Tout l’or du monde d’Eric Vincent

Le nom de ce français sonne un peu, beaucoup, à l’étranger. Aux Etats-Unis notamment où il tourne chaque année. Au Brésil et à Singapour aussi. A Mexico comme à Bangkok. Et dans d’autres ailleurs où il est pareillement apprécié. Cent quarante pays en tout, nous informe sa bio. Mais pas en France, même si c’est là qu’il réside, dans une péniche sur la Seine, au cœur de la Capitale. Même si c’est là où il a commencé il y a pas mal de temps. Tant  qu’on l’a vu en première partie de Jacques Brel… Tant que les cabarets s’en souviennent, tant que s’y noue alors entre lui et Moustaki une amitié que rien n’altérera, gravée dans la pierre comme dans le disque, tous ses disques. Ça fait quatre décennies qu’Eric Vincent parcours le monde avec ses chansons. En français, tant il est vrai qu’à l’étranger on aime les chanteurs français qui chantent en français. A plus forte raison quand leurs textes sont faits d’élégance. Il n’y a qu’en France où les p’tits jeunes chantent en english pour mieux jouer d’hypothétiques rebelles. Moustaki, préfaçant le nouvel opus de Vincent, en dit : « Cet infatigable voyageur dispense ses mots et ses mélodies dans les deux tiers de la planète. Il est temps que le public français connaisse et reconnaisse son talent à travers les chansons de ce nouvel album. »
Eric Vincent, c’est de la chanson travaillée, bien ciselée, configuration classique, prête à défier le temps et les modes par nature versatiles. Pas un débutant donc, et forcément sa chanson s’en ressent, où la critique n’a que peu de prises pour s’y faire les dents. Le verbe est y assuré, rassurant. Qui nous parle d’amour, des autres, des atrocités de ce monde fou (« Toujours pas de Club Med / A Guantanamo… ») et du refuge qu’est la poésie. Hommages à Dino Buzzati et à Albert Camus, ce dernier par la chanson-titre, L’or de l’instant, au couplet toujours recommencé, comme l’est Sisyphe : « Pousser, pousser, pousser la pierre / Encore plus haut / Jusqu’au sommet de la colline / Pousser, pousser, pousser la pierre / Toujours plus haut / Sans ne jamais prendre racine. » A découvrir pour adopter.

Eric Vincent, L’Or de l’instant, 2011 Bémol productions/Editions Pluriel. Le site d’Eric Vincent, c’est  ici.

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8 octobre 2011. Étiquettes : . Lancer de disque. 1 commentaire.

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