A François Morel le prix Alphonse-Allais

Parmi les récents billets de NosEnchanteurs, beaucoup de prix, de palmarès, tant il est vrai que ces récompenses, médailles et colifichets peuvent éclairer un artiste, au sens de le mettre en pleine lumière, parfois même nous le révéler.
Nul n’est besoin de révéler François Morel, les Deschiens s’en sont jadis chargé. Morel fait depuis feu de tout bois. Comme comédien, humoriste, chroniqueur… Comme chanteur même. Irrésistible en chaque rôle.
C’est pour l’ensemble de son œuvre que François Morel, actuellement en scène dans « Le Bourgeois gentilhomme » au Théâtre de la Porte Saint-Martin, vient d’être couronné par le Prix Alphonse-Allais. La récompense ni n’est un coupe ni une médaille, ni un gros chèque ni un baiser : c’est simplement la traditionnelle « comète de Allais » qu’il recevra le 9 mai prochain des mains de Bernard Pivot. Pour l’érudition de nos lecteurs, rappelons que le premier récipiendaire du prix Alphonse-Allais fut Eugène Ionesco et que cette Académie a pour objet de « promouvoir, d’encourager ou de développer, dans les pays francophones (et d’ailleurs), toutes formes d’expression culturelle, notamment littéraire, d’humour, dans l’esprit du grand écrivain »

Deux vidéos pour (r)éveiller vos sens. L’une consacrée au chanteur François Morel ; l’autre au chroniqueur de France-Inter, dans une séquence qui, à deux jours des élections, prend plus encore son sens.

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20 avril 2012. Étiquettes : . Les événements, Prix. 2 commentaires.

Brassens toujours à la une

Le JDD tirait il y a quelques jours « Avec Brassens, un air de liberté souffle sur Paris ». Il ne faisait en fait que l’utile relation de la très belle expo Brassens ou la liberté actuellement à la Cité de la Musique, à la Villette, et de quelques autres déambulations parisiennes bruissant du souvenir du chanteur à la pipe.

On associe bien Brassens et la liberté. Mais c’est peut-être le côté muséifié du bonhomme. De partout, dans la vraie vie, et encore ce week-end, on interpelle et on coffre des outrecuidants qui ont l’audace, en cette France ultra-sécuritaire, de chanter Hécatombe. Résumons : suite à la condamnation d’un contrevenant qui avait osé chanter cette œuvre impérissable devant des pandores, nombre de citoyens, pas plus chanteurs que vous et moi mais pas moins, entonnent ici et là ce tube, systématiquement devant des commissariats. C’est drôle, ça ne mange pas de pain et ça mesure l’exact état de tolérance des forces publiques : zéro pointé ! C’est d’autant plus surprenant que Brassens et son œuvre se hissent très haut dans l’échelle des commémorations : c’est bien simple, le bon maître Georges est de partout, même en garde à vue.

De partout, oui. Tant que malgré toute ma bonne volonté, je ne saurais faire l’exact inventaire des brassenseries qui nous sont proposées. Je me limiterai donc à ce qui arrive spontanément dans ma boîte aux lettres.

Avec d’abord ce « Brassens chanté par » qui réunit Les Ogres de Barback, Debout sur le Zinc, Aldebert, Agnès Bihl, Yves Jamait et Weepers Circus, paru chez Formulette production et diffusé par L’Autre Distribution, en bac dès ce 20 juin. Que des gens qui ont ou auront leur rond de serviette dans NosEnchanteurs, c’est dire mon ravissement. Avec mention spéciale pour nos alsaciens des Weepers qui, en tous lieux (sur leur prochain opus comme sur leurs contributions ici) ne cessent de se bonifier. A noter que les Weepers Circus et Jamait n’ont sans doute pas réussit à se départager et chantent, chacun dans leur coin, Le parapluie. En pleine canicule, c’est intelligent… Toutes les plages sont ici pareil délice, faut dire aussi qu’ils sont tous bon…

Puis ce disque du Trio Job (Ruben, Julie Rousseau et Olivier Andrys), huit ans d’exercice au service des chansons du vieux, avec pour postulat de proposer un point de vue nouveau, propice à la découverte. Ça le fait. Les titres ici sont parmi les moins en vue de Brassens, encore que. L’interprétation est d’une totale fraîcheur, d’une grande délicatesse, tant que c’en est délice d’écouter ces treize titres. Pour commander, c’est ici.

Et puis ce deuxième volet de Brassens l’irlandais (Totem music/Mosaïc music distribution) qui, l’Eire de rien, pose aux pieds des vers de Brassens quelques effluves irlandaises pour de nouvelles fiançailles. Tout n’est pas réussi dans ce nouvel opus mais ce qui l’est l’est vraiment. Et puis entendre le montpelliérain Georges Nounou entonner Brassens est à mes oreilles grand et constant ravissement… Leur myspace, c’est là. http://www.myspace.com/brassenslirlandais

Enfin, citons encore la réédition bien venue du disque Greame Allwright sings Georges Brassens de 1985, un chef d’ouvre total qui avait disparu des bacs sans trop d’espoir d’y revenir, cause à des histoires, alors, de droits d’auteurs pour le traducteur. Apprendre l’anglais en chantant Quatre-vingt-quinze pour cent est une expérience rare, pire : une invraisemblable émotion.

Et cet album de seulement neuf titres, Pensez à moi : des chansons de jeunesse de Brassens, partagées entre Bertrand Belin, François Morel et Olivier Daviaud. Citons-les ces titres que vous ne connaissez pas encore et que tout raisonnable fou de Brassens se fera un devoir de chanter, fusse devant un cordon de flics : A l’auberge du bon dieu, Quand tu m’auras quittéPensez à moiQuand j’ai rencontré celle que j’aime, La marche des PAF, Son cœur au diableDiscours de fleurs et Oui et non. Une somme de petits bonheurs, bien mis en bouche qui pourraient nous en amener encore d’autres : trente ans après qu’il ait cassé sa pipe, on retrouve des inédits qui feront, c’est sûr, grand tabac. (Télérama/Cité de la Musique)

20 juin 2011. Étiquettes : , , , , , , , , , , , . Lancer de disque. 1 commentaire.

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