2011, le palmarès discographique de NosEnchanteurs. Et le vôtre ?

En ces dernières heures de l’année, il est tentant de faire comme tout le monde (et comme me le suggère mon collègue et ami québécois Francis Hébert), d’établir son classement discographique de l’année. Même si ni moi ni personne ne peuvent avoir la prétention de connaître tous les albums de l’année…  Je vous invite à faire de même, à tenter votre palmarès. Si beaucoup de lecteurs jouent ce jeu, ça nous donnera un portrait intéressant de NosEnchanteurs et de son lectorat.

Attention à ne faire figurer dans votre liste que des albums effectivement parus cette année 2011. La règle est cruelle qui prive de ce classement des albums qui viennent de sortir, que vous n’avez peut-être pas encore écoutés (comme le dernier cédé d’Hervé Lapalud, bien trop neuf…) ou des disques d’avant 2011 (parfois de peu) que vous n’avez découvert que cette année. Mais c’est ainsi… Il n’y a rien à gagner, si ce n’est la considération et les remerciements du taulier.

Voici mon classement, forcément subjectif, mais quand même… Pas de compilation ni de disque en public, si ce n’est ce Malicorne, de fait exceptionnel. Chacun de ces cédés a fait l’objet d’un billet dans NosEnchanteurs (il suffit de cliquer sur le nom de l’artiste).

  1. Béa Tristan (photo ci-dessus), « Mr Meccano », autoproduit
  2. Lola Lafon, « Une vie de voleuse », Le Chant du monde/Harmonia mundi
  3. Sylvain Giro, « Le batteur de grève », autoproduit/Coop Breizh
  4. Florent Marchet, « Courchevel », f2fmusic/ Pias
  5. Wladimir Anselme, « Les heures courtes », Klaxon/L’Autre distribution
  6. Pascal Rinaldi, « Passé le zénith », autoproduit/Disques Office
  7. Camel Arioui, « La java des anges », Samedi 14/L’Autre distribution
  8. Evelyne Girardon, « La fontaine troublée », Compagnie Beline/L’Autre distribution
  9. Clément Bertrand, « Le salut d’un poisson », Interférences/La malle d’Octave
  10. Malicorne, « Concert exceptionnel aux Francofolies de La Rochelle », Sony music/Productions Sterne

Pour que cet appel à contribution soit intéressant en terme de résultats, faites tourner ce billet, partagez-le amplement. Merci. En vidéos, Béa Tristan et Malicorne.

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29 décembre 2011. Étiquettes : , , , , , , , , , . Divers, Lancer de disque, Les événements. 21 commentaires.

Clément Bertrand, fusains aussi noirs qu’élégants

« Au bistrot, les anciens dissèquent / La nostalgie sous des casquettes / Ici le ressac fait cul sec / D’une traite on boit sa retraite / Sans rendre le dernier hoquet / Je flotte aux bouchons des bouteilles / Pour nager du bout des orteils / Je ne suis qu’un marin à quai. » Même en s’en défendant, les noms de Lantoine et de Leprest s’imposent à l’écoute : pareille façon de frotter les mots, de les décocher, de les lancer à l’aventure, de ces vers additionnés qui poursuivent une idée, qui, au bout du compte, à l’addition des notes, font chanson. Et drôle de mémoire. Dès les premiers vers, on est saisit, on s’arrête de tout, on écoute, intrigué, interloqué. L’univers de Bertrand est dense, poisseux, prenant, poignant. Bertrand a, comme on s’en doute, la voix râpeuse de ceux que la vie cingle. Ça doit être cause aux vents de son île d’Yeu. Ça tempête dans le gosier, ça rend gorge. Les textes en sont tous rugueux, comme l’est l’existence. « Des arbres dépouillés, en coup de vent l’huissier / De l’automne est venu solder nos banqueroutes / En chèque en bois pleut des feuilles de créanciers / Il n’y a pas qu’en été que le fin de mois doute. » Coups durs, coups bas, vies à crédits, misère  étalée, santé contrariée, exécutions ordinaires, mort, les vers de Bertrand sont comme dessins, pas même caricatures, fusains forcément noirs, traits épais mais finement tracés, maux joliment calligraphiés. C’est étonnant, souvent bouleversant.

Pas trente ans le Bertrand et déjà ce troisième album (L’hypocondriaque en 2004, L’amour dans une brocante en 2006), longuement macéré, sans doute celui de la reconnaissance : comment pourrait-il en être autrement ? Chaque chanson est d’une incroyable densité. De mots certes, surtout d’ambiance. Et la belle écriture, et l’interprétation…

Depuis toujours, Clément Bertrand est un duo. Fait de Clément Bertrand, certes, et du pianiste Grégoire Gensse, son frangin de scène, qui vous tricote ici une de ces textures musicales particulières, composée de ses touches, les noires, les blanches, des acoustiques, des électriques, mais aussi de boîtes à musiques, de diverses percussions, faisant la mer calme et les 30e rugissants : « Grégoire fait peur aux loueurs de piano parce qu’il les cogne (les pianos, pas les loueurs) et trafique le cordier à l’aide de fourchettes, de verres, de crayons, pour le plaisir des oreilles ouvertes, dans tous les sens du terme. Du coup on a mis sa dinette et mes mots dans le même sac et on est parti brailler nos bêtises un peu partout » en dit Bertrand. Par toutes les plages de ce disque océan, on sent cette complicité.

Clément Bertrand, Le salut d’un poisson, 2011, Interférences/La malle d’octave. Le myspace de Clément Bertrand c’est ici.

19 décembre 2011. Étiquettes : . Lancer de disque. 3 commentaires.

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