Francesca Solleville au turbin, à l’Européen

par Chantal Bou-Hanna

C’est cet ancien music-hall de presque 140 ans que Francesca Solleville a choisi pour y fêter son 80e  anniversaire et la sortie de son nouveau CD. Dans cette belle architecture circulaire, une Francesca rayonnante, vêtue de noir,  arrive sur scène : déjà, les applaudissements n’en finissent plus. « Faut que j’y aille ! » nous dit-elle quand le calme revient, comme pour se donner du courage. Et elle commence avec la première chanson de sa longue  carrière, un texte d’Aragon : Un homme passe sous la fenêtre et chante. Coup d’envoi pour deux heures d’un plaisir inouï. Suit un très beau texte écrit pour elle par Anne Sylvestre, qui est parmi nous (Vingtième, Européen ou autre Limonaire, on la croise très souvent dans les salles parisiennes ; elle a cette grande qualité humaine de savoir écouter et applaudir les autres chanteurs), Passeuse, passerelle (« …Toujours de vous à elle / Et toujours d’elle à vous / Je me  voue / Et si à son tour elle veut me rester fidèle / Passeuse passe temps / Je chanterai longtemps »).
C’est Gilbert Laffaille qui suit et lui prête sa plume pour Chanter encore. Toujours très coquette, Francesca nous dit que ça va être difficile, que Gilbert lui a fait des mesures compliquées, du 5 /4 ou que sais-je, et, avant de se lancer dans cette nouvelle chanson, paniquée elle nous dit en ébouriffant ses cheveux d’un geste familier qu’on lui connait bien : « j’espère que Gilbert Laffaille n’est pas dans la salle ». Bien sûr que si, il est là !!! On le lui dit, elle feint de ne pas entendre en scrutant le public dans l’ombre. C’est une très belle réussite soulignée par Nathalie Fortin qui fait signe à Francesca que tout s’est bien passé. Francesca de surenchérir « Ah ! Nathalie est contente », à ce moment du fond de la salle surgit la voix forte très reconnaissable de Gilbert Laffaille « Moi aussi je suis content ! » Applaudissements dans le public et visage radieux de Francesca !
Puis à travers un très beau texte de Thomas Pitiot, La promesse à Nonna, notre belle Francesca chausse sa casquette de grand-mère, de cette Nonna qu’elle est ! Francesca a éduquée sa petite fille Lola à ses propres idées politiques dès le plus jeune âge de la vie fœtale et ce petit bout de fille a fait promesse à Nonna de toujours brandir haut et fort un poing serré. Belle promesse…
Suit 200 mètres (Mexico 1968, JM Brua), chanson ô combien de fois entendue, mais ce soir on a encore l’impression de la découvrir tant Francesca l’interprète avec une conviction et une énergie fabuleuses. Tonnerre d’applaudissements ;  Francesca à peine essoufflée nous chuchote « je ne vous ferai pas le 400m ». Rires complices du public.
Place à l’émotion, difficilement soutenable, Allain Leprest retrouve une fois de plus ce soir sa place par l’intermédiaire de Francesca (une chanson parmi de nombreuses, Francesca nous offre beaucoup de Leprest ce soir, dont Sarment : « il suffisait qu’on lui dise un mot, un seul pour qu’il nous écrive une chanson », nous rappelle-t-elle), une chanson dont il lui a fait cadeau en juillet de l’an dernier Des impairs pour un impair (« La langue bleuie les bras ballants / Pesant d’oubli, le cœur moins lourd / Trois p’tits tours autour d’un nœud coulant… / Priez pour les morts d’amour… ». Une émotion qui nous ramène vers ce terrible 15 août… « Allain m’a demandé de la chanter, alors je la chante » (ceci suite à des remarques de la part de certains spectateurs choqués lors de précédents spectacles, avait-elle expliqué lors d’une récente émission sur France Culture). Ainsi va la soirée, une allusion au père alcoolique dont Francesca nous confie avoir souffert. Sur scène ce texte écrit par François Morel, Papa (« Les ivrognes ça fait marrer / Quand on les voit à la télé / Tant mieux si toi ça te fait rire / Pardon moi ça me fait frémir… ») prend une dimension fabuleuse tant Francesca se l’approprie avec une sensibilité à fleur de peau et une souffrance qu’elle ne cherche pas à dissimuler.

Précastelli et Fortin (photos Chantal Bou-Hanna)

D’autres très belles chansons (accompagnées à la contrebasse par Olivier Moret et à l’accordéon par Bertrand Lemarchand) par d’autres non moins beaux auteurs, je ne veux pas en faire un catalogue, je relate simplement des faits ou des moments qui m’ont touchée dans la soirée.
Hélas tout a une fin, l’heure tourne, plus fatiguante pour Francesca que pour son public qui ne se lasse pas, un bis, un seul ! Francesca nous annonce que la chanson suivante serait bien faite sienne par le président actuel… La France de Ferrat !!! Avec, s’il vous plaît un piano à quatre mains, à savoir celles de Nathalie Fortin et celles de Michel Precastelli. L’interprétation est époustouflante ! S’en suit une belle standing ovation, qui ne s’arrête plus. Francesca reviendra saluer trois fois puis s’échappera non pas pour un repos bien mérité mais  dans le hall de ce beau théâtre pour la séance de dédicaces/discussions. Et je m’aperçois avec surprise que si son public a dans l’ensemble une moyenne d’âge un peu élevée, la relève est assurée par un autre public, beaucoup plus jeune, plutôt masculin, impression personnelle, qui se précipite pour acheter Un, deux voire trois cédés et se les faire dédicacer. Et là c’est fou de voir que cette belle Francesca aux yeux si bleus et si pétillants, qui pourrait être la Nonna de tout ce nouveau public, succombe encore avec une tendre complicité au  charme non dissimulé de  cette belle jeunesse conquise par cette  très grande dame.
Un dernier mot pour conclure ces quelques lignes : un immense Merci Francesca, nous t’aimons. Continue à passer ta vie sur tes cordes vocales, à y funambuler, pour notre plus grand plaisir, comme te l’écrit si bien Jean-Michel  Piton. Chante encore, chante encore…

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11 mars 2012. Étiquettes : . Chantal Bou-Hanna, En scène. 19 commentaires.

Francesca Solleville, entre Aigues et lui

(photo Chantal Bou-Hanna)

« L’homme qui tient encore debout / Est venu se pendre à mon cou
Et je n’ai pas su me défendre / Je l’aimais déjà voilà tout. »
(Yvan Dautin)

Le nouvel album de Francesca Solleville est celui des ultimes chansons d’Allain Leprest. Lui qui, comme la rousse du dico, a semé à tous vents, pose ici ses derniers mots, écluse ses derniers vers. Et en écoute au loin les derniers échos… A plus d’un titre, par cinq chansons, il tient la corde. Et Francesca d’en être le porte-voix, « sans filet » comme le lui souffle Piton : « Corde raide tendue au bord de votre gouffre / Sous vos regards inquiets je fais mon numéro. » Leprest fait le sien : « La langue bleuie les bras ballants / pesant d’oubli, le cœur moins lourd / Trois p’tits tours autour d’un nœud coulant (…) Priez pour les morts d’amour » que, fatalement, on retiendra. L’Allain et ses adieux ne sont pas seuls au menu de Solleville, loin s’en faut. Même marqué du sceau de ce mort d’amour, cet opus est malgré tout rare festin. Jean-Michel Piton déjà nommé, Thomas Pitiot (qui lui donne la chanson-titre), Anne Sylvestre, Michel Boutet, Jofroi, Bernard Joyet, Gilbert Laffaille, Rémo Gary, François Morel, Guy Thomas, Yvan Dautin, Michel Bühler, Michèle Bernard, Philippe Geoffroy, même les Hurlements d’Léo qui signent ici deux titres. Y’a du monde chez cette dame pour qui on a plaisir à offrir ses rimes, pour ce qu’elle est, pour ce qu’elle en fera. S’afficher à son répertoire c’est au passage gagner un peu d’éternité, une part d’anthologie. A quatre fois vingt ans, Francesca se prend même un sacré coup de jeune avec une tonalité rock que lui apporte le groupe de Kebous. Un rock n’roll sans doute loin des non-préoccupations des rockeurs de bonne famille, qui acte s’il le fallait encore la colère et la résolution, les combats de Francesca. Sous vos pieds est une des chansons les plus intéressantes de ce nouvel opus ; l’autre des Hurlements d’Léo fait le bilan comptable d’une vie de combats et d’amours : tout Francesca ! Autres p’tits nouveaux dans le cercle des auteurs de la dame : François Morel (Papa, bouleversante chanson sur la violence paternelle que Morel avait gravé sur sa Collection particulière de 2006), Michel Boutet, Jofroi (très beau tango sur les reconduites à la frontière), Michèle Bernard aussi.
Le tout fait Francesca, belle chanson, beaux textes (de la haute couture assurément) qu’on prendra bien soin d’écouter, pas nécessairement en enfilade tant le menu est copieux, trop sans doute. Mais j’insiste : c’est quand Francesca se raconte, certes par les mots d’autrui, fait son presque bilan de vie, qu’elle atteint des sommets d’émotion et de puissance. Par Jean-Michel Piton : « J’aurai passé ma vie sur mes cordes vocales / A glisser sur les mots comme on fait sur un fil / Où le moindre faux pas est une erreur fatale / Vous y perdez la face pour faire bon profil / C’est toujours sans filet / Que j’y funambulais » ; par Michel Bühler : « Même si l’heure est parfois à la désespérance / Attendu que la frime gouverne et fait sa loi / Même si les années dans lesquelles on s’avance / Ont la couleur du triste et du chacun pour soi / Je me bats » ; par ces Hurlements d’Léo : « Je veux vivre sous vos pieds qui foulent ma poussière / Je veux vivre sous mes pieds, tour à tour échanger / Ne pas partir comme ça / Comme le sang des terres / Vivre encore une fois / Nos idées libertaires ! / Et mes deux pieds sur terre ! »…
C’est un disque étrange et beau. Qui se conjugue pour partie à l’imparfait et d’où, malgré tout, se profile l’espoir. J’ai comme dans l’idée que ce n’est pas demain la veille qu’on se passera de Francesca…

Francesca Solleville, La promesse à Nonna, 2012, EMP. Le site de Francesca, c’est là. Et Francesca sur NosEnchanteurs, c’est par là. Francesca Solleville sera en concert les 5 et 6 mars 2012 à l’Européen, à Paris.

16 février 2012. Étiquettes : , , , , , . Lancer de disque. 12 commentaires.

2012, fort avis de souscriptions chanson

En jargon journalistique, un marronnier est un sujet qui revient cycliquement. En ce début d’année, refleurit comme perce-neiges celui sur les disques à sortir dans l’année. Comme la place est chère, mes collègues ne vous parleront que des prévisions des grands labels, le prochain Olivia Ruiz comme le futur Francis Cabrel, que du respectable en soi mais… Mais quitte à vivre la chanson autrement, NosEnchanteurs a tenté de recenser, lui, les promesses d’albums actuellement en souscriptions, sans aucune prétention à l’exhaustivité.
Des disques que, doux pléonasme, vous ne trouverez pas forcément dans les linéaires de votre supermarché. C’est pourtant que du bon, du fiable. Des promesses de belles et bonnes galettes artisanales, concoctées avec amour et indépendance, pas formatées pour deux sous. En souscrivant, vous aider concrètement l’artiste dans le financement de son projet : votre aide peut être décisive. Et, au bout du compte, vous recevez, au courrier et en avant-première, le disque promis. Avouez que c’est sympa. Allons-y !
Il est encore temps de souscrire pour le prochain disque de Francesca Solleville(dont voici le visuel). Vous avez jusqu’au 1er février ; le précieux opus sortira en fin février avec, entre autres, quelques chansons inédites (ses toutes dernières) d’Allain Leprest mais aussi d’autres de Jean-Michel Piton, Rémo Gary, Gilbert Laffaille, Thomas Pitiot, Anne Sylvestre, etc. Le site de Francesca, c’est là.
Nous vous avions également déjà parlé de la souscription pour le prochain opus de Christopher Murray (dont nous venons d’entendre en exclu un titre dans l’émission Là-bas si j’y suis). La souscription reste ouverte jusqu’à la fabrication (les mixs sont quasi-terminés, ça vient). Bulletin téléchargeable sur son site.
Après avoir rodés ses nouveaux titres en scène, Laurent Berger les enregistre. Et lance la souscription de ce qui sera son quatrième album.
Faut-il ici encore présenter l’ami Bernard Joyet ? Pas sûr, mais… Avec toujours la fidèle Miravette au piano et pas sur la touche, Joyet prépare la sortie de son quatrième opus. La souscription c’est là.
Il rajoute une pièce à sa luxuriante (et passionnante) discographie : Morice Benin annonce la sortie de Des astres annoncés pour mars prochain, pour un album qui se sera pas en bacs. Souscription encore en cours.
Nous parlions il y a peu, et avec certes un peu de retard, du nouvel album de Nicolas Bacchus. Voici le suivant qui se prépare, en souscription également

Manu Lods (photo DR)

Le Vrai métier de Manu Lods est activement en préparation et en souscription.
Quatrième album en vue pour Frédéric Bobin, avec son formidable Singapour de 2008. Sortie à l’automne : la souscription va bientôt être lancée. Le site.
Quatrième album aussi pour Fabienne Marsaudon, qui devrait sortir au printemps. Tout est sur son site, extraits inclus.
Gueule d’ange, ce Paul D’Amour, qui a tout pour lui. Là, la souscription l’aidera à sortir son premier album. Pour lui aussi, tout est sur le site.
Jean Duino, quant à lui, sort bientôt son cédé « Époque épique » auquel on peut souscrire par correspondance au prix de 20€  (asso Promocréa, 22 rue Maurice-Lasserre 33130 Bègles – contact@promocrea.com)

Alee, p'tit beur breton, "Lu et approuvé" (photo DR)

Alee, « le petit beur breton troubadour » entre phrasé hip-hop et chanson, sort son nouveau cédé, L’heure a sonné en fin février. Souscription encore ouverte sur son site.
Treizième album, si je compte bien, d’Yvan Dautin : ce sera Un monde à part. « Le CD sortira au printemps 2012 en pleines pestilentielles, dans toutes les bonnes pharmacies, pour ne pas encombrer les rayons des grandes surfaces ! » prévient le chanteur. C’est ici.
Un « live » agrémenté de quelques inédits, c’est la promesse d’un nouvel album des Blérots de R.A.V.E.L, en fin mars en bacs. Et actuellement en souscription sur leur site.
Christiane Belert prépare son 3e cédé, En attendant le jour (créations originales et quelques reprises de Brel, Caussimon et Dimey), sortie prévue fin 2012. Une souscription est en cours.
Williwaw, vous connaissez ? Ce trio lyonnais « de Chansons à Moufles pour petits et grands enfants » regroupe Evelyne Gallet, Arno Jouffroy et Jean Ribbes et envisage son premier album, en souscription il va de soi.
Gaïo est un groupe de soul-folk, dont le propos n’est pour l’heure pas en français « mais Julien, le chanteur, y travaille ». Le groupe est actuellement en studio d’enregistrement pour un LP encore en souscription.

Enfin, le festival Rencontre de la Chanson francophone de Prémilhat devrait sortir un livre fait de photos, écrits et témoignages divers qui tous racontent ce festival décidément pas comme les autres, dont NosEnchanteurs se fait un peu le porte-voix depuis deux ans. Ce livre, en souscription, viendra en soutien à ce festival très fragile financièrement.

Aux lecteurs : une panne facebook (!) m’interdit de consulter et d’agir sur mes pages. Où certains artistes ont déposé hier et aujourd’hui des informations sur d’autres souscriptions. Que je ne peux en conséquence lister ici. Pour l’heure, m’envoyer les infos par mél, merci.

9 janvier 2012. Étiquettes : , , , , , , , , , , , , , , , . Lancer de disque, Rencontre de Prémilhat. 6 commentaires.

Prémilhat : le futur féminin de la chanson

Pauline Paris (photos DR)

Elle, Francesca Solleville, la fidèle, la combattante, porte en son cœur deux récentes et infinies tristesses. Elle réside pour moitié près de Paris, pour le reste à Antraigues-sur-Volane, le village de Ferrat. C’est là où Leprest a choisi de quitter la vie. C’est dire si son récital de Prémilhat se partagera entre Jean et Allain…
Bien entendu que ce sera un moment fort de cette rencontre, cinquième édition. Même si le père Brassens sera évoqué, le jour même du trentième anniversaire de son trépas ; même si Barbara y fait l’objet d’une (superbe) soirée, ce n’est pas une chanson perdue, à conjuguer à l’imparfait, que célèbre Prémilhat mais bien cette sève vigoureuse qui nous parcoure l’échine et se régénère chaque jour. Comment d’ailleurs parler autrement de Pauline Paris, de Caroline Personne ou de Flavia Perez, d’Elsa Gelly, de Noémie Lamour (quel joli blaze pour inspirer les sentiments…) et de Gabrielle, de Clémence Chevreau et d’Anne Sila ? (la délégation féminine est assez impressionnante comme si elle profilait le futur de la chanson…). De Gilles Roucaute et d’Yvan Cujous, de Coko et de Reno Bistan aussi ? Et j’en oublie, parmi cette dense programmation.

Anne Sila

C’est au centre de la France, en un lieu improbable mais bien réel, que réside ce festival de Prémilhat. NosEnchanteurs en a fait un de ses étendards. Car nous sommes loin ici  de ces programmations âprement négociées, de chiffres d’affaires imposants, d’égos surdimensionnés tant d’artistes que d’organisateurs, de justificatifs vaseux et de débats douteux sur ce qui est « in » et ce qui est « out », ce qui est moderne et ce qui est ringard, vocable qui du reste n’appartient qu’aux cons.

Caroline Personne

Ici, à Prémilhat, on ne programme que ce qu’on aime, que ce qu’on désire partager. Ce n’est pas la play-liste des radios nationales et Universal n’est pour rien dans les choix. Ici, on est simplement cœur battant, à se tâter le pouls pour compter les pulsations, jauger les émotions. A Prémilhat, où tout le monde se prénomme pareil, on fait dans le vrai, on ne triche pas. Et c’est agréable d’y vivre quelques heures, quelques jours dans cette étonnante dimension chanson. A partager, à discuter avec l’autre, son voisin de travée ou de table, l’artiste qui revient de scène ou qui y va. A interpeller Michel, à biser Michèle, à acheter le disque de Michel, à se faire dédicacer le livre de l’autre Michel… A se faire appeler Michel, même si c’est pas vrai. A ne plus être client, consommateur. A simplement faire partie d’une même famille.

« Rencontres de la Chanson Francophone », Prémilhat (03), du 27 au 30 octobre 2011. Le site du festival, c’est ici. Toute réservation reçue sur ce blog bénéficiera d’un tarif réduit (réservez en envoyant un message en commentaire de ce billet, ce message ne sera alors pas publié). Les tarifs sont de 18 euros (16 en tarif réduit) pour les spectacles à Prémilhat et de 10 euros (8 en tarif réduit) pour ceux à la ferme de la Ganne. Tarifs spéciaux pour les adhérents de l’association organisatrice et pour les mois de 16 ans. A noter la mise en place d’un forfait 9 spectacles + repas + hôtel à 350 euros (500 pour un couple) ; réservations au 04 70 29 16 71.

21 octobre 2011. Étiquettes : , . Festivals, Les événements, Rencontre de Prémilhat. Laisser un commentaire.

Solleville en Terres de résistance

Par Catherine Cour, au festival Terres de résistance, à Martigues le 4 septembre 2011,

Précastelli et Solleville (photos Catherine Cour)

C’est un festival convivial qui est organisé par le Parti Communiste et ouvert gratuitement à tous ceux qui souhaitent y assister. Il se tient dans les Jardins du Prieuré et propose, deux jours durant, divers stands, un petit vide-greniers et une animation sonore et festive. La clôture du festival 2011 a été assurée par Francesca Solleville.
Qui avait décidé de mettre son récital sous la double tutelle de ses deux grands amis (et auteurs-compositeurs), tous deux décédés à Antraigues à un an d’intervalle : Jean Ferrat et Allain Leprest. Francesca retrouvait, pour l’occasion, son pianiste « historique » (elle a fait remarquer qu’ils travaillaient ensemble depuis plus de 34 ans) : Michel Précastelli (qui ne se contente d’ailleurs pas d’être accompagnateur : c’est également un grand compositeur de musique pour de nombreux artistes comme Colette Magny, Véronique Pestel et bien d’autres). Elle a prouvé qu’elle était capable de surmonter ces épreuves et d’en sortir encore plus forte. C’est une battante, Francesca !

"Donnez-moi la phrase qui pleut / Celle qu'on dit le coeur frileux / La bouche peinte à l'encre bleue"

Elle a ravi l’auditoire en chantant, toujours avec la même fougue, le même enthousiasme, la même conviction, les chansons anciennes ou récentes de son répertoire. Les années semblent ne pas avoir de prise sur elle ! Leprest l’avait deviné lorsqu’il lui a écrit en 1996 J’suis caillou (musique Gérard Pierron) : « Née au monde dans une fronde / J’ai inventé les étincelles / Je suis lisse dans la main ronde / Tranchante dans le poing rebelle / Je suis le verbe du voyou / J’ suis caillou. »
Je pourrais même dire qu’elle est roc, fondation solide et ferme sur qui peuvent venir s’appuyer les revendications des camarades en lutte. Et puis elle sait aussi être tendre en évoquant la mémoire de sa mère : Sarment (texte d’Allain Leprest, musique de Gérard Pierron – 1994) : « Je reviens chanter doucement / Sans bravos et sans boniments / Dans ton oreille doucement / Maman / Paisiblement, furtivement / Ma mémoire comme un aimant / Remonte ta source en ramant / Maman. »
Un détail qui ne trompe pas, quant à l’affection du public pour Francesca, et sa connaissance de son répertoire : à chaque fois, je constate qu’il n’y a pas ce temps d’hésitation entre la fin de la chanson et le début des applaudissements que je remarque lorsque je vais écouter d’autres chanteurs, quand le public qui ne connaît pas bien les chansons se demande si c’est « bien fini » et s’il peut commencer à applaudir. Il attend que quelqu’un donne le signal ou que la lumière baisse avant de démarrer. Là, pour Francesca, les applaudissements fusent tout de suite, forts et nourris, preuve que tout le monde connaît et apprécie les chansons et l’interprète. Cette après-midi fut vraiment un moment intense et de pur bonheur de se retrouver ensemble et de partager le talent de cette artiste si généreuse.

Francesca prépare actuellement un nouveau disque dont la lettre de souscription est téléchargeable sur son site Facebook. Je ne saurais trop vous conseiller d’y participer afin que ce projet voie le jour.

Un petit jeu-concours que je lance (le lot du vainqueur ? Un abonnement gratuit d’un an à NosEnchanteurs… petits veinards !) et dont je donnerai la solution dans quelques jours, si personne n’a trouvé avant : dans une chanson Francesca modifie volontairement UN mot du texte original, lorsqu’elle la chante « en live ». Par contre elle a respecté le texte lorsqu’elle l’a enregistrée sur CD. Ma question : quelle est cette chanson et quel est ce mot ?

7 septembre 2011. Étiquettes : . Catherine Cour, En scène. 7 commentaires.

Alcaz, Murray, Solleville : souscriptions à l’appel…

Alcaz en mauvais sujets repentis ? En amoureux des bancs publics sûrement (photo DR)

Eh oui, tous les artistes ne signent pas forcément chez Universal ou chez Warner pour vous régaler de leur nouvelle production discographique. Le disque autoproduit devient, pour la chanson française « signifiante » comme dirait François Béranger, sinon une norme, au moins une réalité, parfois même sans la moindre distribution : vendu au cul de la camionnette de l’artiste à la sortie des récitals, vendus sur leur site aussi. Et l’appel à la souscription se développe.

En voici trois, trois galettes à venir, trois artistes vers qui vous pouvez aller les yeux fermés : Francesca Solleville, Alcaz et Christopher Murray. L’info chanson étant ce qu’elle est, de plus en plus déficiente, NosEnchanteurs se fait un (grand) plaisir de relayer ces appels à souscription.

Dix ans déjà ou peu s’en faut que Vyvian Cayol et Jean-Yves Liévaux, nos deux d‘Alcaz, amoureux à la ville comme à la scène, sillonnent les routes de la chanson pour y semer un peu de fraîcheur, beaucoup de bonheur. Leur précédant album, On se dit tout, fut enregistré à Philadelphie et mixé à Montréal et vit sa vie, tandis que le premier, La vie va, est pour l’heure épuisé. Le prochain, objet de la présente souscription, s’intitulera Vent fripon et devrait sortir à la rentrée, au moment même où la commémoration Brassens battra son plein. Faut dire que ce vent fripon sera entièrement tourné vers l’anar et polisson de la chanson, le natif de Sète : « Vyvian et Jean-Yves s’amusent avec de nouveaux musiciens en studio comme ils savent le faire, à la légèreté du propos, creusent la faille dans une cour de récréation sonore. Leurs deux voix, à travers leur interprétation, rendent visite de façon étonnante au poète libertaire qui, du coup, se révèle être d’une modernité surprenante. » Souscription de 20 euros par disque, port inclus, chèque adressé à Transformances, 17 place d’Amont 13390 Auriol.

Depuis le temps qu’elle nous enchante (ses premiers cabarets remontent à 1958…), on ne présentera plus Francesca Solleville, au moins pour les lecteurs de ce blog. Voici qu’elle se lance à nouveau « dans une opération périlleuse : j’enregistre un nouveau cd. J’ai une quinzaine de nouvelles chansons de mes fidèles auteurs et compositeurs : Allain Leprest, Jean-Michel Piton, Rémo Gary, Anne Sylvestre, Michel Bühler, Yvan Dautin, Thomas Pitiot, Bernard Joyet, Guy Thomas, Gilbert Laffaille, Gérard Pierron et de nouvelles rencontres ; Michel Boutet, Les Hurlements d’Léo… Si tout va bien, cet album sortira dans la joie à l’automne. » La distribution de ce disque, dont le budget d’enregistrement n’est pas encore bouclé, sera assuré par EPM. Souscription au prix unitaire de 20 euros frais de ports inclus à l’ordre de Francesca Solleville, à retourner à Hervé Le Goff, 39 rue du faubourg Saint-Denis 75010 Paris.

On connaît sans doute moins Christopher Murray, et on a tort. Ce chanteur stéphanois est riche d’un univers tendre et soyeux, nourri de sa double origine. On lira ce que j’en avais écrit, il y a peu, sur NosEnchanteurs. Ces sept dernières années, Christopher évoluait dans le cadre d’un trio épatant, qui vient toutefois de définitivement quitter la route. Ou plutôt dont les routes se séparent. C’est dire qu’on attend la suite, de savoir quels seront les nouveaux chemins de cet élégant chanteur. C’est sur des textes signés de Bruno Ruiz, de Lalo, de Philippe Cléris et de Murray himself qu’il nous revient.  D’un  océan à l’autre, son quatrième album (le précédent, Côté scène, remonte à 2008), actuellement en cours d’enregistrement, sortira en décembre. La souscription est ouverte pour boucler le budget. Disque au prix unitaire de 15 euros (frais de port offert) : chèque à l’ordre de l’Association Papillon, à adresse à Christopher Murray, association Papillon,  3 rue Victor-Duchamp 42000 Saint-Etienne.

1 juin 2011. Étiquettes : , , . Lancer de disque. 6 commentaires.

Solleville et Leprest au Théâtre libre

Je ne m’en plaindrai pas, il ne se passe pas deux mois sans que l’occasion me soit donnée, à proximité, deux trois pas de chez moi, d’applaudir Leprest. Pour l’heure en ce lieu petit et modeste, ce Théâtre Libre de Saint-Étienne, ancien garage devenu atelier de couture, de création de costumes pour le théâtre et de surcroît manufacture d’émotion où on retisse le lien social, où on maille l’absolue complicité. Avec cette fois, en prime, le bonheur, la chaleureuse complicité et tout l’amour de Francesca Solleville. Ce fut, on peut s’en douter, rare événement, précieux collector pour mémoire.

Allain Leprest et Francesca Solleville (photo Michel Kemper)

S’il en est un panthéonisé de son vivant, c’est bien l’Allain. De partout on monte des spectacles sur son nom, sur son œuvre, on rivalise d’hommages, on érige la statue, on grave des disques gorgés de ses mots, abreuvés de ses vers. Là, ce sont simplement des stagiaires chanteurs, des anonymes qui ne sont là que pour le plaisir. Et, quitte à faire, se le mettent en bouche : Le Poing de mon pote, Arrose les fleurs, Chien d’ivrogne, C’est peut-être Mozart, etc. Chacun avec sa sensibilité, avec ce qu’il a tiré de quelques strophes, d’un refrain. Chacun avec un éclairage différent, une « version » pas encore ouïe, avec sa propre histoire en filigrane, une possible et inédite dramaturgie, les mains sagement dans le dos où les bras brassant l’espace. Ça touche, même dans le gauche, dans la maladresse, par une voix qui parfois déraille… Chacun chante Leprest sur un titre, laissant ensuite théâtre libre au deux monstres sacrés qui vont s’alterner, se croiser, tricoter ensemble cette soirée.

Leprest oblige, l’occasion est trop belle, Francesca tire essentiellement de son répertoire du Al Dente, ce fameux disque qu’en 1995 Leprest lui offrit et relança sa carrière. Sarment, J’suis caillou, Le Chagrin, Un p’tit cheveu blanc, Elle et lui, Paris Chopin, Les P’tits enfants d’verre et, ensemble et drôlement, Sacré coco. Sacrée bonne femme qui ferait même palpiter des amputés du cœur, dont on dira jamais assez de bien, une sœur laïque qu’on écoute religieusement, un poing serré, l’autre levé. Au piano, Nathalie Fortin, malade à en crever, insolite clavier fait de trois blanches et de deux noires pour chaque éternuement. Et le public qui lui fournit d’abondance des mouchoirs jetables…

Leprest, pantalon froissé, mal fagoté, cravate petite et talent grand. Énorme. J’ai souvent été, non déçu mais insatisfait de ses récentes prestations, attendant toujours plus, encore mieux. Là, c’est l’immense Leprest que voilà, interprète démesuré de ses propres mots, charriant devant nous son p’tit monde, déchirant, tendre et douloureux. Nathalie ne sait pas tout de Leprest et parfois laisse le chanteur seul sur scène, sans notes, nu. Alors, formule sinon inédite au moins rare, l’Allain dit ses chansons, quitte le chanteur pour le récitant et c’est, le savez-vous, de toute beauté. La Retraite (oh combien d’actualité à l’approche de la manif du 24 juin), Mec, Il pleut sur la mer, Sur les pointes… C’est autre proposition encore en cette étonnante, passionnante soirée d’interprètes. Où régulièrement en est évoqué un autre, leur ami d’Antraigues récemment disparu.

Pas de conclusion après un tel récital, un tel festival, un tel bonheur pour cette petite salle bondée comme jamais. Sinon la trace d’un passage en ce lieu, plateau modeste et génial d’un soir. Dans cette ville où la chanson de paroles se fait rare cause à ces salles qui ferment et d’autres qui ne s’ouvrent pas, fasse que ce Théâtre Libre engrange d’autres artistes de cet acabit. Que cette salle à nulle autre pareille suinte d’autres émotions, perle d’autres beautés…

Le site d’Allain Leprest ; celui de Francesca Solleville ; et le site du Théâtre libre.

21 juin 2010. Étiquettes : , . Mes nouvelles Nuits critiques. Laisser un commentaire.

Francesca Solleville, anthologique

C’est un pan entier de la vie d’une dame, d’une grande dame, une excitée, une révoltée, une artiste, une citoyenne qui ose la parole, qui s’empare du chant. Et ça tient en un coffret panoramique de cinq cédés, survol d’un quart de siècle, le poing levé, le propos digne que la voix aide à porter au plus loin, dans l’oreille de l’opprimé sans doute, du torturé, du laissé pour compte. C’est un porte-voix, de poètes d’abord (Louis Aragon, Mac Orlan, Pierre Seghers, Pablo Neruda, Paul Fort, Luc Bérimont…), d’autres noms d’importance de la chanson (Bruant, Brel, Louki, Hélène Martin, Serizier, Brua, Ferré, Verdier…). Je n’ose m’imaginer la vie de Francesca Solleville, son parcours de combattante, les obstacles dressés devant elle, les pièges, les cabales, les coups fourrés. Je ne connais en fait que cette dame qui toujours chante, faisant des auteurs d’aujourd’hui comme anthologie en temps réel de la chanson. Parce que c’est une évidence, parce que Francesca a su trouver les mots, on lui a rendu la propriété de sa voix, de son passé enregistré, d’une part de la mémoire du siècle passé, celle qu’elle a incarné, véhiculé. De ces noirs poings tendus à Mexico, en 1969, au Vietnam des mêmes années. De La Petite juive de Maurice Fanon à Je ne suis qu’un cri de Jean Ferrat. Ce quintuple album est un témoignage, certes. Tout autant qu’une réalité, un plaisir d’oreille. Je ne connaissais d’elle auparavant qu’un poster au crayonné nerveux d’Ernest Pignon-Ernest sur les murs de ma ville, dazibao muet mais étonnement parlant qui, déjà, affichait le respect. Et toujours imaginé son chant sans jamais l’avoir écouté. Je le sais depuis ce chant majeur. Plus encore avec ce disque en cinq volets, cinq galettes, une centaine de titres. Solleville est à la hauteur de ce que j’attendais, plus belle encore, généreuse à souhait. Je ne serai pas si athée que je la canoniserai sur le champ, là, sur le champ de ses batailles, sur l’autel de cette lutte, jamais achevée, pour la simple dignité.

Francesca Solleville, Venge la vie, coffret de cinq cédés, 2009, EPM/Universal

Solleville sera en concert à la Salle des Rancy à Lyon les 22 et 23 ,janvier 2010.

20 janvier 2010. Étiquettes : . Lancer de disque. Laisser un commentaire.

Solleville, qui fait rimer les oubliés

Archive. Pour ses cinquante ans de chanson, Francesca Solleville s’offre le luxe d’un coffret de cinq cédés, Venge la vie (102 chansons enregistrées entre 1959 et 1983) ainsi que de Je déménage, compilation de 15 titres de 1995 à 2007, survols d’autant de décennies d’engagement. Ce papier a presque six ans déjà, récital capté en live salle des Tilleuls à Viricelles, petit village et havre de chanson entre Lyon et Saint-Étienne.

Francesca Solleville et sa pianiste Nathalie Fortin (photo Michel Kemper)

« Le monde autour de nous ressemble / A un océan démonté / La tendresse est à reconstruire». Solleville est interprète qui, depuis des lustres, se met en bouche des mots écrits par d’autres, parfois spécialement pour elle. Des propos qu’elle lustre de sa voix, qu’elle magnifie de superbe. On se l’imagine clamer le chant de Victor Jara ou celui des partisans : si son choix de textes est désormais autre, la tonalité est restée pareille. Le temps n’a pas de prise sur Francesca Solleville. Et rien de ce qu’elle chante ne lui est étranger : elle est colère, elle est tendresse, impressionnante et bouleversante à la fois. La salle est bondée. Francesca arrive sur scène : Al dente en guise de présentation, de carte d’identité. C’est son passé de gamine rital qu’Allain Leprest lui a écrit. Un Leprest omniprésent dans ce répertoire : une chanson sur deux, comme une évidence, comme la signature d’un des plus grands auteurs d’aujourd’hui. L’enfance donc, puis premier mensonge : On s’ra jamais vieux, texte de Bernard Joyet, autre monstre de la chanson qui l’a précédé de quelques mois sur cette même scène. Demi-mensonge plutôt : sera-t-elle vieille un jour Francesca, elle qui, à l’orée de son hiver, a la sève d’une jeune pousse, porte les prémices d’un k.o. social qui lentement bourgeonne, a la toux d’une marmite à cheval sur le Vésuse et l’Etna. Avec Vanina, de Véronique Pestel, Solleville fait rétro du siècle passé, par l’entremise d’une femme qui traîne sa militance des suffragettes à la résistance, de l’Algérie au caritatif catho d’aujourd’hui : siècle d’une femme debout, magistralement interprétée par une autre, tout aussi lancée en militance, droiture faite chanson. C’est un récital de fulgurance, une voix puissante gorgée de combats, en constant devoir d’espoir. « Voici un texte de Louise Michel : c’est pas très gai, tout ça. J’ai hésité avec un autre, d’Anne Sylvestre, sur Bagdad… ». Mais Solleville c’est ça. Si on veut le futile, ce n’est pas elle qu’on ira entendre. Francesca est la gravité d’un monde brutal fait de colonisation, de racisme, de charrettes sociales. Comme le lui écrit Paccoud, sa chanson fait rimer les oubliés, magistral poing levé qu’elle est contre l’indifférence : « Ça claque aux matins noirs / Et ça fait douter les soldats / Ça porte le grand soir / Et ça fait beaux les gens d’en bas / Quand elle étend ses blanches croches / Quand les hommes ont le vin qui triste / Elle fait des clowns au yeux des poches / Quand y’a plus d’oiseau sur la piste… ». Louis Aragon, Jean-Michel Piton, Jean Ferrat, Gilbert Laffaille, Pierre Tisserand, Michel Bühler, Gérard Pierron, Jean-Max Brua, Louise Michel… le générique de Francesca, cette petite femme aux cheveux d’or, est fierté d’une chanson qu’on dit moribonde au seul fait qu’elle est absente de l’écran télé, privée d’antenne. Mais pas de public : la salle de Viricelles était, une fois de plus, pleine à craquer. Gorgée d’émotion et remplie de fierté. Celle d’accueillir une des plus grandes chanteuses en exercice.

Francesca Solleville sera en concert à la Salle des Rancy à Lyon les 22 et 23 ,janvier 2010.

12 janvier 2010. Étiquettes : , , , . Archives de concerts. 1 commentaire.

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