, scientifiques et gens du peuple, ont fait la sérénade hier à Monsieur Besson, ministre de l’immigration et de l’identité nationale, en chantant à tue-tête, au son de l’accordéon, Les P’tits papiers (de Serge Gainsbourg) en soutien à ceux qui n’en n’ont pas. « Laissez passer… les sans-papiers… » Question : le chant de ces sirènes peut-t-il émouvoir un homme sans cœur ? Ce n’est certes qu’une chanson, trois minutes pas plus, mais ça restera l’image de cette journée de manifestation « contre la xénophobie d’Etat » qui se déroulait hier dans la Capitale ainsi qu’en de nombreuses villes françaises et européennes. Pour ces artistes, Les P’tits papiers est « une chanson ironique et symbolique porteuse d’espoir dans la tourmente ». Artistes qui seront à l’affiche de « Rock sans papiers », concert de soutien aux travailleurs et familles sans papiers, le 18 septembre à Paris-Bercy, aux côtés d’autres chanteurs parmi lesquels Cali, Jacques Higelin, Yves Jamait, Agnès Bihl, Emily Loizeau, Têtes raides, Tryo, Aldebert et pas mal d’autres encore.

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5 septembre 2010. Étiquettes : , , , , . Saines humeurs. Laisser un commentaire.

Clarika, elle de mieux en mieux

Clarika, 13 mars 2010, salle Jean-Dasté à Rive-de-Gier.

Clarika en icône (photo tirée du site officieux)

Nous l’avions vue l’an passé à Saint-Étienne, dans ce même spectacle, en un espace riquiqui, scène trop étroite d’un Magic-Mirrors. Spectacle de fait tronqué où la chanteuse manquait d’espace, pas de brio… En fait d’espace, son décor fait galaxies, constellations… ou déco de Noël, c’est selon. C’est beau, irréel, profond, féérique. C’est en tous points, en des myriades de touches, de tâches… lumineux. Et magique. C’est en fée, en effet, qu’elle déboule, capable de tout, de tout changer. Et d’abord elle, en Moi, en mieux. « Et je marche, solaire / Sur la cinquième avenue… » Car, le savez-vous, à force de lire des dithyrambes sur elle, madame est devenue icône et s’emploie, un peu gauche, à faire usage des codes qui sied à son nouveau statut, à sa stature. Ainsi de ne plus nous parler même si, pour l’heure, la pie jacasse, envisageant pour elle d’autres possibles avenirs. Elle hésite. En fait c’est cela Clarika. Clarika n’est qu’hésitations. Choix étalés, jamais tranchés. Dans les vestiaires des hommes, elle serait Paul ou Léon. Ou bien porte-savon. Ou courant d’air, souffle court. Dans le jeu de cartes de sa destinée, qui va-t-elle tirer ? Sera-t-il mac ou pc, lira-t-il Proust ou Mallarmé, sera-t-il souvent malade ? Joker. Toujours entre certitudes et incertitudes, grandes résolutions, petites révolutions. Et si elle dit Bien mérité à l’adresse de ceux qui ont eu la maladresse de ne point naître ici, ça veut tout dire le contraire. C’est du reste l’une des plus belles chansons qui soient, une des plus fortes… Et quand le bonheur vient, étrange, intense, elle chante Ça s’peut pas. Rien n’est par elle acquis même le vrai, tout est tas de sable, mouvant, étonnement émouvant… Il y a du Souchon en Clarika, à chanter nos p’tites vies, nos espoirs. L’air du temps avec un rien qui ruine tout et fixe cette époque indécise, ces temps qui vont couci-couça, sans grandiloquence, avec juste un peu de rêve, d’espoir, tout petit, sans relief, vies ordinaires de foules sentimentales. Il y a surtout, sans le moindre doute, une grande artiste de scène, en un show époustouflant, sans repos ni répit, chanteuse au sein d’une bien belle équipe complice. Une chanteuse qui fait gamine et adulte à la fois, Lio et Barbara mêlés… Non une bête de scène, non, simplement une artiste sincère et douée, qui fait son boulot avec grand, très grand talent. C’est d’ailleurs ça que le public lui rend, avec ce même talent, en une fusion rare, bouquet de réel bonheur.

Le site officiel de Clarika ; le site officieux.

18 mars 2010. Étiquettes : . Mes nouvelles Nuits critiques. Laisser un commentaire.

Chez Leprest, vol.2 : trop bien ! hélas…

« La différence entre Leprest et moi, c’est que Leprest a le talent et moi le succès. Ce serait à refaire que ce serait bien que ce soit l’inverse » m’avait, en substance, dit un jour Renaud.
Renaud n’est pas (encore) du lot de ceux qui interprètent Leprest, mais y’a du monde qui s’y pressent : le source ne tarit pas. Deuxième hommage collectif à l’Allain, deuxième fournée, dans un spectre large qui en dit long sur Leprest et sa place dans la chanson. De Gérard Morel à Adamo, de Clarika à Anne Sylvestre, d’Alexis HK à Gérard Pierron, le générique est, comme sur le premier volume, impressionnant. Et chacun à sa place. Trop peut-être. On ne sait comment se sont adjugés ces titres mais l’impression est que chaque chanson va comme un gant à son nouvel interprète, trop, qu’elle lui était prédestinée. Sylvestre semble faire du Sylvestre avec des mots de Sylvestre, même s’ils sont signés Leprest. Pareil pour Laffaille, Adamo ou Morel. Foulquier le jeune retraité d’Inter y chante La Retraite… Amélie arrose les fleurs qu’on diraient fleuries dans son piano, les Kétanou se la jouent SDF dans la rue. Francesca s’arrache les clous des poings qu’elle lève comme à l’accoutumée. Et Pierron rêvasse comme Pierrot, dans la lune, par l’entremise de Gagarine. Ce disque n’est que satisfactions qui s’empilent. Pile mais jamais face, pas de surprises. Il est juste ce qu’on en attend alors qu’il eut fallu nous surprendre quelque peu, nous secouer le Leprest, distribuer autrement les rôles et partitions, créer les dissonances, prendre des risques, susciter des étincelles surnuméraires, jouer avec ce matériau d’exception qu’est l’œuvre d’Allain.
Déçu ? Non, ce disque est grande galette qu’on usera jusqu’à la corde et bien au-delà du cd, en une magnifique et émouvante piste cachée, qu’on croquera par tous les bouts, d’autant qu’il y en a une deuxième dans le coffret, dvd tiré du premier volume, avec Jehan et Guidoni, Lantoine et Jamait, Ruiz et Lavoie, Bihl et Vilard… Grand luxe qu’on prendra pour cadeau à l’approche des fêtes mais pas que. Cadeau pour la vie !

Coffret cd-dvd Chez Leprest, Vol.2, Tacet/L’Autre Distribution. Sortie le 7 décembre 2009. Allain Leprest et ses amis seront sur la scène du Casino de Paris le 8 mars 2010.

29 novembre 2009. Étiquettes : , , , , . Lancer de disque. 2 commentaires.

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