Je Rigole sacré à « Vive la reprise » 2012 !

Je Rigole (photo Anne-Marie Panigada)

C’était hier mardi la finale du concours « Vive la reprise ! », 18e du nom, organisé par le centre de la Chanson, à Paris. Avec cette fois la mise à l’honneur (c’est en une !) du magnifique répertoire de Clarika. Bonne ambiance et salle blindée comme on dit, même les concurrents infructueux des sélections de la veille étaient présents dans les rangs serrés du public, c’est dire.
Le lauréat 2012 est sans conteste Je Rigole qui s’adjuge le Grand prix du Centre de la Chanson (succédant ainsi à Jérémie Bossone), le prix de l’Esprit Frappeur et le prix AMJA/Ville d’Angers ;
Emilie Marsh remporte le prix de l’Adami ainsi que le prix Edito-Musiques) ;
Evelyne Gallet truste le prix de la Sacem, le prix Edito-Musiques et le prix Ecoutez-Voir ;
Noah Lagoutte  s’adjuge le prix de l’Unac ;
Pour Emilie Cadiou le prix du public et celui de Chansons de parole ;
Cocofka gagne le prix ACP/La Manufacture chanson ;
Enfin, Bastien Lanza repart avec le prix A Thou bout d’Chant et le prix AMJA/Ville d’Angers.

Emilie Marsh (photo Anne-Marie Panigada)

Ce que valent ces prix :
Grand prix du Centre de la chanson (1.500 € en aide professionnelle),
Prix de l’ADAMI (2.000 €), Prix de la SACEM (1.500 €), Prix de l’UNAC (500 €),
Prix du public : programmation à La Scène du Canal
Chansons de parole : programmation au festival de Barjac
L’Esprit Frappeur : programmation à L’Esprit Frappeur / Lutry (Suisse)
Ecoutez Voir : programmation au festival « 1 chanson peut en cacher une autre » (Belgique)
ACP/La Manufacture chanson : programmation à l’Espace Christian-Dente (Paris)
Edito Musiques : programmation aux « Lundis de la chanson » au XXe Théâtre (Paris)
AMJA/Ville d’Angers : programmation au Théâtre d’Angers
A Thou Bout d’Chant : résidence à A Thou Bout d’Chant (Lyon)

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18 avril 2012. Étiquettes : , , , , , , . Les événements, Prix. 5 commentaires.

2012, fort avis de souscriptions chanson

En jargon journalistique, un marronnier est un sujet qui revient cycliquement. En ce début d’année, refleurit comme perce-neiges celui sur les disques à sortir dans l’année. Comme la place est chère, mes collègues ne vous parleront que des prévisions des grands labels, le prochain Olivia Ruiz comme le futur Francis Cabrel, que du respectable en soi mais… Mais quitte à vivre la chanson autrement, NosEnchanteurs a tenté de recenser, lui, les promesses d’albums actuellement en souscriptions, sans aucune prétention à l’exhaustivité.
Des disques que, doux pléonasme, vous ne trouverez pas forcément dans les linéaires de votre supermarché. C’est pourtant que du bon, du fiable. Des promesses de belles et bonnes galettes artisanales, concoctées avec amour et indépendance, pas formatées pour deux sous. En souscrivant, vous aider concrètement l’artiste dans le financement de son projet : votre aide peut être décisive. Et, au bout du compte, vous recevez, au courrier et en avant-première, le disque promis. Avouez que c’est sympa. Allons-y !
Il est encore temps de souscrire pour le prochain disque de Francesca Solleville(dont voici le visuel). Vous avez jusqu’au 1er février ; le précieux opus sortira en fin février avec, entre autres, quelques chansons inédites (ses toutes dernières) d’Allain Leprest mais aussi d’autres de Jean-Michel Piton, Rémo Gary, Gilbert Laffaille, Thomas Pitiot, Anne Sylvestre, etc. Le site de Francesca, c’est là.
Nous vous avions également déjà parlé de la souscription pour le prochain opus de Christopher Murray (dont nous venons d’entendre en exclu un titre dans l’émission Là-bas si j’y suis). La souscription reste ouverte jusqu’à la fabrication (les mixs sont quasi-terminés, ça vient). Bulletin téléchargeable sur son site.
Après avoir rodés ses nouveaux titres en scène, Laurent Berger les enregistre. Et lance la souscription de ce qui sera son quatrième album.
Faut-il ici encore présenter l’ami Bernard Joyet ? Pas sûr, mais… Avec toujours la fidèle Miravette au piano et pas sur la touche, Joyet prépare la sortie de son quatrième opus. La souscription c’est là.
Il rajoute une pièce à sa luxuriante (et passionnante) discographie : Morice Benin annonce la sortie de Des astres annoncés pour mars prochain, pour un album qui se sera pas en bacs. Souscription encore en cours.
Nous parlions il y a peu, et avec certes un peu de retard, du nouvel album de Nicolas Bacchus. Voici le suivant qui se prépare, en souscription également

Manu Lods (photo DR)

Le Vrai métier de Manu Lods est activement en préparation et en souscription.
Quatrième album en vue pour Frédéric Bobin, avec son formidable Singapour de 2008. Sortie à l’automne : la souscription va bientôt être lancée. Le site.
Quatrième album aussi pour Fabienne Marsaudon, qui devrait sortir au printemps. Tout est sur son site, extraits inclus.
Gueule d’ange, ce Paul D’Amour, qui a tout pour lui. Là, la souscription l’aidera à sortir son premier album. Pour lui aussi, tout est sur le site.
Jean Duino, quant à lui, sort bientôt son cédé « Époque épique » auquel on peut souscrire par correspondance au prix de 20€  (asso Promocréa, 22 rue Maurice-Lasserre 33130 Bègles – contact@promocrea.com)

Alee, p'tit beur breton, "Lu et approuvé" (photo DR)

Alee, « le petit beur breton troubadour » entre phrasé hip-hop et chanson, sort son nouveau cédé, L’heure a sonné en fin février. Souscription encore ouverte sur son site.
Treizième album, si je compte bien, d’Yvan Dautin : ce sera Un monde à part. « Le CD sortira au printemps 2012 en pleines pestilentielles, dans toutes les bonnes pharmacies, pour ne pas encombrer les rayons des grandes surfaces ! » prévient le chanteur. C’est ici.
Un « live » agrémenté de quelques inédits, c’est la promesse d’un nouvel album des Blérots de R.A.V.E.L, en fin mars en bacs. Et actuellement en souscription sur leur site.
Christiane Belert prépare son 3e cédé, En attendant le jour (créations originales et quelques reprises de Brel, Caussimon et Dimey), sortie prévue fin 2012. Une souscription est en cours.
Williwaw, vous connaissez ? Ce trio lyonnais « de Chansons à Moufles pour petits et grands enfants » regroupe Evelyne Gallet, Arno Jouffroy et Jean Ribbes et envisage son premier album, en souscription il va de soi.
Gaïo est un groupe de soul-folk, dont le propos n’est pour l’heure pas en français « mais Julien, le chanteur, y travaille ». Le groupe est actuellement en studio d’enregistrement pour un LP encore en souscription.

Enfin, le festival Rencontre de la Chanson francophone de Prémilhat devrait sortir un livre fait de photos, écrits et témoignages divers qui tous racontent ce festival décidément pas comme les autres, dont NosEnchanteurs se fait un peu le porte-voix depuis deux ans. Ce livre, en souscription, viendra en soutien à ce festival très fragile financièrement.

Aux lecteurs : une panne facebook (!) m’interdit de consulter et d’agir sur mes pages. Où certains artistes ont déposé hier et aujourd’hui des informations sur d’autres souscriptions. Que je ne peux en conséquence lister ici. Pour l’heure, m’envoyer les infos par mél, merci.

9 janvier 2012. Étiquettes : , , , , , , , , , , , , , , , . Lancer de disque, Rencontre de Prémilhat. 6 commentaires.

La chanson, toute la chanson, à la radio ? Pas de quoi devenir fou…

Un peu de Michèle Bernard sur les antennes de service public, est-ce pure folie ? (photo DR)

J’aime ces commentaires qui, autant que certains articles, peuvent faire débat. Et suis honoré quand d’estimables confrères les lancent sur NosEnchanteurs. Ainsi le québécois Francis Hébert (dont je vous recommande le blogue). Hébert écrivait, ici, il y a peu : « Je pense qu’il faut se faire une raison : cette chanson poétique que nous aimons, les Louis Capart, Gérard Pierron, Anne Sylvestre, ça n’intéresse plus personne de nos jours et, même s’ils tournaient sur France Inter, ça ne marcherait pas davantage. Et puis, honnêtement, vous aimeriez ça que France Inter diffuse toute la journée du Allain Leprest, Francesca Solleville, Romain Didier, Dick Annegarn ? On deviendrait fou. »
Sans nullement sortir de mes gonds, j’ai quand même envie de répondre.
Répondre, d’abord, que je vis cette chanson (mais pas que celle-là), celle des « Capart, Pierron, Sylvestre, Leprest, Solleville, Didier ou Annegarn » au plus près, dans les salles, en ces festivals (de plus en plus rares, cause à l’air du temps, air vicié il s’entend), qui daignent les programmer. Que je sache, le public est là, bien présent. Certes, ce ne sont pas des Zéniths bondés. Et heureusement, ces grandes salles n’étant pas faites pour la chanson, ne sachant rien restituer de l’émotion. « Ça n’intéresse plus personne de nos jours » ? dit Francis Hébert. Et bien si : je le constate de visu, et ne suis pas le seul. Personne ne demande d’ailleurs à ce qu’Inter diffuse ces artistes en permanence. Des artistes qui sont nombreux, des centaines, des milliers, trop peut-être. Et ceux-là, les Romain Dudek ou Gérard Morel, Eric Vincent ou Claudine Lebègue, Jean Humenry ou Batlik, Hervé Lapalud ou Sophie Térol, n’interdisent en rien la diffusion des Voulzy et Souchon, Camille et Berry. C’est pas les petits labels contre les gros, simplement le bon sens, la nécessité que le service public diffuse un large panorama de la chanson, de notre patrimoine vivant. Ça devrait être écrit noir sur blanc dans son cahier des charges, sa feuille de route.
Pourquoi Inter (et les autres radios, bien sûr) nous imposent un « format » précis, en niant de fait tout le reste, en nous interdisant d’en prendre connaissance. Est-ce cela la démocratie ? Surtout (là, j’insiste) quand ce format ne correspond (comme par hasard) qu’à de gros labels, de gros intérêts financiers…
Retournons l’argument premier de l’ami Hébert. Ça peut donner ça : « Et puis, honnêtement, vous aimeriez ça que France Inter diffuse toute la journée du Keren Ann, Jean-Louis Aubert, Zaza Fournier, Julien Clerc, Julien Doré, Benjamin Biolay, Thomas Dutronc, Camille, Bjork ? On deviendrait fou. » Bah, c’est exactement ce que nous vivons : je ne cite que des noms extraits de l’actuelle play-liste de France-Inter, la liste officielle des artistes accrédités, ce qu’on entend à longueur d’antenne.

Un peu de Romain Didier, c'est trop demander ?

Si Michèle Bernard ou Véronique Pestel, si Manu Galure ou Gérard Delahaye, si Entre 2 Caisses ou Sylvain Giro (etc.) étaient diffusés autant que le sont ceux qui squattent les actuelles play-listes, ce ne serait que justice. Les auditeurs sauraient alors qu’ils existent et pourraient faire leur choix (mais « on nous cache tout, on nous dit rien » chante le père Dutronc). On ne devient pas plus fou à écouter du Claudine Lebègue qu’à écouter du Camille. De plus ce n’est pas (surtout pas) au service public de nier le pan le plus important de la chanson. La play-liste d’Inter (je n’ose même pas parler de celles des radios privées) n’est que la partie émergente de la chanson, sa dimension éminemment commerciale. Moi je parle de toute la chanson, des 99% restants qui n’ont pas droit d’antenne, comme une censure de fait. Ou alors, pour certains, entre 2 heures et 5 heures du matin, chez Levaillant. Ou chez Meyer, le samedi midi.
Dimanche dernier, alors branché sur France-Info, j’ai entendu la voix de Michèle Bernard : putain ça fait du bien ! C’était un court extrait dans la chronique dominicale de Dicale. Un court extrait de service public et c’était bien. Pas de quoi devenir fou.

En vidéo, Véronique Pestel et Evelyne Gallet, deux artistes que j’imagine bien en play-liste. A tout prendre, elles valent bien Daphné et Camélia Jordana. Est-ce pure folie de ma part ?

15 décembre 2011. Étiquettes : , , , . Saines humeurs. 54 commentaires.

Barjac (7) : Gallet et Morel, politiquement incorrects

De Cat (là, je fais Cour !),

Mardi soir au château : c’est la soirée des « grands talents, grandes gueules et gros mots ».

Arnaud Jouffroy et Évelyne Gallet : ça dépote ! (photos Catherine Cour)

La première à s’exprimer est la haute-savoyarde et néanmoins lyonnaise Évelyne Gallet. Elle, c’est pas le genre de nana à mâcher ses mots ! (ni ceux de Patrick Font, auteur de 90 % de ses textes, le restant étant du regretté Matthieu Côte). Elle, ce sont les musiques qui la branchent.
Ça ne l’empêche pas de dire haut et fort ce qu’elle a choisi de chanter. Bien qu’elle sache aussi être douce et tendre, le restant du temps, c’est plutôt l’amour vache et son « gallet » (en forme de boulet de canon), elle a plutôt tendance à l’envoyer loin dans la mare de notre conformisme. Tant pis s’il éclabousse et fait quelques taches sur les beaux esprits bien propres sur eux… Même édentée, sa « Vieille » réussit à mordre. Son prince charmant se fait attendre ? Qu’à cela ne tienne : le jardinier fera bien l’affaire… Elle met de son côté toutes les femmes un peu « rondes » et ressort sa tendresse en évoquant « Les confitures » de sa mamy (titre de son premier CD).
Encore une qui n’ira pas à la garden-party de l’Élysée : « Monsieur le président, quand vous dites que la France / A décidé ceci, a décidé cela / Je ne suis pas d’accord, vous n’êtes pas la France / C’est déjà pas trop mal d’être chef d’État / Voyez-vous, ça me rend presque soixante-huitarde / Quand je vous vois vous prendre pour tout un pays / C’est un peu comme si moi, qui suis savoyarde / Je disais à mon mec « Appelle-moi Chambéry […] Tôt ou tard, la statue se déboulonne et croule / Les mômes et les piafs se réunissent et font / Pipi, caca dessus car une statue, ma poule / Ça fait de l’ombre au peuple et c’est le phare des cons / Monsieur le président, vous n’êtes pas la France / Mais loin de moi l’envie de vous faire la leçon / Vu que ce que je chante n’a pas plus d’importance Qu’une promesse faite avant les élections. » Gros succès pour Évelyne, qui sort sous un tonnerre d’applaudissements.

La fameuse Clique qui l'accompagne. Qui ? Morel, mais ça, c'est pour demain sur NosEnchanteurs...

Puis c’est le tour de Gérard Morel et de sa troupe (dans laquelle on reconnaîtra Hervé Peyrard, du groupe Chtriky… mais pas que !). Je n’ai malheureusement pas pu noter les noms ! (1) Mais je suis quand-même au festival pour :
1°) profiter des spectacles et en discuter avec mes collègues festivaliers ;
2°) faire quelques photos ;
3°) en faire plus que prévu pour illustrer mes comptes-rendus (il faut que mon rédac’ chef ait un large choix) ;
4°) rédiger les dits comptes-rendus ;
5°) envoyer tout ça par mail, en essayant de ne pas prendre de retard, mon challenge étant de poster à J+1 (heureusement que mes logeurs ont une connexion wifi, sinon, je me rends compte maintenant que je n’aurais jamais réussi à tenir les délais !)
6°) et, de temps en temps… manger un peu, dormir quelques heures…
Alors il m’est impossible de faire tout ça. Et de noter les noms des musiciens (par exemple).
Je ne me plains surtout pas que la mariée est trop belle : je m’amuse beaucoup à commencer à rédiger, dans ma tête, le compte-rendu que je ferai tout en écoutant le spectacle… seulement l’interface directe cerveau-fichier n’existe pas encore et l’étape dactylographique est longue et pénible !

Le récit du dernier spectacle de mardi… un peu plus tard ! Cat

(1) Le mot du rédac’chef : Suite de ce billet tard dans la nuit ou au petit matin, ce n’est pas bien grave. Quant aux ingrédients de « La Clique qui accompagne » Gérard Morel, il s’agit de, outre Hervé Peyrard déjà nommé : Françoise Chaffois, Ludovic Chamblas, Stéphane Méjean, Delphine Paquier et Alice Waring. Evelyne Gallet et Gérard Morel sont des habitués de ce blog : cherchez leur nom sur NosEnchanteurs et vous trouverez des trésors de délicatesse à leur égard. MK

3 août 2011. Étiquettes : , , . Barjac, Catherine Cour, En scène, Festivals. 1 commentaire.

Évelyne Gallet touche le Font

Évelyne Gallet, 5 février 2011, Festival Les Poly’Sons, Théâtre des Pénitents à Montbrison,

"J'ai pas besoin de vous dit-elle au nécrophage / Qui la poussait vers le ghetto du troisième âge" (photo d'archives DR)

Début d’après-midi aux Pénitents : le public est familial. Et jeune, parfois très jeune. Qu’Évelyne Gallet, en irréductible nymphomane, affranchi de son innocence dès la première chanson, Infidèle : « Et je suce le Père Noël / En passant par la cheminée… » Aïe. Y’a plus de valeurs, vraiment. Pourtant, cette chanteuse au visage poupon, Rondelette, à la robe certes courte, nettement au dessus des genoux, à qui on pourrait donner le bon dieu sans confession… une qui a le feu au cul, qu’aucun pompier ne saurait éteindre. Ainsi est la lyonnaise Évelyne Gallet, immense provocatrice devant l’éternel (elle doit pas y croire…). Faut dire aussi que quand on prend Patrick Font pour quasi unique parolier, quand on se met en bouche de tels textes, on brûle des flammes de l’enfer. Et de tourments, comme celle qui attend, frétillant du clitoris, le fils du Prince charmant.
L’érosion n’a pas encore poli Gallet. C’est merveille de justesse quand Évelyne reprend La Vieille, celle qu’on destine au ghetto du troisième âge et au mouroir qui va avec. Qui se permet un sursaut bienvenu, millésimé comme les bouteilles de pinard qui gonflent sa valise, un bras d’honneur aux institutions.
Gallet, c’est un peu Lynda Lemay, le stérilet en moins. Une vie dangereuse, à rebrousse-poil du politiquement correct. Lemay est tire-larmes, Gallet tire-joie.
Un bulldozer ? Un peu, qui carbure à la tendresse vraie et à l’amour de la poésie, d’une rime juste qui n’est pas là que pour faire jolie. Une rime chargée de sens, tant lexical que politique. Tendresse, oui. C’est rien que ça quand on l’écoute chanter Les Confitures ou Ne la dérangez pas : « Ne la dérangez pas, ne lui dites plus rien, il n’y a rien à dire / Elle n’entend plus rien, que le rythme du sang qui lui rosit les joues / C’est son premier amour, elle ne veut autour d’elle que silence et sourires… »
Évelyne Gallet est crooneuse, rockeuse, star de son (très) chaud bizness, patronne et matrone de son unique musicien, le souffre-douleur et très doué Arnaud Jouffroy.
Maintenant que s’estompe à tout jamais le souvenir du duo Font et Val, que Val n’est plus qu’un émasculeur d’humoriste plus talentueux qu’il ne le fut jadis, il est urgent de réévaluer l’art de Patrick Font, de doper les agences de notation. En touchant le Font, Évelyne Gallet touche l’humain, dans toute la grandeur d’une salutaire impertinence. Bravo l’artiste !

On lira avec délectation la rencontre exclusive entre Évelyne Gallet et son mentor et parolier Patrick Font sur le Thou’Chant. Évelyne Gallet sur myspace.

6 février 2011. Étiquettes : . Chanson sur Rhône-Alpes, En scène, Mes nouvelles Nuits critiques. 4 commentaires.

Thou Chant n°4 : drôle et touchant

Évelyne Gallet et Patrick Font (photo Michel Kemper)

Quatrième livraison de votre mensuel favori, le Thou Chant, directement projeté sur la toile. Avec cette fois-ci une rencontre passionnante, en partie transcrite, en partie sonore, entre la chanteuse lyonnaise Évelyne Gallet et son principal fournisseur en rimes sonnantes et trébuchantes : Patrick Font. Oui, c’est bien lui, la moitié du duo Font et Val, qui fit pisser de rire des générations de spectateurs entre 1970 et 1995, qui fit tout autant rougir de colère des cohortes de beaufs, de curés et d’hommes politiques (entre autres). Thou Chant a réunit Gallet et Font, la belle et la bête : ça donne du savoureux, du déjà franchement mémorable. Au passage, le chansonnier Patrick Font égratigne pas mal la profession d’humoriste. Et nous parle de Stéphane Guillon (pas nécessairement de Philippe Val…) et de la nécessité de la caricature, fut-elle physique… Autre entretien sonore, celui du chanteur suisse Michel Bühler, qui revient sur ses débuts dans la chanson, il y a quarante ans déjà. Pas mal de bons disques chroniqués, de très bons mêmes (de Katel à Mac Abbé et le Zombi Orchestra, de Djamel Allam à Bastien Lallemant…), des infos sur les salles fondatrices du réseau r.i.m.e.c., les rubriques « fichu métier » (cette fois-ci c’est un ingénieur du son qui cause dans notre micro) et « lieux peu communs ». Ainsi qu’un édito saillant, bouillant, éructant, rageant, qui nous parle de la crise et de la culture. Pour se rendre au Thou Chant on peut cliquer sur la vignette dans la colonne de droite. On peut aussi l’avoir mis dans ses favoris.

21 mai 2010. Étiquettes : , , . Chanson sur Rhône-Alpes, Les événements. Laisser un commentaire.

Cette chanson lyonnaise qui rugit (1)

Balmino, Jeanne Garraud, Noah Lagoutte, François Gaillard, Frédéric Bobin, Carmen Maria Vega et j’en passe des tout aussi bons, il me semble que, depuis pas mal d’années, la chanson venue de Lyon et de ses environs caracole tant en quantité qu’en qualité (vous m’objecterez que je réside dans cette région, certes, mais aux portes de l’Auvergne…). Tant que ce blog nourrit fièrement et en abondance sa partie « Rhône-Alpes ». Manque de temps (et de personnel !) pour tous les traiter individuellement, voici quelques cédés qu’il serait vraiment dommage de passer sous silence. La suite dans la semaine…

King Kong Vahiné (photo DR)

King-kong Vahiné / « Le Village ». Rien qu’à l’intitulé du groupe (trio composé de Denis Rivet, Cécile Poussin et Stéphane Emptaz), on s’imagine la bête et la belle, vêtue d’un simple collier de coquillages… Ben non, c’est pas ça. Y’a erreur sur l’étiquetage. KKV fait dans une pop singulière et soignée, douce à l’oreille, veloutée, où trouvent place accordéon, flûte traversière, bandes son, boites à rythme comme mélodica et piano-jouet. Leur nouveau cédé (un six titres) fait suite au fort intéressant La Ville est tranquille. Ça suinte d’une belle mélancolie, saigne de coups de griffes aux ongles vernis, appelle le désir sans crier gare, noirci le tableau en un élégant feu de paille … Nul n’est besoin d’avoir renié la chanson pour aimer cette pop-là, où tout témoigne d’un grand soin apporté à chaque étape du disque, de l’écriture à la production.

Le site de King Kong Vahiné.

Évelyne Gallet / « Infidèle ». J’ai certes chroniqué ce disque (son deuxième opus) dans les colonnes du défunt Chorus. Mais quand même. Libre à moi de considérer que c’est un des albums les plus jouissifs de l’année, un des indispensables de toute discothèque qui se respecte. D’ailleurs les québécois ne s’y sont pas trompé, à faire à Gallet triomphe sur triomphe, tant qu’on se doute bien qu’elle sera prochainement sur des très grandes scènes de là-bas, Francofolies de Montréal ou autres… Rappelons qu’Évelyne Gallet s’est fait répertoire des chansons de Patrick Font (celui du mythique duo Font et Val), à lui reprendre tant des chansons connues (comme La Vieille) qu’à puiser dans son invraisemblable stock d’inédits. Décontractée comme pas deux, c’est peu dire que ça lui va comme un gant. Évelyne reprend aussi quelques chansons de l’ami Matthieu Côte, histoire de constater qu’il est toujours là.

Le site d’Évelyne Gallet. A noter qu’Évelyne se produit cette semaine à la salle des Rancy, à Lyon, où elle fait résidence.

Nico / « On naît tendre ». On se dit « tiens, encore un p’tit nouveau ! », on baisse la garde et on a tord, car on se prend là, par ce disque, une magistrale baffe. Peut-être, Nico, naît-on tendre mais la carne se durcit au contact de l’air ambiant. Car ce qui est ici brossé l’est de teintes sombres. Y’a pas de coin de ciel bleu dans ces ciels tourmentés, plein de solitude et de mort, de désespérance, de froids constats. Mais tout ici, dans ce disque aux sept titres impressionnants, est d’une maturité confondante, d’un art déjà accompli. Tant qu’on a envie de convoquer les grands, les géants, pour dire le bien qu’on peut penser d’un tel opus, pour tenter les immanquables filiations. On se dit que tout y est, la patte d’un bel artiste en devenir. Textes prenants, interprétation plus que probante, orchestration classique, sobre et efficace, on se dit que tout y est, qu’il y a là la patte d’un bel artiste en devenir.

Le site de Nico.


7 décembre 2009. Étiquettes : , , . Chanson sur Rhône-Alpes, Lancer de disque. 1 commentaire.

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